Accueil Blog

Le virus Corona et la mise à nu des puissances

3
Coronavirus

Nous assistons à une crise sanitaire planétaire sans précédent, un virus nommé Corona apparu en Chine depuis la fin de l’année 2019 ne finit pas sa propagation dans le monde et fait de plus en plus de victimes chaque jour.

Le monde se réveille et le cauchemar ne fait que commencer, les grandes puissances avec un PIB en bonne santé frappées de plein fouet et se contentent de compter leurs victimes chaque soir, une tragédie qui a pris au dépourvu les pays qui pourtant se portent économiquement bien.

Cette pandémie a mis à nu les systèmes de santé des pays développés comme La France, l’Italie, l’Espagne, les USA, pour ne citer que ces pays qui occupent en ce moment les premières places de classement en nombre de contamination et de décès, leurs stratégies quant à la gestion des crises de cette ampleur reste aussi à désirer.

L’opinion publique en France, dont le système de santé est réputé mondialement pour être le plus performant et surtout offrant un accès le plus démocratisé aux soins, est prise de court et choquée de découvrir au grand jour l’impuissance des pouvoirs publics dans la gestion de cette crise.

Les faits révèlent la réalité des choses, à l’approximation dans les décisions et des mesures des
pouvoirs publics jugées parfois tardives ou insuffisantes, s’ajoute l’inadéquation des moyens censés répondre aux exigences de la situation à l’exemple de la pénurie flagrante de masques y compris pour les professionnels de santé les plus exposés au risque , le manque d’autres moyens comme les respirateurs et le nombre très limité de lits de réanimation dans les structures hospitalières (7500 lits) contre 25000 en Allemagne.

Les observateurs les plus avertis ne cessent de tirer la sonnette d’alarme depuis des années sur le risque et les conséquences des politiques d’austérité imposées par des pouvoirs successifs de gauche comme de droite notamment dans le secteur de santé qui a connu en 16 ans une suppression de plus de 69000 emplois dans les hôpitaux d’après les organisations syndicales du secteur.

Avec cette pandémie qui risque de n’épargner aucun coin sur terre, le monde est entrain de
découvrir les défaillances et les caprices du système capitaliste basé sur la cupidité et la recherche incessante du gain y compris dans les secteurs de santé censés avoir comme seule mission, la protection et le bien être des vies humaines.

Quand dans ces pays dotés d’une économie forte, on se retrouve contraints par manque de moyens à choisir les personnes à sauver dans les hôpitaux par le critère d’âge, il y a de quoi à se poser beaucoup de questions. On l’a compris maintenant, avoir un PIB en bonne santé, avoir une industrie d’armement les plus pointues ne suffisent plus pour protéger des vies des citoyens contre la nocivité d’une créature microscopique virale. Si c’était le cas, Trump aurait déjà fait usage de ses missiles de dernière génération pour épargner les vies des américains qui risqueront de payer le prix plus fort de cette tragédie. Mais non, à chaque arme sa cible et les virus ne craignent pas les missiles.

Cette pandémie mondiale, laissera certainement des séquelles et impactera le monde de demain. Les baromètres doivent être remis en question ou alors mis à jour. La puissance d’une nation se mesure avant tout en sa capacité à assurer un système de santé capable de protéger des vies humaines y compris dans les moments de crise les plus critiques.

Lyazid Chikdene

La Kabylie fait face seule à la menace sanitaire

3
Force aux guerriers

Le nombre de personnes atteintes du coronavirus, en Kabylie ou dans d’autres régions d’Algérie a atteint déjà quelques centaines de cas. Toutes les contaminations par le virus Covid-19 sont confirmées par les résultats des analyses effectués à l’institut Pasteur.

La Kabylie, est toujours seule face aux phénomènes naturels ou autres catastrophes de ce type. La population a pris les devant n’attendant rien ni des autorités ni des appels des médecins encore moins ceux des partis politiques pour s’organiser contre la menace du coronavirus.

Tous ont exhorté les habitants à ne pas sortir de chez eux afin de limiter la propagation de la pandémie, car le nombre de contaminations pourrait augmenter encore plus et plus vite.

D’eux-mêmes, les Kabyles ont décidé de se confiner volontairement, notamment dans les villages, bien avant l’annonce des décisions des autorités. D’autres régions semblent ignorer le danger du coronavirus et ils font l’autruche.

Une mobilisation spontanée et massive

Dans le cadre de la prévention et de la lutte contre le coronavirus “Covid-19”, des mesures de confinement, sont prises pour limiter les déplacements des personnes. 

Les jeunes villageois ont pour mission essentielle de “recenser” les familles nécessiteux, démunies et celles ayant besoin d’accompagnement en cette période très délicate pour leur apporter assistance.

Aussi, des groupes de plusieurs jeunes filles couturières ont confectionné et distribué par leur propre initiative des masques de fortune « bavettes». Nous pouvons observer que la mesure de distanciation sociale de 1 m au moins n’est pas toujours respectée par les citoyens qui s’agglutinent devant les supérettes pour un sac de semoule. Heureusement, et un grand nombre de jeunes font de leur mieux pour sensibiliser les gens contre le Covid-19. 

Les militants politiques ou associatifs n’ont pas épargné les efforts en menant une campagne tous azimuts sur le terrain comme sur les réseaux sociaux, sur les mesures à observer pour éviter le chaos et catastrophe de la pandémie.

Les pouvoirs publics doivent prendre des mesures très sérieuses pour lutter contre l’épidémie, surtout avec la perspective du confinement général qui se dessine à l’horizon et dans le monde entier.

Ils ont multiplié la construction des mosquées d’un islam-politique, au lieu de bâtir des hôpitaux ! Ces centaines et voir des milliers de minarets qui se sont poussé un peu partout en Algérie, le chiffre des mosquées et des lieux de prière dépasse largement les unités de soins.

Une aubaine pour les islamistes

Les prêches sans arrêt d’une idéologie de haine n’ont pas pu instruire ni construire un citoyen de demain qui sera éveil, mais en contraire. Les salafistes croient que ce virus a été créé par Allah pour détruire les pays des mécréants et les exterminer. Au lieu de se confiner, ils sont en train de distribuer des exemplaires du Coran à la population, et d’organiser des prières collectives, car ils pensent qu’ils sont protégés par Allah ! L’insouciance légendaire à fleur de peau, qui continuent à vaquer à leurs occupations, à se rassembler, à s’agglutiner devant les mosquées à braver le coronavirus.

Mokrane NEDDAF

Karim Tabbou, un acharnement judiciaire inouï

4
Karim Tabbou

C’est avec une grande colère et inquiétude que nous venons d’apprendre le malaise (convulsions et paralysie faciale) dont  Karim Tabbou est victime aujourd’hui à la Cour de Ruisseau à Alger. Malaise qui l’a contraint à quitter précipitamment l’audience. En dépit de l’état de santé critique de Tabbou, le juge a tenu à poursuivre le déroulement normal du procès et à le condamner à un an de prison ferme faisant fi des contestations de ses avocats qui ont demandé instamment le report du procès.

Karim Tabbou, un homme libre, mais révolté, un homme politique digne et courageux, l’une des figures de proue du hirak, est victime d’un acharnement judiciaire inouï depuis son arrestation le 12 septembre 2019.

D’abord, son interpellation s’apparente à un véritable enlèvement et sa condamnation pour « atteinte au moral de l’armée » ou « entreprise de démoralisation de l’Armée » ne repose sur aucun fondement juridique. Placé sous mandat de dépôt à la prison de Koléa, puis remis en liberté conditionnelle le 25 septembre 2019, il a été illico arrêté le lendemain et placé en isolement à l’intérieur de la prison.

Condamné ensuite en mars dernier par le tribunal de Sidi Mhamed d’Alger à un an de prison dont six mois ferme, il vient enfin d’être  condamné par défaut par la juridiction d’appel de Ruisseau à un de prison ferme, alors même que sa famille ainsi que des millions d’Algériens attendaient avec impatience sa libération le jeudi 26 mars. Le régime n’a tiré aucune leçon de la mort programmée en prison de Mohamed Tamalt en décembre 2016 et Kamel Eddine Fekhar en mai 2019.

Soumis à une très  forte pression, aucun détenu pour délit d’opinion n’a été soumis à un tel traitement, à un tel acharnement judiciaire, en violation des droits élémentaires de la défense, Tabbou n’a pu supporter l’arbitraire et l’arrogance d’une justice aux ordres, son corps a réagi.

Profitant de l’état de crise sanitaire et la suspension des marches du hirak, la justice a programmé un simulacre de procès, en l’absence du public, pour empêcher sa libération. Qui a peur de Karim Tabbou et de sa libération ? 

Sa condamnation arbitraire, dans un contexte de crise sanitaire défavorable aux manifestations publiques et donc privé d’un soutien populaire lors de ce procès, outre la désapprobation de principe et sans équivoque qu’elle suscite, loin de dissuader les Algériens ne fera en vérité qu’accroître leur colère et leur détermination à dénoncer les manquements aux droits fondamentaux des citoyens et à vilipender les pratiques autoritaires et liberticides d’un régime finissant.

Tahar Khalfoune

Lyon, le 24 mars 2020.

Tamazgha appelle à la mise en place de Comités populaires sanitaires

0
Igersifen Tizi-Wezzu

Mobilisons-nous contre le Coronavirus !

L’humanité fait face aujourd’hui à une menace sanitaire sans précédent. Un virus intraitable pour l’heure est en circulation et a pu gagner les quatre coins de la planète. Les pays où la médecine connait un développement de haut niveau sont dépassés par ce fléau et ont recours à des mesures de confinement que l’histoire de l’humanité n’a jamais connu.

Devant cette menace, il est à craindre que sur les territoires où sévissent des régimes voyous nourris de la corruption cette pandémie provoquera des catastrophes sanitaires sans précédent. Ces régimes, on le sait, n’ont pas investi dans le bien-être des populations. En cela, le système de santé laisse à désirer, les politiques de santé inexistantes sont incapables de faire face à une crise sanitaire comme celle qui menace l’Humanité aujourd’hui.

Tamazgha estime que les Amazighs qui subissent ces régimes doivent faire appel à leur intelligence et ne pas attendre que ces régimes se mobilisent pour les protéger. C’est pourquoi nous appelons l’ensemble des populations amazighes, là où elles sont, dans le Rif, en Kabylie, dans les Aurès, à Adrar n Infusen, au Mzab, à Tiniri, dans le Sous, à At-Willul ou encore à Djerba ou à At-Wab et partout ailleurs de se mobiliser pour mettre en place les mesures radicales de confinement indispensables pour combattre ce virus et limiter ses dégâts. Les populations amazighes doivent adopter les mesures barrières qui sont la base de la lutte contre ce fléau qui nous menace.

Tamazgha estime que l’organisation doit s’opérer dans les villages et les quartiers afin d’organiser la mise en place des mesures, mettre en place également des plans de communication et de sensibilisation et veiller à une application stricte et optimale des mesures à même d’éviter les catastrophes sanitaires. Cette organisation pourrait se concrétiser sous forme de Comité populaires sanitaires. Ainsi chaque village, chaque quartier pourrait se doter de son Comité populaire sanitaire qui doit mobiliser, étudiants (notamment en médecine), enseignants, personnel soignant, …

Dans une telle situation, il conviendrait également de se mobiliser pour ne pas permettre que des énergumènes, qui aiment se nourrir du malheur des autres, profitent de la situation pour abuser de la population par la spéculation notamment dans les prix de certains produits notamment alimentaires.

La Kabylie, qui est un pays très dense (quelques 3700 villages comptant près de 12 millions d’habitants) – ce qui rend la propagation du virus extrêmement rapide – doit plus qu’ailleurs prendre les choses très au sérieux et mette en place un plan urgent avec des mesures drastiques.

Nous appelons les populations à se prendre en charge ; il s’agit de leurs vies. Elles ne doivent pas attendre des initiatives étatiques qui ne viendraient peut-être jamais.

Dans ce qui suit, nous donnons les éléments scientifiques qui montrent la dangerosité de ce virus et les seuls et uniques moyens que nous avons aujourd’hui pour le combattre.

Nous appelons toutes et tous à la responsabilité et à user du bon sens afin d’éviter une catastrophe sanitaire sur nos territoires. Le pire est de croire que l’hôpital peut tout faire. Il faut se rendre à l’évidence que l’hôpital ne peut pas tout. L’hôpital ne peut pas tout pour tout le monde et au même moment.

La pandémie du Coronavirus : implications et retombées

Le devoir qui incombe à tous, scientifique, médecin, biologiste, infirmier, aide-soignant et citoyen responsable est celui de dire la vérité, d’expliquer afin de contribuer à la sensibilisation du plus grand nombre d’entre nous, à ce qui risque d’être une des plus grandes tragédies de notre histoire commune.

La pandémie due au Coronavirus (Covid-19) est liée à un virus encapsidé (possédant une enveloppe dans laquelle se trouve le matériel génétique qui est aussi la partie pathogène – celle qui rend malade – du virus).

C’est un virus de type ARN (acide ribonucléique de 29881 nucléotides [1]donc un brin codant d’ARN de grande taille), il a la faculté de se répliquer (possibilités de faire des copies du génome viral) rapidement, d’où la contamination extrêmement rapide.

Nous ne connaissons pas tout sur ce virus, notamment son degré d’immunisation après infection (production de cellules de défense du corps – anticorps – contre le Covid-19).

Il s’agit d’un nouveau virus qui semble mieux s’adapter dans les voies respiratoires humaines. Il s’agirait d’un virus fragile qui ne résisterait pas trop longtemps en dehors des muqueuses (le virus ne circule pas dans l’air), qu’il n’y aurait pas de transmission à travers le placenta chez la femme enceinte [2], d’autres observateurs spécialisés rapportent que la membrane qui entoure le matériel génétique ne résisterait pas au savon et aux solutions hydro-alcooliques … ce qui explique l’intérêt du respect des règles d’hygiène et d’auto-décontamination répétées.

