Accueil Blog

Oh ! Kabyle…

0
Shamy Chemini
Shamy Chemini Photographie Samir Hamma

Oh ! Kabyle, peu importe sur quel continent tu résides, garde ta dignité, tête haute.
Tu es fait ainsi depuis la nuit des temps. Jamais un genou à terre.
Prends conscience, une fois pour toutes, que ta vie n’a jamais été plus en danger qu’en ce moment.

Voilà quatorze siècles que nous sommes colonisés par des hordes de Bédouins venus du Moyen Orient avec l’interruption des Ottomans et celle des Français. Ce peuple sauvage, qui ne vit que de razzias, meurtres, vols, viols a repris ses actes mortifères depuis le 3 juillet 1962 à ce jour.

Une fois de plus, Oh ! Kabyle, homme libre, qui fait partie des peuples Amazigh vivant depuis la nuit des temps sur cette terre du Nord de l’Afrique, nous ne serons jamais aussi forts que lorsque nous sommes unis. Depuis des siècles, grâce à notre confiance en nous, nous avons réussi à bouter hors de nos territoires tous les envahisseurs successifs, en nous dressant comme un seul être, femmes et hommes contre l’occupant.

Nous sommes vaillants, courageux, mais sensibles et naïfs. Cette colonisation arabo-islamiste est totalement différente des autres. Un proverbe de chez eux dit : la main que tu ne peux pas mordre, embrasse là. Ce sont les mêmes qui enferment la moitié de l’humanité, les femmes.

Oh ! Kabyle, que tu sois postier ou policier, gendarme ou militaire, simple citoyen, garde ton sang-froid et ne soit pas traître en tuant les hommes et les femmes de ton sang. Nous devons rester pacifiques et surtout de ne pas répondre aux sirènes des provocateurs qui ne sont rien d’autres que des êtres hybrides.

Cette fois-ci, nous devons nous battre avec intelligence, pour nous-mêmes, car notre ennemi depuis quatorze siècles a posé ses œufs à l’intérieur de nos propres maisons.

Lorsque l’on entend des slogans en arabe, lors des marches dans toute la Kabylie, la situation devient périlleuse. Nous n’avons jamais eu peur de nous battre contre nos envahisseurs successifs, mais cette fois-ci, c’est totalement différent.

La plupart de nos propres frères ont pris parti pour nos adversaires. Il est pourtant inconcevable d’aller vers une guerre fratricide et il est vital de ne pas répondre aux provocations de ceux qui veulent notre disparition.

Nous sommes chez nous depuis toujours, le temps travaille pour nous et c’est aux descendants des Béni Hilal de baisser l’échine et finir par se soumettre ou partir un jour ou l’autre.

Ces Bédouins sans foi ni loi savent très bien que leurs jours sont comptés. Alors, c’est à nous les Kabyles, d’agir habilement et de les avoir à l’usure. Il est évident que nous travaillons pour la vie et eux pour la mort.

Il est impératif de ne pas tomber dans leurs pièges de violence. Ces va-nu-pieds du désert sont insignifiants aux regards, par exemple, des Romains et pourtant nous sommes parvenus à débusquer ces derniers du Nord de l’Afrique.

Si ces criminels orientaux s’agitent c’est qu’ils savent que c’est la fin du pétrole. Un de leurs objectifs est de parvenir à nous faire nous entretuer, entre frères, afin qu’ils restent ou viennent s’installer sur nos terres. Ces hommes vils devront reprendre leurs coutumes, monter sur leurs chameaux et dormir dans leurs tentes. Ce n’est qu’une question de temps.

Alors soyons patients, agissons avec tact et intelligence.

Une fois de plus, je fais appel à tous les Kabyles afin qu’ils retrouvent leurs esprits et ne se trompent pas d’ennemi.

Une fois débarrassé de ces barbares, nous Kabyles ferons ce que nous voudrons de notre avenir. Je m’adresse à vous en tant qu’indépendantiste libre, encarté à aucun mouvement.

Shamy Chemini Les Abranis
Artiste écrivain, indépendantiste

Le 13 05 2021

Algérie : très inquiétantes menaces sur la Kabylie

0
Lyazid Chikdene
Lyazid Chikdene "Une pensée à toutes les victimes de l'expédition punitive menée par les racistes algériens en 2001 en Kabylie."

Le Ministère algérien de la défense nationale a rendu public le 25 avril 2021, un communiqué dans lequel il informe que ses services de sécurité ont permis à la fin du mois de mars dernier « le démantèlement d’une cellule criminelle composée de partisans du mouvement séparatiste “MAK”, impliqués dans la planification d’attentats et d’actes criminels ». Le communiqué ajoute que l’armée algérienne a procédé à la « saisie d’armes de guerre et d’explosifs destinés à l’exécution de plans criminels » et a dévoilé « une dangereuse conspiration ciblant le pays, fomentée par ledit mouvement » dont certains membres auraient « bénéficié d’entrainements au combat à l’étranger avec le financement et le soutien de pays étrangers ».

En guise de preuve de ses allégations, le ministère fait référence à des aveux qu’aurait fait un dénommé « H. Nouredine », présenté comme « un ex-membre du MAK ». Le lendemain, la télévision publique algérienne présente un jeune homme qui se présente comme étant Nouredine Haddar, ex-membre du MAK de 2009 à 2017 et fournisseur d’armes pour le MAK depuis l’année 2012.

Réagissant à ces graves accusations du ministère algérien de la défense, Ferhat Mehenni, le Président du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), a déclaré le 26 avril 2021 que « le dénommé H. Nouredine ne saurait être un militant du MAK » et qu’il s’agit d’un « grossier mensonge » du ministère algérien de la défense. Le président du MAK précise que son mouvement « est d’essence pacifique et nul ne pourrait l’en dévoyer » et « un mouvement qui s’appuie sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et non sur un quelconque recours à la violence ».

L’analyse des déclarations du ministère algérien de la défense nationale et de la vidéo de l’entretien de Nouredine Haddar diffusée par la télévision publique algérienne soulève plusieurs questions : L’armée algérienne prétend avoir saisi un stock d’armes de guerre et d’explosifs, mais ne montre que six fusils de type Kalashnikov, quelques chargeurs et deux armes de poing, tous visiblement neufs. Est-cela l’arsenal de guerre capable de menacer la sécurité et la stabilité de l’Algérie comme le prétend le ministère algérien de la défense ? Si le MAK est fourni en armes de guerre et en explosifs depuis 2012, comment expliquer qu’il n’ait jamais commis un seul attentat depuis neuf ans ? Pourquoi les noms des Etats étrangers ayant prétendument soutenu ce projet de « déstabilisation de l’Algérie » ne sont pas dévoilés et que des explications ne leurs sont pas demandées par le gouvernement algérien ? Autant de questions sans réponse qui sèment un sérieux doute quant à la véracité des allégations du ministère, d’autant plus que l’armée algérienne n’est pas à sa première tentative de « fabrication de faits » non avérés.

Par ailleurs, dans un Etat de droit comme prétend l’être l’Etat algérien, les auteurs présumés d’actes illégaux auraient dû être présentés devant la justice et non utilisés par les militaires pour produire un spectacle visant à manipuler l’opinion publique.

De fait et jusqu’à présent, les membres du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK) ont toujours agi de manière pacifique, utilisant uniquement des moyens politiques et démocratiques. En revanche, ils subissent depuis des années les intimidations et les harcèlements policiers et judiciaires en permanence. Et plus les membres du MAK sont réprimés, plus l’audience de ce mouvement grandit en Kabylie et dans la diaspora.

Finalement, incapable d’affronter le MAK sur le terrain des idées, le pouvoir algérien a choisit la stratégie de la diabolisation de ce mouvement qui revendique un droit internationalement consacré.

Ces dernières semaines et avant la publication du communiqué du ministère algérien de la défense, les Algériens ont subi une vaste vague de propagande anti-MAK et anti-Kabyle, impliquant des ministres, des députés, des sénateurs, des hommes politiques, le président de l’association des Oulémas islamiques et des agents de l’Etat, qui appellent tous le gouvernement algérien à « en finir » avec le MAK et avec la Kabylie. L’un d’entre eux, Said Bensedira, a même proposé publiquement de « gazer la Kabylie » et de procéder à « une épuration ethnique » contre les Kabyles.

A ce jour, aucune poursuite n’a été engagée contre ce Monsieur qui a tenu des propos absolument inacceptables et condamnables. Au contraire, le gouvernement algérien s’apprête, grâce à son bras armé, à suivre les appels à la haine raciale et à la violence contre la Kabylie.

Les Kabyles qui ont subi un printemps noir en 2001 au cours duquel 128 personnes ont été tuées et des milliers d’autres blessées par les gendarmes algériens, ne peut admettre un nouveau printemps noir vingt ans après. Nous en appelons donc au sens des responsabilités de M. Tebboune, chef de l’Etat algérien et chef des armées, afin qu’il stoppe immédiatement tout projet d’agression qui viserait la Kabylie. Si par malheur cela se produisait, cela aurait des conséquences incalculables.

En tout état de cause et dans ce contexte inquiétant, le Congrès Mondial Amazigh (CMA), ONG de protection et de promotion des droits des Amazighs, exprime son total soutien à la direction et à tous les membres du Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie et à tous les habitants de ce territoire. Il leur recommande le calme, la plus grande vigilance et le refus de céder aux éventuelles provocations d’où qu’elles viennent.

Dans un esprit d’apaisement, le CMA appelle M. Tebboune à libérer les militants du MAK emprisonnés de manière arbitraire ainsi que tous les détenus politiques, y compris les membres du mouvement populaire « hirak » et l’invite à traiter la question kabyle par le dialogue, sur la base du droit international des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Tout en appelant les Amazighs de tous les pays de Tamazgha et de la diaspora à se solidariser avec la Kabylie, et conformément à ses missions, le CMA alertera les instances internationales (ONU, UE, UA, TPI) sur les menaces de guerre civile proférées par l’armée algérienne à l’encontre de la Kabylie.

Paris, 15/04/2971 – 27/04/2021

Le Bureau du CMA

Petit rappel historique pour Monsieur TABOU !

4
Kabylie Printemps 2021

Après la reconnaissance de l’État français de l’assassinat de Me BOUMENDJEL par son armée durant la guerre d’Algérie, le pouvoir algérien reconnaîtrait-il à son tour les crimes commis à l’encontre de nos enfants en 2001 et de tous nos héros révolutionnaires : Abane Ramdane, Krim Belkacem, Khider, Boudiaf ainsi que tous les braves combattants de l’ALN tombés sous les balles assassines de l’armée des frontières. Nous aimerions maintenant connaître la vérité sur tous ces assassinats odieux et que justice soit faite.

Il n’est un secret pour personne que l’indépendance de l’Algérie a été confisquée par l’armée des frontières, l’ancêtre du pouvoir actuel, ayant récupéré des caporaux de l’armée française pour en faire des colonels puis des généraux. Donc, il n’y a pas lieu de parler d’une Algérie libre depuis 1962. Il s’agissait certainement d’un nouvel envahisseur plus pervers et plus perfide que le premier.Aurait-elle un sens une réconciliation entre deux envahisseurs ?

Dans le génome du pouvoir actuel, on trouvera surement des gènes des trois derniers envahisseurs de l’Afrique du Nord ; les Arabes, les Turcs et les Français. Les premiers sont arrivés au 8e siècle et sont restés environ 90 ans avant qu’ils soient chassés par les Kutamas. Les Amazighs (Berbères) ne les avaient jamais appréciés, ils leur reprochaient leurs pratiques esclavagistes et racistes même s’ils ont adopté leur religion.

Les seconds, qu’on appelait à l’époque les Ottomans, sont arrivés au 16e siècle et sont restés jusqu’à l’arrivée des Français. Ils sont à l’origine de notre plus grand malheur dont nous payons les conséquences jusqu’à ce jour. En faisant appel aux services de deux renégats et corsaires, Les frères Barberousse, pour chasser les Espagnoles occupant des villes portuaires sur nos côtes, la plus grande bêtise de notre histoire, on s’est retrouvés engloutis par le parasitisme ottoman ; un empire esclavagiste, vaniteux et cupide ayant empêché nos sociétés d’accéder au progrès né en occident durant plusieurs siècles.

En outre, ils sont indirectement responsables de notre colonisation durant cent-trente années par la France. Pour caricaturer cet épisode historique, imaginez une personne habitant dans votre propriété et passant son temps à caillasser et à voler votre voisin, non seulement vous ne pourrez pas avoir des échanges et des relations constructives avec ce dernier, mais vous vous exposerez à une réaction violente de sa part.

Enfin, à cause des Turcs, aucune relève ne fut possible pour remplacer les dynasties berbères ayant régné durant plusieurs siècles en Afrique du Nord avant l’intrusion des ottomans, ce qui a généré un travestissement de la culture berbère : énormément d’Algériens, de Marocains, de Tunisiens et de Libyens ont renié leurs ancêtres en l’espace de 2 siècles. Heureusement, il y a maintenant le test ADN qui pourrait rappeler à tous ces individus leurs origines ethniques. Des études récentes ont prouvé que le génome arabe ne représente que 4% en Afrique du Nord. Toutes les populations sont bel et bien berbères.

Par ailleurs, le colonialisme français n’a fait qu’accentuer cette propension perverse à faire disparaitre l’élément Amazigh particulièrement en Algérie. Même si, contrairement au parasitisme turc, il a construit des écoles et des infrastructures modernes ayant permis à une partie de nos concitoyens de s’instruire et d’accéder au savoir universel. Ces derniers ont joué un rôle prépondérant dans les différentes luttes sociopolitiques à cette époque ayant abouti à la décolonisation.

Dans un écrit du Comte Charles de Montebello datant de 1870, on pouvait lire ces extraits : « Cette population comprend principalement deux peuples d’origines très différentes : le peuple berbère ou kabyle et le peuple arabe. Les Berbères sont beaucoup plus nombreux que les Arabes » ; et plus loin : « En un mot, tandis que le Kabyle est républicain et démocrate, l’Arabe a des institutions théocratiques et aristocratiques, et c’est le communisme avec la féodalité qui forme le fondement de son organisation.

L’élément berbère nous offre donc une base bien solide à nos tentatives de civilisations. Eh bien ! jusqu’ici, on a plutôt cherché à arabiser le Kabyle qu’à kabyliser l’Arabe ; on a visé à la création d’un vaste royaume arabe avec tous les vices inhérents à la féodalité, au communisme et au despotisme militaire établi le plus arbitrairement. »

A sa manière, l’armée des frontières est indéniablement une adepte de ce concept. Au lieu de profiter de nos lettrés, majoritairement francophones, pour construire une école post-indépendance moderne comparable à celle des pays occidentaux, où elle envoie toujours sa progéniture par ailleurs, elle a préféré faire venir des Égyptiens arabophones formés dans des mosquées en Égypte pour leur confier l’éducation de nos enfants. Le Rais Nasser en avait profité pour s’en débarrasser des enseignants affiliés à l’association de frères musulmans.

Ainsi, la junte militaire a imposé la langue du premier envahisseur comme étant la langue des autochtones et a fait de l’islam la religion de l’état. Son programme économique rappelle curieusement celui des Ottomans, elle vit principalement de la rente pétrolière ; aucune autre activité commerciale ou industrielle, en dehors des hydrocarbures, n’a pu émerger. Admiratrice de l’Empire ottoman et elle ne s’en cache pas, l’une des communes d’Alger porte le nom de Dey Hussein, celui qui s’est mis à genou devant le colonisateur français après lui avoir remis les clés de la ville d’Alger afin de sauver sa tête et ses richesses, au même moment des milliers de jeunes Kabyles ont sacrifiés leurs âmes non loin du port de Sidi-Fredj.

Les conséquences de ce système diabolique et machiavélique est d’abord le printemps berbère de 1980, quatre années après l’affaire des poseurs de bombes d’El-Moudjahid, pour rappeler à ce pouvoir les racines et les dépositaires de cette terre ; puis la décennie noire : durant laquelle nous avons payé les conséquences de l’endoctrinement et de l’abrutissement de nos enfants dans les écoles de la République, la facture macabre s’élevait à 200 000 morts. Et enfin le printemps noir, en 2001, où des gendarmes, après avoir reçu l’ordre d’en haut, tiraient avec des kalachnikovs sur nos enfants, faisant 128 morts pendant que dans les autres wilayas on applaudissait Bouteflika et on le prenait pour un sauveur après avoir gracié des sanguinaires.

La naissance du MAK et de toutes les formations politiques indépendantistes ou réclamant l’autonomie de la Kabylie est la conséquence de l’acharnement de ce système perfide et ségrégationniste ayant causé ce pourrissement de situation. Les enfants de la Kabylie ne veulent plus d’un pouvoir fantoche niant leur existence et leur tirant dessus avec des armes de guerre.

Non Monsieur TABOU, le MAK n’est certainement pas comparable au GIA, et ni l’un ni l’autre ne sont les produits du DRS. Le premier est une émanation d’une révolte provenant des entrailles du Djurdjura pour les raisons que je viens d’évoquer ci-dessus, vous avez parfaitement le droit de ne pas être d’accord avec sa politique, mais sans recourir aux mensonges et aux calomnies comme vous le faites.

Le second est une mutation de la mouvance intégriste élevée dans nos écoles et entretenue par le système afin de servir d’antidote à la naissance de la démocratie en Algérie. Après avoir subi cette mutation, elle est devenue un monstre incontrôlable. Le GIA a égorgé des femmes, des enfants, des quartiers et des villages entiers sans distinction d’âge ou de sexe. Leurs actions macabres ont été dictées par leur conception de l’islam qui n’est pas celle de Said DJABELKHIR qui vient d’écoper de 3 ans de prison, et curieusement on ne vous entend pas sur ce sujet.

En voulant faire porter le chapeau au DRS, vous blanchissez les islamistes et minimisez leur responsabilité durant la décennie noire. N’êtes-vous pas en train de préparer le terrain à votre ami ZITOT que le pouvoir nous présentera un jour comme étant le sauveur de l’Algérie ? Vous a-t-il promis le poste de Khalife de Kabylie ? Croyez-vous que la Kabylie vous soutienne dans vos péripéties ?

Vos réflexions sont une insulte aux dignes fils de la Kabylie. Notre Tamurt a été une confédération durant plus de 2 000 ans où chaque village était une République autonome gérant seul ses affaires courantes. Un Kabyle tient énormément à sa liberté, le jacobinisme et le féodalisme l’étouffent. Il ne pourrait soutenir une personne s’exprimant peu dans sa langue maternelle, taqvaylit, préférant celle du bourreau, et refusant de porter l’emblème de Tamazgha quand ses frères croupissent dans les prisons pour le port de celui-ci : Anda taǧiḍ annifik ayatarras !

Au regard de votre parcours et de tout ce dont on vous accuse, entre autres l’affaire de feu Kamel Eddine Fekhar, il est parfaitement légitime de nous poser des questions sur votre véritable nature ainsi que de vos intentions : seriez-vous un héros préfabriqué dans les laboratoires des services secrets algériens pour en faire un futur KDS sophistiqué de dernière génération ? Ou bien seriez-vous le cheval de Troie de l’arabo-islamisme envoyé en Kabylie ? Dans les deux cas, vous êtes passé dans le camp de nos ennemis. « Mar-atanger tnaqwlaţ adaǧ agursal ».

Mourad AMAGHNAS

Le 24 avril 2021

A chaque Printemps Kabyle refleurit l’indépendance de la Kabylie

5
Marche 20 avril 2021 Montréal
Photographie Tassadit Ould Hamouda

Le premier Printemps Kabyle remonte aux années 1851 avec la résistance de Lalla Fatma N’soumer. L’insurrection éclatera de nouveau le 16 mars 1871, sous le nom d’Unfaq urrumi, lorsque les Kabyles durent affronter des milliers de soldats français et l’envoi d’un Maréchal pour décimer et rayer de la carte la Kabylie. Depuis la perte de sa souveraineté, la Kabylie était vouée à disparaître, se désagréger sous la chape de l’arabisation.

Avec l’indépendance de l’Algérie, pays inventé par la France et cédé à l’impérialisme arabe, les Amazighs en particuliers les Kabyles principaux artisans de la décolonisation continuèrent la lutte pour ne pas perdre trace d’eux-même, préserver la langue et l’identité kabyle relégués plus bas que terre.

Le 20 avril 1980, il y a de cela 41 ans, l’interdiction par les autorités algériennes d’une conférence de Mouloud Mammeri sur la Poésie Kabyle Ancienne à l’université de Tizi-Ouzou, provoqua la manifestation d’étudiants en Kabylie et à Alger. Il s’en suivi de violentes répressions, l’emprisonnement de 24 acteurs du mouvement identitaire et culturel amazigh.

21 années plus tard en avril 2001, toute la Kabylie devait faire face à une nouvelle manipulation de la dictature arabo-islamiste algérienne, cette fois dans véritable bain de sang jusqu’en 2003.

La gendarmerie algérienne mit volontairement le feu aux poudres, dans une Kabylie déjà profondément endeuillée par l’assassinat du poète et chanteur Matoub Lounès. La Kabylie, qui s’apprêtait à célébrer le 21e anniversaire du “Printemps berbère” d’avril 1980 se souleva après une nouvelle provocation de la police algérienne.

Du Printemps Berbère au Printemps Kabyle

L’élément déclencheur du Printemps Noir en 2001, fut l’assassinat d’un jeune lycéen de 18 ans, Massinissa Guermah, le 18 avril 2001, par une rafale de kalachnikov dans la gendarmerie de Ath-Douala. Trois jours plus tard, le 21 avril 2001 la gendarmerie d’Amizour interpellait 3 élèves alors qu’ils étaient en route pour le stade municipal en compagnie de leur professeur de sport et de leurs camarades de classe. Des escarmouches furent observées sans aucune gravité. Le soir du 22 avril le Ministre de l’Intérieur algérien s’exprima sur la mort de Massinissa Guermah et déclara que ce dernier était « un délinquant de 26 ans ». À la suite de cette déclaration, la presse publia le bulletin de naissance de la victime, prouvant qu’il s’agissait en réalité d’un lycéen de 18 ans.

Le 23 avril, des milliers de citoyens affluèrent vers Amizour, puis c’est toute la Kabylie qui s’embrasait. Le bilan de la révolte kabyle est de 126 morts, majoritairement des jeunes et plus de 5 000 blessés. Un jeune kabyle Kamel Irchene, tué par balle par les gendarmes lors de la répression des manifestations du second « printemps kabyle », à 2001 à Azazga écrit de son sang sur un mur le mot “Liberté”.

20 ans plus tard, la jeunesse kabyle toujours prête au sacrifice

Pour ces commémorations, le Mouvement de l’Autodétermination de la Kabylie, se félicite de «l’éclatant succès des actions actions commémoratives des printemps kabyles (1871, 20 avril 1980 et Printemps noir 2001-2003) qui sont à inscrire sur de lumineuses pages d’histoire de la Kabylie». La portée des idées indépendantistes est devenue majoritaires en Kabylie, un constat politique conforté par cette enquête sur le statut de la Kabylie.

Dans un contexte peu propice aux rassemblements, les nombreuses marches et meeting ont mobilisé les Kabyles partout dans le monde, à Montréal, Washington près du Capitole le 17 avril, Marseille et Paris Place de la République ce 18 avril.

Le 20 avril, le double Printemps Kabyle, est une blessure qui pourra jamais guérir. Il marque une rupture historique qui ne peut que conduire à plus ou moins long terme à l’Indépendance de la Kabylie.

Stéphane ARRAMI, Fondateur de Kabyle.com

Liste des 24 détenus du Printemps Amazigh de 1980 :

  1. Abboute Arezki
  2. Aggoune Ahmed
  3. Aït Larbi Arezki
  4. Aït Ouakli Rachid
  5. Aziz Tari
  6. Bacha Mustapha
  7. Babouche Nacer
  8. Belghezli Achour
  9. Brahimi Ali
  10. Berdous Maâmar
  11. Bouchenna Djamel
  12. Boukrif Salah
  13. Hallet Rachid
  14. Idriss Lamari Gérard
  15. Mehenni Ferhat
  16. Mokrane Chemim
  17. Mouloud Lounaouci
  18. Naït Abdellah Mohand
  19. Khellil Saïd
  20. Ourabah Ali Chikh
  21. Rachedi M’hamed
  22. Saadi Mouloud
  23. Stiet Mohand
  24. Zenati Djamel

Liste des Martyrs du Printemps Kabyle de 2001 – Tafsut Taberkant

  1. Adara Fouad, 28 ans, demeurant à Sidi Aïch, tué d’une balle dans la tête par un policier en civil, alors qu’il était attablé dans un café le 26 juin 2001
  2. Afâa Naïm, 19 ans, à Bouzguène abatu de deux balles dans le dos tiré par un gendarme.
  3. Aghadir Ahcène, 20 ans, originaire de Tizi Bouchène, tué le 27 avril 2001 à Azazga.
  4. Agri Ali, 31 ans, marié et père de 3 enfants, tué par balles le vendredi 25 mai 2001 par les brigades anti-émeutes, près de la daïra de Tazmalt (Bgayet).
  5. Ahmane Mourad, 33 ans, tué le 28 avril 2001 d’une balle dans la tête à Tizi Rached par un gendarme dénommé Nabil.
  6. Aït Adda née Aït Ouslimane Nadia, 30 ans, enseignante à Sidi Ali Ouyahia (Aïn El Hammam), tuée le 28 avril 2001 par des gendarmes à Aïn El Hammam alors qu’elle était au domicile d’une amie, situé au 5e étage d’un immeuble. Un jeune citoyen qui participait à son évacuation sera tué par les gendarmes (Naït Amara Omar).
  7. Akkouche Abderrahmane, 19 ans, demeurant à Tadmaït (Tizi-Ouzou), tué par balles le lundi 28 mai 2001 par des gendarmes.
  8. Akrame Slimane, 30 ans.
  9. Alkama Djamel, 19 ans, tué le 28 avril 2001 à Larbaâ Nath Irathen
  10. Alouane Hocine, 22 ans, tué le 28 avril 2001 à Mekla.
  11. Amghar Tahar, 29 ans, tué le 27 avril 2001 à Fréha.
    12.Amghar Azzedine, 25 ans, assassiné à Larbâa Nath Irathen.
  12. Amir Aïssa, 21 ans, écrasé par un camion lors des manifestations à El Asnam (Tubiret) le 28 avril 2001.
  13. Arab Noureddine (ou Nacereddine), 25 ans, tué le 26 avril 2001 à El Kseur.
  14. Arham Saïd, assassiné à Boudjima
  15. Arezoug Slimane, 28 ans, demeurant à Akbou, tué par balles le lundi 18 juin à hauteur de l’hôtel Le Palace.
  16. Aribi Abdelkader, 84 ans, demeurant à la cité Rabia de Bgayet, mort dans la nuit du 25 mai 2001 à son domicile, suite à une asphyxie par gaz lacrymogènes.
  17. Aribi Yamina, 71 ans, épouse d’Aribi Abdelkader, demeurant à la cité Rabia de Bgayet, morte dans la nuit du 25 mai 2001 à son domicile, suite à une asphyxie par gaz lacrymogènes.
  18. Arkam Salem, 17 ans, lycéen, originaire du village Issaradjène, tué par des gendarmes à Boudjima le samedi 28 avril 2001.
  19. Ayad Ramdane, grièvement blessé par une grenade lacrymogène le 18 juin 2001 à Aïn Legradj (Béni-Ouartilane – Sétif), succombe à ses blessures le 22 juin à l’hôpital de Sétif.
  20. Azouani Saïd, 24 ans, originaire du village d’Aït Azouane, tué le 28 avril 2001 à Bouzeguène.
  21. Bayou Idir, 19 ans, lycéen de terminale, demeurant à Tadmaït (Tizi-Ouzou), grièvement blessé par balles à la tête le 28 mai 2001, succombe à ses blessures le 9 juin à l’hôpital de Tizi-Ouzou, après 12 jours de coma.
  22. Becha Massinissa, 25 ans, originaire de Aït Douala (Tizi-Ouzou), Grièvement blessé par arme blanche par des inconnus lors de la marche du 14 juin 2001 à Alger. A succombé à ses blessures le 15 juin.
  23. Belaïd Ouramdane, 15 ans, tué à Addekar (Bgayet).
  24. Belhouane Azzeddine, 25 ans, tué par une balle explosive reçue en plein visage le 26 avril 2001 à Larbaâ Nath Irathen.
  25. Belkacemi Djamel, 31 ans, tué le 28 avril 2001 à Larbaâ Nath Irathen
  26. Belkalem Mouloud, 31 ans, tué le 28 avril 2001 à Larbaâ Nath Irathen.
  27. Bellahcene Rachid, 14 assasiné par les gendarmes, à Seddouk
  28. Benaïssa Hamza, 18 ans, tué par balles au niveau du thorax le mercredi 23 mai 2001 à Feraoun (Bgayet).
  29. Benhamidi El Hadj, 31 ans, tué par balles le samedi 26 mai 2001 à Chorfa (Tubiret).
  30. Benhmada El Nadi à Chorfa.
  31. Benabderhmane Menad à Tadmaït.
  32. Bettar Yassine , 19ans, originaire de Tiliouacadi, tuée de plusieurs balles en caoutchouc le 23 mars 2002, lors d’émeutes à Chemini.
  33. Bouarab Samir, tué le 26 avril 2001 aux Ouadhias.
  34. Bouchelaghem Hakim ds la wilaya de Tubiret.
  35. Boughrara Arezki, 28 ans, tué d’une balle dans le thorax le lundi 28 mai 2001 à Draâ Ben Khedda (Tizi-Ouzou).
  36. Bouguerra Rachid, 25 ans, originaire de Maâtkas, bénévole au Croissant Rouge Algérien, blessé par balle le 27 avril 2001 par des policiers de la BMPJ à Boghni, selon le témoignage de son frère, a succombé à ses blessures par balles à l’hôpital de Tizi-Ouzou.
  37. Bourmouaa Zahir, 21 ans, originaire du village de Tiouririne, assassiné le mercredi 9 octobre 2002 (atteint par balles réelles) à Toudja par des gendarmes lors des émeutes anti-communales.
  38. Chaïbet Hocine, 16 ans, tué le 26 avril 2001 à Aït Yahia Moussa (Draa El Mizan) par un milicien de la garde communale. Selon le témoignage de sa famille,le père de la victime avait été également tué par le même milicien en 1996.
  39. Chekal Rachid, 24 ans, originaire de Tigrine (Bgayet), tué par balles lors des affrontements du lundi 18 juin 2001, près de l’hôpital d’Akbou.
  40. Cherat Ali, dit Noureddine, 36 ans, originaire de Aït Yenni et demeurant à Aïn Benian (Alger), disparu lors de la marche du 14 juin 2001 à Alger, découvert mort à la morgue de l’hôpital de Aïn Naâdja d’Alger.
  41. Chilla Farid, 28 ans, tué le 26 avril 2001 à Ouzellaguen.
  42. Chilla Nacer, 16 ans, tué le 26 avril à Ouzellaguen (W. Bgayet)
  43. Daïd Mebarek, 42 ans, tué à Irdjen.
  44. Didouche Ferhat, 14 ans, demeurant à Draa El Mizan tué par balles par des gendarmes le jeudi 21 juin suite aux émeutes provoquées dans la ville.
  45. Djebbar Mourad, tué le 27 avril 2001 à Azazga.
  46. Feddi Belaïd, 25 ans, tué aux Ouadhias le 27 avril 2001.
  47. Guendoud Amar 23 ans, tué le 27 avril 2001 à Maâtkas.
  48. Guermah Massinissa, 19 ans, lycéen à Aït Douala, grièvement blessé à la brigade de gendarmerie du village le 18 avril 2001. Succombe à ses blessures le 20 avril 2001 à 8h28 à l’hôpital Mustapha d’Alger.
  49. Haddad Nacer, 26 ans, tué le 26 avril 2001 à Ouzellaguen (Bgayet)
  50. Hamache Arezki, 32 ans, tué le 26 avril 2001 à 15h 30 par des gendarmes à Larbaâ Nath Irathen.
  51. Hameg Nacer, demeurant à Draâ Ben Khedda (Tizi-Ouzou), mort par asphyxie suite aux jets de grenades lacrymogènes le lundi 28 mai 2001.
  52. Hamened Youcef, 18 ans, lycéen en classe de terminale, originaire de Timizart, tué le samedi 28 avril 2001 à Mekla par des gendarmes.
  53. Hamidachi Mohamed, grièvement blessé par balles à la tête le lundi 28 mai 2001 à Tadmaït, succombe à ses blessures.
  54. Hamouda Mohamed, 26 ans, tué par balles le 29 mai 2001 à Tadmaït.
  55. Hamoudi Yahia, 60 ans, tué d’une rafale de Kalashnikov à Aït Mohli (Sétif).
  56. Hanniche Hamid, 19 ans, lycéen originaire de Frikat, près de Draâ El Mizan (Tizi-Ouzou), grièvement blessé d’une balle dans la tête par un militaire, en faction devant l’Amirauté d’Alger, à la fin de la manifestation pacifique du 31 mai 2001, (alors que la victime se trouvait dans un camion s’apprêtant à rejoindre son village) succombe à sa blessure le 5 mai à l’hôpital Mustapha.
  57. Harem Slimane, 34 ans, originaire du village d’Aït Mesbah, milicien de la garde communale de Béni Douala (Tizi-Ouzou) grièvement blessé lors de l’assaut donné par les manifestants au siège de la garde communale le 24 mai 2001, succombe à ses blessures le 6 juin 2001.
  58. Harfi Mokrane, 25 ans, originaire du village Takhourt Neldjir, tué par des gendarmes à Boudjima le samedi 28 avril 2001.
  59. Haya Noureddine, 27 ans, demeurant à Helouane, près d’Ighzer Amokrane (Bgayet), grièvement blessé par balles le 19 juin, succombe à ses blessures de 20 juin à l’hôpital d’Akbou.
  60. Heddad Hamza, tué le 27 avril 2001 aux Ouadhias.
  61. Hettak Youcef, 22 ans, originaire de Bouzeguène, tué lors de la marche du 14 juin 2001 à Alger.
  62. Irchane Kamel, 27 ans, originaire d’Aït Aïssa, Yakourène tué le 27 avril à Azazga par balles au niveau du thorax par des gendarmes postés sur des terrasses, alors qu’il portait secours à un blessé.
  63. Kennache Aziz, 27 ans, tué le 28 avril 2001 à Larbaâ Nath Irathen.
  64. Khennache Idir, 22 ans.
  65. Khelfouni Kamal, 28 ans, demeurant à Draa El Mizan, tué par balles par des gendarmes le jeudi 21 juin.
  66. Khorsi Hamza, tué aux Ouadhias le 27 avril 2001.
  67. Laadlani Saïd, 50 ans, agent du PMU, mort le 22 mai 2001 à Maâtkas (Tizi-Ouzou), suite à une asphyxie par gaz lacrymogènes.
  68. Lamini Samir, 19 ans, meurt écrasé par un camion de la gendarmerie le 19 juin 2001 à Larbaâ Nath Irathen (Tizi-Ouzou) lors des affrontements qui ont eu lieu dans la ville.
  69. Madjane Mehdi, 35 ans, originaire de Béni Djelil, tué le 28 avril 2001 à Seddouk.
  70. Makhmoukh Kamel, 18 ans, tué le mercredi 25 avril 2001 à 13h30 à Ighzer Amokrane par des gendarmes.
  71. Malek Tahar, 23 ans, tué le 27 avril 2001 à Azazga.
  72. Malki Kamel, 27 ans, originaire de Timézouine Chorfa, tué le 27 avril à Azazga.
  73. Medjane Farid, 11 ans, tué le 26 avril 2001 à Seddouk.
  74. Melbouci Lounis, arrivé de France ,assassiné 3 jours plus tard par des gendarmes à Larbâa Nath Irathen.
  75. Menad Benabderrahmane, 32 ans, marié et père d’un enfant, grièvement blessé d’une balle dans la tête le vendredi 25 mai 2001 à Tazmalt (Bejaïa), succombera à ses blessures le dimanche 27 mai à l’hôpital d’Akbou.
  76. Merzouki Arezki, 75 ans, père de 4 enfants, demeurant à Tala N’Chebiha, près d’Iflissen (Tizi-Ouzou), grièvement blessé lors de la marche du 14 juin à Alger, succombe à ses blessures le 25 juin à l’hôpital de Tizi-Ouzou.
  77. Mesbah Abdelkrim, 20 ans, originaire de Guendouz, près d’Ighil Ali, tué par balles le lundi 18 juin près de l’hôpital d’Akbou par le policier Ali Belhbib, selon le témoignage de ses amis.
  78. Messalti Hafid, 13 ans, tué par balles par un gendarme devant la porte du domicile familial à Takrietz (Bgayet) le vendredi 25 mai 2001.
  79. Meziani M’Henna, 19 ans, originaire d’Iloula, tué le 24 mai 2001 à Bouzguène
  80. Mihad Mustapha, 27 ans, Azazga-Centre tué le 27 avril à Azazga.
  81. Mimoun Mourad, 15 ans, originaire de Boukhlifa, tué le jeudi 26 avril 2001à Tichy.
  82. Mokdaden Djamal, 16 ans, tué le 25 avril 2001 à Seddouk.
  83. Mokhtari Amar, tué le 27 avril aux Ouadhias.
  84. Mokrab Oulbane, dit Azzeddine, 25 ans, tué le 28 avril 2001 à Larbaâ Nath Irathen par des gendarmes.
  85. Moutir Sofiane, 20 ans, tué le 27 avril 2001 à Azazga, par les gendarmes d’une balle en plein visage.
  86. Naâmane Toufik, 25 ans, originaire d’Aït Toudert (Tizi-Ouzou), mortellement blessé par un véhicule banalisé au Hamiz, le jour de la marche du 14 juin à Alger.
  87. Nafaâ Slimane, 23 ans, originaire du village Ikoussa, est tué par balles (thorax) par des gendarmes le 24 mai 2001 à Bouzeguène (Tizi-Ouzou).
  88. Naït Alamara Hocine, 19 ans, touché par une balle lors d’affrontements entre manifestants et gendarmes au lieu-dit Tachekirt à 10m de la brigade de gendarmerie jeudi 28 mars 2002.
  89. Naït Amara Omar, 29 ans, tué par balles par des gendarmes le 28 avril 2001 à Aïn El Hammam, alors qu’il participait à l’évacuation de Mme Aït Aba Nadia, mortellement blessée.
  90. Nedjma Fadhila, 26 ans, journaliste au quotidien Echourouk, écrasée par un bus, lors de l’incendie du dépôt de la RSTA de la rue Hassiba Benbouali (Alger) par des émeutiers le 14 juin 2001. Elle succombera à ses blessures à l’hôpital Mustapha.
  91. Nekali Abderrahmane, 27 ans, demeurant à Akbou, tué par balles le lundi 18 juin à hauteur de l’hôtel Le Palace.
  92. Ouahab Rachid 17 ans, lycéen, tué le 27 avril à Maâtkas par des gendarmes d’une balle dans la tête.
  93. Ouahad Mehfoud, assassiné à Tighilt.
  94. Ouramlane Belaïd, 15 ans, assassiné à Adekar.
  95. Raab Slimane, 23 ans, originaire de Bouzeguène, grièvement blessé au cou par des tirs de gendarmes le 28 avril 2001, décédé le 14 mai à l’hôpital de Tizi-Ouzou suite à ses blessures.
  96. Rahim Karim, 20 ans, employé à l’hôtel Thiniri de Boghni, poignardé par un manifestant le 28 avril 2001 lors du saccage de l’établissement.
  97. Rihane Mohamed, 18ans, originaire de Timizart, décédé des suites d’un lychage par les gendarmes de Fréha le mercredi 27 mars 2002.
  98. Saddek Brahim, 38 ans, tué le 26 avril à Ouzellaguen par des gendarmes.
  99. Sadet Youcef, tué à Azazga le 27 avril 2001 par des gendarmes.
  100. Saïdani Djamel, 39 ans, originaire de Bgayet, grièvement blessé lors de la marche du 14 juin à Alger, succombe à ses blessures le 18 juin.
  101. Saïdi Akli, 35 ans, originaire d’Aokas, routier de profession, tué d’une balle dans la tête à Ouzellaguen le 25 avril 2001.
  102. Sebaï Yahia, 19 ans, tué le 26 avril 2001 à El Kseur.
  103. Sebbasse Lahcène, 15 ans, assassiné par un C.N.S à Tizi N’braham lors des émeutes anti-législatives le 30 mai 2002.
  104. Seddi Lamara, 25 ans, tué le 27 avril 2001 aux Ouadhias.
  105. Sennour Boudjemaâ, 14 ans, collégien. Originaire d’Aït Abdelkrim (Ouadhias), tué le 27 avril 2001 aux Ouadhias.
  106. Serraye Hafnaoui, 30 ans, demeurant à Bejaïa, circulant en moto avec son compagnon, fut violemment percuté par une voiture banalisée de la police lors de la reprise des manifestations, le vendredi 15 juin 2001. Ses amis accusent le policier surnommé Ali Bab El Oued d’être l’auteur de ce meurtre.
  107. Sidhoum Karim, 17 ans, originaire de Chellata, grièvement blessé par balles le 18 juin 2001 à Akbou, succombe à ses blessures à l’hôpital de Sétif.
  108. Slimani Nafaâ, 23 ans, originaire du village Ikoussa, est tué par balles au thorax par des gendarmes le 23 mai 2001 à Bouzeguène (Tizi-Ouzou).
  109. Tounsi Djamel, 25 ans, assassiné coups de baïllonettes par 6 gendarmes le 1er avril 2002 à 15h30 à Tigzirt
  110. Yagouni Noureddine, 34 ans, père de 2 enfants, tué le 28 avril 2001 de plusieurs balles par des gendarmes à Chemini, près de Sidi Aïch (Bgayet).
  111. Yahia Chérif Karim, 31 ans, tué par balles le jeudi 26 avril 2001 à El Kseur (Bgayet).
  112. Yahiaoui Habib, 34 ans, demeurant à Dahra (Chlef), tué le samedi 28 juillet 2001 par balles par le maire du village, suite à un mouvement pacifique de protestation devant le siège de la mairie.
  113. Yakoub Lyès, 13 ans, demeurant à Guenzet (Sétif), grièvement blessé par balles lors des émeutes du mercredi 20 juin 2001, succombe à ses blessures le même jour lors de son transfert à l’hôpital de Bordj Bou Arréridj.
  114. Yahia Chérif Karim, 31 ans, tué le jeudi 26 avril 2001 à El Kseur (Bejaïa).
  115. Yousfi Azzedine, 36 ans, tué par une bombe lacrymogène tiré à bout portant par un gendarme le jeudi 28 mars 2002 à Tassaft (Tizi-Ouzou)
  116. Zekkar Fatiha, épouse Remadni mère de famille, demeurant à Khenchela, tuée d’une balle dans le thorax le 11 juin 2001, alors qu’elle se trouvait sur son balcon, observant les manifestations.
  117. Zerrouk Adel, 25 ans, journaliste au quotidien El Bilad, meurt écrasé par un bus, lors de l’incendie du dépôt de la RSTA de la rue Hassiba Benbouali (Alger) lors de la marche du 14 juin 2001.