Le Covid-19 est transmis d’un individu à un autre individu, de personne à une autre personne, il s’agit d’une contamination interhumaine. Il se transmet par les gouttelettes (contenant les virions) lors d’une toux ou d’un éternuement, d’où la nécessité de la distanciation sociale (interpersonnelle) de 1,50 m voire plus ; par le contact direct en se déposant sur les surfaces (les mains, les poignées de portes…) d’où la nécessite de savoir toujours où on a posé ses mains et de faire attention de ne pas les porter au visage et sur les muqueuses (nez, bouche, yeux), de se laver les mains avec du savon ou avec une solution hydro-alcoolique autant que nous pouvons.

Quoi qu’il en soit, cette épidémie est extrêmement grave.

Les symptômes principaux sont de la fièvre, un syndrome pseudo grippal, des maux de têtes, des douleurs dans les articulations et les muscles dans un premier temps. Dans un deuxième temps, des signes respiratoires, toux, crachats et essoufflements, jusqu’à des pneumonies qui peuvent être sévères dans les cas les plus graves. En sachant que l’on peut aussi développer seulement ce qui s’apparente à un simple rhume [3], [4].

Même si dans 85 %, les infections au Covid-19 seraient des infections bénignes (sans gravité chez l’Homme), il n’en demeure pas moins que lorsque l’infection est associée à une comorbidité (patient ayant des maladies déjà installées comme le diabète, les maladies cardiovasculaires et pulmonaires, le tabagisme, l’hypertension artérielle) elles causent de nombreux décès.

En Afrique du Nord, même si, ne serait-ce que dans certaines régions, il y a un très bon personnel médical (médecins, infirmiers, aides soignant.e.s, biologistes…), consciencieux, compétent et qui aime faire son métier du mieux qu’il le souhaite, nous n’avons jamais bénéficié d’une politique de santé susceptible de répondre à ce genre de pandémie.

Considérons d’une part :

– que nos structures de soins sont insuffisantes pour couvrir tous les territoires ;
– que nos structures hospitalières sont complètement obsolètes face à ce genre de déferlante ;
– que nos hôpitaux sont peu ou très peu équipés notamment en terme de matériels sophistiqués (respirateurs, ventilation, oxygénation…) ;
– l’absence de laboratoires scientifiques capables de produire des Kit-tests PCR (Polymerase Chain Reaction : une méthode permettent de détecter le virus dans le sang, la gorge et le nez, l’urine ou les selles (une méthode directe de détection du génome des agents infectieux ou parasitaires par amplification enzymatique) ;
– que nous n’avons pas de recherche scientifique et de recherche épidémiologique soutenue pouvant réagir dans l’urgence et/ou anticiper la mise en place de modèles épidémiologiques et d’essais thérapeutiques ad hoc.

Considérons, d’autre part, que :

– ce nouveau virus serait très peu immunisant (il ne produirait pas d’immunité à long terme) ;
– qu’il n’existe, à ce jour, aucun vaccin, ni aucun médicament anti-viral contre ce virus ;
– que la contagiosité est extrêmement rapide (la transmission du virus d’une personne à une personne) ;
– que nous sommes une société méditerranéenne très tactile (contacts rapprochés et parfois prolongés, cuisine et partage de préparations fréquentes, espaces partagés à grande fréquentation, célébration de mariages dans des salles, veillées funèbres, visites collectives aux malades, etc.) ;
que la plus grande majorité des gens est tributaire des transports en communs (taxi, fourgons…).

Face à toutes ces incertitudes deux choix sont possibles :
– Le premier c’est celui qui consiste à laisser faire, en attendant que l’infection de masse (toute la population est atteinte par le virus) stimule le développement d’une immunité individuelle anti-Covid-19. Dans ce cas, ce sont les lois de la biologie qui régiront la propagation. Il y aura, sans aucun doute, une grande mortalité (c’est la sélection naturelle).

– Le second cas, certes contraignant, reste le confinement social généralisé. Il limiterait les contacts physiques y compris au sein d’une famille qui partage un espace de vie. Les transports publiques seraient réduits. Les cafés, les bars, les lieux de culte et les divers lieux de rencontres seraient fermés.

Seul ce deuxième cas de figure peut freiner et casser la courbe ascendante des contaminations.

Crainte légitime des populations.


Oui, nous craignons pour nous-mêmes, nos enfants, nos parents, nos familles, nos amis et nos concitoyens car nous sommes conscients que nous n’avons pas un système de soins capable de faire face [5].

C’est pour cela qu’il est un devoir pour chacune et chacun, il est du devoir de tous, de prendre des mesures radicales.
Le virus Covid-19 n’a ni pieds pour marcher, ni ailes pour voler, il a trouvé en l’Homme son transporteur gratuit (vecteur de transmission). C’est pour cette raison que la limitation des contacts a un sens. C’est à travers le respect de mesures sanitaires de bon sens (se laver scrupuleusement les mains, éviter les contacts main-main, visage contre visage), le respect des mesures dites barrières dont la distanciation interhumaine (parler à quelqu’un à 1,50 m de distance) que nous pouvons, tous ensemble, venir à bout de cette pandémie.
Le confinement à la maison éviterait l’afflux massif de malades qui submergerait les structures hospitalières (pas de moyens humain et matériel).

Le confinement à la maison est la seule réponse face à une telle pandémie (non contamination d’autrui).

Le confinement à la maison éviterait de contaminer le personnel soignant. La population doit lui faire confiance, respecter ses consignes et ses directives. La discipline incombe à tout un chacun dans ces moments difficiles.

Il est du devoir de chacun de nous de ne pas sous-estimer l’ampleur de cette épi/pan/démie pour se protéger et protéger ses parents et ses grands-parents.

Il est du devoir de chacun de nous de sensibiliser les siens autour de son périmètre quant à la propagation de fausses informations qui, déjà, installent un climat de psychose au sein de la population.

Tout ce qui est écrit ici et là sur Internet n’est pas forcément une vérité scientifique. Ni les prières, ni le gingembre, ni les huiles essentielles et encore moins l’alcool n’empêchent la propagation du Covid-19. Ces fausses informations banaliseraient la maladie et rendraient les gens moins conscients quant à la gravité sanitaire. Cette affaire est très sérieuse, elle ne doit pas se suffire de croyances ou de remède grand-mère. Elle est l’affaire de toutes et de tous. Elle est l’affaire de l’Humanité entière.

Il est du devoir de chacun de nous de ne pas céder à la psychose générale, à la peur collective (plus de 85 % des cas sont des formes bénignes : notre intelligence doit faire en sorte que seuls les malades présentant de graves symptômes accèdent à l’hôpital pour ne pas le saturer).

Il est du devoir de chacun de nous de prôner les valeurs humaines d’entraides qui ont toujours caractérisé notre personnalité et qui ont permis à nos aînés de faire face à tant d’épidémies, dont la plus récente, en Afrique du nord, était l’épidémie de la peste.

Il est du devoir de chaque citoyenne, de chaque citoyen (scientifique, biologiste, médecin, infirmièr.e, aide-soignant.e, commerçant.e, ouvrier.e, cadre…) de garder ces propres valeurs humaines pour venir à bout de cette pandémie.

Ce n’est ni aux religieux, ni aux politiques de définir les contours de cette pandémie. Les politiques publiques doivent aviser et mettre à la disposition des soignants des moyens matériels et humains.

Ce n’est ni aux religieux, ni aux politiques de définir le contour spatial et temporel de l’épidémie mais aux scientifiques.


Tamazgha,
Paris, le 18 mars 2020.

Notes

[1] Severe acute respiratory syndrome coronavirus 2 isolate Wuhan-Hu-1, complete genome https://www.ncbi.nlm.nih.gov/nuccore/1798174254

[2] Pendant la grossesse, le coronavirus ne se transmet pas au fœtus. https://www.journaldesfemmes.fr/maman/grossesse/2612483-pendant-la-grossesse-le-coronavirus-ne-se-transmet-pas-au-foetus/

[3] https://youtu.be/QpR1-BY4XjM. https://presse.inserm.fr/epidemie-mortelle-en-chine-liee-a-une-nouvelle-forme-de-coronavirus/37925/

[4] https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)30411-6/fulltext

[5] https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/afrique-du-sud/coronavirus-en-afrique-d-apres-la-revue-scientifique-the-lancet-l-egypte-l-algerie-et-l-afrique-du-sud-sont-les-plus-exposes_3839331.html

Igersifen Tizi Wezzu
Igersifen Tizi Wezzu

L’Exil: La troupe théâtrale «TALWIT» nous fait voyager dans le temps

0
amazday Adelsan Inelmaden

Le théâtre, une vieille tradition à l’université de Bgayet (Béjaïa) où on y trouve une troupe théâtrale dans presque chaque résidence universitaire. La mixité dans ces résidences a renforcé les liens entre les étudiants et les étudiantes; elle leur a permis de créer des espaces d’échanges, des ateliers de travail et des cercles de débat et de réflexion,en dehors de leurs  centres universitaires. La majorité des représentations théâtrales sont jouées le soir avec une présence des deux sexes. À travers ces pièces jouées, le public universitaire s’ouvre sur la culture et prend conscience de la réalité sociale et politique de son pays et du monde entier.

La troupe théâtrale TALWIT de l’association Amazday Adelsan Inelmmaden de Bgayet est l’une de ces troupes universitaires qui s’est distinguée avec un bon travail d’écriture de texte, du choix du décor, d’interprétation des personnages par les comédiens sur scène et aussi la thématique choisie: ” l’exil”. La pièce raconte la tragédie d’une époque , d’après-guerre, où une grande partie de la jeunesse kabyle et algérienne a  pris sa valise pour travailler en France.

Éloignés de  leur terre natale, de leurs proches, de leurs familles et de leurs enfants , l’auteur et le metteur en scène de cette pièce nous ramène à vivre les souffrances de cette nouvelle force de travail venue du monde de la misère au monde de l’exploitation en plein essor économique des pays occidentaux.

Avec leurs différents profits, émigrés et français, les comédiens ont bien interprété cette amère réalité d’un immigré , bien accueilli pour l’exploitation et stigmatisé en dehors de son lieu de travail.

La troupe théâtre “Talwit” a remporté deux prix avec cette pièce théâtrale et son travail est bien apprécié par la communauté universitaire et même en dehors de l’Université où le peuple a soif de culture.

Amar  BENHAMOUCHE


L’équipe de Talwit

Texte : Moussaoui Aimad

Mise en scène : Moussaoui Aimad

Les comédiens : Nasri Wissem – arezki Samia – Bencharai Rabah – Touati Kamel  – Benhellal Massinissa – Affroun Zidane – Benhellal Billal – Bencharai Rabah – Moussaoui Aimad – Hadji Narimen – Tahakourte Sara –  Moussaoui Aimad.

Techniciens de son : Arbane Bouhou – Benyahia Cylia.

Village Colonel Amirouche : des femmes sortent de leur silence

4
Femmes Kabyles Village Amirouche

Le collectif des femmes du village Colonel Amirouche a célébré le 08 mars , la journée internationale de la lutte des femmes, dans une ambiance mêlée de lutte et de fête pour sortir des femmes embrigadées par l’ordre moral et patriarcal. Au menu, un programme varié et riche: conférence, sondage d’opinion pour des formations à proposer aux femmes au foyer et aux jeunes filles étudiantes ou/et lycéennes et  pour la journée de clôture , le dimanche 08 mars,  un défilé de mode et musique.

Pour ne pas rester dans le folklore et dans l’aliénation, le collectif des femmes du village Colonel Amirouche a invité Sonia LOUZI, une étudiante et militante féministe au sein d’un collectif féministe des étudiantes de l’Université de Tubiret , pour animer une conférence. La conférencière est revenue aux origines de cette date historique, les grandes batailles menées par les femmes à travers d’histoire, la place de la femme kabyle et algérienne, aujourd’hui, dans sa société et la nécessité de lutter pour se libérer et instaurer une société égalitaire.

Cette action est la première dans l’Histoire d’un village où la femme est considérée comme un objet et non pas un sujet. Tous les éloges aux braves jeunes filles de ce collectif qui sont derrière l’organisation de cet événement.

Amar BENHAMOUCHE

L’infanticide du régime algérien

6
Tighremt

Après quatre numéros édités, le quotidien en tamazight Tighremt vient d’être interdit d’impression. Ce nouveau né, seul journal d’expression entièrement en langue tamazight, était pourtant bien accueilli par la population. L’engouement était tel qu’il allait jusqu’à l’épuisement total sur les étals, ce qui est rare dans le pays.

Devant cette réussite totale, l’État algérien décide de ne plus laisser paraître ce journal d’information. Les raisons invoquées : il faut adopter le caractère arabe ou tifinagh dans l’élaboration des articles,  c’est la voie officielle du pouvoir.

Cette affaire a suscité une vague d’indignation et d’incompréhension. Tous les quotidiens en Algérie sont d’expression arabophone ou francophone. Tous les enseignements de tamazight dans les écoles et les universités sont assurés en caractère latin, c’est le choix de ceux et celles qui se sont battu(e)s pour la reconnaissance de cette langue. Cette censure est une atteinte grave aux principes même de l’enseignement et de la circulation de l’information et des idées.

C’est une véritable provocation et une insulte aux principes même de la liberté au moment où des millions d’Algériens et d’Algériennes la revendiquent chaque vendredi , depuis plus d’une année.

Après l’interdiction du port du drapeau amazigh, aujourd’hui ce pouvoir s’attaque à la langue elle-même, à la veille de la célébration du 40ème anniversaire du Printemps amazigh et de la liberté.

Amar Benhamouche

Tamurt-iw, mi amor

3
Katia Bouaziz
Katia Bouaziz

Algérie, mi amor.

Les esprits sont fermés de l’intérieur. Le pays est fermé sur l’extérieur. Nous existons seuls. Sans vis à-vis. Sans contre avis. Sur des sentiers balisés. No suggestion. No projection. No changement. Que de dénonciations, de condamnations, de désapprobations ! Des moralisations et des exclusions.

– ça ne te dérange pas, toi, de regarder ça en famille?

Alors, je l’ai regardé, le clip de Allaoua. Mais seule. Par prudence. Par défiance. J’ai regardé les images, interprété les gestes, les regards, les mimiques, les attitudes. Je souhaitais, pour mon confort, trouver la perversion, décoder le comportement immoral et antisocial dont il était question.