L’islamogauchisme n’est plus un mirage en France

1
Meme Islamogauchisme

Le président turc a transformé un haut lieu de la chrétienté orthodoxe, la basilique Sainte-Sophie, en mosquée pendant que ses compatriotes ayant refusé de signer le pacte républicain sont sur le point de finir la construction de la plus grande mosquée d’Europe, en France. Imaginons la grimace et la réaction du provocateur T. Erdogan, si on lui annonce que la mosquée Al-Aqsa est transformée en synagogue !

Qui aurait imaginé l’autorisation d’un tel projet en France après tant de victimes innocentes fraichement assassinées par la horde intégriste. Pourquoi ce manque de respect et tant de lâcheté ? L’islamogauchisme nous rappelle la collaboration d’une partie de la gauche française avec les nazies de 1930 à 1945. L’histoire serait-elle en train de se répéter devant nos yeux ? De Karl Marx à Hassan El Banna, d’un penseur et philosophe à un charlatan, la chute est vertigineuse.

Des élus de gauche, parfois de droite, ont vendu leur âme pour récolter quelques misérables voix. D’autres se croient protecteurs des minorités, en considérant les islamistes comme étant des victimes d’une stigmatisation ou d’une forme d’homophobie les empêchant d’exprimer leur différence dans une société pourtant cosmopolite. Ceux qui pensent ainsi savent-ils pourquoi, il y a une trentaine d’années, les démocrates algériens appelaient les islamistes « les néonazies » ? Ayant vécu cette période noire en Algérie, en tant que jeune militant démocrate, je peux en témoigner :

« Il y a 33 ans, en octobre 1988, 20 ans avant les printemps dits « arabes », éclata une révolte populaire ayant embrasé tout le territoire algérien. À l’issue de celle-ci, nous eûmes droit au multipartisme après 26 années de parti unique. Une presse libre vit le jour, et l’espoir de construire un état démocratique tourné vers la modernité fut né. Mais, c’était sans compter sur un pouvoir perfide mis en place depuis 1962 capable de s’allier avec le diable pour préserver son hégémonie et ses privilèges. 

Malgré une loi interdisant la création de partis politiques fondés sur une base exclusivement confessionnelle, curieusement on toléra le FIS (Front Islamique du Salut). Un parti islamiste utilisant les mosquées pour organiser ses réunions publiques et diffuser sa doctrine mortifère afin de recruter un maximum de citoyens crédules et sensibles aux discours religieux.

À l’exception de la Kabylie, dans toutes les autres régions d’Algérie, le FIS arriva en tête des élections municipales. Chaque Maire islamiste reçut l’ordre de mettre un écriteau en langue arabe à l’entrée de sa mairie indiquant : « Commune islamique ». Dans ces communes, des femmes ne portant pas le voile furent agressées ou aspergées d’acide. L’œuvre des premières milices à l’état embryonnaire constituées d’anciens délinquants enrôlés dans le parti ainsi que des revenants d’Afghanistan.

Dans les villes conquises par les barbus, les débits de boisson furent fermés. La consommation d’alcool fut interdite sans avoir recours à aucune législation. Le vin n’est toléré qu’au paradis. Pas de musique, pas de danse, pas de théâtre, pas de débats littéraires, pas de soirées, pas d’amour, pas de rêves, pas de vie tout court. Les femmes devinrent des ombres et les hommes des zombis ne pensant qu’à la mort où ils rejoindraient un paradis décrit comme un mégabordel et une immense taverne.

À l’approche des élections législatives et dans la perspective d’une victoire certaine, le numéro deux du FIS osa déclarer en public : « La démocratie est Koffr (impie) ». Tous les islamistes étaient dans une euphorie indescriptible, enfin un état islamique qui balayerait le pouvoir en place et tous ceux qui véhiculaient des idées ne se trouvant pas dans le coran, c’est-à-dire les démocrates, comme l’avaient fait les nazies en arrivant au pouvoir. On était sur le point de basculer d’une dictature militaire à une théocratie, après le choléra on aurait eu droit à la peste.

Lorsque les militaires arrêtèrent le processus électoral à la veille du deuxième tour, les islamistes déclenchèrent une guerre civile. Au début, ils s’attaquaient à tous les représentants de l’ordre ; ensuite aux journalistes et les militants démocrates, puis les artistes et tous les intellectuels populaires ; avant de s’entretuer, après s’être divisés en factions, et commettaient des massacres les plus abjects en égorgeant des femmes, des enfants et des vieillards. »

En France, les islamistes, passés maîtres dans l’art de la dissimulation, investissent le domaine associatif, ce qui leur donne l’apparence de bienfaiteurs, pour que les familles en difficultés sociales leur confient leurs enfants afin d’en faire des illuminés qui viendront plus tard grossir leur rang. Ils utilisent également le milieu universitaire et carcéral pour recruter, au sein du premier, ceux qui vont embellir leur vitrine et dans le second les futurs combattants d’Allah prêts à se faire exploser. Pourtant, ils croient à un Dieu puissant et menaçant, mais, bizarrement, il aurait besoin des services d’un délinquant pour faire régner sa justice sur terre et rappeler certaines âmes égarées à ses côtés.

Ils construisent des mosquées sur les terres chrétiennes alors que dans leurs pays d’origine, on interdisait la construction d’églises et on mettait en prison ou on exécutait par pondaison les nouveaux convertis en leur reprochant l’apostasie. Comme ils ne sont pas majoritaires en France, telle une République qui s’effrite, ils ont opté pour sa fragmentation. Ils n’ont pas encore de villes islamiques, mais ils commencent à en arracher des bouts, des rues et des quartiers en les halalisant, dans l’attente d’aller plus loin. Leur but est d’aboutir à une « Fitna » : une confrontation entre communautés religieuses.

Un fondamentaliste musulman est un véritable néonazi. Il est convaincu de détenir la vérité absolue, pour lui le coran est la parole de Dieu qu’il faudra appliquer à la lettre. Dans celui-ci, on raconte que les autres religions monothéistes ont été falsifiées. Sa mission est de rétablir la vérité sur terre en déclarant la guerre aux hérétiques et à toutes les croyances, en dehors de la sienne, dans le but de les exterminer avant l’arrivée proche de la fin du monde.

Un intégriste et un musulman modéré sont généralement des vases communicants, ce qui rend cette problématique encore plus complexe et exige une vigilance extrême. Le terroriste ayant fait plus de 80 victimes à Nice en 2016 était un musulman non pratiquant, un bisexuel et un consommateur d’alcool fraichement converti à l’islam radical.

En 2015, dans une barque transportant des migrants, au large des côtes d’Italie, des musulmans ont jeté à la mer des Africains de confession chrétienne, sachant qu’ils se dirigeaient vers les terres chrétiennes pour trouver refuge en laissant derrière eux leurs pays dits musulmans utilisant souvent la religion pour asseoir leur dictature et maintenir leur peuple dans la servitude.

Pourquoi les chrétiens d’Europe n’exigent-ils pas la réciprocité concernant la construction des lieux de culte ? Une mosquée construite à la Courneuve, à titre d’exemple, parrainera l’édification d’une église dans une ville algérienne ou marocaine. C’est une manière de venir en aide à leurs coreligionnaires subissant véritablement la ségrégation et l’injustice dans ces pays. En outre, cela servira pour calmer l’ardeur de tous ces bigots sur leurs propres terres.

Camus disait : « Mal nommer les choses c’est ajouter au malheur du monde ». Actuellement, nous sommes en train de vivre une confrontation civilisationnelle. L’islamisme est une idéologie fasciste, l’Histoire en est témoin. Moi aussi, en tant qu’indigène d’Afrique du Nord, j’ai envie de slamer pour dire qu’au nom d’un certain islam, on a envahi, massacré ou réduit en esclavage des populations entières. On a exterminé des croyances et des cultures ancestrales, de véritables génocides ont été commis. DAEICH est un copier-coller de ces pratiques inhumaines au 21e siècle.

Que reste-t-il aujourd’hui des grandes civilisations méditerranéennes, telles que les Berbères, auxquels j’appartiens, et la civilisation égyptienne ? Pourquoi, vous, les Occidentaux, n’avez rien fait pour nous venir en aide ? Alors que nous partagions les mêmes idéaux, nous voudrions bien une société laïque où toutes les libertés sont garanties. Nos civilisations ne mériteraient-elles pas autant de considération que celle que vous portiez à la Grèce antique ?

Vous êtes devenus des complices du malheur que nous subissons en vous alliant, pour des intérêts matériels, avec nos nouveaux envahisseurs voulant nous exterminer sur cette terre en nous imposant une identité et un mode de vie qui ne sont certainement pas les nôtres. « Il ne faut jamais faire d’un méchant son ami ; il faut le fuir constamment, comme un port dangereux », disait Théognis de Mégare. Ces mêmes envahisseurs, vous reprochant paradoxalement votre passé de colonisateurs, sont en train de phagocyter les fondations de votre cité.

Ces homophobes se plaignant d’islamophobie n’ont aucune place dans une République. Ceux qui sont complaisants avec ces énergumènes développent une attitude suicidaire. Leur grand frère Erdogan résumait bien leur stratégie : « La démocratie, c’est comme un tramway, une fois arrivé au terminus, on en descend ». La démocratie est perçue par les salafistes et les frères musulmans comme un moyen leur permettant de mettre en place une tyrannie théocratique. Il est du devoir de tout démocrate, digne de ce nom, de les combattre afin de préserver les principes républicains et barrer la route à ces obscurantistes d’un autre âge.

Mourad AMAGHNAS

Le 41ème Printemps Amazigh dans un contexte contraignant

0
Photographie Yacine Aqvayli

Cette année encore, les Amazighs célèbreront Tafsut Imazighen, le printemps Amazigh dans un contexte contraignant, marqué par la pandémie du coronavirus, largement exploité par les gouvernements comme prétexte pour réprimer les libertés fondamentales, notamment la liberté de réunion, d’opinion, de manifestation et d’expression.

En ce jour de commémoration de la résistance des Amazighs à toutes les formes de racisme et d’oppression, le Congrès Mondial Amazigh (CMA) salue et rend hommage à tous les Amazighs, de Siwa aux Canaries, connus ou anonymes, qui ont œuvré d’une manière spectaculaire ou discrète, individuelle ou collective, à faire vivre l’amazighité sous toutes ses formes et à défendre et promouvoir ses droits.

Aujourd’hui notre pensée va naturellement à toutes les victimes de la tyrannie et parmi elles, ceux qui sont derrière les hautes murailles des prisons, Kabyles et At-Mzab en Algérie et Rifains au Maroc, arbitrairement arrêtés et injustement condamnés et emprisonnés. Nous appelons de notre voix la plus forte et la plus ferme, les autorités algériennes et marocaines à les libérer sans délai. Nous exprimons aussi notre compassion et notre solidarité avec nos frères et sœurs Kel-Tamasheq (Touaregs) de la région de l’Azawagh au Niger qui subissent des attaques criminelles permanentes de la part de groupes armés affiliés à Daesh. Les armées gouvernementales et étrangères présentes dans cette région ont encore une fois démontré leur incapacité à protéger les populations. Nous sommes persuadés que la sécurité dans ce territoire ne peut être garantie sans la participation effective des communautés autochtones.

Dans un monde fondé sur les intérêts et non sur les valeurs humaines, les Amazighs doivent se mobiliser et unir leurs volontés et leurs énergies pour faire front ensemble. Leur survie collective ne repose que sur eux-mêmes et sur leur détermination à vivre dans la liberté et la dignité.

Nous appelons les forces vives amazighes à se recentrer sur l’essentiel, la protection de l’amazighité dans les pays de Tamazgha car elle est dangereusement menacée. La langue, la culture, les traditions, les terres, les territoires et les ressources naturelles des Amazighs, sont chaque jour un peu plus arrachés par la force aux autochtones Amazighs. Ces politiques de prédation et d’éradication de l’amazighité doivent être combattues par tous les moyens légitimes, c’est une nécessité vitale.

Le Congrès Mondial Amazigh continuera d’agir dans le sens de la protection et du renforcement des droits et des capacités des forces vives amazighes afin de restaurer la souveraineté des Amazighs sur tout ce qui les concerne.

Dans ce sens, le CMA appelle les institutions et organisations amazighes à déclarer le 20 avril, « journée internationale de la résistance et de la liberté des Amazighs ».

Par leurs luttes et leurs sacrifices, nos ainés ont tracé le chemin pour la justice, la dignité et la liberté, construisons l’avenir en restant sur le même chemin.