Parce que, je voulais adhérer à l’idée générale. Et pour cela, j’ai même tenté de trouver de la laideur au paysage. Du vice et de la malhonnêteté dans les paroles. C’est une tradition chez nous de tout interpréter. De chercher l’immoralité, l’impudicité et le dévergondage.

Des histoires de mauvaises mœurs, tout le monde en connait une, sur une voisine ou une cousine éloignée.

Dans notre communauté, on aime juger. Et vite. C’est notre sport préféré. On condamne sans réserve. Certains, dans les cafés, trompent l’ennui dans une dixième tasse de Nespresso, une énième Marlboro en faisant étalage de leur indignation et leur écœurement. D’autres sur les réseaux sociaux, crachent leur venin dans l’anonymat.

Allaoua. Maudit chanteur qui effarouche les dévots, les vieillots, les frustes, les gardiens de l’honneur.

Ils sont mal à l’aise. Ils jactent comme des mégères. Parce qu’ils ont des principes, eux. Et des coutumes. Et des traditions. Des codes et du nif.

Des codes et du nif

Le nif, surtout, leur donne des excuses pour justifier leur haine, aller en croisade contre ce qui est beau, ce qui est nouveau. Contre la femme, tout court.

Le NIF : Ce sont les mêmes ratés, les mêmes perdus, les robustes aux bras musclés, aux tendons d’acier qui aiment ce mot pour se déculpabiliser de l’enfermer et râlent quand elle est sortie non voilée.

T’as vu la misère, mon frère? La concentration de testostérone dans la pauvreté d’esprit? Ce multiface show de ratés, d’outrés, de dégénérés qui vomissent leur intolérance sur Facebook ?

« La femme, c’est l’avenir de l’homme, dites-vous ? »

Elle a grandi avec l’amour autoritaire et méprisant du père, du frère, qui avaient peur qu’elle ait des rêves. Devenir danseuse, par exemple. ça tuerait le nif de toute la famille.

Elle a construit un foyer dans la déconsidération, l’irrévérence, l’intolérance de l’homme. Parfois, il lui arrive d’être honorée un peu, d’être respectée quand elle utilise, en silence, la force de ses bras pour les travaux des champs.

Puis la communauté a évolué. Et la femme est sortie du schéma ancestral et a occupé de plus en plus de hauts postes dans l’administration.

D’où vient que, maintenant, on veut qu’elle retourne dans son trou?  Oui, on veut reprendre cette liberté donnée à des dévergondées.”  disait quelqu’un, avocat de son espèce. 

C’est con, je le sais. Vous le savez aussi.

Mais, dites-moi, à quel moment notre société a-t-elle quitté le tremplin de la marche en avant ? Quand on est con, j’ai peur que ce ne soit pour la vie. Pas vous ?

Katia BOUAZIZ

Mila en France, Djamel en Kabylie

5
Djamel AZAIM
Djamel AZAIM

Djamel Azaim, un jeune kabyle de 28 ans est poursuivi en raison de publications sur les réseaux sociaux jugées contraires à l’Islam. Reconnu coupable d’apostasie selon l’article 144-bis2 du code pénal algérien, il vient d’être condamné à trois ans de prison ferme et cinquante mille dinars d’amende. Son avocat nous apprend qu’il a subi des atteintes à l’intégrité physique et psychologiques, des sévices physiques incontestables lors des interrogatoires.

Il s’appelle Djamel AZAIM. Il est originaire de Boghni dans la wilaya de Tizou. Âgé de 28 ans. Chômeur sans ressources. Il est poursuivi pour atteinte aux préceptes de l’islam en application de l’article 144-bis2 du code pénal algérien. Il a été condamné à trois ans de prison ferme et cinquante mille dinars d’amende par le tribunal de Draa El Mizan. Djamel était refoulé du Maroc par la frontière terrestre. Arrivé au commissariat d’Oran, il a été tabassé par les flics. Les traces des violences sont toujours visibles sur son corps lors de notre visite à la maison d’arrêt de Draa El Mizan. Des hématomes sur ça jambe suite aux coups violents qu’il avait reçu de la part d’une dizaine de policiers. Il ne pouvait pas se tenir debout.

Djamel comparaîtra devant la cour d’appel de Tizi ouzou après sa condamnation en première instance.

La violence policière récurrente a atteint de proportions alarmantes, pourtant les lois sont claires quant aux traitement des prévenus à l’intérieur des commissariats. L’intégrité physique est morale des prévenus doit être respectée conformément à la déclaration universelle des droits de l’Homme et autres pactes signés et ratifiés par l’État algérien. Seul le juge pourrait statuer sur la culpabilité d’un prévenu. La police ne doit en aucun cas se substituer à la justice.

Nous alertons l’opinion sur ce gravissime dérapage et appelons la ligue de la défense des droit de l’Homme à prendre acte .

Nous invitons les citoyens à ce solidariser avec Djamel AZAIM et pour dénoncer ces bavures policières.

Non à l’État policier!

Maitres Kader HOUALI et Sofiane DEKKAL
Avocats au barreau de Tizi Ouzou

Bouaziz Aït Chebib vit un calvaire !

7
Bouaziz Aït Chebib
Bouaziz Aït Chebib

Certains ne se positionnent pas contre les tireurs embusqués qui dénigrent un homme de la trempe de Bouaziz Ait Chebib qui vit un calvaire au jour le jour en Kabylie…

Dans une situation sociale compliquée, sans emploi et sans vie familiale à cause de son engagement, cet homme ne peut même pas circuler sans se faire arrêter.

Certains et certaines se sont fait un nom grâce à lui, d’autres n’assument pas publiquement leurs sympathies par peur de se faire taper sur les doigts, et d’autres encore sont tout simplement des lâches qui sourient par devant et le poignardent par derrière….

Que vous le vouliez ou pas il a donné et donnera encore beaucoup pour la lutte en Kabylie, il restera celui qui a permis la conscientisation dans les villages par son travail minutieux entre 2010 et 2016.

Je ne suis pas un adepte de la sacralisation d’un tel ou d ‘un autre ou de la personnalisation d’une lutte et je peux aussi demain lui dire publiquement qu’il a tort ou qu’il se trompe si ça me chante ! Personne n’est au dessus d’un autre, ni les élites, ni les responsables, ni les militants ou sympathisants.

Je suis de ce côté très à l’aise, libre de mes propos et mes positions… j’ai ni un revolver sur la tempe ni une lesse autour de mon cou !!! Et avant d’être un compagnon de lutte, Jimmy Hendrix est avant tout un ami et l’amitié doit primer sur tout le reste, peu importe nos différences politiques ou religieuses… sans cela le combat pour la Kabylie n’est que chimère et illusion..

Dalil Makhloufi

L’inoubliable Kamel-Eddine FEKHAR

2
Kameleddine Fekhar Braham Bennadji
Kameleddine Fekhar Braham Bennadji

Qui était Kamel-Eddine FEKHAR l’emblématique figure de proue du combat Mozabite assassinée par le pouvoir algérien ?

Il faut prendre conscience qu’il est décédé dans des conditions obscures et énigmatiques le mardi 28 mai à l’âge de 56 ans à l’hôpital Frantz-Fanon de Lebliḏa (Blida) où il a été transféré depuis sa cellule.

Sa mise à mort a été savamment préméditée, orchestrée, programmée par les laboratoires diaboliques du régime algérien assassin et dictatorial qui a maintenant changé de tactique pour éliminer les «batailleurs».

Cet humble militant des droits de l’homme, natif de Taɣerdayt (Ghardaïa) dans le sud algérien, dans une ville quasi autonome dérangeait le pouvoir machiavélique algérien ainsi que tout ses sbires.

Médecin de profession il était reconnu pour son engagement dans la Ligue algérienne des droits de l’homme. Il était vraiment l’activiste, la personnalité militante fascinante par son charisme. Devenu un symbole, il a tout d’abord fait partie des militants arrêtés après les violences communautaires dans la région du M’ZAB. Ce pays amazighophone a été le théâtre d’une folie meurtrière en l’an 2015 entre la minorité Mozabite autochtone et les Châambas (gitans arabes) qui persécutent et souhaitent vouer les mozabite à l’extinction. Les Châambas disparates ont toujours persécuté cette minorité amazighe.

Kamel-Eddine FEKHAR a été arrêté à maintes reprises pour avoir dénoncé des pratiques malsaines et ségrégationnistes à chaque fois renouvelées à l’encontre de son peuple.

L’activiste jouait un rôle important au sein de sa communauté mozabite et parmi les Imazighen en alertant et émettant des S.O.S sur les intimidations et les violences volontaires des gitans arabes (Châambas) avec l’appui et la main tendue, la participation du pouvoir perfide et assassin.

Il a été incarcéré pour soi disant une «atteinte à la sûreté de l’état» et «incitations à la haine raciale». Bien évidement ces accusations sont totalement absurdes et injustifiées car le dossier est vide, il n’y a jamais eu de dossier judiciaire à son encontre.

Voilà à quel jeu s’attèle ce pouvoir démoniaque algérien ainsi que tout ses laquais serviles de ce régime mafieux et dictatorial.

Le militant mozabite a été plusieurs fois arrêté et emprisonné arbitrairement.

Sa dernière arrestation fantoche datait de mars 2019.

Comme il le disait de son vivant, « Je fustige la nouvelle justice du téléphone, celle qui emprisonne par téléphone et sans procès »…

Il y a justement, une nouvelle équation : celle de pousser le militant au suicide indirect, faire des répressions récurrentes ou de coller des accusations inexistantes pour trouver une justification et abattre avec de nouvelles méthodes innovantes le «batailleur».

Pour dénoncer toutes ces injustices, le militant mozabite a rapidement entamé plusieurs grèves de la faim pour se faire entendre suite à des acharnements de la justice despotique d’Alger.

Sa santé a été volontairement fragilisée par de multiples et longues grèves de la faim durant ces précédentes détentions entre 2015 et 2017; Il est avéré que ses conditions de détention étaient lamentables, identiques à une décharge publique. Les tortionnaires ont essuyé un refus catégorique de lui apporter des soins.

L’administration pénitentiaire et les institutions judiciaires corrompues de Taɣerdayt se sont rendues complices de sa mort.

Ce militant qui défendait la Liberté de vivre libre et d’amener une vraie démocratie dans son pays importunait le pouvoir corrompu et corrupteur d’Algérie.

Il a donner sa vie pour protester contre les injustices et le mépris «hogra» du régime machiavélique. Avant tout Kamel-Eddine FEKHAR est décédé en martyr, en héros pour ses idées et son attachement pour le peuple Amazigh.

Il est entré à jamais dans l’Histoire, le symbole duquel le peuple M’ZAB puisera sa force et sa détermination à se libérer du joug arabe algérien qui repose sur le modèle jacobin français.

D’ailleurs, son décès a provoqué une vague d’indignation bien au delà de sa région.

De forts soupçons d’empoisonnement

Les proches de Kamel Eddine Fekhar doutent sérieusement des causes exactes de sa mort. Son avocat Salah Dabouz a déclaré à de multiples reprises que Kamel Fekhar recevait des injections qui le plongeaient encore plus dans un état d’agonie.

Ce même système corrompu et corrupteur a catalogué son achèvement « à un simple décès des suites d’une longue grève de la faim… »

L’activiste FEKHAR a été inhumé le Samedi 1 Juin 2019 au cimetière d’El-Alia à Alger.

Même disparu il dérangeait encore. Quelques jours après son enterrement, dans le cimetière considéré comme le plus sécurisé d’Algérie, sa tombe a été vandalisé. Elle a été réduite en gravas, martelée et détruite en raison des caractères de l’alphabet amazigh (tifinaghs) sur l’épitaphe de la pierre tombale, tout cela encore une fois par les mêmes laquais serviles du régime algérien mafieux, dictatorial et diabolique.

Repose en Paix Kamel-Eddine
Tu es et restera toujours encré dans nos coeurs.
FEKHAR UNIVERSEL
FEKHAR L’ÉTERNEL
VIVE IMAZIGHEN

Rachid DIRI (Lyon)

Photographie Braham Bennadji

L’Inquisition le 12 janvier premier jour de notre calendrier

1
Pika Ouazi
Pika Ouazi

Ils sont des milliers à battre le pavé chaque vendredi. Ils chantent et crient leurs soifs de libertés. A Tizi, ils s’approprient la rue et ornent les cortèges avec le drapeau berbère sans qu’ils ne soient inquiétés ou peut être par ce qu’ils ne le sont pas.

Hier par contre à l’occasion de cette date qui n’est pas seulement un symbole Tizi était méconnaissable. La ville est devenue un grand centre de détention. L’État de siège s’est installé dans l’indifférence de ceux la même qui chantent “liberté ” le vendredi . je dis ça ça sans aucune animosité c’est juste un constat.

Retour sur la journée

Arrivés à la tour les environs de 10 H 30, nous sommes interpellés par des policiers en civil ce qui devait être un contrôle d’identité devient une arrestation.

Devant nous un citoyen a été massacré par plusieurs policiers en civil . un conducteur à bord d’un fourgon a aussi fait les frais de cette furie . il a été passé à tabac la poignée de la porte du véhicule arrachée, ils ne lui ont même pas laissé le temps d’enlever sa ceinture de sécurité.

Des étudiants de passage sont systématiquement embarqué dans les véhicules stationnés à cet endroit .

Des randonneurs venus de Constantine ont été aussi interpellés et transférés au commissariat.

À la centrale nous étions des dizaines à attendre debout , sans eau ni nourriture pendant des heures. Un malade de Bouira venu pour un rendez-vous médical a été retenu jusqu’à 16 heures.

Pendant l’interrogatoire, on a eu droit à un procès d’intentions. On était soupçonnés de vouloir marcher ! Rien que pour un soupçon on l’arrête le 12.

Poussant le bouchon plus loin ils ont passé au peigne fin nos pensées et expliqué ce qu’on peut penser et ce qui est interdit . Il n’était pas question de lois non, ils veulent même nous choisir nos amis ( est ce que tu as des amis qui pensent a l’autonomie et à l’indépendance de la Kabylie ) ….