Paris, 7/04/2971 – 19/04/2021

Le Bureau du CMA

Le Printemps Berbère ne commença pas le 20 avril

0
Printemps Kabyle 1980

Corrigeons l’Histoire, le 20 avril 1980 n’appartient pas à la famille Saïdi!

Le 20 avril 1980 de Tizi Ouzou est une œuvre collective, elle est exclusivement le produit des luttes estudiantines précédentes ; des comités de cités universitaires autonomes , gérés par des étudiant-e-s conscient-e-s des enjeux politiques de leur époque.

Le printemps berbère de 1980 ne commença pas le 20 avril. Bien avant cette date, précisément le 10 mars 1980, un collectif estudiantin naquit pour animer la vie estudiantine et organiser un cycle de conférences dont celle de Mouloud Mammeri sur 《les poèmes kabyles anciens 》 fût la première conférence programmée.

Le jour du 10 mars, la conférence fût interdite par les autorités locales de Tizi Ouzou. La police algérienne interpella Mouloud Mammeri et Salem Chaker, elle les mit en garde à vue au commissariat de Tizi Ouzou, avant de les libérer, le soir, à 16:30. Le soir même du 10 mars 1980, ils rencontrèrent Hmed Taleb, Idris Gérard Lammari et Aziz Tari , membres organisateurs de la conférence et représentants des étudiants .

Ils leur demandèrent de garder le calme et de rester sages. Conscient des riques qui pourraient encourir les organisateurs Dda Lmouloud leur avait demandé des excuses 《dans le témoignage que Aziz Tari m’a rapporté》 . Le soir du 10 mars 1980, une réunion secrète avait été organisée par Idris Gérard Lammari, Hmed Taleb et Tazi Tari dans une chambre universitaire. La réunion avait pour but d’organiser une riposte au régime dictatorial. Chacun des présents avait sa proposition entre : rassemblement, manifestation, etc. Et les trois avaient opté pour la décision d’Aziz Tari ; celle d’une manifestation.

À l’heure du repas du soir au niveau de tous les réfectoires des cités universitaires de l’université de Tizi Ouzou, tous les étudiants et toutes les étudiantes étaient informés par la tenue d’une assemblée générale, le lendemain 11 mars 1980 à 09 H 00, au niveau du campus universitaire de Tizi Ouzou. Le 11 mars 1980 à 09H00, tous les étudiants et toutes les étudiantes étaient présent-e-s au rassemblement qui n’avait duré que quelques minutes avant que le chemin des manifestations en Algérie soit frayé. D’autres secteurs, par la suite, avaient rejoint l’université et le mouvement avait pris de l’ampleur.

Le printemps berbère 1980 avait semé la graine de l’espoir dans une Algérie profondément violentée par un régime militaro-bourgeois.

Le printemps berbère de 1980 avait pour principales revendications : la reconnaissance des deux langues nationales , le berbère et le derdja et le vrai socialisme. Ces revendications avaient été concrétisées dans une charte 《 la charte de Yakouren 》 lors d’une rencontre organisée par les étudiant-e-s et l’université de Tizi Ouzou en août 1980 à Yakouren.

Amar Benhamouche

Amussu / Hirak : Quel enjeu pour la Kabylie ?

2
Hirak

Quel danger à l’horizon ?

Depuis la pseudo-indépendance de l’Algérie en 1962, c’est la première fois qu’un soulèvement citoyen a réussi à impacter toutes les régions du pays. Avant, la protestation se cantonnait principalement dans la région kabyle. Le Kabyle a été pendant longtemps le mouton noir de la nation. Il est représenté par le système comme étant le perturbateur, le « Mouchaouch », l’ennemi de la sacrée unité nationale.

Ce n’est pas par hasard qu’on s’est attaqué au drapeau Amazigh dès le début de ce mouvement. La haine du kabyle était fédératrice depuis longtemps, l’opération « zéro Kabyle » en est une preuve irréfutable. Les manœuvres machiavéliques ont permis à ce pouvoir perfide de se maintenir au pouvoir de 1962 à aujourd’hui.

Ce mouvement citoyen est porteur d’espoir pour s’en débarrasser définitivement du dictateur en question ; mais, en même temps, certains s’en méfient et tirent la sonnette d’alarme pour prévenir les autres du danger islamiste. En effet, il y a de quoi s’interroger sur les véritables visées d’une partie des figures de ce mouvement dont le discours est ambigu dès qu’on aborde le sujet concernant l’intégrisme et ses conséquences sur la démocratie dans le pays.

Par ailleurs, depuis plusieurs mois, on a développé un discours teinté de déni dans lequel on osait présenter l’islamiste sanguinaire de la décennie noire comme étant une victime et non pas l’un des belligérants d’une sale guerre ; cela constitue une véritable insulte à toutes ces personnes honorables lâchement assassinées durant cette période. Ce sont les sympathisants de cette mouvance (l’ex-FIS et ses dérivés) qui agressent les manifestants arborant des pancartes dans lesquelles ils exigent la double rupture : ni état militaire ni état islamiste. 

En tant que Kabyle, je trouve révoltant et ingrat que des Algériens portent le drapeau palestinien au lieu de soulever l’emblème Amazigh en signe de solidarité avec tous ces Kabyles emprisonnés par un pouvoir qui est la source de leur malheur. Comble de l’ironie, un Palestinien a été arrêté pour port du drapeau Amazigh. Celui-ci, dans sa situation d’apatride, se sent plus proche de notre cause que nos autres concitoyens.

Je trouve également triste que des antennes de cette mouvance existent maintenant en Kabylie, même s’ils sont encore une minorité. Ils développent un discours populiste, fuyant la question des libertés, entre autres, la liberté de conscience et religieuse.

Le mot qui revient souvent dans leur bouche est : « le peuple est souverain, c’est lui qui décide ». Autrement dit, pour un Kabyle, c’est signer son arrêt de mort en justifiant la tyrannie populaire : si l’existence de notre culture passait par les urnes, étant minoritaires, nous serions condamnés à disparaître. Aussi, ne serait-il pas absurde de décider avec l’aval des autres, si on doit écrire notre langue en caractères arabes ou latins, et j’en passe. La démocratie, ce n’est pas une dictature entre les mains d’une majorité, mais c’est plutôt un système garantissant la protection de toutes les libertés, dont celles des minorités.

Actuellement, La Kabylie est dans une situation cornélienne. Devrait-elle combattre un système, qu’on nommera « le Militaire », ayant violé sa culture et sa spécificité après plus de 2 000 ans d’histoire, aux côtés d’une mouvance portant les germes de l’islamisme, qu’on appellera « le Néo-nazi », en se disant que l’ennemi de mon ennemi est mon ami de circonstance. La guerre est une ruse n’est-ce pas ? 

Ou bien, dénoncer ce dernier (le Néo-nazi), sachant qu’en le faisant, on porte un soutien vital au premier qui, avec son école et ses institutions, finira par réduire nos enfants en illuminés à la solde de la nébuleuse intégriste. Par conséquent, dans ce deuxième cas de figure, le « Néo-nazi » parviendra tôt ou tard par reprendre le dessus, lynchera « le Militaire » sur la place publique, comme on l’avait fait avec Kadhafi, en lui enfonçant une baïonnette dans le c.., et en ce qui nous concerne, notre culture ne serait qu’une vague réminiscence.

Le Militaire algérien n’est pas Atatürk. Il tue les islamistes dans les maquis, mais il les régénère au sein de l’école de la République. Il est en quelque sorte un spoliateur suicidaire en entretenant une hydre qui finira par le dévorer.

De toute évidence, l’enjeu des événements actuels en Algérie est énorme pour la Kabylie. L’issue de ces derniers pourrait être son émancipation et sa libération de l’emprise arabo-islamiste ou, au contraire, il en résulterait sa disparition en travestissant sa culture et tout ce qui la caractérise.

Le danger est de plus en plus visible et envahissant, on n’aurait jamais imaginé durant les années 80 et jusqu’à la fin des années 90 de croiser des barbus dans nos villages et des filles ayant substitué un vulgaire drap venu du Moyen-Orient à leur belle robe kabyle. Dans quelques années, un fossé béant se creusera entre les kabyles vivant à l’étranger et les Kabyles restés au pays exposés aux radiations de l’arabo-islamisme.

Avec ce système et ses manigances, ajoutant à cela le contexte géopolitique actuel, nous avons peu de chances, pour ne pas dire aucune, d’obtenir une suite favorable à nos revendications. Il serait même illusoire de rêver d’une autonomie, d’une indépendance ou bien de l’instauration d’un système fédéral tenant compte des spécificités de chaque région en Algérie tant que ce pays est gouverné par une junte militaire.

Cependant, il me semble qu’une brèche est ouverte depuis l’élection présidentielle. Il serait peut-être judicieux de l’utiliser à bon escient. La Kabylie n’a pas élu de Président, Tebboune ne la représente pas. Et, dans quelques mois, après l’organisation des prochaines élections, notre région n’aura bientôt aucun représentant au sein de toutes les instances de ce pouvoir, et, de fait, elle se détache de l’État algérien actuel. D’où la nécessité à ce que la Kabylie s’organise pour désigner ses propres représentants et empêcher ainsi le pouvoir de l’effectuer à sa place.

Comme en 1962, La Kabylie vit actuellement un moment fatidique de son histoire. Ses enfants seraient-ils à la hauteur du défi qui les attend pour en faire de ces événements une échappatoire leur permettant de retrouver enfin le chemin de la liberté. En tout cas, Il est nécessaire et vital à ce qu’ils se réconcilient et s’unissent, qu’on soit du MAK, du RCD, du FFS, du RPK, de l’URK, sans étiquette, etc. C’est avec le dialogue et la dialectique qu’on arrivera à avancer. Le temps presse et la procrastination est notre pire ennemi.

Quelques siècles en arrière, il y avait 2 royaumes puissants représentant la Kabylie : le royaume de Koukou et celui des Aït-Abbas. S’ils avaient réussi à s’entendre, nous n’aurions pas à subir le parasitisme ottoman et le colonialisme français, la source de notre tragédie actuelle. Nous aurions connu certainement une autre histoire meilleure qui en ferait de notre « Tamurt », un pays prospère, développé et tourné vers la modernité.

La division est notre talon d’Achille. Ferhat Mhenni, Saïd Saâdi, Djamel Zenati, Bouaziz Ait-Chebbib, Hamou Boumedine, Mohcine Belabbas, les responsables politiques du FFS et du RCD, toutes les associations et les activistes en Kabylie ; parviendrez-vous un jour à vous réunir autour d’une même table et conjurer ce mauvais sort ? « Anda-ken zadenn aṛṛiyes izṛigh alvavuṛ yeɣṛaq»  dixit Lounès Matoub.

M. AMAGHNAS

Message ouvert à Ahmed Assid

5
Belkacem Lounès

Le défenseur des Droits Amazighs Belkacem Lounès réagit après le dernier passage d’Ahmed Assid sur une télévision émirati Sky News. Qui n’en perdrait pas la raison ? Habillé en nationaliste marocain, l’écrivain a montré un tout autre visage et tenu des propos à l’opposé des valeurs qu’il portait jusqu’ici, dans une soumission totale et fidèle à l’arabisme. Son discours scélérat en décalage avec ce qu’il incarnait jusqu’ici ont semé le doute et la consternation dans le monde Amazigh, au point qu’il lui est demandé de faire des excuses publiques. Comment cet intellectuel a pu en arriver là ?


Cher Ahmed,

J’ai appris par le site « amazighworld.org »** que tu as été invité il y a quelques jours par la chaine de télévision arabe « Sky News Arabia », et que la présentatrice de l’émission t’a posé la question suivante : « Que pensez-vous de la tendance séparatiste de certains Amazighs dans les pays du Maghreb arabe ? »
Dans ta réponse, tu n’as pas réagi au fait qu’elle qualifie Tamazgha (ou nord de l’Afrique) de « Maghreb » et en plus « arabe » !? Toi qui m’avais donné jusque-là l’impression d’être intransigeant sur la rigueur scientifique et historique, tu as gardé le silence face à cette dame qui a prononcé devant toi l’inacceptable ! ? Tu as laissé cette femme panarabiste falsifier l’histoire et la géographie et effacer l’amazighité dans les pays de Tamazgha sans dire un mot ?

Je ne comprends pas que tu ais laissé passer cela sans remettre les choses à leur place, c’est-à-dire de préciser pourquoi l’appellation « Maghreb » pour désigner Tamazgha n’est pas approprié et d’ajouter naturellement que nos pays ne sont pas des pays arabes mais amazighs et ce, depuis la nuit des temps. Ton silence complice vaut acceptation de ta soumission au
discours négateur de l’amazighité, ce qui est nouveau je crois et très grave et bien sûr inadmissible de ta part !

Ensuite tu réponds à la question sur le « séparatisme » en disant : « Bien sûr, je suis toujours contre le séparatisme, et quand certains activistes politisés de la région de Kabylie, en Algérie, parlent de séparation, je n’en suis pas content et ce discours ne me plait pas du tout, et je le considère comme un revers au discours démocratique amazigh. Le discours amazigh devrait
être nationaliste, universel et humaniste. Son objectif devrait être l’instauration de la démocratie dans tous les pays du Maghreb ! ». Ainsi, cher Ahmed, tu enfonces le clou arabe dans ton pied !

D’abord tu te permets de porter un jugement sur la Kabylie et les Kabyles alors que tu les connais très peu et ensuite n’étant pas directement concerné puisque tu n’es pas Kabyle, tu n’as aucune légitimité à te prononcer sur ce sujet. Car si tu connaissais la Kabylie, tu saurais que ce territoire et son peuple ont toujours vécu « indépendants », comptant d’abord sur eux- mêmes et qu’ils n’ont jamais accepté la colonisation par qui que ce soit.

Par ailleurs, si quelque part dans Tamazgha il y des Amazighs qui ne veulent plus être colonisés ni par les Arabes ni
par personne d’autre, pourquoi cela te dérangerait-il ? Ceux qui, de l’Azawad à la Kabylie veulent vivre libres, eux ne t’empêchent pas de rester colonisé si cela te comble. Et ces Amazighs qui veulent se décoloniser, ils le font conformément au droit international qui reconnait à tous les peuples du monde, le droit de disposer d’eux-mêmes, autrement dit le droit à l’autodétermination. Je me permets de t’apprendre aussi que dans les faits, « tamurt n iqvayliyen » (le pays kabyle) a toujours été « séparé » de « l’Algérie arabe » par son histoire, par sa langue, par sa culture, par son mode de vie et par son projet de société laïque, démocratique et ouvert sur le monde. Et le régime arabo-islamique algérien a toujours puni la Kabylie et les Kabyles pour leur attachement à leur singularité.

C’est surtout de cette féroce répression anti-kabyle que tu aurais dû parler, comme tu aurais dû saluer le combat inlassable
des Kabyles pour l’amazighité, pour les libertés, pour les droits humains et pour l’état de droit.
Et toi, Ahmed Assid, qu’on présente comme un « intellectuel et militant amazigh », tu te ranges du côté de l’oppresseur, du plus fort, du côté de l’arbitraire, contre la victime ! Pour plaire à qui ? à ta « séïda » du jour ? ou à d’autres « séïds » cachés ?

Si je réagis à tes propos, ce n’est pas parce que je serais membre du MAK (mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie), ou indépendantiste mais c’est parce que tes propos sont injustes, contraires au débat démocratique et négateurs du droit, en somme je réagis en tant que défenseur des droits et des libertés. Et à ce titre, je défends le droit des Kabyles et de tous les Amazighs d’exprimer librement leurs idées, de défendre leur projet politique ou autre, à la seule condition que cela soit conforme au droit international. Et c’est le cas pour les Kabyles.

Concernant « la démocratie, l’universalisme, l’humanisme et le nationalisme », tu devrais tenter de les apprendre à tes « frères » arabes comme tu essayes de les éduquer à la laicité. Mais en dix ans d’efforts tu n’as pas réussi à faire avancer d’un millimètre la laicité chez eux car ils n’en veulent pas, tu les offenses même avec cette idée, un peu comme si tu essayais de leur vendre
du cochon.

Quant aux Amazighs, leur longue histoire, de ses premiers balbutiements jusqu’à nos jours, est riche en témoignages de leur attachement viscéral aux valeurs humaines. C’est à un poète Amazigh de l’époque romaine, Terence-Afer, que l’on doit cette belle expression : « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ». Et chez les Amazighs, il n’y a ni prison, ni peine de mort. Y a-t-il plus humain, plus civilisé que cela ? Et aujourd’hui, les Amazighs sont toujours aux avant postes pour défendre et promouvoir les principes de la justice, les droits et les libertés, à commencer par ceux des femmes, contre les obscurantistes
islamistes et les régimes araboislamiques anti-démocratiques.

Et pour ce qui est du « nationalisme », tu sembles le limiter aux frontières des Etats récemment fabriqués par la
France, quand d’autres comme moi, le voient et le vivent à l’échelle de Tamazgha.

Te voilà donc, cher Ahmed habillé en nationaliste marocain, prêt à défendre des frontières coloniales qui séparent les Amazighs les uns des autres, contre leur volonté. En tant qu’observateur de la société, tu devrais savoir que les Amazighs sont de vrais patriotes amoureux de leurs pays, parce qu’ils sont les autochtones, parce que c’est leur terre, léguée par leurs ancêtres. Pendant
que les Amazighs combattaient contre l’occupant français, les « arabes marocains » négociaient la protection de la France. Tu le sais ça, Ahmed ! C’est écrit dans les livres d’histoire.

Sans que personne ne t’ait posé la question, tu t’es étalé et tu t’es couché devant ton interlocutrice ravie de t’entendre lorsque tu affirmes ce gros mensonge : « Pour les Amazighs, l’arabe est aussi leur langue depuis des siècles, ils la respectent et la considèrent comme égale à leur propre langue ». Comment as-tu fait cher Ahmed, pour savoir que « pour les Amazighs, l’arabe est aussi leur langue » ? Sur quelle étude, sur quel sondage t’es tu basé pour dire que les Amazighs considèrent la langue arabe comme la leur et « égale » à leur propre langue ?
Comment pourrais-je respecter, aimer la langue arabe ou n’importe quelle autre langue étrangère quand on me l’impose par tous les moyens au détriment de ma langue maternelle ?
C’est comme si on cherchait à faire disparaitre ma mère pour la remplacer par une autre femme ! Comment veux-tu que j’aime cette femme à la place de ma mère que l’on essaye de tuer ? C’est une violence inouie ! La vérité que tu connais mais que tu feins d’ignorer cher Ahmed, c’est que les Amazighs ont une langue qui est propre à eux, issue de leur propre génie et ils ont appris d’autres langues étrangères dont l’arabe, le français, l’espagnol, etc.

Encore une fois, tu es libre cher Ahmed, d’aimer la langue arabe, même au point de la préférer à ta langue maternelle, tu peux même déclarer que tu es un « arabe », cela est ton droit le plus absolu, mais vouloir étendre tes choix personnels à tous les Amazighs, c’est une tentative de manipulation grossière, insensée et inacceptable ! Et n’essaye pas de retourner l’argument
contre les Amazighs qui utilisent le français, l’anglais ou l’espagnol, car ce sont ces langues qui nous ont aidés à découvrir les vérités cachées et l’expérience prouve que généralement, les Amazighs qui utilisent l’arabe deviennent arabisés alors que les Amazighs qui utilisent le français, l’anglais ou l’espagnol ne deviennent pas des Français, ou des Anglais ou des
Espagnols.

Pour l’anecdote, quand j’étais collégien en Kabylie, lorsque l’enseignant syrien nous parlait de nos origines de « Sham » dans les cours d’histoire, sous la table je lisais un livre d’histoire écrit en français qui me parlait des « Berbères ». Ainsi, l’enseignant arabe dans sa langue essayait de manipuler mon cerveau et de brouiller la mémoire de mon peuple, tandis que le livre en français éclairait mon passé et m’a aidé à poursuivre mon chemin en tant que moi-même, Kabyle et Amazigh. Tu vois là tout un monde de différence ! Et tant que la langue arabe sera utilisée comme un instrument pour me dominer, je la refuserai comme je refuse
toute forme de domination.

Avec tes connaissances et ton leadership, je m’attendais à ce que tu sois cet éclaireur authentique dont les générations d’Amazighs en quête de savoir ont besoin, mais malheureusement, toi et les autres « imeghrabiyen », démo-crottes, pardon « démocrates »
capitulards, vous prêtez main forte aux ennemis de Tamazight.

En tant qu’Amazighs ou seulement partisans de la démocratie et des droits humains, vous devriez plutôt dénoncer l’état de marginalisation et d’oppression dans lequel se trouvent Tamazight et son peuple, dénoncer l’exclusion de Tamazight et son remplacement forcé par l’arabe au moyen de la religion islamique, de l’école, de la télévision, des journaux, etc. Vous devriez dénoncer le racisme du gouvernement marocain qui a adopté une nouvelle carte d’identité qui exclut Tamazight au mépris de la Constitution et de la loi, dénoncer l’infâme décision du ministre Amzazi qui a refusé de donner le nom de « Tawgrat », la poétesse et héroine amazighe de l’Atlas au nouveau Lycée de Tighessaline, vous devriez appeler à la libération des détenus politiques Rifains, etc.

La liste des méfaits du Makhzen contre tout ce qui est amazigh est malheureusement longue.
Tu es obligé de reconnaitre, cher Ahmed, que cette fois-ci tu as été mauvais, très mauvais, tu n’as jamais été aussi mauvais, un cauchemar pour les Amazighs ! Mais un moment de bonheur pour les islamo-panarabistes et pour la présentatrice de « Sky News Arabia » qui souriait tout le temps et qui t’a d’ailleurs félicité, jugeant que tes propos étaient « une analyse très progressiste ». A ta place je me méfierais des flatteries des ennemis de l’amazighité.

Depuis que j’ai découvert sur Amazighworld.org cet extrait de la chaine « Sky News Arabia », je suis retourné plusieurs fois sur ce site en espérant trouver une mention que c’est un canular.

Mais hélàs non, apparemment c’est un fait bien réel. Et au final, je suis profondément déçu par le fait que certaines personnalités amazighes respectées comme toi Ahmed, aient fini par succomber aux sirènes panarabistes et makhzeniennes. Par la carotte ou le bâton, les ennemis de l’amazighité ont transformé « Assid », la lumière en Tamazight du Moyen-Atlas, en « Aasid », la bouillie arabe !

Je n’aime pas donner des conseils mais ton dérapage sur « Sky News Arabia » mérite cher Ahmed, que tu présentes tes excuses au(x) peuple(s) amazighs. On tournerait alors vite cette triste page.

Je cherchais à terminer ce texte par un mot optimiste et je viens de le recevoir par un ami qui dit : « si l’arabe est la langue du paradis (d’après les musulmans), Tamazight est la langue de ma mère, et le paradis se trouve sous les pieds de ma mère ». Un bel hommage à Tamazight langue, femme, terre…


NB : Il y a 3 jours j’ai demandé à la direction de « Sky News Arabia » un temps d’antenne pour exprimer un autre point de vue par rapport à celui de Ahmed Assid. J’attends toujours sa réponse.
30/03/2021

Belkacem Lounes
Kabyle, Amazigh,
Professeur d’Economie, défenseur des droits des Amazighs

Ahmed Assid est présenté par Wikipédia comme un « intellectuel berbère du Souss, né à Taroudant, écrivain et militant politique marocain amazigh ». Il s’est surtout fait connaitre par ses critiques de l’islam.
https://amazighworld.org/news/index_show.php?id=642844

Israël, l’ennemi des Algériens, leur livre gratuitement un cargo de vaccins !

5
Shamy Chemini
Shamy Chemini Photographie Samir Hamma

Dernière minute

Hier, l’Etat hébreu, tant haï des Algériens, a envoyé par l’intermédiaire du Brésil, un avion-cargo de vaccins à l’Algérie. Et ceci gratuitement…

A force de vivre sous la colonisation arabo-islamiste, les Kabyles sont devenus leurs propres ennemis. Chaque fois qu’une militante ou un militant indépendantiste s’exprime, cela devient un drame. Les Kabyles ont oublié qu’ils sont des hommes libres, que chacun peut s’exprimer à son aise, mais hélas nous vivons un syndrome de Stockholm. Nous reproduisons inconsciemment ce que nous font subir nos bourreaux colonialistes islamo-arabes.

Je pense que le monde entier sait que le nord de l’Afrique est et restera amazigh et que les Kabyles qui refusent l’indépendance de la Kabylie ne sont rien de moins que des traîtres collaborateurs. Les Kabyles, comme certains chefs de partis politiques, sont tellement imprégnés de l’idéologie du colonisateur, qu’ils en sont arrivés à douter de ce qu’ils sont.

Ces KDS se disant docteurs, ayant obtenu leurs diplômes par la grâce de Larbi Berkhir, lui ont livré pieds et poings liés leurs frères kabyles.

D’autres ont juré adorer la Kabylie, mais ont fini par embrasser Sellal, demandé pardon au fauteuil de l’ex-président et choisi de se faire enterrer dans leurs pays d’accueil. Mensonges !

Arrêtons, il y aurait trop de choses à dire.

Cette génération de traîtres des années 80 – sauf un certain nombre qui ne mérite pas ce qualificatif – a fait perdre leurs repères aux générations futures.

Si aujourd’hui nous parlons encore un peu kabyle, c’est grâce aux femmes et aux chanteurs et même si certains ont fait quelques erreurs, ils sont pardonnables, car leurs actions ont été plus positives que négatives. Ces artistes ont privé leurs enfants du confort afin de pouvoir produire leurs chansons avec leurs propres deniers.

Majoritairement, ils sont détestés par le pouvoir et certains sont décédés sans jamais être passés à la télévision de leur propre pays, réservée aux artistes du Moyen-Orient au détriment de la chanson kabyle.

Depuis toujours, pour une grande partie de ceux qui se disent Arabes, le rêve est de faire disparaître la Kabylie et ses habitants. Ce docteur sans diplôme, qui se dit génial, est soit un ignorant soit un traître. Il n’en demeure pas moins qu’à l’image de son aîné, il fait du tourisme politique à Marseille. A sa place, je me pendrais au bout d’une corde en place publique !

En 1990, avec l’arrivée du terrorisme et de ses complices, ces ennemis ont créé les patriotes, non pour protéger la Kabylie, mais pour la désarmer afin qu’elle ne puisse se défendre contre le danger et aujourd’hui, nous sommes en plein péril.

Des Kabyles qui se pensent malins nous parlent de gaz et de pétrole ; soyons sérieux :

1) La Kabylie n’en a jamais bénéficié

2) Ceux qui ont exploité cette manne pétrolière et gazière ont amené l’Algérie au fond du gouffre. De plus, l’avenir appartient aux énergies renouvelables et l’énergie fossile sera en fin d’utilisation d’ici quelques années, remplacée et inutile. Évidemment, aucune substitution n’a été préparée par le pouvoir en place.

Pour rappel : depuis 1967, l’Algérie pour survivre, a recours à 90% de son importation alimentaire et ne parlons pas du reste !

3) Avant l’événement des énergies fossiles, la Kabylie a toujours vécu de la force de ses bras et de son intelligence. Aujourd’hui, beaucoup de grands savants répartis à travers le monde, dont la France, en sont issus.

4) Tous les pays musulmans réunis possèdent la moitié de la richesse mondiale et ne fabriquent pas une trottinette.

5) Récemment, la majorité des pays soi-disant arabes, sont devenus par la force des choses, des amis d’Israël. L’histoire retiendra qu’en 1967 et 1973, 200 millions d’Arabes se sont fait écraser par 5 millions d’Israéliens. Lorsqu’un Kabyle se rend en Israël, tous les Algériens crient au scandale, y compris les KDS. Si l’Algérie attaquait ce pays, elle serait balayée en 24h.

Les Israéliens ont produit un vaccin contre la Covid 19, vacciné toute leur population et hier ont offert à l’Algérie une cargaison de vaccins.

L’ogre président algérien va en Allemagne se faire soigner en disant que lui n’ira pas en France et que c’est la nouvelle république ! Cet abruti, pur produit du FLN, nous prend pour des imbéciles.

6) Lorsque la Kabylie sera indépendante, celui ou celle qui prendra la nationalité kabyle sera chez lui. Les autres seront des étrangers devant posséder une carte de séjour renouvelable tous les ans et payante. Pour les Kabyles vivant à l’étranger, y compris l’Algérie, rien de changé. Rien de bien difficile à comprendre ; cette pratique est en cours dans le monde entier.

La fourberie des pasodobles arabes a assez duré, ils prennent bien d’autres nationalités mondiales pourquoi pas la nationalité kabyle ?

Et c’est bien le dernier de leur souci de savoir comment nous allons vivre ! Alors, nous indépendantistes, nous leur disons que cela suffit, qu’il est temps qu’ils quittent nos terres ancestrales et notre identité. Ce que nous voulons vivre ne regarde que nous.

Un pouvoir assassin de ses propres enfants ne se soucie pas de ce qu’ils vivent puisqu’il les tue. L’indépendance nous permettra de récupérer nos terres, d’organiser le vote démocratique kabyle et non arabe puisque c’est la religion qui règle les problèmes. Lorsqu’ils n’y arrivent pas avec leur religion, ils cherchent la solution chez les Occidentaux pour se nourrir ou se faire soigner. Notre indépendance ne sera plus leur problème, mais le nôtre.

Comme disait un proverbe : charbonnier est maître chez soi.

Aujourd’hui, si nous ne sommes pas assez unis, il faut bien comprendre que c’est en partie la responsabilité du colonisateur qui a fait et fait tout pour nous dresser les uns contre les autres.

De plus, la Kabylie a toujours eu une sensibilité plurielle.

Âgé de soixante-seize ans, je ne pense pas que l’on fasse d’omelette sans casser d’œufs. Contre la France, nous avons pris les armes pour libérer le pays, alors ce ne sont pas des va-nu pieds ignorants qui devraient nous faire peur ! Le lièvre n’impressionne pas le lion.

Les générations futures prendront les décisions. Je ne serai plus là, pas plus qu’au paradis des musulmans, car comme au père Noël, on ne peut guère y croire, passé l’âge de raison.

Pour ceux qui pensent avoir des solutions pour l’indépendance, c’est le moment de partager leurs idées sans attaquer personne sauf les KDS.

Je n’ai jamais caché mes idées et j’ai produit pour la culture kabyle, plus que la moitié de ceux qui passent leur temps à critiquer. Ce que j’avance est vérifiable. Ceux qui ne me connaissent pas peuvent chercher sur Internet, ils comprendront mieux ma position.

Shamy Chemini

Co-fondateur des Abranis, auteur-compositeur, écrivain,

réalisateur, créateur de quatre radios libres (années 80)

16 mars 2021

La police algérienne enlève leurs robes aux femmes Kabyles…

7
Rob kabyle


Le pouvoir et la police algérienne ont dépassé les limites du ridicule.
A défaut de se battre contre les terroristes, au cours d’une manifestation le 22 février à Alger, ils ont enlevé leurs robes aux femmes kabyles.
Certes, le monde entier sait que les Arabes enferment, voilent et battent leurs femmes ; une façon de prouver leur amour !

Je m’adresse à tous les Kabyles au service de ce pouvoir :
Demain, ce sera votre mère, votre femme ou votre sœur qui sera violée sur la place publique.
Aux Kabyles de service, je souhaite la rage et une mort sordide.

Policiers, vous avez montré votre vrai visage, hideux et mortifère. Le monde regarde de quoi vous êtes capables. A défaut de vous battre à armes égales contre vos semblables, vous avez osé humilier nos femmes par racisme, haine, jalousie. Sachez que si elles avaient été armées, elles vous auraient exterminés.

Vous vous dites Arabes, vous n’avez ni dignité ni honneur.
Votre fantasme est d’aller rejoindre votre paradis et vos 72 vierges… Espérez, espérez et croyez au père Noël !
Comme il n’y a ni paradis ni vierges, vous finirez en poussière mangés par les fourmis. S’il y en avait un de paradis, vos actes vous mèneraient directement en enfer.

Aujourd’hui en Algérie, la justice est rendue selon la catégorie sociale, la sensibilité politique.
Encore que, comme chacun sait, la vraie justice n’existe pas comme dans tous les pays arabes ou islamiques. Les plus réprimés sont les indépendantistes qui n’ont droit ni à un avocat ni à aucune liberté quelconque. Nous vivons dans un monde à l’envers.

Les Imazighenes, sur le sol de leurs ancêtres depuis toujours, sont opprimés, emprisonnés, torturés par les barbares venus du Moyen-Orient.

Que cette bande de sauvages, sache qu’elle payera très cher, un jour ou l’autre, ses actes abjects. La roue tourne ; Rome, le plus puissant empire de l’Histoire s’est fracassé contre les Amazighs.

Le pouvoir algérien et ses esclaves vont devoir, d’ici peu, trouver un endroit où se réfugier, car en Afrique du Nord, ils ne sont pas chez eux et ils le savent.

Nous, les indépendantistes kabyles, ne les laisserons jamais fouler le sol de notre patrie dès l’instant où elle sera indépendante. Qu’ils se préparent à manger des rats, car l’ère du pétrole est finie. Ils regretteront ce qu’ils ont fait de 1962 à nos jours. Qu’ils sachent une fois pour toute qu’en Tamazgha, ils ne sont pas chez eux.

Je tiens à manifester ma solidarité à tous les prisonniers et en particulier aux indépendantistes emprisonnés injustement.

Je m’adresse au trafiquant de drogue à la tête de l’Etat qui revient d’Allemagne pour raisons médicales :
Dans vos déclarations à la télévision algérienne, vous dites souvent le Hirak (Béni). Au même moment votre police s’attaque aux femmes kabyles.
Si vous l’ignorez, internet existe ; de notoriété publique, vous êtes un criminel trafiquant.
Lorsqu’apparaît à la télévision votre hideux visage, la nausée s’installe.
Je ne suis pas voyant, mais la fin est proche.

Durant votre existence, votre présence au pouvoir, vous et vos complices n’avez pas été capables de construire ne serait-ce qu’un hôpital digne de ce nom. Si vous aviez de l’honneur, vous ne montreriez pas votre visage.

Hélas, aujourd’hui l’Algérie collectionne des présidents qui roulent sur des fauteuils pendant que d’autres nations explorent la planète Mars.

Une fois encore, je manifeste mon soutien indéfectible aux militants indépendantistes Kabyles du monde entier.

Vive la Kabylie indépendante

Shamy Chemini
Artiste, écrivain, réalisateur et conteur

Mouloud Mammeri ou l’ancêtre sanctifié

0
Mouloud Mammeri

Il y a 32 ans, disparaissait Mouloud Mammeri, figure emblématique de la pensée algérienne contemporaine. “La mort absurde” de cet éminent savant n’a jamais été élucidée. Les versions officielles contradictoires ne pouvaient convaincre personne et, la nature despotique du régime algérien aidant, le doute persiste encore et toujours sur les causes de son accident routier. Chacun sait que le FLN est resté ingrat vis-à-vis de celui dont les textes ont porté haut la voix des combattants. Chacun sait aussi que ce régime machiavélique est capable de tout. C’est un “pouvoir assassin” comme le scandent les Kabyles depuis avril 2001 et comme le déclament tous les Algériens depuis février 2019, reprenant en chœur, la célèbre chanson d’Oulahlou.

Cette tragédie avait eu lieu dans la nuit du 25 au 26 février 1989 près de Aïn-Defla à 200 kms à l’ouest d’Alger. Mouloud Mammeri revenait du Maroc où il avait l’habitude de faire des conférences sur le monde amazigh. En tant que romancier, anthropologue et linguiste, il était sollicité de partout pour aider le public à lever le voile sur la langue et la culture amazighes mises sous une camisole de force. D’abord une camisole de l’ordre colonial puis celle de l’ordre arabocentrique postindépendance. Il était le seul, à l’époque, à pouvoir nous exposer toute l’épaisseur du sens que contenaient les isefra (poèmes), les contes, les récits, les proverbes et autres énigmes qui peuplaient nos imaginaires. Il les collectait avec amour et les semait sereinement, patiemment mais sûrement dans nos têtes convoitées par nos faussaires.

Le drame qui avait frappé notre poète savant s’était produit deux semaines environ après la fondation du RCD (Rassemblement pour la Culture et la Démocratie) créé dans le cadre de l’ouverture de la scène politique algérienne. Un message adressé par lui avait été lu à la tribune des assises de ce parti. L’enthousiasme généralisé qui accompagnait les annonces d’un avènement politique pluraliste s’était brutalement transformé en deuil et en peur des lendemains. Un coup de massue avait subitement percuté la tête de toutes celles et de ceux qui avaient conscience du poids moral et intellectuel de cet écrivain hors normes.