Interrogatoire terminé on passe aux mensurations. On nous toise, photographie comme pour un casting, on prend les empreintes des dix doigts etc

On est ensuite passé devant le médecin, 10 seconds chacun : une petite question avec une réponse : oui ou non.

7 heures après on nous libère en nous restituant nos téléphones mobiles.
Certains ont eu droit à la vérification du contenu de l’appareil : discussion, réseaux sociaux et aussi photos.

Pika Ouazi

Marches de Yennayer : des journalistes et manifestants arrêtés

6
Pika Ouazi
Pika Ouazi

Des centaines de militants indépendantistes Kabyles et journalistes ont été arrêtés ce dimanche matin 12 janvier 2020 à Bgayet (Béjaïa), Tizi-Wezzu (Tizi-Ouzou) et Tuvirett (Bouira) lors des marches de Yennayer (Jour de l’An amazigh) organisées en Kabylie.

Ces arrestations touchent principalement les sympatisants du MAK (Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie) et de l’URK (Union pour une République Kabyle), le journaliste indépendant Pika Ouazi qui devait couvrir la marche de Tizi-Ouzou et l’actrice de cinéma Louiza Zanoun.

Tous les militants arrêtés arbitrairement à Bgayet ont été libérés en milieu d’après-midi grâce à la mobilisation des de la population qui a encerclé le commissariat central.

Affiche marche Yennayer
Affiche marche Yennayer
Réunion des Coordinations régionales universitaires du MAK
Réunion de préparation des Coordinations régionales universitaires du MAK Akbou – source : MAK

Une retraite indispensable

59
Shamy Chemini
Shamy Chemini Photographie Samir Hamma

Messieurs les chefs de partis politiques kabyles : prenez votre retraite, vous êtes le problème de la Kabylie et non la solution ! Vous vous accrochez à vos fauteuils comme de vieilles branches moisies sans racines ni fruits…

Cette génération de traîtres des années 80

Elle a été formée par feu Larbi Belkhir, ancien ministre de l’Intérieur sous Chadli dans le but de livrer la Kabylie aux arabo-baasistes. Au temps où ils étaient encore étudiants, certains se disaient avocats, psychiatres, médecins, artistes…

Aujourd’hui, ils sont devenus des vieillards dont certains sont atteints de la maladie de Parkinson d’autres d’Alzheimer. Ne voient-ils pas qu’ils sont grands-pères, frisent tous les soixante-dix ans avec des cheveux gris, du moins lorsqu’il leur en reste. Quelques-uns portent le chapeau sur leur crâne dégarni, voulant faire croire qu’ils sont à l’avant-garde de la mode, en réalité pour cacher une calvitie ou une maladie perçue comme honteuse.

Tous s’accrochent à la présidence de leur micro-parti ne dépassant pas souvent une dizaine d’adhérents qu’ils transforment en fonds de commerce.

La plupart de ces micros-partis sont SDF, n’ont même pas la moindre petite cave pour se réunir. Leurs soi-disant débats ont lieu dans les bars, au regard de n’importe quel client venu boire un café.

Cette génération 80, vendue, a été la première à téter la mamelle du FLN. Le plus grave, elle n’a jamais travaillé de son existence. Pour vivre, la majorité de ceux qui la composent, soit a monnayé la Kabylie pour la livrer au pouvoir colonial d’Alger, soit a détourné les cotisations de leurs adhérents à leur insu, en leur faisant croire qu’ils étaient ses défenseurs.

Dans la vie, seuls les actes comptent

Le reste, c’est de la politique politicienne ou de la fiction à quatre sous. J’aimerais bien que cette génération de traîtres nous donne son bilan.

La Kabylie n’a jamais était aussi pauvre, au risque de disparaître, que depuis qu’ils sont aux affaires. Aujourd’hui devenus de vieilles carcasses, ils doivent laisser la place à la nouvelle génération étant donné les comptes plus que négatifs !

Tous les partis politiques kabyles, sans exception, ont des chefs devenus irresponsables quipassent leur temps à hypothéquer l’avenir de la Kabylie contre une enveloppe de devises.

Je suis lucide et démocrate.

Allez chiche : y-a-t-il des hommes pour me contredire et par la même occasion, donner le résultat de ce qui a été fait de positif pour la Kabylie durant toutes ses années où ces gens étaient présidents de leurs partis respectifs ?

En réalité, ils ont été et sont les supplétifs du pouvoir corrompu et mafieux.

Moi aussi je joue le jeu en m’adressant à ces messieurs des partis :

En tant qu’indépendant je peux vous donner mon bilan, puisque je vous demande le vôtre.Une différence pourtant, vous êtes financés par le système que vous défendez honteusement en cachette. Pauvres de vous ! Chacun sait que vos partis sont vendus à nos colonisateurs.

Une autre différence avec moi : vous avez passé du temps à faire des études, moi je gardais mes chèvres, car je suis un autodidacte qui avait dix ans au début de la guerre d’Algérie et dix-huit lorsqu’elle prit fin. Après avoir été torturé à treize ans, j’ai été rapatrié en France en décembre 1962 et opéré trente-deux fois à l’hôpital de Garches pour soigner les séquelles de cette guerre que vous n’avez pas connue ou peu puisque vous n’étiez encore que de jeunes enfants.

Puis j’ai créé Les Abranis en France… Pour connaître la suite, cherchez sur Google en tapant Shamy Chemini. Si je vous demande vos comptes, il est normal que je vous donne les miens.

Sans aucune prétention, sans l’aide de personne, j’ai produit, créé, édité.

À vous tous réunis, vous n’avez pas donné la moitié de ce que j’ai fait seul pour la Kabylie.

Vous vous êtes servis d’elle pour vos intérêts personnels, moi j’ai enrichi sa culture de mes nombreuses œuvres. Ce que j’avance est vérifiable.

Nul besoin de citer ces partis politiques que chacun connaît

Récemment, un nouveau parti politique crépusculaire s’est créé et une année plus tard : boum badaboum… Coup d’État sur coup d’État, au point qu’aujourd’hui on ne sait pas qui représente ces deux fractions minuscules composées de quelques dizaines de pèlerins chacune. Ces mêmes personnes, une année auparavant, avaient fait un autre coup d’État au parti politique dont ils étaient issus, en invoquant le manque de démocratie de la part de leur président !

Comme c’est crédible ! Tous les présidents des partis politiques d’Afrique du Nord sont des dictateurs, Kabyles compris. Si ce n’était pas le cas, il y a longtemps que la Kabylie serait indépendante. Honte à ces organisations qui coopèrent avec les colonisateurs arabes. Le comble : ces coups de traîtres se font au nom de l’union des Kabyles !

Aucun de ces manipulateurs n’a sollicité l’approbation de la population kabyle. Du jour au lendemain, ces pestiférés, incompétents corrompus, s’autoproclament chefs de nouveau parti composé de leurs copains. Copains qui, quelques mois plus tard, se disputent comme des chiffonniers.

Invectives réciproques, mensonges contre mensonges, accusations contre accusations sur la place publique. Inutile de rafraîchir la mémoire des Kabyles. Chacun connait ces fameuses soi-disant célébrités – au royaume des aveugles, les borgnes sont rois – se souvient de la façon dont elles se sont étripées dans les années 90 pour finir par le drame de l’assassinat du regretté Matoub Lounès.

Le rebelle

Aujourd’hui, ceux qui avait osé attaquer en justice notre artiste rebelle sont devenus cul et chemise avec la famille du défunt, sans gêne ni honte, en place publique.

Je ne peux pardonner à ceux qui ont ouvert la porte de la maison de Matoub Lounès pour voir les hommes du pouvoir qui l’ont assassiné s’assoir sur le fauteuil de notre héros qui a donné sa vie pour la Kabylie.

À présent, tous ceux qui se disent proches du feu rebelle utilisent son nom pour faire du commerce ou du tourisme.

J’ai le cœur gros lorsque j’évoque tous les souvenirs dont j’ai été témoin. Jamais je n’ai utilisé ma relation si étroite avec notre feu artiste pour des besoins personnels alors que je vois des insignifiants qui ont écrit un torchon composé de ragots de bars, se filmant avec la photo de Matoub à l’hôpital à des fins commerciales.

Jamais dans l’histoire de la littérature et du malheur d’un défunt on n’avait utilisé ce genre de procédé. Un tel énergumène doit cesser de nous infliger cette image mercantile face à l’homme hors normes qu’était Matoub Lounès. Ce débile mental doit mettre fin à son jeu malsain.

Dans le cas contraire, un dossier peut apparaître : celui d’un départ pour la Libye afin de marcher au pas avec l’armée de Kadhafi, tout en faisant la promotion du Livre vert du guide libyen qui prônait la 6 e pensée universelle.

Ce louche personnage a commencé ses classes à la radio Chaine 2 du pouvoir d’Alger.

Chaîne 2

Décidément, toutes les personnes venues de Chaîne 2 ont toutes des doubles faces.

Kamel la mort de Barbare TV en est un échantillon significatif. Aujourd’hui ce mythomane qui se dit écrivain, en réalité taxi, veut jouer l’opposant, dans la ville de Paris où il passe son temps à aller de bar en bar pour boire du cognac.

Corrupteurs et corrompus

Je reviens aux scandales des années 90 entre les fameux politiciens et artistes avec leurs feuilletons qui ont scandalisé toute la Kabylie. Leurs turpitudes s’étalaient dans la presse écrite, audio, radio, télé et même jusque devant les tribunaux. Cette génération de traîtres nous a offert un spectacle affligeant. Pendant que les hommes politiques et artistes kabyles s’insultaient, les Algériens riaient à gorge déployée.

À l’heure du Hirak, plus rien à faire avec le pouvoir. Durant un moment, certains ont fait les girouettes avec le Hirak. Ils ont commencé à faire leurs marches, encore une fois comme des traîtres, mais hélas pour eux cette fois-ci, ils ont été chassés comme des chiens galeux.

Certains se retrouvent en prison, d’autres ont négocié leurs sorties du territoire pour se rendre en France et continuer leurs offres de services au pouvoir d’Alger.

Les pauvres types, même en France, se font interpeller et traiter dans la rue comme des vendus. Alors la mémoire leur revient, ils téléphonent à leurs vieux camarades et complices.

La mauvaise graine, malgré elle, reprend langue avec des anciens copains des traîtres de 80.

Comme de grands hypocrites, ils s’envoient des messages vidéos d’amabilité sans scrupules ni gêne !

Moi je dirais : attention il y a danger que ces traîtres se lient à nouveau d’amitié. Il est vrai, ces vils et cupides personnages se connaissent tous, formés à la même école de la trahison du pouvoir d’Alger.

Ce pouvoir corrompu et corrupteur leur renvoie l’ascenseur de temps à autre, une villa par-là, un terrain par-ci, quelques passe-droits pour leurs familles afin d’obtenir un visa ou un bien au pays ou à l’étranger.

Ils ont appris comment frauder sans se faire épingler. Tous leurs biens mal acquis : cafés, bars, hôtels, appartements, restaurants, voitures, villas portent les noms et prénoms de leurs progénitures et les parents vous diront qu’ils ne possèdent rien au pays comme à l’étranger !

Évidemment une fois de plus ils nous prennent pour des ignorants. Surtout lorsque l’on se dit docteur avec une simple licence, sans jamais avoir soigné un patient ni travaillé dans un cabinet médical ! Celui qui se dit psychiatre doit aller se faire soigner assez rapidement avant de contaminer les expatriés, car à présent ce fameux docteur n’oserait plus user de ce terme ; nous sommes dans un pays de savoir. Avec ses relations, il peut éventuellement servir de balayeur à l’Assemblée nationale française et culotté comme il est, faire croire qu’il est député français. Ingrat, il n’a pas été capable de venir en aide à son propre frère qui est dans le besoin.

Une fois que les parents ont mis leurs biens aux noms de leurs enfants, nous découvrons de jeunes hommes ou filles fortunés sans jamais avoir travaillé, au même titre que leurs parents. La progéniture de cette maudite génération de 80 est devenue aussi riche que les enfants des oligarques du pouvoir mafieux d’Alger.

Le constat des chefs des partis politiques kabyles est fait, il est plus que désastreux. S’il leur reste un peu d’honneur, il est plus que temps pour eux de prendre leur retraite, politique bien sûr, puisqu’ils n’ont jamais travaillé pour avoir une retraite digne comme ceux qui ont œuvré à des tâches pénibles durant toute leur vie. Ils doivent se retirer de la vie politique, car ils nuisent à la jeunesse kabyle et freinent l’élan du mouvement pour l’indépendance de la Kabylie.

Seule la jeunesse…

Cette indépendance ne peut venir que de la jeunesse qui vit, milite en Kabylie. Sinon, nous nous trouverons devant le même dilemme de la primauté de l’extérieur sur l’intérieur comme avec l’armée des frontières qui a pris le pouvoir de force de 1962 à ce jour.

S’il vous plaît, messieurs les chefs de partis politiques kabyles : prenez votre retraite, vous êtes le problème de la Kabylie et non la solution !

Vous avez assez volé vos frères kabyles ; à présent vous pouvez former un club de Golf.

Enfin, suis-je bête ! Ces traîtres ne savent pas pratiquer cette discipline trop raffinée pour eux, ils ne peuvent que se retrouver dans un bar pour jouer aux dominos ou aux billes comme des enfants. Aujourd’hui, hélas, c’est tout ce qu’il peut leur rester de l’innocence de leur jeunesse.

Shamy Chemini lesAbranis
Artiste, écrivain, réalisateur

À toi Sofiane Babaci

0
Sofiane Babaci
Sofiane Babaci

C’est avec honneur que je m’adresse à toi aux nom des hommes et des femmes à travers le monde qui te regarde avec fierté pour défendre ta liberté et celles de tous les êtres pris de justice et amoureux de la liberté que je m’adresse à toi.

Dans ton combat juste est noble demeure debout et soit fière des tes actes si courageux. Grace a des hommes comme toi qui feront voler en éclats les chaînes qui brisent le rêve des hommes libres.C’est un combat de longue haleine que tu mènes avec tes camarades que bientôt jaillira la lumière qui nous guidera tous sur le chemin de la liberté et de la justice sociale .

Sache je m’adresse à toi en tant que père,frère et compagnon de lutte pour bannir l’injustice dans le pays d’où qu’elle vienne. Tu n’es pas seul. Dans le monde entier il y a des milliers voir des millions de personnes qui sont solidaires avec ta juste lutte qui est aussi la notre.

Nous ferons tout ce qui est de notre possible pour te faire libérer toi et tes amis qui se battent avec courage et fierté afin de réhabiliter notre dignité humaine.Je suis de tout cœur avec toi et tes camarades qui croupissent en prison injustement.Bon courage et t’inquiète pas un jour ou l’autre jaillira de toutes les bouches le cri de justice et de liberté.

Fraternellement  Shamy chemini les Abranis


artiste écrivain réalisateur. Paris 31 décembre 2019

Un mouvement né en Kabylie devenu révolution du sourire ?

4
Manifestation anti-système Paris
Manifestation anti-système Paris

Le hirak qui ne fait que mutiler inutilement un peu plus la Kabylie chaque semaine, qui nous englobe dans une Algérie arabo-musulmane ne se place aucunement dans le prolongement de nos combats vitaux.

A l’orée de la première manifestation pacifique en Algérie, celle d’ « avril 80 » à Tizi-Ouzou, en Kabylie, les étudiants s’imaginaient faire ressurgir une amazighité algérienne en mettant en avant la défense de leur langue, des racines amazighes de l’Afrique du Nord. A thafsut teberkant (le Printemps noir) la Kabylie ne se faisait plus guère d’illusions : la proclamation d’un Etat indépendant devait clarifier la situation. Le Hirak qui a fondamentalement une autre perspective nous détourne subtilement de nos luttes initiales. Ce mouvement a pour corollaire de nous dissoudre in-fine dans une Algérie arabo-musulmane : le champ d’expression est majoritairement arabe, les aspirations du peuple kabyle absentes.

Pourtant ce mouvement qui porte le nom de Hirek est né en Kabylie plus exactement à Kharrata, le 17 février 2019. Aujourd’hui un autre nom a été donné à ce mouvement qui s’est propagé à toute l’Algérie : la révolution du sourire. Deux semaines après les élections présidentielles algériennes, les manifestants ont invoqué la plate-forme de la Soummam et de leurs auteurs. Peu d’Algériens se referaient à Abane Ramdane, qui avait pourtant pactisé de son temps contre les Berbéristes, et ce malgré plusieurs édifices baptisés en son nom au niveau national algérien. C’est bizarre, n’est ce pas !?

Ce régime très rusé nous sort une nouvelle tactique : reproduire ad-æternam une plateforme après celle de la Soummam : celle de Sant’Egidio, la plate-forme d’El-kseur, il va nous sortir toutes les plates-formes possibles et imaginables !

Ces orateurs et journalistes mainstream qui défilent sur Brtv télévision sont une honte pour nous tous. Cette chaîne qui était financée à ses débuts par tous les Kabyles et dont la gestion nous revient de droit est loin d’être neutre. Tout le monde a vu les intervenants de cette chaîne s’excuser de parler prioritairement en arabe et de ne pas s’exprimer en kabyle, sous prétexte que les arabes Algériens ne comprennent pas ce que disent ces orateurs Kabyles. Quel malheur ! Depuis l’indépendance de l’Algérie, les arabes Algériens, ne veulent rien comprendre, ne font pas l’effort d’apprendre le kabyle. Malgré les politiciens kabyles acoquinés au pouvoir politique, qui leur expliquent des choses dans la langue arabe, ils ne veulent toujours rien entendre d’un Kabyle !

Ces orateurs ont d’ailleurs inventé un slogan: l’Algérie unie et indivisible! Pourtant, cette Algérie n’a jamais étais unie ! Sinon pourquoi, cette même Algérie, ne veut rien entendre de ce qui vient de la Kabylie? Est-ce que, l’Algérie et la Kabylie ont les mêmes valeurs?

Quelle que soit l’ampleur nationaliste du Hirak elle ne pourra empêcher que naisse un jeune mouvement kabyle qui se recentre sur les valeurs profondes du peuple de la Kabylie, un mouvement fédérateur qui mette fin aux querelles intestines et aux égos démesurés des initiateurs du MAK et consorts qui devraient céder leur place aux jeunes, des initiatives qui sont essoufflées et facilement balayées d’un revers de main par le Hirak. La Kabylie a besoin d’une vraie reconnaissance et légitimité à l’international ce qui n’a jamais été fait, de sang neuf !

Le changement dans la société kabyle s’est opéré. Il est visible avec les résultats des élections qui frôle les 0% : une exception mondiale. Dans n’importe quel autre pays, des voix se seraient élevées pour proclamer immédiatement l’indépendance de fait. Le hirak incarne cet échec de nos représentants culturels et politiques de pacotille embourbés dans les intérêts politico-économiques du système de l’Etat-Nation ou qui ont rallié ces mouvements de contestation sous contrôle.

La Kabylie doit s’adapter au monde actuel, elle doit être plus combative et opérer des actions d’auto-gouvernance, s’engager dans la protection de son environnement avec des opérations coup de poing comme le sabotage des barrages en Kabylie, des actions de résistance, la prise de contrôle des outils d’extractions minières au service des multinationales, la protection citoyenne des ressources naturelles et géologiques, la prise en main de l’enseignement autonome en kabyle partout en Kabylie. Le temps de la vraie révolution culturelle est venu. Que cette révolution définitive, collective, implacable, menée avec sérieux et courage, avec les outils modernes connectés (blockchain…), financée avec intelligence, redonne le sourire et une vraie raison de vivre aux Kabyles !

Mokrane NEDDAF

FaceBook censure un dessin de presse au profit du régime algérien

4
Ghilas Aïnouche
Mon cher Ainouche,

En premier lieu, je tiens à te dire que j’apprécie ta personne, ton talent, ton esprit et ton courage.

Avant tout, tu dois rester indifférent à ces insultes à ton égard de la part de moins que rien. Ces chiens galeux… leurs désirs sont de te faire taire. Surtout reste imperméable et continue d’exercer ton métier d’artiste qui fait le bonheur de milliers voire de millions de femmes et d’hommes qui restent avant tout des êtres humains amplis d’amour, de bon sens, de sensibilité qui leur permettent d’apprécier ton art et l’art en général.

Heureusement qu’il y a des artistes comme toi pour nous donner du plaisir et nous faire oublier les vicissitudes quotidiennes.

Grâce à ton talent et celui de tes semblables, nos esprits s’élèvent pour échapper à la médiocrité des adorateurs de pierres du passé, devenu des fans de monstres comme Ahmed Gaid Salah. C’est du Zaimisme à la mode de l’esprit machiavélique oriental.

J’ai plus de respect pour un sanglier qui ne fait de mal à personne qu’envers ce criminel cauchemardesque. Je le dis, je le répète, je ne lui accorderai jamais mon pardon, je lui souhaite l’enfer éternel.

Lors de notre dernière rencontre à Paris dans le 11e, amicalement, je t’avais mis en garde contre la majorité des politiciens et journalistes. Pour moi, ils sont majoritairement vendus ; des traîtres pour quelques dinars.

Sache-le, les hommes passent et trépassent, nul n’est indispensable dans ce bas monde.

Vive la liberté et l’indépendance de la Kabylie, que ça plaise ou non j’assume et le revendique avec fierté.

Je comprends ta déception, les trahisons viennent souvent de ceux que l’on considère comme les plus proches. Ces êtres vils ne méritent que l’indifférence.

Garde la tête haute, reste digne avec la fraîcheur mentale qui te caractérise et continue à nous faire rire, réfléchir, avec tes belles caricatures dont tu as le secret.

Tu peux toujours compter sur mon soutien inébranlable.

Bonne route, cher ami Ainouche et merci pour le plaisir offert avec cœur et générosité. Amitiés.


Shamy les Abranis

Artiste, écrivain, réalisateur

Ghilas AÏNOUCHE : « Salut mes ami(e)s !

Je voulais juste vous faire part du blocage de ma page pendant 48 heures, après la publication d’un dessin suite à la mort de Gaïd Salah. Le dessin a été signalé puis supprimé pendant 20 à 25 minutes après sa publication. Depuis, je n’ai pas pu publié pendant 48 heures.

Je n’ai jamais reçu autant de message d’insultes et même de menaces qu’à ce moment-là. Comme d’habitude, la caricature et la satire n’arrive pas à gagner sa place en Algérie.

Ce phénomène du syndrome de Stockholm dépasse toutes les limites. Cette mort de Gaïd Salah m’a fait découvrir le vrai visage de plusieurs journalistes, opposants et même de simples citoyens que je respectais bien auparavant.

Moi, je suis dessinateur de presse. Je réagis à tout et en toute liberté. J’essaye de garder ma spontanéité naturelle loin de toute haine ou méchanceté. Mais en lisant certains messages de ces chiyatines, le bon sens et la logique ont perdu leurs valeurs et fait part au processus d’inversion accusatoire. Maintenant, c’est celui qui est honnête et intègre, celui qui demande ses droits sans rentrer dans les rangs du système qui est taxé de harki, traître, main de l’étranger, fils de la France, ennemi du pays … Incroyable ! Vous devez être un chiyatte b’draâ, sinon vous n’êtes qu’un harki !

Je suis déçu aussi par presque tous les journaux papiers francophones et arabophones et même de certains caricaturistes. Là, j’ai honte de dire que j’ai déjà travaillé dans les journaux algériens. J’ai honte de faire partie de cette famille qui n’a ni honneur, ni dignité, ni principe. Là, c’est vraiment trop ! Aucun professionnalisme ! Je ne me reconnais plus dans ces journaux, à part peut-être un ou deux journaux, juste pour ne pas dire tous à 100%.

Ils ont une mémoire courte, mais moi, je ne peux pas oublier le plan “zéro Kabyle”, les prisonniers innocents, les blessés qui ont perdu un œil ou une jambe, le racisme anti-Kabyle depuis le début du hirak et beaucoup d’autres dépassements. Je n’ai jamais eu autant de problèmes dans mon métier que lors du hirak.

Vous voyez Gaïd Salah comme un héros et vous le dites, c’est votre opinion. Mais ne venez pas insulter ceux qui ne disent pas que Gaïd est un héros. Gaïd Salah est mort, par respect aux morts, qu’il repose en paix. Mais ce n’est pas à sa mort que je vais changer d’avis à son encontre. Sinon, ce ne serait que de l’hypocrisie. Pour moi, il n’a pas été un vrai héros de son vivant. Donc, ce n’est pas à sa mort qu’il va devenir héros, du jour au lendemain. Ce n’est pas par peur qu’on doit le dire ! Avant, les médias falsifiaient l’histoire. Maintenant, ils falsifient même le réel (et devant nos propres yeux) !

Ça ne veut pas dire que je réfléchis de cette manière que je manque de respect envers sa personne, sa famille, l’Algérie ou autre. Arrêtez de dicter aux gens comment ils doivent penser des autres. Si on n’a pas le droit de dire ce qu’on pense, il ne reste plus rien à faire dans notre pays ! »

Les Amazighs d’Algérie : Etre au rendez-vous avec l’Histoire

9
Répression Kabylie
Répression Kabylie

Communiqué du Congrès Mondial Amazigh

En Algérie, les Amazighs et particulièrement les Kabyles, ont toujours manifesté leur rejet du système de gouvernance algérien, dirigé par une des dernières et des plus archaiques juntes militaires, dont les méthodes de gouvernement se composent d’abus de pouvoir, la répression, la corruption, les détournements de fonds publics, les violations des droits de l’homme et des libertés.

Ce pouvoir inféodé à l’idéologie araboislamiste, a toujours nié et combattu les aspirations du peuple Amazigh à vivre libre et dans la dignité.

Depuis le mois de février 2019, dans toutes les régions d’Algérie et surtout en Kabylie, les Amazighs manifestent massivement chaque semaine, pour exiger la fin de ce système qu’ils qualifient de « maffieux et assassin » et pour l’instauration d’une réelle démocratie et de l’état de droit. Le régime algérien a, comme à son habitude, toujours répondu par la violence, allant jusqu’à laisser mourir en prison Kamel-Eddine Fekhar, un défenseur des droits de l’homme et jetant en prison des dizaines de porteurs du drapeau Amazigh depuis le mois de juin 2019.

Cherchant absolument à se donner une légitimité et une façade civile, le régime militaire algérien a imposé, hors de tout cadre légal, une pseudo élection présidentielle le 12 décembre 2019, avec cinq candidats tous issus du système autoritaire et corrompu, en place depuis plus de 60 ans.

La Kabylie particulièrement a été mise sous une haute surveillance de l’armée et des forces de police et de gendarmerie. Les tirs des forces de répression contre les rassemblements pacifiques observés le jour du « vote », ont fait un mort, Ouamara Mohamed, à Isser et plusieurs dizaines de blessés, dont certains grièvement atteints, notamment à Tizi-Wezzu et Vgayet.

Les résultats officiels de cette « élection » publiés le 13 décembre donnent vainqueur un des cinq candidats mais avec un taux de participation le plus bas jamais enregistré en Algérie (moins de 40% en moyenne) et un historique zéro participation en Kabylie, une région amazighe peuplée d’environ 12 millions d’habitants.

Dans ce contexte, la légitimité de ce scrutin et celle du nouveau « président » élu est trèscontestable. Ce « président » illégitime ne peut donc pas gouverner le pays.

Par ailleurs, en refusant de prendre part de manière unanime à cette « mascarade électorale », la Kabylie a signifié de nouveau et de manière magistrale, son rejet total de ce système et exprimé par la même occasion son attachement profond à son identité, à sa liberté et à sa dignité.

La Kabylie unie ayant réaffirmé sa singularité, notamment sur le plan politique et de son projet de société résolument démocratique et laique, il appartient désormais au pouvoir algérien d’en prendre acte et d’ouvrir sans délai, un dialogue direct et sincère avec ses représentants sur l’avenir de ce territoire et de son peuple, dans le cadre juridique international relatif au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Paris, 2/12/2969 – 14/12/2019
Le Bureau du CMA.