Un chercheur qui, sa vie durant, avait mis au jour le lignage poétique amazigh depuis l’Atlas, le Gourara jusqu’aux sommets du Djurdjura. En les exaltant, il nous fait aimer les vertus du langage et de ses combinaisons précieuses tissées par les créateurs des trois derniers siècles. En mars 1980, il allait à l’université de Tizi Ouzou qui ne portait pas encore son nom pour y exposer, au public estudiantin, le fruit de son travail, le trésor ancestral collecté : « les poèmes kabyles anciens ». Il voulait transmettre les instruments qui permettraient d’en parler scientifiquement, sérieusement. Il voulait nous faire sentir que la signification poétique est un acte de recouvrement de la souveraineté d’un peuple. Il voulait nous montrer, avec la discrétion qui le caractérisait, qu’un beau poème d’où surgissent des variations d’images, des résonances émotionnelles, des enchevêtrements d’idées, peut s’avérer une arme de défense bien plus efficace que n’importe quel attirail idéologique. L’un est une armature de l’intérieur, l’autre un outillage de façade. Le premier une puissance en extension, le second une chimère en compression. Mouloud Mammeri avait été stoppé dans son élan. Sa conférence avait été entravée, la suite, toute volcanique, tout le monde la connait désormais : « le printemps amazigh d’avril 80 avec tous ses bourgeons ».

Mouloud Mammeri, appelé affectueusement dda Lmulud par toutes les générations qui l’ont accompagné ou suivi, nous a offert les clés d’une culture, d’une poésie, d’un patrimoine historique et linguistique que, sans lui, nous aurions perdu à jamais. Il nous a fait sentir et toucher du doigt le monde littéraire de nos ancêtres, leur cosmogonie. Il nous a appris à interroger les textes des pères de nos pères qu’il avait réunis en une somme inégalée de chefs-d’œuvre anciens et contemporains. Il les avait accompagnés d’une série d’éclaircissements éclatant de justesse et de vérité. Une vérité ensevelie par les dominants d’hier et d’aujourd’hui, ceux-là même qui nous disaient que nos ancêtres étaient Gaulois et ceux qui ont pris la relève pour nous rabâcher qu’ils sont Arabes. J’ai eu la chance de connaître dda Lmulud, d’avoir contribué très modestement, un temps, à son travail. À ses côtés, naissaient dans ma tête et dans mes entrailles des univers bouillonnants, multiples, étonnants et qui s’emboîtaient avec congruence au capital culturel appris de ma mère. En moi, une architecture intérieure reprenait forme, un espace de sensibilité gagnait en expansion, des médiations se renouaient pour marier mythes, Histoire et réalités présentes. Un dégagement des structures rigides ancrées par l’école coloniale et postcoloniale s’opérait comme s’étiolent les brumes pour laisser place au dévoilement croissant des sens et du sens.

Formé à la science économique marquée par l’école marxiste et le rationalisme cartésien, je prenais conscience, en découvrant l’univers mammérien, que s’inoculait progressivement en moi une cohabitation concrète de réalités que je croyais incompatibles. Un paysage psychique fait de mélanges, de juxtapositions, de zones d’ombres, d’éclaircies, d’interrogations, s’organisait en mon for intérieur. Je sentais mon esprit se métamorphoser et, à grand coefficient d’accélération, j’accumulais des armes qui m’ont permis d’affirmer de façon détendue ce que je suis : un amazigh.

Merci dda Lmulud, nous sommes nombreux, très nombreux, à tenir de toi la source de nos révélations, à avoir appris de toi comment replacer les pièces du puzzle ancestrale qui nous habite pour mieux l’innover, pour mieux le préserver.

Hacène Hirèche

Non à l’exploitation du gisement minier de Tala-Hemza !

2
Tala Hamza

Kabylie : non à l’exploitation du gisement minier de Tala-Hemza sans le consentement préalable, libre et éclairé de la population concernée.

Communiqué du Congrès Mondial Amazigh.

En créant en juin 2020, un nouveau ministère spécialement dédié à l’exploitation minière, le gouvernement algérien a mis en avant son intention de « trouver d’autres ressources naturelles hors hydrocarbures ». De fait, les réserves pétrolières algériennes se réduisent et les cours mondiaux du pétrole sont en chute libre. Le régime algérien habitué aux fastes que lui permettait la
rente pétrolière et gazière, cherche donc de nouvelles sources de revenus. Mais plutôt que de les chercher dans la création de richesses grâce notamment à des ressources humaines bien formées, le gouvernement explore toujours le champ des ressources naturelles facilement et immédiatement exploitables, souvent avec le concours de firmes étrangères.

Le plan stratégique dévoilé par ce nouveau ministère comprend « la relance de la prospection et le développement des mines existantes et récemment explorées ». Ainsi, au lieu d’explorer des alternatives aux énergies fossiles polluantes et qui impactent négativement le dérèglement climatique, l’Algérie accélère la recherche et l’exploitation de nouvelles sources d’énergie fossile.

Pourtant, dans sa Constitution, l’Algérie se dit « préoccupée par la dégradation de l’environnement et les conséquences négatives du changement climatique et soucieuse de garantir la protection du milieu naturel » et en conséquence, favorable au « développement durable ». Au plan international, l’Algérie a ratifié en 2016 l’Accord de Paris sur le climat qui prévoit notamment : « la protection de la santé des personnes, la préservation, la protection et l’amélioration de la qualité de l’environnement, l’utilisation prudente et rationnelle des ressources naturelles, la promotion, de mesures destinées à faire face aux problèmes régionaux et planétaires de l’environnement, et en particulier la lutte contre le changement climatique ». Mais dans la pratique, l’Algérie ignore tout de ses engagements nationaux et internationaux.

Comme l’indique clairement le ministère des mines, l’Algérie se relance intensivement dans les industries extractives. Parmi les nouveaux sites dont l’exploitation est programmée pour le premier trimestre 2021, figure un gisement de zinc et de plomb situé sur le territoire de la Commune de « Tala Hemza », dans la Wilaya (province) de Vgayet en Kabylie. Ce gisement est présenté
comme un des plus grands au monde. Afin d’assurer son exploitation, le gouvernement a déjà créé un joint-venture avec une firme australienne, dénommé « Western Mediterranean Zinc », et a lancé avec l’université de Vgayet et des partenaires privés, un plan de formation pour le personnel technique de la future mine de Tala-Hemza.

L’Algérie poursuit la spoliation des autochtones Amazighs en appliquant la législation coloniale française

Tant de précipitation interroge et inquiète la population, qui n’est ni informée, ni consultée. Et comme à son habitude, le gouvernement algérien tente d’imposer le fait accompli et se donne une pseudo-légalité en se référant à sa loi minière n° 14-05 du 24/02/2014 dont l’article 2 indique:

« Sont propriété publique, bien de la collectivité nationale, les substances minérales ou fossiles découvertes ou non découvertes, situées dans l’espace terrestre national du sol et du sous-sol ou dans les espaces maritimes relevant de la souveraineté de l’Etat algérien ou du droit algérien ». Or il est important de noter que la source de cette loi est le droit français qui servait à exproprier les autochtones de leurs terres et ressources naturelles durant la période de la colonisation française.

Autrement dit, l’Algérie poursuit la spoliation des autochtones Amazighs en appliquant la législation coloniale française.

En revanche, le droit international est totalement ignoré, certainement parce qu’il est en faveur des propriétaires autochtones, notamment les articles 1 et 2 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et les articles 19, 26, 29 et 32 de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.

Ces articles indiquent notamment que « les peuples autochtones ont le droit aux terres, territoires et ressources qu’ils possèdent et occupent traditionnellement », qu’ils « ont le droit de posséder, d’utiliser, de mettre en valeur et de contrôler les terres, territoires et ressources qu’ils possèdent parce qu’ils leur appartiennent ou qu’ils les occupent ou les utilisent traditionnellement ».

Ces articles précisent également que les peuples et communautés autochtones ont « le droit d’assurer librement leur développement économique, social et culturel » et dans ce but, ils « disposent librement de leurs richesses et de leurs
ressources naturelles » et « en aucun cas, un peuple ne pourra être privé de ses propres moyens de subsistance ». Enfin, le droit international énonce l’obligation pour les Etats et les entreprises d’obtenir des peuples et communautés autochtones concernés, « leur consentement, donné librement et en connaissance de cause, avant l’approbation de tout projet ayant des incidences sur
leurs terres ou territoires, notamment en ce qui concerne la mise en valeur, l’utilisation ou l’exploitation des ressources minérales, hydriques ou autres ».

En conséquence, en voulant s’approprier indûment les terres et territoires de la communauté kabyle concernée, en ne prenant aucune initiative en vue d’informer de manière complète et transparente et de consulter de bonne foi, en vue d’obtenir le consentement éventuel de cette communauté, le gouvernement algérien agit en dehors de la légalité internationale.

Conformément à sa mission, le Congrès Mondial Amazigh (CMA) actionnera tous les moyens légitimes au niveau local et international, afin que le droit international s’impose dans l’intérêt de la communauté kabyle concernée. Le CMA qui travaille sur les questions des terres, territoires et ressources naturelles des Amazighs depuis plus de vingt ans, se tient aux côtés de la communauté kabyle de Tala-Hemza et de la région, et lui recommande :

  • de désigner librement ses représentants pour assurer le suivi de ce projet,
  • de décider que seuls les représentants dûment désignés par la communauté pourront être en
    contact avec les autres parties intéressées (le gouvernement, les entreprises…),
  • de réclamer une étude de faisabilité et d’impact de ce projet, avec ses volets technique, financier,
    économique, social, et environnemental,
  • cette étude devra être effectuée par un organisme qualifié et indépendant, autrement dit
    international,
  • informer régulièrement les populations locales en langue amazighe-kabyle.

Paris, 21/01/2971 – 02/02/2021
Le Bureau du CMA.

Rapport Stora : le rôle des Amazighs largement minimisé

3
Elysée

Le Congrès Mondial Amazigh adresse une lettre au Président de la République française Emmanuel Macron en date du 22 janvier pour dénoncer le manque de neutralité et le minimalisme de Benjamin Stora sur la question des Amazighs. Missionné par l’Etat, l’historien présente un rapport qui minimalise et occulte la moitié des citoyens citoyens français et immigrés d’origine nord-africaine en France. Une série de mesures sont proposées pour que les Amazighs de France soient mieux valorisés et davantage écoutés jusqu’aux sommets de l’Etat.


A votre demande, l’historien Benjamin Stora, vient de vous remettre un rapport sur « les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie ». Dans votre lettre de mission vous écriviez en juillet 2020: « Je souhaite m’inscrire dans une volonté nouvelle de réconciliation des peuples français et algérien ».

Après lecture du rapport de M. Stora et en tant qu’organisation de protection et de promotion des droits des Amazighs (Berbères), nous souhaitons attirer votre attention sur un certain nombre de points qui nous paraissent essentiels.

Tout d’abord il nous parait très important de rappeler que les Franco-Amazighs (ou Franco-Berbères) représentent environ la moitié des citoyens français et immigrés d’origine nord-africaine en France. Cette communauté présente en France depuis près d’un siècle, reste attachée à sa culture d’origine tout en étant complètement en phase avec les valeurs républicaines, dont la laïcité.

Notre première remarque porte sur l’objectif de la « réconciliation » entre les peuples français et algérien, suite à la colonisation et à la guerre d’Algérie. Nous affirmons que s’il y a désaccord ou conflit, ils ont lieu entre les Etats et non entre les peuples et cela n’est aucunement dû à la période coloniale ou à la guerre.

Ce passé a certes connu des traumatismes, mais pour les générations post-1962, il fait partie de l’histoire et n’est pas ou n’est plus traumatisant. L’Allemagne et la France ont connu probablement pire, mais aujourd’hui ce sont deux amies inséparables, alors pourquoi pas l’Algérie ? D’ailleurs en Algérie, il n’y a pas de haine anti-Français. Aucun Français en visite en Algérie n’a témoigné d’un acte raciste ou vexatoire dans ce pays.

Même les chefs d’Etat français qui se rendent en Algérie, sont fortement applaudis par la population, beaucoup plus applaudis que les chefs d’Etat algériens qui sont pourtant chez eux. De plus, les gouvernements algériens sans exception, ont toujours instrumentalisé la guerre d’indépendance de l’Algérie et la colonisation pour essayer de cacher leur gouvernance autoritaire et corrompue et leur absence de projet. Et par conséquent, pour les Algériens, le vrai problème, c’est le gouvernement de leur pays.

En revanche, ce que les Algériens et particulièrement les Amazighs souhaiteraient, c’est que la France n’apporte plus son soutien inconditionnel au régime militaire anti-démocratique algérien qui opprime les Amazighs, qui viole gravement les droits de l’homme et les libertés fondamentales ; qu’elle soutienne les porteurs d’un projet de développement progressiste et laïque, qu’elle ne ferme pas ses frontières de façon aussi hermétique et que chez elle, elle ne soit pas aussi laxiste et généreuse envers les islamistes.

De même en France, bien qu’instrumentalisé par les islamistes, ce n’est pas le passé colonial de la France qui pose problème aux jeunes générations issues de l’immigration nord-africaine. Le flou identitaire, la relégation sociale, le racisme sont notamment de vrais motifs de mécontentement.

Pour preuve, les discours et les actes symboliques de « repentance » consentis ces dernières années par la France à l’égard de l’Algérie, ont eu lieu dans l’indifférence la plus totale.

Ensuite, il nous parait essentiel de porter à votre connaissance que l’image d’une Algérie unique et uniforme, avec un seul peuple « arabe et musulman » ne correspond en rien à la réalité, ni celle d’hier, ni celle d’aujourd’hui, ni celle de demain. Les Amazighs d’Algérie, dont les Kabyles, les Chawis, les At-Mzab… ne sont pas des Arabes, ni tous des musulmans. Ils constituent le peuple (ou les peuples) autochtone de ce pays qui se distingue par son histoire, ses croyances, sa culture et sa langue propres et qui a toujours joué un rôle décisif notamment dans les moments clés de l’histoire.

A force de luttes, les Amazighs ont obtenu la reconnaissance de la co-officialité de leur langue à côté de la langue arabe en Algérie et au Maroc et d’autres reconnaissances de leur identité sont à venir. Il est donc temps que la France cesse de traiter les pays d’Afrique du nord comme des pays « arabes ».

A cet égard, le rapport de Benjamin Stora minimise largement le rôle des Amazighs (des Kabyles et des Chawis en particulier) dans l’histoire récente de l’Algérie (par exemple dans la création du mouvement national et dans la guerre pour l’indépendance) et cela est regrettable. En réalité, l’Aurès (pays des Chawis dans l’est de l’Algérie) et la Kabylie ont été les fers de lance de la résistance à la colonisation française et à toutes les colonisations et en conséquence, ce sont leurs peuples qui ont enduré les plus grandes
souffrances.

Enfin, en lien avec les recommandations contenues dans le rapport de Benjamin Stora, voici nos positions et nos propositions :

  • Nous soutenons l’idée d’un « Traité de réconciliation et d’amitié avec l’Algérie à l’occasion du soixantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie en 2022 », mais à condition que les Amazighs de France et d’Algérie soient partie prenante de la rédaction de ce Traité.
  • Nous souhaitons équilibrer la recommandation de « la construction d’une stèle, à Amboise, montrant le portrait de l’Emir Abdelkader, au moment du 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie en 2022 » par la construction d’une stèle dédiée à Fadma N Sumer, première femme cheffe de guerre kabyle, contre l’armée française ou de Slimane Azem, immigré kabyle, grand poète mort et enterré en France, arbitrairement banni de son pays par le gouvernement algérien.
  • Nous soutenons « la création d’un fonds permettant la traduction du français vers l’arabe, et de l’arabe vers le français, d’œuvres littéraires, et à caractère historique », à condition qu’il en soit de même pour la langue amazighe, c’est-à-dire des traductions du français vers tamazight et de tamazight vers le français.
  • Nous demandons également au gouvernement français à ce que les enseignements de la langue amazighe et de l’histoire de l’Algérie et de l’Afrique du nord dans les écoles françaises soient mis en œuvre en respectant la rigueur scientifique, sans aucune interférence idéologique ou diplomatique.
  • L’enseignement de l’histoire devra nécessairement évoquer le peuple autochtone Amazigh nord-africain, depuis la plus haute antiquité à nos jours, en passant par les rois numides qui ont résisté à l’empire Romain, Saint-Augustin icône du catholicisme, la reine Dihya (Kahena) qui a combattu les invasions arabes… jusqu’à Zinedine Zidane.

C’est cette histoire-là qui aidera les jeunes issus de l’immigration nord-africaine à retrouver les « repères identitaires » qui leur font défaut et à combattre l’idéologie islamiste.

Enfin, dans la mesure où vous avez reçu à plusieurs reprises les représentants du culte musulman en France, nous vous demandons Monsieur le Président, de bien vouloir recevoir une délégation de représentants de la communauté amazighe de France.

Cette rencontre nous parait hautement nécessaire, car elle nous permettra de vous apporter un autre éclairage fort utile afin de mieux appréhender la réalité complexe notamment sur les sujets abordés dans cette lettre.

Le rapatriement de Jugurtha avant la chute de Rome

4
Jugurtha
Jugurtha

Bienvenue Cicnaq

Avant toute chose, mes remerciements à toutes les personnes qui ont fait le nécessaire afin de rétablir notre histoire en érigeant la stèle de Cicnaq à Tizi Ouzou.

Je m’adresse aussi à tous ceux qui ont la possibilité de faire rapatrier les restes des ossements de Jugurtha, petit-fils de Massinissa, qui se trouvent à Rome en Italie comme tous nos illustres ancêtres que les différents envahisseurs ont voulu faire disparaître.

Les arabo-islamistes ont fait encore plus fort dans le mensonge et la falsification que tous les autres occupants. Leur stupidité n’a eu aucune limite…

Ils ont voulu faire croire qu’avant l’invasion de l’islam à coups de sabres, l’Afrique du Nord était déserte. Et voilà que Cicnaq vient les ridiculiser !

Je reste rêveur. Comment se fait-il que le grand criminel, voleur, en Algérie et bien qu’il soit nain, ne soit pas encore jugé ? Bouteflika ainsi que son frère et leurs complices doivent débarrasser l’Afrique du Nord de leurs souillures. Il faut aussi détruire la stèle du traître, l’émir Abdelkader.

Pour information, son arrière-petit-fils, Medhi Abdel Kader, dit le Kid, né à Beyrouth en 1924, a quitté la Syrie en 1944 et s’est engagé dans la Légion étrangère avant d’intégrer l’Ecole militaire de Saint-Cyr. Il fut ensuite cascadeur, guide, restaurateur, avant de s’installer dans les Alpes au village de Saint Julien en Beauchêne. A quatre-vingt-sept ans, il n’avait jamais mis les pieds en Algérie ni revendiqué ses racines, restant fidèle à la traîtrise familiale de son ancêtre.

Lorsque les irresponsables algériens parlent de leur nationalisme, c’est comique.

Depuis 1962, ils n’ont fait que piller le pays et tenter d’effacer l’histoire du nord de l’Afrique, tout en accusant les Kabyles de tous les maux ! Les traîtres au pouvoir sont capables des crimes les plus inavouables.

Quant aux algérianistes, il va falloir qu’un jour ils se prononcent sur leurs origines. Ou ils sont Amazighs et doivent prendre la nationalité ou dans le cas contraire, il faut leur délivrer une carte de séjour s’ils restent vivre en Afrique du Nord. Lorsqu’ils vivent dans des pays étrangers, ils prennent la nationalité si le pays la leur délivre.

Nous ne pouvons avoir confiance en ceux qui nous colonisent. Il est temps que nous, Amazighs, cessions notre naïveté, construisions solidement nos identités avec notre histoire et nos racines. Pour se faire, il faut passer par la création d’états-nations et réaliser les Etats-Unis Amazighs. Il est indispensable de préserver la richesse, la diversité de notre culture
linguistique entre autres.

Shamy Chemini
Co-fondateur du groupe Les Abranis
Auteur, compositeur, écrivain, réalisateur
14 janvier 2021

Jugurtha Kabyle.com
Jugurtha, petit-fils de Massinissa

La statue de Cacnaq à Tizi-Ouzou

6
Cacnaq 1er Tizi-Ouzou

Une statue du pharaon amazigh Chachnaq (Cacnaq) sera érigée au centre-ville de Tizi-Ouzou en Kabylie à l’occasion du nouvel an amazigh 2971 ce mardi à proximité du musée de la ville. Elle a été sculptée par l’artiste-plasticien kabyle Hamid Ferdi à Larbaa Nath Irathen.

La représentation du roi amazigh a été élaborée après un fastidieux travail de recherche dans les différents musées en Egypte et en France par le Dr Hareche, qui a établit le portrait de Chachnaq et photographié des objets qui lui ont appartenu.

Professeur en histoire de l’Antiquité, spécialisé dans l’histoire de la Numidie, il est également l’auteur de plusieurs ouvrages et publications, dont La guerre de Yugurten, Le règne de Massinissa avant la mort de Juba 1er, Takfarinas, L’origine des berbères, Numidia, etc.

Chacnaq 1er (Sheshonq) , pharaon d’Egypte serait le Sesaq ou Shishak (שִׁישַׁק) de la Bible hébraïque, fondateur de la 22ème dynastie, 950 ans avant Jésus-Christ. D’abord prince d’Héracléopolis issu de riches familles Libyennes fortunées du Delta, fils de Nimlot grand chef Meshwesh, il fonde après sa victoire sur Ramses 2 la 22ème dynastie de pharaons. Il aurait d’après les textes bibliques envahit le royaume de Juda et assiégé Jérusalem avant de réunifier l’Egypte.

Les anciens Egyptiens ont commencé à utiliser le calendrier agraire amazigh depuis 2971 ans.

Voeux de Shamy Chemini

2
Shamy Chemini à Honfleur
Shamy Chemini à Honfleur - Photographie Samir Hamma

Mes vœux 2021

L’année 2021 est arrivée.

A cette occasion, je souhaite la peste, le choléra et même la rage à tous les irresponsables qui ont pris en otage l’Algérie depuis 1962 à nos jours.

Ben Bella, première dictature d’un âne bâté ; Boumediene, la seconde d’un criminel notoire, jusqu’à celle du nain qui pillait le pays et a fait tuer en 2001, cent vingt-huit jeunes Kabyles pour se faire plaisir.

A présent, c’est une famille de trafiquants de drogue à la tête de l’Algérie et mon plus ardent espoir est la disparition de ces assassins et des généraux qui les protègent.

Ces irresponsables encouragent la construction de mosquées qui arabisent et abrutissent le peuple, mais continuent d’envoyer leurs enfants étudier en Occident et eux de se faire soigner en Europe.

Bonne et heureuse année à tous les militants indépendantistes, emprisonnés injustement.

Je leur souhaite la liberté retrouvée.

Je présente aussi mes vœux les plus chaleureux aux citoyens du monde. Que 2021 leur apporte paix, santé, prospérité, harmonie et la disparition de leurs dictateurs.

Vive la Kabylie indépendante et qu’importe ce qu’en penseront ceux qui contestent ce magnifique objectif. Je ne tiens pas compte de ceux qui ne veulent pas la liberté des autres peuples.

Shamy Chemini

Artiste, écrivain, co-fondateur du groupe Les Abranis

1 janvier 2021

Depuis le 19ème siècle, le Kabyle entre l’exil, la mort ou la révolte

1
Arezki Ulvachir Abdoun

Je me permets d’écrire cette ébauche pour considération à un pan d’histoire immuable. 
C’est en 1895, à la fin du 19ème siècle que la Kabylie a connu un banditisme issu de la politique coloniale répressive et spoliatrice, laissant «Arabes» et Kabyles sujets et tributaires de la France. Il était conféré aux Juifs Algériens par la grande naturalisation collective un statut de dupe au service du colon.

On a beaucoup parlé de l’influence du parti anti-juif dans l’Algérie coloniale, ainsi que le maintien de plus en plus évident et affirmé politique de l’élément israélite sur le commerce, la finance, les biens immobiliers. 

Je tiens à signaler aux guérisseurs de bonne volonté, trois principaux chancres phagédéniques algériens, nettement bien tranchés sur les questions les plus sensibles de l’époque, ou le nuage de fumée des opinions politiques portées par l’antisémite Édouard Adolphe Drumont, député d’Alger de 1898 à 1902, directeur fondateur du journal anti-juif, La libre parole et autour de la France juive

En 1871, Isaac Adolphe Cremieux (1790-1880), l’ancien membre du gouvernement de la défense nationale française se faisait élire député d’Alger. Ses décrets hissèrent les Juifs d’Algérie et leur accordèrent le droit de vote. Pendant ce temps, les Amazighs étaient condamnés à croupir au plus bas de l’échelle sociale pour y subir ensuite les rigueurs humiliantes du régime civil.

27 ans plus tard (1898-1902) se déclenchèrent des émeutes anti-juives d’Alger. C’est un fait patent que la dépossession des autochtones de leurs biens ont eu lieu le plus souvent au moyen du prêt usuraire hypothécaire, du faux en écriture et de la corruption judiciaire et administrative, arts dans lesquels beaucoup de coloniaux républicains Français étaient passés maîtres en faisant porter le chapeau aux Juifs…

Tandis que le banditisme en Kabylie se présente comme un tableau global, où l’auteur s’en prend à l’état de corruption et à la main mise orchestrée de l’élément juif sur les rouages de l’économie et à la pratique abusivement humaine de l’usure et de déliquescence de l’administration coloniale française en Algérie au lendemain de l’insurrection de 1871… laissant Arabes et Kabyles sujets et tributaires de la France. 

De quel côté sont donc les civilisés, où sont les sauvages ?!

Sachant que ce banditisme est une conséquence de la «réorganisation» politique, administrative et économique qui a détruit la société kabyle… 

Ce pays a été bouleversé de part et d’autre.

Les dits civilisés : le chef de bureau Arabe a pris les femmes, l’Administrateur civil s’est emparé des terres, les biens matériels, or, bijoux et troupeaux ont été transférés aux Juifs sacrés citoyens français… 

On a seulement laissé le choix au Kabyle entre l’exil, la mort ou la révolte.

C’est à l’égard des autochtones, que ceux d’entre ces derniers que les brimades et exactions de l’administration coloniale poussent à se révolter et à se faire hors-la-loi. 

Des figures emblématiques émergèrent dans ce contexte, les frères Abdoun Ahmed-Saïd et Mohand Oulhadj, familles très  respectées d’Ath Djennad. 

Cela surtout pour défier l’autorité coloniale, sans oublier l’illustre Arezki El Bachir d’Ath Ghobri qui se révolte contre la politique coloniale spoliatrice; car c’est ainsi que s’est créer une fusion stratégique et circonstancielle “de courte durée” entre Arezki El Bachir Bachène et les frères Abdoun Ahmed-Saïd ; rebelles Kabyles qui s’est contractée entre ces justiciers en 1893; qui s’attaquèrent aux représentants de l’administration coloniale au 19ème siècle. 

Sachant que le bandit d’honneur est un rebelle, un insurgé réfutant l’ordre colonial. A trois reprises, l’administration coloniale française, cherche à mettre un terme à l’activité de cette bande. 

Au printemps 1891, une première opération à eu lieu en mobilisant des soldats algérien d’un corps d’infanterie coloniale en 1830. Puis une seconde est lancée à la fin de l’année 1892, mais ni l’une ni l’autre ne parviennent à arrêter le moindre rebelle. 

C’est ainsi, qu’en 1893, que le gouverneur général d’Alger décide d’envoyer une expédition militaire de plus grande envergure de près de 400 hommes contre Arezki-El Bachir.

Après deux mois de campagne, avec d’énormes ressources et renforts, Arezki-El Bachir, affamé et fatigué est capturé par les administrateurs coloniaux. 
Suite à cela, plusieurs personnes seront condamnés, certains auront commutation de leur peine en celle de travaux forcés à perpétuité et envoyés au bagne de Nouvelle Calédonie. 

L’autorité coloniale souhaitait faire un exemple sanglant  après avoir craint d’être remis en cause, exécuta et guillotina  le 14 Mai 1895 à Azzaga, Arezki-El-Bachir et Abdoun-Ahmed-Saïd sur la place publique en invitant uniquement un public très nombreux d’Européens venus d’Alger et d’ailleurs pour assister à la mise à mort. Cette exécution à même fait l’objet d’une carte postale. C’est une fin brusque et tragique qui sonna le glas de ces héros justiciers.  

Je laisse aux lecteurs, le soin de conclure et je les prie de dire, après avoir scruté leur conscience, si les vrais coupables sont bien ceux que les gens de justice condamnent et que leurs bourreaux attendent !

Vive la Kabylie universelle et immortelle. 

DIRI Rachid

Quand le gouvernement algérien porte le bonnet d’âne

2
Djerad Tebboune

Quand le gouvernement algérien porte le bonnet d’âne

En tentant de supprimer les opinions contraires aux leurs, les politiques algériens donnent une audience internationale aux médias qu’ils censurent.

Au moins une dizaine de sites d’information ont été censurés par les autorités algériennes en 2020. Le message est plus que clair : elles veulent bâillonner les médias en ligne. Après avoir coupé l’envoi d’annonces publicitaires aux médias récalcitrant, le gouvernement a commencé à emprisonner des journalistes comme Khaled Drareni.

Ce correspondant de TV5 Monde qui est aussi représentant de Reporters sans frontières (RSF) et directeur du site d’information Casbah Tribune, a été condamné à trois ans de prison et à une amende de 50 000 dinars algériens en août 2020 pour avoir fait son travail de journaliste et filmé des policiers en train de s’en prendre à des manifestants à Alger.

Quel est le résultat de cet effort contre la liberté de presse?

Le Parlement européen adoptait le 26 novembre une résolution par 669 voix contre trois sur la détérioration de la situation des droits de l’homme en Algérie. Le journaliste Khaled Drareni y était mentionné. Le document faisait aussi mention d’une résolution faite le 28 novembre 2019 sur la situation des libertés en Algérie et d’une précédente adoptée le 30 avril 2015 sur l’incarcération de militants des droits de l’homme et des travailleurs qui y avait eu lieu. Le Parlement européen en profitait pour remettre sous le nez des dirigeants algériens les quatre communications qu’ils leur avaient adressées entre le 30 mars et le 16 septembre 2020 dans le cadre des procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme des Nations unies sur les arrestations violentes et arbitraires, les procès inéquitables et les représailles à l’encontre de défenseurs des droits de l’homme et de militants pacifiques. Le Parlement européen condamne la censure algérienne et demande de plus que l’armée se soumette à un régime civil. Belle réussite des censeurs!

Les autorités algériennes, qui viennent de se faire taper sur les doigts par les Européens, ont-elles au moins réussi à museler les journalistes censurés? Leur censure a plutôt fait que de nombreux médias de par le monde s’intéressent maintenant à cette situation. Tous les psychologues, ou parents vous diront que la meilleure manière de faire lire un texte est de l’interdire!

Une bonne partie des habitants de la planète savent maintenant que le blocage en Algérie par le gouvernement algérien en début décembre de Casbah Tribune après celui de plusieurs autres est une atteinte directe à la liberté d’expression. Ils sont maintenant mieux informés sur ce qui se passe en Algérie que les Algériens! Le gouvernement algérien confirme du même coup l’affaiblissement de ses valeurs démocratique et son utilisation de méthodes autoritaires pour faire valoir son point de vue sur celui des journalistes censurés. L’Algérie est donc maintenant à la 146e place sur 180 au classement mondial 2020 de la liberté de la presse établi par RSF.

Face à toutes ces réactions et à l’intérêt mondial croissant, le premier ministre Abdelaziz Djerad, au lieu de s’amender, a décidé d’enfoncer un peu plus le clou. Il a signé un décret exécutif fixant les modalités d’exercice de l’activité de la presse électronique. Le texte paru le 9 décembre dans le journal officiel est jugé liberticide par les médias visés. Ils le voient comme une tentative d’asphyxier la presse en ligne en lui imposant un cadre juridique strict.

Mais pourquoi les dirigeants algériens s’enfoncent-ils dans le côté sombre de la force? Les médias ne sont pas des boites de relations publiques pour les gouvernements. Les journalistes ont l’obligation de donner une information équilibrée dans laquelle ils présentent toutes les facettes d’une situation. Si ces dirigeants algériens sont certains qu’ils ont raisons, il devrait plutôt rendre leurs arguments publics et démontrer en quoi les propos sont biaisés dans les journaux censurés.

Le dévouement des journalistes algériens qui sont stigmatisés par leur gouvernement pour vouloir informer leurs concitoyens de manière impartiale est impressionnant. Ils peuvent être assurés qu’ils ont maintenant, plus que jamais, l’attention du monde entier qui se demande ce qui peut bien se passer avec les autorités algériennes qui s’enlisent dans l’autoritarisme.

Michel Gourd

La langue kabyle enseignée en Chine

3
Bellal Theleli

Nul n’est n’est prophète en son pays. En Chine, Bellal Theleli, enseignante chercheuse en Lettres et langue amazighes, est sollicitée par l’université de Hebei pour donner des cours à distance de tamazight à des étudiants chinois.

« Une annonce a été publiée sur un réseau social par les responsables de l’université d’Hubei pour recruter un enseignant de tamazight mais aucun candidat ne s’est manifesté. J’ai alors postulé et immédiatement on m’a donné le poste » a déclaré l’enseignante, constatée par nos soins. Le système éducatif chinois est particulier. Il est ouvert à l’enseignement de toute les langues.

« L’idée d’enseigner tamazight dans cette université émane de certaines résidentes kabyles en Chine qui ont proposé d’ajouter la langue amazighe au paenl de langues enseignées ” a expliqué notre interlocutrice.

Il convient de mentionner que cette initiative ne se déroule pas sans difficultés.
« C’était dur au début pour des causes de communication. Mais avec le temps je m’y suis adaptée » se félicite Bellal Teleli.

Alors que des voix en Algérie s’élèvent contre la généralisation de la langue amazighe, une université chinoise l’enseigne s’engage à l’enseigner. Il faut rappeler que la langue amazighe, en particulier le kabyle, connaît ces dernières années un essor considérable et une production prolifique qui présagent un avenir prometteur pour cette langue, longtemps figée dans l’oralité et en proie aux tergiversations officielles.

Amar BENHAMOUCHE

Egypte – Une mannequin et un photographe arrêtés pour tenue indécente

5
Salma Al Chimi

Rien ne va bien en Afrique du Nord. L’obscurantisme islamiste nourrit les esprits et refuse tout se qui est innovateur ou tout ce qui renvoie à l’Histoire lointaine de ces peuples de la rive sud de la Méditerranée.

Le photographe Houssam Mohamed et le mannequin Salma Al-Chimi ont été arrêtés par les autorités égyptiennes, après une séance de photographies avec des tenues pharaoniques courtes, devant des pyramides égyptiennes à quelques kilomètres au sud du Caire.  Cette tenue pharaonique est  jugée  indécente , irrespectueuse et comme un outrage envers la civilisation pharaonique. Ils ont été arrêtés, le lundi passé,  avant d’être relâchés quelques heures plus tard.

Partagées sur son compte Instagram, les photos de la jeune mannequin ont beaucoup circulé sur la toile , créant une grande polémique en Egypte voire au delà.  
L’affaire a fait réagir jusqu’au dans les hautes instances de l’état égyptien, à travers le secrétaire du Conseil des antiquités, Mostefa Waziri, qui a demandé à ce que l’affaire soit portée devant la Justice

L’Égypte se trouve aujourd’hui prise en otage d’une idéologie obscurantiste et rétrograde qui n’honore pas son passé de berceau de la civilisation.

Amar Benhamouche

La langue kabyle à l’honneur dans une anthologie en Scandinavie

0
Kamal Ahmane & Noufel Bouzeboudja

La crise sanitaire a obligé les organisateurs de certains festivals à annuler ou reporter leur édition. D’autres, par contre, se sont employés à les maintenir et ce via Internet à travers Zoom. C’est le cas du Festival Nordique de traduction littéraire Ratatosk qui a pu se tenir en ligne et ce suite à l’annulation de son édition présentielle qui aurait dû se tenir le mois de juin 2020 dans la ville d’Aarhus au Danemark.

Lors de cette édition les auteurs kabyles Noufel Bouzeboudja et Kamal Ahmane (en traducteur) ont été conviés aux côtés de plusieurs autres auteurs et traducteurs internationaux.

L’effort consenti vient tout juste d’être couronné par la publication d’une belle anthologie de 173 pages regroupant des textes et des poèmes écrits dans les langues maternelles respectives des auteurs participants.

Une traduction vers une langue scandinave – soit vers le danois, le suédois ou le norvégien – accompagne chaque contribution. Ce sont donc des plumes de l’exil qui constituent le fil conducteur de ce projet chapeauté par PEN Danemark et financé par le Fond Culturel Nordique.

Le choix du Danois : Pour Noufel, il était évident que son texte « Anta Tilelli? » – écrit en kabyle – soit traduit vers le danois. Pour rappel, le Danemark lui avait déjà accordé un séjour de trois années dans le cadre d’une résidence d’auteur parrainée par l’organisation ICORN.