L’Etat algérien, plus que jamais anti-kabyle

3
Bgayet Solidaire
Bgayet Solidaire

Déclaration de la Coordination des Kabyles de France

Depuis quelques mois, les tenants de l’Etat arabo-islamique algérien ne cessent de s’attaquer systématiquement et de manière méthodique aux forces kabyles ainsi qu’à des symboles de l’Amazighité. Intimidations, arrestations, agressions, privations de passeports, atteintes aux libertés, interdictions de rencontres publiques, attaques visant les porteurs de drapeaux amazighs notamment en dehors de la Kabylie, autant de dépassements auxquels se livrent les militaires aux commandes.

La Coordination des Kabyles de France tient à dénoncer vigoureusement cette politique anti-kabyle et toutes les exactions commises par les forces de répression algériennes qui ont, ces derniers jours, fait usage d’armes non létales donnant lieu à des blessés parfois graves – notamment des éborgnés – dans plusieurs villes kabyles. La CKF met en garde les autorités algériennes des dérapages qui pourraient susciter la violence en Kabylie.

Par ailleurs, et dans ce contexte particulier où les tenants du pouvoir algérien multiplient leurs agressions à l’égard de la militance kabyle, nous appelons les avocats et juristes qui exercent en Kabylie à se mobiliser et s’organiser pour défendre les citoyens qui subissent les injustices et l’acharnement du pouvoir.

La Coordination des Kabyles de France réitère son appel à la plus grande vigilance. Elle appelle, une fois de plus, les Kabyles à ne pas répondre aux provocations des forces militaires et policières, à déjouer toutes les tentatives d’instrumentalisation visant à pousser la jeunesse à la violence pour « justifier » une répression dont la Kabylie peut s’en passer.

Ensemble nous avons le devoir de protéger la Kabylie et ses intérêts et éviter que le sang kabyle ne soit, encore une fois, versé. Rien ne mérite nos sacrifices si ce n’est notre liberté ainsi que la lutte qui nous débarrassera de la domination qui a programmé notre assimilation ou éradication.

Coordination des Kabyles de France

Paris, le 16 décembre 2019.

E-mail : coordination.kabyle@gmail.com

La CKF sur Facebook : https://www.facebook.com/CKF2020/

Soyons vigilants: protégeons la Kabylie !

20
Coordination des Kabyles de France
Coordination des Kabyles de France

Depuis février 2019, l’Etat algérien paraît sérieusement déstabilisé et s’est installé dans une véritable crise faisant face à une contestation généralisée. La situation donne l’impression d’une mobilisation populaire qui a gagné l’ensemble des composantes de la société qui crient chaque semaine leur « rejet du système » lors de manifestations publiques.

Cette situation n’a pas empêché le « système » d’agir et de verser dans la stigmatisation de la Kabylie avant de procéder à des arrestations et condamnations arbitraires.

Faudrait-il rappeler que le projet algérien est, depuis sa création par la France coloniale, associé à l’arabité et à l’islamité au détriment et au mépris de l’Amazighité, l’identité historique de l’Afrique du nord. La Kabylie a ainsi toujours été la cible des défenseurs de l’arabo-islamisme, vecteur essentiel de l’idéologie du système algérien.

Pendant les années 40/50, des militants kabyles, ont été liquidés physiquement par des partisans de l’Algérie arabo-musulmane.

En 1963, le régime algérien, a envoyé son armée en Kabylie où elle avait commis les pires massacres.

La Kabylie porte toujours les séquelles de la répression féroce de 1980.

Le soulèvement kabyle de 2001 a été réprimé dans le sang par l’Etat algérien. En effet, l’usage des armes de guerre par les gendarmes et militaires algériens pendant le Printemps noir de Kabylie en 2001 s’est soldé par l’assassinat de 130 citoyens et par des milliers de blessés dont plusieurs centaines handicapés à vie.

Disons-le, la Kabylie paie, depuis plus de 80 ans, les frais d’un contentieux la liant aux tenants d’une Algérie arabo-musulmane, et depuis 1962 elle est particulièrement exposée à un projet de destruction minutieusement mené dont l’unique but reste l’éradication de la Kabylité et de l’Amazighité de manière générale.

La Coordination des Kabyles de France, née de la volonté de Kabyles d’horizons politiques divers, désireux de se doter d’un cadre d’unité, d’action et de veille contre un éventuel dérapage de la mobilisation populaire en Kabylie et le dévoiement, une fois de plus, du combat kabyle, refuse que la Kabylie fasse les frais d’un éventuel rééquilibrage des clans du système algérien, ni les frais d’une énième trahison.

L’évolution de la situation depuis le mois de février, la tournure que prennent les évènements ces derniers jours en Kabylie, avec notamment l’intensification de la répression qui a déjà fait plusieurs blessés dont au moins deux éborgnés, notamment à Tubiret et à Laṛbɛa nat Yiraten, fait craindre le pire.

Nous avons, dès le 26 mars 2019, appelé les Kabyles à la prudence et à la vigilance. Même si nous ne pouvons que nous réjouir d’une mobilisation qui appelle à la fin du système algérien, on ne peut, pour autant, ignorer les expériences malheureuses du passé et de la capacité de l’Etat, grâce à ses instruments tels que le DRS, l’armée et leurs relais locaux, à verser dans l’instrumentalisation de la Kabylie.

En tout état de cause, la situation actuelle nous interpelle, en tant que Kabyles, et ne peut nous laisser indifférents. C’est pourquoi nous appelons à la plus grande vigilance. Les Kabyles ne doivent en aucun cas répondre aux éventuelles provocations du régime algérien qui a déjà posté ses militaires et ses forces de répression à travers le pays kabyle, lesquelles forces ont vu l’arrivée de renforts impressionnants ces derniers jours.

Aucune cause, en dehors de notre Liberté et notre dignité en tant que Kabyles Amazighs, ne mérite le sacrifice suprême des Kabyles qui ont déjà assez donné.

Coordination des Kabyles de France

Le sang kabyle ne doit en aucun cas couler.

Aucune cause, en dehors de notre Liberté et notre dignité en tant que Kabyles Amazighs, ne mérite le sacrifice suprême des Kabyles qui ont déjà assez donné.

Coordination des Kabyles de France,
Paris, le 1er décembre 2019.

Du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes au droit des États à disposer de leurs peuples

9
Tahar Khalfoune
Tahar Khalfoune

En qualifiant d’ingérence dans les affaires intérieures de l’Algérie la solidarité internationale avec le peuple algérien en lutte depuis neuf mois pour sa dignité et sa liberté, le régime algérien s’efforce de transformer le célèbre principe onusien (art. 1 alinéa 2 de la charte des nations unies) du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes en droit des États à disposer de leurs peuples. La résolution du parlement européen d’hier (jeudi 28 novembre) sur la situation des libertés en Algérie condamnant les arrestations arbitraires, les détentions, les intimidations et les attaques contre des journalistes,  syndicalistes, défenseurs des droits humains… a suscité l’ire des dirigeants algériens qui n’ont pas hésité à la qualifier « d’ingérence dans les affaires intérieures », de « mensonges et de diffamations contraires au droit algérien ». En agitant la main étrangère, en faisant preuve d’un nationalisme chauvin et en semant la confusion entre solidarité internationale et ingérence, le régime algérien cherche en vérité à éloigner ses propres difficultés, l’état de crise dans lequel se trouvent les droits humains, la liberté de la presse,  la liberté de circulation, la liberté de conscience et de culte… de tout regard de la communauté internationale. 

Rappelons d’abord que le Parlement européen n’a rien d’une instance exécutive, ce n’est ni un État ni le représentant des États européens ; il représente les peuples Européens et ses résolutions n’ont aucune force contraignante, elles ont valeur de recommandation. L’Algérie a signé un accord d’association avec l’Union européenne en 2002, entré en vigueur en 2005. Or le troisième considérant de cet accord attache une grande importance au respect des  principes des droits humains, et son article 2 précise que les principes démocratiques inspirent les politiques des deux parties. L’exigence de respect des droits humains est donc légitimement opposable à l’État algérien au regard d’abord des stipulations de cet accord et des engagements internationaux de l’État algérien dès lors que celui-ci a ratifié des traités internationaux portant précisément sur la protection des droits de l’Homme.

Nous citerons simplement à titre d’exemple la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme du 10 décembre 1948 ratifiée à l’article 11 de la constitution du 10 septembre 1963 (J.O n° 64 du 10.09.1963) ; le Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques de 1966, ratifié le 16 mai 1989 (JO n° 20 du 17 mai 1989) ; le Protocole facultatif (I) se rapportant au pacte international relatif aux Droits Civils et politiques…  Cette exigence de respect des droits humains est d’autant plus justifiée que toutes les Constitutions algériennes ont consacré la primauté du droit international sur les lois internes.

La résolution du Parlement européen sur les libertés en Algérie est d’autant plus nécessaire que les ONG de défense des droits de l’Homme doivent déployer des trésors d’efforts et d’ingéniosité pour faire adopter la moindre résolution à l’encontre des régimes coupables des pires atrocités contre leurs peuples à l’instar du régime algérien. Ce dernier multiplie les obstacles aux défenseurs des droits de l’homme, journalistes, militants, avocats… qui subissent régulièrement des actes de harcèlement, des entraves multiples à leur liberté d’association, de rassemblement, à la liberté de la presse, de conscience, de circulation… en contradiction avec les engagements pris par les autorités algériennes.

L’inflation de discours sur les principes démocratiques, les droits de l’Homme, l’État de droit… est en net décalage avec la matérialité de ces normes universelles ; elles sont totalement vidées de leur sens par un pouvoir corrompu et autoritaire, mais qui a toujours soigné son apparence en prenant le soin de se présenter sous un aspect civil et démocratique. Mais la révolution pacifique en cours a défait cette imposture en mettant à nu sa nature profonde militaire et ambivalente.

T. Khalfoune

« Ennemis de l’unité de la nation arabe algérienne » vous votez ou vous boycottez ?

7
Mokrane Neddaf
Mokrane Neddaf

Que vous votiez ou que vous boycottiez, ne changerez malheureusement rien !

Nous sommes à quelques jours d’élections présidentielles algériennes, et le temps de polémiste est terminé, c’est le moment de prendre conscience, et de réfléchir pour l’après 12 décembre.

« Il n’y aura pas de vote ! ». Tel était le mot d’ordre des manifestants, en Algérie, ou ailleurs, en diaspora. Les manifestants continuent de s’opposer à la tenue du scrutin organisé par le régime, qu’ils considèrent comme une prolongation au système. Nous nous somme pas mauvaise langue, mais c’est dommage de vous dire que ces élections auront lieu le plus normalement du monde, avec un résultat satisfaisant, le nouveau chef suprême, c’est Monsieur T… ! En avril 1999, ça était presque la même chose, et la majorité de la population rejeter Bouteflika, mais rien ne l’a emperchée, et qu’il a passé 20 ans comme chef suprême de l’Algérie !

Ce hirak, ne fait pas vraiment peur au régime dictateur d’Alger, et si le peuple cherche vraiment à construire une Algérie nouvelle, avec une démocratie digne de nom, il faut que toutes les forces démocratiques algériennes se mettent à table, et chacun avec son projet et son programme politique et quelle que soit la couleur, mais ce n’est pas le cas!

Ces leaders ont une démocratie spéciale à eux. Ils ont rien trouver de mieux que d’appuyer leurs discours, sur un seul slogan somme tous frères, tous des Algériens et tous des musulmans, etc. Ils ne sont pas mieux que les extrémistes des années 90. Et le triste sort aussi la BRTV, qui ne fait aucun effort pour traduire les interventions de ces Algériens arabes qui prenaient la parole. Faut-il que vous faire un dessin pour que vous compreniez ?

Place de la République la majorité des manifestants sont Kabyles

Depuis quelques temps, nous sommes stupéfaits après avoir et constatés à chaque rassemblement a la place de la république de Paris, que la majorité des manifestants sont des Kabyles. Et même les orateurs qui prenaient la parole et à ceux qui, nous avons prêtés l’oreille, de ce qu’ils disaient, ces orateurs qui s’expriment exclusivement en arabe. Ont-ils honte de parler le kabyle, ou ont peur d’êtres stigmatisés, ou encore tous simplement pour tirés de la sympathie des algériens arabophones ? Ils ont oublié, quoi ils font sont toujours considèrent des Kabyles : des ennemis de l’unité de la nation, buveurs de l’alcool, mangeur de cochons, et surtout ennemi d’Allah.

Ce qui à attiré notre attention,de ces bons orateurs Kabyles, qui ont des idées à proposer avec de très bons programmes pour une Algérie de demain. Ce qui est étonnant, comment ils n’ont aucune idée à proposés pour la Kabylie d’aujourd’hui et même celle de demain ? Ces Kabyles sont-ils naïfs encore ou carrément bêtes ?

Qu’attendent ceux qui ne veulent pas d’eux ? Après le slogan « kabyle zéro », des arrestations des manifestants Kabyles et des peines de prison ferme sont prononcées à ceux qui portent le drapeau Amazigh, des patrons Kabyles se retrouvent dans les geôles de ce régime, et sans parler de leurs pions qui n’arrêtent pas de nous insulter de tous les noms.

Mokrane NEDDAF

Ali BENFLIS : du sang kabyle sur les mains

23
Marche sur Alger
Marche sur Alger

Photographie Kabyle.com Arezki AIT RABAH 2001 – Scan b.r. original Kabyle.com

Amnésie et cynisme d’un ancien avocat, bâtonnier, magistrat, Ministre de la Justice et Premier Ministre.

Après la journée de l’infamie du 14 juin 2001 d’Alger où les peuples d’Algérie ont vécu des lynchages et des crimes contre les Kabyles venus manifester pacifiquement à Alger que leurs devanciers ont libérée et qu’ils croyaient être la capitale de leur pays, Ali Benflis a fait une adresse à la télévision d’état pour s’enorgueillir et remercier les Algérois d’avoir vaillamment défendu leur ville contre « l’invasion des Kabyles ».

Récit

« Ali Benflis paraît au soir de ce 14 juin 2001 sur l’unique chaîne de la télévision algérienne le visage grave. Sa tristesse est indescriptible. Même durant les années noires du terrorisme aucun responsable algérien n’avait exprimé autant de mélancolie. Le chef du gouvernement, dans un discours à l’hitlérienne, avait qualifié les manifestants pacifiques Kabyles de “terroristes”. Il a immédiatement annoncé l’interdiction définitive de toute sorte de manifestation à travers tout le territoire de la wilaya d’Alger, en remerciant les délinquants qui ont sauvagement agressé et pillé les commerces de certains quartiers d’Alger. Une décision prise à la hâte et sans aucune consultation, comme si Ali Benflis n’attendait que la moindre occasion pour interdire aux démocrates de s’exprimer.

En tant que Premier ministre, il avait une responsabilité directe sur le cours des événements ; car outre les forces de répression que sont la police et la gendarmerie, il a fait libérer des prisonniers condamnés pour de graves crimes afin de prêter main forte dans le lynchage de manifestants pacifiques.
Mais il n’est pas le seul, bien sûr, qui porte cette responsabilité : il y a Bouteflika en tant que président de la République et ministre de la Défense, Yazid Zerhouni en tant que ministre de l’Intérieur, Ahmed Ouyahia en tant que ministre de la Justice. Tous confortés par le silence complice du gouvernement en entier et de l’indifférence des citoyens des autres régions et même celle des représentants de la pseudo-société civile qui se mobilisent à l’envi quand il s’agit de la Palestine.

18 ans ont passé. La gabegie, l’autoritarisme et le racisme antikabyle dont Ali Benflis a été un des artisans les plus zélés a fini par forger, enfin, une vraie société civile aux quatre coins du pays qui refuse la stigmatisation et l’ostracisme de la Kabylie.

Aujourd’hui, comme si de rien n’était, il se présente en démocrate patenté et propose « un programme d’urgence nationale » et assure que « celui-ci était dans la “droite ligne des revendications de la révolution pacifique et démocratique”. Il argue aussi que « sa candidature vise à obtenir une rupture radicale avec l’ancien régime et à l’avènement d’un nouveau système politique ».

Celui qui a claquemuré la capitale du pays à toute expression démocratique durant près de 2 décades ; qui n’a jamais eu la moindre empathie aux victimes de la cabale antikabyle de 2001 qu’il a couverte et assumée ; le revoilà en frais émolu et tout innocent pour affirmer qu’il se présente « par devoir national » pour offrir « un serment pour l’Algérie ».

Sur la tragédie du Printemps noir de Kabylie qui a causé la mort de 128 citoyens et quelques milliers de blessés et d’éclopés, tous innocents, il explique, 18 ans après, dans un élan de faux remords mais avec beaucoup de cynisme :

« J’ai pris mes responsabilités et agi dans le sens du règlement de la crise.
« J’ai demandé au Président de prendre ses responsabilités en limogeant quelques responsables, à leur tête le ministre de l’Intérieur de l’époque Yazid Zerhouni ». Il ajoute que le président (Bouteflika) s’est dérobé de ses engagements. « Le Président m’a promis de prendre cette décision (de limoger les responsables, NDLR) et n’a pas tenu sa promesse ».
Ali Benflis conclut sur les raisons qui l’ont poussé à rester à son poste. « À cette époque, j’ai pensé à démissionner, mais je ne pouvais le faire pour que ça ne soit pas interprété comme une fuite devant les responsabilités. J’ai tout fait pour trouver des solutions et calmer les esprits, ce que j’ai réussi en partie »..

Autre fait antidémocratique de M. Benflis : il a été, en 1987, membre fondateur de la Ligue algérienne des Droits de l’Homme initiée par l’ancien ministre de l’Intérieur Khédiri et le général Larbi Belkhir pour contrer la ligue algérienne pour la défense des Droits de l’Homme fondée en 1985 et présidée par Me Ali Yahia Abdenour.

Rappelons que Benflis a été magistrat, avocat, bâtonnier, ministre de la Justice et a dirigé 3 fois le gouvernement.

Avec un tel parcours, qui peut penser raisonnablement que M. Benflis a viré sa cuti ?

Le comportement raciste assumé de Benflis est l’acte qui lui confère une répulsion rédhibitoire du peuple kabyle.

S’il est élu 12 décembre en tant que président de l’Algérie, ce qui est vraisemblable, il le sera non en dépit mais à cause de sa phobie de la Kabylie.

A win ur negzi, gzu !

Azru Loukad 18/12/2019

L’Annay, le drapeau amazigh

12
Annay Amazigh
Annay Amazigh

Contrairement à ce qui est avancé sur la date de conception et sa prétendue vocation d’atteinte à l’unité nationale, faudrait-il rappeler que l’annaye (le drapeau) amazigh, symbolisant trois cités géographiques fut, lors de la lutte menée contre l’envahisseur français, arboré par Cheikh Aheddadh en tant que symbole de l’unité nationale non seulement de l’Algérie mais de l’ensemble des 11 pays) amazighophones africains auxquels s’ajoute les Iles Canaries.

Quant aux drapeaux nationaux de chacun de ces douze, à l’exemple de l’Algérie, ils furent conçus pendant les dures et multiples formes de colonisation étrangère (les Iles Canaries sont toujours sous occupation espagnole).

Bien que celui-ci soit méconnu par une proportion de la population des 12 pays en tant
qu’étendard transnational, son existence n’a jamais disparue du fait que nous le retrouvons
de nos jours en tant que symbole sur les arts traditionnels, imendial et thifunarine (genres de foulards sur les bordures desquels des formes de carrés sont brodées aux couleurs, bleu – Vert – Jaune et Rouge l’annaye (drapeau) amazigh.

Nous retrouvons également ces couleurs ornant les bijoux, les bijoux, les broderie, les dentelles cousues sur les robes, etc…, notamment au Maroc et en Algérie tel que le Rif et la Kabylie ainsi que d’autres régions de ces deux pays.

Dans le conscient des habitants de ces pays, cet annaye n’a jamais été absent du fait qu’il est toujours présent sous divers formes ; d’ ailleurs de ses quatre couleurs il en en ressort deux qui sont le jaune et le rouge de divers habillements traditionnels, à l’exemple de certains endroits dont majoritairement la Kabylie en Algérie et le Rif au Maroc.

En outre, est ce un hasard, si l’incomparable chanteur Idir a porté haut la couleur jaune dans l’une de ses chansons « aya z waw Su (1) mandil awraghe » ?
(1) : le u se lit en tamazight ou

Madjid Ait Mohamed

Membre fondateur de la Ligue Algériennes pour la Défense des Droits de l’Homme

La mort programmée des études amazighes en Kabylie

12
Nouredine Bellal
Nouredine Bellal

Nouredine BELLAL dénonce une gestion aléatoire et opaque du Département de Langue et Culture Amazigh

Suite à la situation de blocage qui prévaut au sein DLCA ( département de langue et culture amazigh ) de Tuviret , monsieur Bellal Nouredine monte au créneau pour dénoncer les dépassements d’une administration clientéliste et loin de  promouvoir la science et la langue et culture amazigh. Plusieurs étudiants et enseignants ont déjà signalé cette gestion catastrophique d’un département qui favorise la quantité sur la qualité.

Aujourd’hui, monsieur Bellal Nouredine, enseignant/chercheur et maître assistant catégorie A, a osé de franchir la barrière de la peur dénonçant dans sa déclaration  une administration soumise à ses instincts primaires tout en s’éloignant  de la raison et de la sérénité dans le travail.

Et voici en intégralité sa déclaration :

Déclaration personnelle

Plus de deux mois que le DLCA de Bouira vit un climat de tension qui risque de dégénérer à tout moment.  La morosité est tellement suffocante et insupportable en son sein ;  suite à la situation de blocage qui prévaut depuis le dernier conseil de discipline en date de 22/09/2019. Un bras de fer était engagé entre  étudiants et l’administration pour l’annulation des décisions et dudit conseil.


Cette situation est plus que scandaleuse, elle nous renseigne malheureusement à quel point les taches pédagogiques sont difficiles à exercer et de quel type de gestion est appliquée à notre institution par certains de nos responsables qui sont défaillants dans leur mission. Une gestion jugée aléatoire et méprisante , entachée d’arbitraire et d’opacité. En corollaire, elle a généré  de la méfiance et de la violence dans un milieu sensé être un espace d’échange de savoir et de débat scientifique, rendant ainsi plus pénible l’activité pédagogique et la recherche scientifique dans son espace vital et favorise la loi de la force et le déraisonnable au détriment de la raison et de la sagesse.

Je tiens à dénoncer par la présente déclaration cette volonté délibérément affichée pour la mise en faillite de notre département, et par-delà, la mort programmée des études amazighes à Bouira. Également, je condamne fermement toute forme d’instrumentalisation de ce conflit pour des fins personnelles et extra-objectives à la pédagogie. Comme,  je déplore, aussi, le fait que cette situation  a trouvé écho  dans les conflits internes existants antérieurement à cette crise et des susceptibilités personnelles qui ne  font pas avancer l’intérêt général. 

Par ailleurs, cette situation m’interpelle à plusieurs titres en lançant un appel solennel   à notre communauté pédagogique  afin d’agir dans les plus brefs délais pour mettre un terme à ce calvaire qui a trop duré,  de briser le silence, de sortir de son attitude expectative et indifférente, car la situation est plus qu’alarmante. Nous devons mettre terme à la discrimination dont nous sommes victimes et la politique de diabolisation qui frappe notre département. Nous devons dire non aux solutions à sens unique et  faire face à la culture de clan et de tribalisme et à toute forme de pensée et pratique rétrograde. Nous devons dire : non à la clochardisation et à la perversion de notre département! Nul n’est au dessus des lois! Égalité pour toutes et tous!

Déclaration Signée par:  Bellal Nouredine, enseignant/chercheur et maître assistant catégorie A.

Amar BENHAMOUCHE

L’impact de la parole des musiques de Lounis Aït Menguellet

11
Aït Menguellet
Aït Menguellet

La tête grisonnante, le regard sombre, il s’ajuste une dernière fois avant de commencer. Il règle le son, accorde les fils de sa guitare. Dans la salle, les voix sont étouffées, le public est hors temps, hors contrainte. Avec en toile de fond, un personnage archangélique. L’Algérie d’en bas continue de baver, de crever et de l’écouter.

Sublimation de la misère, encensement de la résignation, pouvoir de convaincre de répondre aux abus par le pardon…La foule est en délire et des voix montantes accompagnent celle plus bourrue du chanteur. «Si tu veux être un plus, il faut apprendre à être un moins.» Ait Menguellet assume le côté saint que beaucoup lui prête.

– Va, va chercher ton bonheur. Reconquiers ton droit à vivre dignement…

Nos viscères sont déjà à l’étroit dans nos cages thoraciques. Les plus vieux pleurent…
Il m’a nourrie toute ma vie, Ait Menguellet. Il a fait ma personnalité. Mon humanité. Il a cultivé ma tolérance. Contre les élans extrêmes et violents de mon cœur, ses mots se dressaient tels des remparts en béton. Des garde-fous contre le vide de mon âme. Lorsque le soleil décline et plonge subitement, laissant le noir prendre place, ses mots sont là, force psychologique garantie. Ils ont du génie, ses mots. Ils ont du baume contre tout sentiment de désespoir, contre toute naïve tentation de dérapage. Opium du pauvre, ses mots. Opium des ratés et des désespérés.

Ils n’amusent pas ses mots. Ils ne sont pas divertissements. Ils sont réflexion, observation, exaltation.

Et j’ai mis des plombes pour les comprendre.

Aujourd’hui, je lui en veux un peu à Ait Menguellet. Pour ses paroles de pieux. Pour son détachement et ses attachements pluriels. Pour m’être identifiée à ce qu’il chantait. Pour m’être oubliée dans la culture de la vertu. Pour avoir appris à perdre avec le sourire Pour le stoïcisme qu’il prêchait…

Ses mots trichent à trop vouloir gagner du sens. Dans ses poèmes, il y a des fleurs en papier, de l’espoir volatile. L’amour flirte avec la trahison. La fraternité flétrit vite et pardonner n’est pas toujours aimer.

Ait Menguelet raconte l’amitié, le respect, le partage, la reconnaissance et la peur…La peur de la vie, de la mort, de l’obscurantisme, de soi-même et de sa finitude.

Il y a la vieillesse…Le vieillissement…avait-il dit, sans trop s’expliquer, à une journaliste qui l’interviewait récemment.

C’est un mensonge de prétendre qu’on n’a jamais baissé le regard devant le reflet que nous renvoie le miroir.

L’immense originalité de Ait Menguellet, il la doit à sa maîtrise de procédés de langue qui créent un effet de sens et de sonorité…

Je nage en pleine confusion. Comme vous peut-être.

Ait Menguellet est surtout un poète au verbe facile, à la rime riche maniant avec aisance toutes les figures de style. Lyrique ou engagée, sa poésie ne laisse jamais indifférent.

Katia BOUAZIZ, 03/11/2019

Concert à Paris de Lounis Aït Menguellet – Photographie Katia Bouaziz

Le premier orphelinat de Kabylie

8
Orphelinat Kabylie
Orphelinat Kabylie

Le premier orphelinat de Kabylie, un établissement social construit entre 1883 et 1884 à Fort National ( Laariche) par l’empire colonial Français où F’tma Ath Manmsour surnommée la ” fille du Malheur” avait obtenu son certificat d’étude primaire en 1889 avant d’être envoyée à l’hôpital des Sœurs blanches de Michelet pour une formation d’aide soignante.

Pour rappel cette grande dame avait souffert de douleur parce que elle était de confession chrétienne durant toute sa jeunesse dans une société archaïque, tribale et patriarcale jadis.

Elle n’est autre que la mère du grand mathématicien, philosophe, écrivain, journaliste, homme politique, député de l’Isère et conseiller du général de Gaulle, Jean Mouhoub Amrouche et de Marie Louise (Taoas) poétesse, écrivaine, féministe, militante aguerrie de la cause identitaire amazigh et épouse du grand artiste peintre André Bourdil et mère de l’animatrice vedette de la chaîné TF1 Laurence Bourdil.

Ces deux personnages militants nationalistes et intellectuels hors pairs qui ont tant aimés la Kabylie leur terre natale et leur pays l’Algérie sont exclus des manuels scolaires de l’école sinistrée algérienne.