Le texte de Noufel qui parle de « liberté et des libertés » a été traduit par Kamal Ahmane – auteur lui aussi et enseignant qui vit au Danemark depuis 2003. « Le texte de Noufel m’a offert une belle plongée littéraire au cœur d’un univers que je connais très bien et dans lequel je m´étais aussi imprégné. C’était là l´avantage de bien travailler ma traduction », souligne Kamal. Et d’ajouter : « J’ai eu entre mes mains un beau texte, profond et avec des tournures difficiles. Je devais donc refléter tout ça pour le reproduire, reproduire l’esprit et l’enthousiasme qu’il véhicule auprès des lecteurs danois. Ce n’était pas facile mais on a bien bossé Noufel et moi.»

La littérature kabyle mérite d’être plus visible: Ce qui a beaucoup marqué Noufel pendant son séjour au Danemark était la foisonnante productivité littéraire en langues scandinaves. « Dans un pays comme l’Islande à pas plus de 370 000 habitants, on trouve une excellente dynamique de la création, diffusion et publicité des œuvres littéraires », nous raconte-t-il. « Des centaines de livres sont édités annuellement dans ce petit pays scandinave. Ne parlons pas du Danemark et de la Norvège!»

Ajoutons à cela, la mise en place de divers prix littéraires qui récompensent chaque année des livres, sans parler des bourses de projets d’écriture qui sont octroyées aux auteurs. Il y a aussi des fonds qui financent des manifestations littéraires, telles que des lectures, des ateliers d’écriture,etc. dans des écoles, lycées et universités.

« Je pense que le paysage littéraire kabyle regorge lui aussi d’auteurs de talent, surtout ces dernières années. La création existe, mais elle est heurtée à plusieurs obstacles dont les problèmes d’édition, le manque d’une volonté politique et d’un budget en faveur de la promotion de notre culture en général et de notre littérature en particulier. Mais a-t-on un état pour ce faire? Non. Que des initiatives d’éditeurs engagés qui, souvent, n’ont pas de moyens. Les auteurs sont désemparés et n’ont ni aide, ni encouragements, que l’amour de l’écriture. L’amour ne fait pas manger les artistes! Nos auteurs méritent beaucoup plus de visibilité et surtout d’encouragements à travers des comités de lecture, des clubs de lecture, des clubs de critique littéraire, des journaux spécialisés dans la littérature.» Sur les avions de Norwegian Airlines, ajoute Noufel, « vous ne trouvez pas des publicités pour de la cola ou pour des sandwichs, vous trouvez des portraits de philosophes, d’écrivains, de peintres, de poètes scandinaves, tous ceux dédient à la quête transcendantale vers l’idéal humain!» souligne Noufel qui, à travers son texte « Anta Tilelli? » publié dans cette anthologie, nous donne un avant-goût de son prochain roman.

Kamal Ahmane

Kamal Ahmane et Noufel Bouzebdouja
Kamal AHMANE et Noufel BOUZEBOUDJA

Bgayet – Un Militant écologiste risque la prison

0
Karim Khima

L’infatigable militant écologiste Karim Khima va comparaître,  ce dimanche 06 décembre 2020, devant le tribunal de Béjaïa (Bgayet).  Karim Khira a été poursuivi en justice , suite à une plainte déposée par un promoteur immobilier.
En mois de mai 2020,  Karim Khima était à la tête d’un collectif des habitants de Bgayet (Bejaïa) qui se sont opposés au projet des 36 logements prévu sur une bande boisée et sur des vestiges historiques de la ville des Hammadites.

D’après nos informations le procureur a requis six (06) mois d’emprisonnement et une amende de 1000000 DA exigée par l’avocat du promoteur immobilier.

La nouvelle Algérie chantée par le régime de Abdelmadjid Tebboune est , en réalité , celle qui piétine le peuple,  exploite les travailleurs,  refuse la diversité et la différence,  insciendie les forêts et tue la vie.

Les militants et militantes de toutes les causes justes devraient se mobiliser pour stopper cette injustice et protéger nos militant-e-s et notre environnement. Tous et toutes ensemble avec l’invincible militant Karim Khima! Sauvons l’écosystème , pas le système !

Amar BENHAMOUCHE.

La mafia du foncier à Bgayet

2
Mafia du foncier

Le Parc National de Gouraya est menacé par la mafia du foncier – Le parc national de Gouraya à Bgayet est un paradis sur terre avec tout ce qu’il abrite de faune et de flore. Le parc est aujourd’hui menacé par la mafia du foncier.

Cette dernière participe à la déforestation du parc, squatte des terrains boisés en vue de construire des biens immobiliers. Le monde associatif et la population locale tirent la sonnette d’alarme en alertant les autorités locales pour intervenir et mettre fin à ce drame écologique.

À plusieurs reprises, le monde associatif et la population de Bgayet ont fait preuve de prise de conscience écologique en bloquant des projets portant atteinte au patrimoine matériel et immatériel de la région.

La lutte écologique est aussi une lutte de classes entre ceux qui détiennent les moyens de production et ceux qui n’ont rien , entre ceux qui conjugue la vie avec l’avoir et ceux qui la conjugue avec l’être. Protégeons la nature ! Protégeons l’écosystème , pas le système !

Amar BENHAMOUCHE

Toute la Kabylie est baptisée Matoub

1
Stade Lounès Matoub

Les islamistes et le régime algérien profitent de la mort de l’ancien président de la Jeunesse Sportive de Kabylie, Mohand Chérif Hanachi, décédé ce 13 novembre 2020, pour débaptiser le nouveau stade de la JSK qui devrait porter le nom de Matoub Lounès.

Lounes ! Tu nous regardes, ce soir, avec consternation et tristesse. Tu regardes ces milliers de couillons Kabyles tombés dans un piège tendu par des fripons serviteurs du régime militaro-bourgeois algérien qui tentent inlassablement de débaptiser le nouveau stade de Tizi-Ouzou.

Après un combat de longue haleine, toute la Kabylie s’est mise d’accord pour que le nouveau stade porte ton nom. Ton nom est intrinsèquement lié à ce club et son combat qui dépasse son nombre de titres ou sa dimension sportive. La symbolique que porte ton nom est aussi liée à la lutte, à la farouche résistance de cette région réfractaire contre un régime totalitaire.

Pour certains vassaux, la liberté est un bridon ou un mirage. Humainement, je présente toutes mes condoléances à la famille du défunt Mohand Cherif Hanachi à qui je reconnais sa contribution au triomphe du club.

Mais ça ne m’empêche pas de lui reprocher la décadence du club, le plus malheureux étant sa connivence avec ceux qui ont assassiné 128 jeunes, durant le Printemps noir de Kabylie.

Matoub, tu es notre père et frère ! Toute la Kabylie est , aujourd’hui, baptisée Matoub Lounes.

Amar BENHAMOUCHE

Idir, le ménestrel éternel

2
Idir portrait

Je tiens à rendre un ardent et vibrant hommage à la figure de proue et emblématique de la chanson berbère qu’était Idir. L’Hamid Cheriet, né le 25 octobre 1949 à Aït L’Hacène, Ath-Yenni près de Tizi-ouzou (Kabylie) nous a quitté cette année 2020, le samedi 2 mai à Paris dans un contexte sanitaire et communautaire inqualifiable. 

Idir qui vivait loin de son pays kabyle a trouvé la voie de la chanson, nourri par les traditions et les mystères de la culture amazighe. C’est dans les années 70, alors qu’il étudiait en géologie et se destinait à une carrière dans l’industrie pétrolière algérienne qu’il est amené a changer de trajectoire et décide de s’investir dans la chanson.

Au printemps 1973, cheveux bouclés qui tombent sur les épaules et lunettes carrées, le jeune chanteur en herbe, «débarque» lors d’une émission de radio dit «Alger» en remplacement de la Diva Nouara qui était alors malade. 
C’est lors de cette émission de radio, portant un jean pattes d’éléphant et un burnous, qu’Idir se lance accompagné de sa guitare. 

Il chante pour la première fois sur les ondes une chanson intitulée «A vava inouva» (mon petit papa à moi) inspirée par le conte le Chêne de l’Ogre de Taos Amerouche, écrite par Ben Mohammed, qui devient un tube monumental. Cette chanson en duo accompagnée de plusieurs voix féminines va le propulser. Elle est considérée comme le plus grand tube venu directement d’Afrique du Nord.

Pour la toute première fois une musique en langue kabyle devient un tube planétaire. Elle sera traduite en quinze langues et diffusée dans 77 pays. L’arabisation forcée de Boumédiène et de ses successeurs en prend un sacré coup.

Idir deviendra bientôt l’une des grandes figures de l’identité amazighe, largement diffusé par les médias nationaux sans aucune entrave jusqu’à la chanson Muqlegh (J’ai observé).

Cette chanson a valu à Idir d’être totalement censuré. Il y évoque alors le nom du roi amazigh, l’aguellid Jurgurtha banni de l’histoire officielle.

Muqleγ tamurt Umaziγ

Yugurten walaγ uḍmik

J’ai observé le pays d’Amazigh

J’y ai vu ton visage

Contraint à l’exil en France, sa popularité ne cesse de croître pour autant. Il est déjà devenu un artiste planétaire, constamment en tournée à travers le monde, défenseur de l’identité culturelle amazighe au travers de ses prises de parole, de ses concerts. C’est ce qui compte pour nous, car il représente pour toujours l’affirmation, l’affermissement et l’étendard de l’identité amazighe, le retour à des sources, à des racines ancrées très profondément dans l’histoire de Tamazgha. 

C’est celui qui dans la chanson kabyle, a su mêler une musique folk moderne à des mélopées authentiquement kabyles, numides, parvenues depuis le tréfonds des âges. Idir ne brassait pas seulement les genres musicaux, il créait aussi des passerelles entre cultures, générations et identités… 

Il était devenu aussi un point de rencontre entre générations entre le Nord de l’Afrique et tout le pourtour méditerranéen, un vrai humaniste.

Sa production discographique bien que modeste a néanmoins beaucoup contribué au renouvellement de la chanson amazighe. Les Kabyles n’ont eu de pareille audience internationale. Il demeure avec Matoub Lounès le chanteur kabyle le plus connu du monde. Il s’est battu avec ferveur pour l’identité amazighe, valeur portée au devant par sa génération, comme Charles Aznavour pour l’Arménie. Ce sont des larmes intarissables qui émaneront de nous à chaque fois que nous évoquerons son nom.

Rachid DIRI

Pour le droit des Kabyles à prendre leur destin en main

1
Drapeau Kabylie

Le Congrès Mondial Amazigh vient de rendre public un communiqué de presse ce 12 novembre 2020 au travers duquel il appelle tous les acteurs de société civile à se réunir pour «bâtir durablement un avenir conforme aux aspirations profondes du peuple kabyle».

Pour la deuxième fois en moins d’une année, les Kabyles ont refusé à la quasi-unanimité, de participer à un vote organisé par le gouvernement algérien. La première fois, ce fut lors de «l’élection présidentielle» algérienne le 12 décembre 2019 et la seconde fois, c’était le 1er novembre dernier pour le référendum concernant la révision de la Constitution. A chaque fois, le taux de participation en territoire kabyle était quasiment nul.

Ce rejet des scrutins algériens par les Kabyles est une forme de désobéissance civile massive qui marque la volonté de rupture totale des Kabyles avec le système algérien fondé sur l’idéologie arabonationaliste et islamiste, la marginalisation de l’amazighité, le racisme anti-amazigh, la corruption, les injustices et la répression.

Au moment où le régime algérien promet une «nouvelle Algérie», dans la pratique, il menace les défenseurs des droits des Amazighs, il marginalise Tamazight sous le prétexte des restrictions imposées par le covid-19, il met en prison tous ceux et celles qui expriment une opinion discordante, il destitue des élus locaux notamment en Kabylie lorsqu’ils refusent de se soumettre à sa feuille de route, etc.

Faisant le constat de l’incompatibilité entre les projets de société algérien et kabyle, le Congrès Mondial Amazigh (CMA) avait adressé au mois de mai dernier, une lettre au chef de l’Etat algérien, M. Tebboune, pour l’inviter à ouvrir un «dialogue serein et sincère» avec les représentants de la Kabylie, mais sans réponse de sa part à ce jour.

Aujourd’hui, après ce deuxième zéro vote historique en Kabylie, il n’est ni logique, ni raisonnable d’attendre des solutions d’un gouvernement considéré comme illégitime et que le peuple rejette. En conséquence et plus que jamais, il appartient aux Kabyles et à eux seuls, de réfléchir et de se concerter dans le but de concevoir des réponses constructives capables de faire face au défi de la survie du peuple kabyle et de son identité socioculturelle.

Aussi et malgré le contexte actuel très difficile, lié d’une part à la pandémie du coronavirus et d’autre part au climat de terreur que cherche à instaurer les autorités algériennes, le CMA appelle tout ce que la Kabylie compte d’acteurs de la société civile, à se réunir d’une manière ou d’une autre, dans le respect des normes sanitaires, pour débattre et élaborer les modalités institutionnelles et pratiques pour bâtir durablement un avenir conforme aux aspirations profondes du peuple kabyle.

Le CMA est naturellement disposé à apporter sa contribution au programme et à l’organisation logistique de cette initiative.

Il est utile de rappeler que cette démarche est pleinement conforme au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes tel que mentionné notamment dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.

Il nous parait également très important de réaffirmer que le droit des Kabyles de prendre leur destin collectif en main ne s’inscrit aucunement dans un esprit d’hostilité à l’égard de l’Algérie. Au contraire, il vise ultimement à instaurer la paix et l’amitié entre les peuples et à restaurer leur prospérité dans cette région.

Paris, 1/11/2970 – 12/11/2020
Le Bureau du CMA

Bgayet : les habitants d’Iheddahen contre la construction d’une mosquée

3
Photographie Sabi Tou

La Kabylie continue de résister admirablement à l’hydre islamiste. Cette fois, c’est à Bgayet, capitale des Hamadites, bastion du rayonnement scientifique et culturel, que l’islamisme a été mis en échec dans l’un de ses projets d’expansion en Kabylie.

Les habitants d’Iheddaden Oufella, à Bgayet, ont donné un coup de frein au projet sordide d’islamisation de la Kabylie en s’opposant au squat d’un terrain par des islamistes.
Plusieurs dizaines d’habitants de ce quartier populeux de Bgayet ont exprimé leur rejet de projet islamiste qui risque, selon eux, de drainer des barbus des autres wilayas.
En effet, la population d’Iheddaden Oufella s’est dressée comme un seul homme contre le projet de construction d’une mosquée et d’une école coranique sur un terrain destiné à accueillir d’autres infrastructures d’intérêt public tels qu’une salle omnisports, une antenne postale etc.

Soucieux de l’avenir de leurs enfants, en proie aux fléaux en tous genres, les habitants d’Iheddaden viennent de prouver que la résistance au danger  islamiste est possible, tout en battant en brèche l’argument cher aux barbus que toute attaque contre leur entreprise funeste est une attaque contre la religion.

La menace intégriste est une réalité concrète.  L’islamisme est l’allié objectif du régime militaro-bourgeois. L’islamisme c’est l’ennemi de la culture, du progrès,  de la femme émancipée, du travailleur, du syndicaliste , et l’ennemie même de l’écosystème.
La longue marche pour l’affranchissement du joug islamiste et de toute tutelle se fait à travers la mobilisation populaire et l’autogestion: que se  soit dans les villages , que se soit dans les quartiers , que se soit dans les usines , que se soit dans universités, etc. Aucune parcelle ne pourra être céder à l’islamisme. Jugulons l’évolution  de cette maladie incurable ! Seule notre prise de conscience peut être un remède contre le virus de l’islamisme.

Amar BENHAMOUCHE

La Kabylie est proche de son indépendance !

1
Le vote en Kabylie

C’est pour la première fois dans toute l’histoire de l’Algérie et même dans l’histoire de l’Afrique du Nord, que la seule région où toute la population comme un seul homme a refusé le vote de la nouvelle constitution. La population kabyle, avec sagesse et courage, a mis le régime dictateur et raciste au pied du mur!

La nouvelle génération, ne cherche pas de nouvelles lois, elle cherche et désire profondément se prendre en charge elle-même. Elle en a marre de se pouvoir avec son lot de mensonges sur mensonges et sans parler de sa politique désastreuse depuis plus d’un demi-siècle. Les jeunes ont perdu l’espoir en l’Algérie, d’ailleurs, ils préfèrent mourir en traversant la mer Méditerranée que de rester en Algérie, le pays qui n’a aucune perspective.

Avec cette démonstration exemplaire, et au niveau de toute la Kabylie, le régime algérien n’a aucun pouvoir. La situation est au rendez-vous pour toutes les forces politiques kabyles de se rassembler et de décider une bonne fois pour toutes, afin de développer la Kabylie sur tous les plans et redonner espoir à la nouvelle génération.

Mokrane NEDDAF

Décès de Nna Aldjia, la mère de Lounès Matoub

0
Nna Aldjia

La mère de Lounès Matoub, que tout le monde appelle affectueusement Nna Aldjia, vient de nous quitter à l’âge de 89 ans.
Le Congrès Mondial Amazigh salue la mémoire de Nna Aldjia et exprime ses condoléances les plus sincères à sa famille, à toutes celles et ceux qui l’ont aimée et à tous les Hommes Libres.

Nna Aldjia partageait avec son fils l’amour de Tamazight et l’esprit libre et révolutionnaire. Comme lui, elle était rebelle, elle aimait sa Kabylie et n’admettait pas les injustices. Elle était très proche de son fils qu’elle encourageait en assistant à ses concerts. Aux côtés de Lounès, elle est souvent montée sur scène pour émouvoir le public avec un acewwiq, cette poésie populaire chantée à capella dans la plus pure tradition kabyle.

Après l’assassinat de Lounès Matoub, elle n’a jamais cessé de réclamer la vérité sur les circonstances exactes de la mort de son fils, en vain. Les autorités algériennes n’ont jamais accepté qu’une enquête indépendante puisse être menée pour établir les faits.

Finalement, Nna Aldjia est morte sans savoir qui a tué son fils ce 25 juin 1998 à Tala-Bunan, sur la route qui mène à Tawrirt Mussa, le village de la famille Matoub, en Kabylie.

A ce jour on ne sait qui, des islamistes ou les services algériens, a tué le chanteur et défenseur de la langue et de la culture amazighes.

De manière tout à fait naturelle, Nna Aldjia incarnait la personnalité et les convictions profondes de son fils. C’est pourquoi les millions d’admirateurs du chanteur manifestaient autant d’attachement et de respect à la mère de Lounès Matoub.


Sgunfu deg talwit a nna aljia
Sgunfu deg talwit a Nna Aldjia.
Repose en paix Nna Aldjia.
Paris, 26/10/2970 – 7/11/2020

Les coprésidents du Congrès Mondial Amazigh
Kamira Nait Sid – Khalid Zerrari