Aujourd’hui, tous les vestiges, monuments patrimoniales, cathédrales, chapelles, musées, écoles de la vielle ville, les anciens bâtiments, les espaces verts, l’arboriculture, les sites historiques et autres produits du terroirs ancestraux typiquement de la région des At Iraten ont été détruis, démolis, saccagés et mis hors d’état de nuire par les falsificateurs, fossoyeurs de l’histoire et destructeurs civilisationnels.

Que du tristesse désormais en Kabylie. L’histoire et l’identité de la Kabylie sont en jachère. L’obscurantisme, l’idéologie mortifère et la politique de la terre brûlée ont pris le dessus sur la lumière et le progrès.

Mouloud A.

Fadhma Amerouche
Fashma Amerouche

Entretien avec Madjid BOUMEKLA : « mon livre est avant tout destiné aux Franco-berbères »

10

Madjid BOUMEKLA vient de publier son premier livre « Berbérité entre amalgame et manip » aux éditions Spinelle où il retrace au travers de son expérience de militant les assimilations insidieuses, les vicissitudes que subissent les Kabyles et les Amazighs tant en France qu’en Algérie. Kabyle.com l’a rencontré à Paris où il nous explique les raisons qui l’ont poussé à vouloir rétablir quelques vérités historiques.

Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à écrire ce livre ?

Madjid BOUMEKLA : Hormis quelques intellectuels et universitaires qui se donnent la peine de lire des livres, le reste de nos compatriotes parmi ceux ayant des capacités de lecture ne le font pas. Je me dis un article est vite lu qu’un livre. C’était l’une des raisons qui m’ont poussé à préférer écrire des articles. Il y a aussi le besoin et le plaisir de transmettre mon expérience de militance. Mes domaines de prédilection sont ceux de la culture berbéro-kabyle et de la politique algérienne.

Il se produit souvent un déclic pour certaines initiatives intellectuelles pour s’ébranler. C’était le cas pour le livre que je viens de publier.

Lisant mes articles, mon ami comédien Nafa Moualek est venu me voir pour me proposer d’écrire un texte théâtral pour éventuellement le mettre en scène.

Je me suis penché sur des idées d’un texte en tenant compte des problèmes ultérieurs de mise en scène. Je me suis dit pourquoi pas ne pas écrire sur un moment de mon vécu en tant que restaurateur et les discussions, souvent politiques, que j’ai pu en avoir avec les clients. C’est ainsi que j’ai arrêté la thématique de la berbérité et celle de la kabylité, qui sont en toute évidence étroitement liées, qui me tiennent à cœur. Les deux restaurants que j’ai pu tenir, le premier dans le 12e arrondissement de Paris et le deuxième, après avoir vendu le premier, dans le 17e ont souvent servi de lieux de débats sur nos combats culturels et politiques. Ce qui a contribué à l’enrichissement de ma militance.

Pour anticiper sur les aléas du nombre important d’acteurs, qui pourront se présenter lors de la mise en scène, j’ai limité à deux le nombre dans le texte avec la touche d’égalité des sexes, un homme et une femme. Malgré les précautions prises, la mise en scène ne s’est pas réalisée faute de temps et de lieu de répétition. Mon restaurant que j’aurais pu utiliser comme lieu de répétition, je l’ai vendu pour partir à la retraite.

Le texte étant écrit, je me suis dit qu’il faudrait le publier. Chose faite.

Dans votre livre, vous avez fait un déroulé historique, pourquoi ?

J’ai fait un déroulé succincte de l’histoire de la berbérité tout en mettant en exergue son amalgame et sa manipulation par les dominateurs qui se sont succédés en Afrique du nord, et parfois même par ceux qui prétendent la défendre. Le titre « Berbérité – Entre amalgame et manip ! » est très révélateur de la situation que la Berbérité avait enduré et endure encore. C’est un livre profondément politique, il secoue certains conformismes.

Un des buts recherchés avec ce livre et sa mise en scène ultérieure, est de toucher, entre autres, les jeunes Franco-berbères pour lesquels des pans entiers de leur identité historique et de la culture de leurs parents leurs étaient falsifiés et souvent cachés.

Votre livre est à la fois un texte théâtral et une mise au point, n’est-ce pas ?

Effectivement. Un texte théâtral est vivant en le lisant. La première personne du singulier vous permet de vous y prendre au jeu.

Une mise au point dites-vous ?

Tout-à-fait ! Je le disais précédemment que la Berbérité et la Kabylité ont enduré par le passé et endurent à présent. Il revient à nous militants des deux causes intimement liées comme je viens de souligné précédemment d’apporter des éclairages et de dénoncer les opportunistes et les fossoyeurs qui empêchent la vérité d’apparaître. La situation prévalant en ce moment en Algérie avec ce que fait le pouvoir militaire à idéologie arabo-islamique à l’égard des Berbères dépasse l’entendement. Le peu d’avancées qu’on a cru acquis est remis en cause. Il faudrait qu’on soit constamment vigilant. On l’est jamais assez pour preuve en ce moment du mouvement populaire algérien, le pouvoir fait la chasse aux militants berbéristes et kabylistes. Ce qui me sidère tout autant c’est qu’en Kabylie même et dans une moindre mesure à Alger, espaces qu’on croyait acquis à la culture amazighe et la démocratie, les slogans écrits en Tamazight (Tifinagh ou caractères latins) se font de plus en plus rares. Je crois que la peur a pris le dessus sur la prise de conscience !

La thématique du texte relate un dialogue entre un serveur et une cliente dans un restaurant de couscous à Paris, voulez-vous mettre en valeur la cuisine berbère ou voulez-vous plutôt faire passer un message particulier ?

Mettre en valeur la cuisine berbère, pas particulièrement ! Plutôt révéler l’identité du couscous, oui !

La cuisine berbère, je dirai la gastronomie berbère ne se limite pas seulement au couscous bien qu’il y occupe une place prépondérante. Il y a effectivement beaucoup de plats à base du mets de couscous : différentes sortes de couscous avec sauce, les Maqfoul aux différents légumes frais et les Mesfouf avec des légumes secs. Il y a aussi la grande variété de Tagines, de Dolmas et autres plats.

En revanche j’ai relaté l’origine du couscous et j’ai dénoncé les tentatives des fossoyeurs de l’inscrire en tant que plat arabe dans le patrimoine immatériel de l’UNESCO.

Hormis la raison du choix de restaurant relatée au début de l’interview, il y a aussi celle de tordre le coup aux dictons « Les discussions de comptoir » ou « Les conversations du café du commerce ». Et dire que de grandes idées changeant le monde ont émergé des cafés-restaurants !

En plus d’espaces de débats, mes restaurants étaient ouverts pour des réunions d’associations et de fêtes. J’étais le premier à fêter Yennayer dans un restaurant, en France. Le premier diner du nouvel an amazigh je l’ai organisé en 1985 et depuis je le renouvelais chaque année jusqu’en 2013, l’année où j’ai définitivement cessé l’activité. Une anecdote ! Lors du diner du nouvel an amazigh en 1985, Mohend U yahia, paix à son âme, trésorier de l’association culturelle Tilelli dont j’étais un des membres fondateurs, appelle mon frère Nacer, de passage à Paris, qui m’aidait dans le service, de dire au cuisinier de lui préparer une botte d’herbes (Akantu n lehcic). Mon frère ne comprenant rien vient m’informer. J’ai pouffé de rire et je lui ai expliqué que Mohia était végétarien.

Sans prétention aucune, je peux me permettre d’affirmer que sans ma ténacité à célébrer régulièrement Yennayer dans mes restaurants pour lui donner de la visibilité publique, il n’aurait pas eu la dimension qu’il connait aujourd’hui au point de devenir un repère identitaire fondamental de nos peuples amazighs.

Encore une anecdote. Certains amis me disent que lorsqu’ils entendent Yennayer je leurs vient automatiquement à l’esprit. C’est une sorte de reconnaissance, merci à eux.

Le titre de votre ouvrage, est pertinent, n’est-ce pas?

Exact. Il convient parfaitement à la situation que nous vivons ici en France et là-bas en Algérie.

En France, le personnel politique nous amalgame souvent, pour ne pas dire systématiquement, aux Arabes et dans une moindre mesure par les citoyens lambda aussi.

En Algérie et en Afrique du nord en général, l’amalgame et la manipulation de notre Berbérité sont inhérents à son histoire.

A présent dans la constitution algérienne, le pouvoir d’idéologie arabo-islamique veut nous faire passer la terre de nos ancêtres comme une terre arabe (Préambule de la constitution). Il a cédé à notre langue, après des années de lutte, d’avoir un statut officiel dans la loi fondamentale. Mais quel statut ? Un article spécial la reconnaissant comme langue officielle sans réellement en être une, lui est réservé. Elle demeure une langue mineure pendant que la langue arabe est toujours sur son piédestal. L’académie qui devait la prendre en main pour la développer est mise sous contrôle du Président au lieu d’être autonome, entre les mains des spécialistes comme toute académie qui se respecte. Elle doit être à l’abri de tout pouvoir politique. La nomination des responsables de cette académie en dit long, ça ne présage rien de bon pour notre langue ! Un échec certain.

J’ai retracé clairement ces deux réflexes, amalgame et manipulation, devenus une deuxième nature chez tous les colonisateurs qui ont foulé notre terre, des Romains aux Français sans oublier les Arabes qui y sont encore, tout au moins idéologiquement, même si ça dérange certains.

Dans votre ouvrage, vous parlez des anciennes croyances, n’y a-t-il pas un message indirect que vous voulez faire passer ?

Le message que je veux faire passer est plutôt direct, il est la vérité historique qui est là et qu’on ne peut pervertir. Sans sublimer la réalité je l’ai décrite telle qu’elle était.

Les Berbères sont un des peuples premiers, ils sont les autochtones de l’Afrique du nord. Jusqu’à preuve du contraire, en plus des historiens objectifs qui le rappellent, des archéologues le prouvent scientifiquement. Leur dernière découverte fixe l’Homo sapiens, le premier Homme moderne d’où nous sommes tous descendus, en Berbérie occidentale (le Maroc actuel). C’est une preuve que les Amazighs ne sont pas venus d’Orient comme veulent le faire passer certains historiens orientalistes ou certains politicards. Je le relate dans le livre.

Les hommes se constituant en société s’inventent des croyances pour l’harmonie de leur vie commune. Les premiers Berbères vivant en symbiose avec la nature étaient des animistes comme tous les peuples premiers sur terre. Ils se sont donc donné des Dieux directement liés à la nature. Les lieux saints que nous avons encore partout en Afrique du nord nous viennent du fin fond de notre culture amazighe plusieurs fois millénaires.

L’ouvrage est comme un petit guide historique, il a résumé tous les événements de la Berbèrie, n’est-ce-pas ?

Il est vrai que l’ouvrage est un concentré de pas mal d’évènements qui se sont succédé en Afrique du nord. Tant mieux si tu le perçois ainsi et j’espère que la même perception sera ressentie par tous les lecteurs, surtout par les Franco-berbères auxquels mon livre leurs est d’abord destiné.

Le projet de mise en scène que j’avais, hélas inachevé, était de présenter la pièce de théâtre devant le public français et celui des jeunes Franco-berbères.

Guide il peut l’être du moment qu’il retrace succinctement les vicissitudes qu’avait subi la Berbérité tout le long de son histoire, de l’origine à nos jours.

Avez-vous des projets d’écriture ?

Un livre didactique sur la préparation artisanale du couscous que j’ai remis à l’éditeur Achab. Celui-là, je voulais le publier en Kabylie. Je l’ai écrit avec le concours de ma femme.

Un autre en projet toujours en texte théâtral porte sur la crise berbère de 1949.

Où peut-on trouver votre livre qui vient d’être édité ?

Aussi bien à la FNAC, sur CULTURA. Pour celles et ceux qui habitent sur Paris, il est préférable d’appeler mon fils Gaïa, qui s’occupe de la vente, au numéro : 06 21 57 94 79 ou moi-même au 06 03 61 47 42.

Pour conclure, un mot pour nos chères lectrices et lecteurs ?

Toute ma gratitude à toi Mokrane qui t’es donné de la peine pour cette interview, au site de Kabyle.com toujours ouvert à mes propos et aux lectrices et lecteurs dont je fais partie.

Entretien réalisé par Mokrane NEDDAF

Madjid Boumekla
Madjid Boumekla

Brève biographie de sa militance

Madjid BOUMEKLA est un militant berbériste de la première heure. Grandissant auprès d’un père déjà sensibilisé à la lutte politique pour l’indépendance algérienne et la cause amazighe auprès de Laïméche Ali, Il prit conscience de son identité amazighe très jeune. Cette conscience acquise dès le collège, il a pu la développer au lycée auprès de ses ainés en recevant des bulletins et revues d’associations culturelles amazighes d’Alger et de l’académie berbère installée en France.

Agé à peine de 20 ans, il a été arrêté par la police de Larbaa Nat Iraten, en Kabylie, en 1975, juste après les événements de la fête des cerises. Il a purgé 6 mois de prison ferme et 2 ans avec sursis, il a été aussi pénalisé d’une grosse amende pécuniaire. Il était jugé sous le chef d’inculpation d’atteinte à l’intégrité du territoire national.

Etudiant à Alger, à l’Institut de planification et des statiques de Ben Aknoun, Madjid participe, en 1980, à toutes les marches de soutien au Printemps berbère organisées dans la capitale. Arrivé en France, en Octobre de la même année, il s’inscrit à la Sorbonne avec laquelle il a eu son diplôme de DESS (Diplôme d’Etudes Supérieures Spécialisées) en économie des ressources humaines.

Il rejoint le FFS (Front des Forces Socialistes) où il a côtoyé Hocine Ait Ahmed, Si Lhafidh (Abdelhafidh Yaha), Ali Mécili, El Hachemi Ait Djoudi que leurs âmes reposent en paix et bien d’autres personnalités politiques démocrates. Il le quitte en 1995, suite à la rencontre de Saint Egidio qu’il qualifie de rendez-vous de contre-nature.

Depuis, il continue son combat auprès des associations de villages des Kabyles en France. Il fut l’un des initiateurs de leur fédéralisation. Il s’engage activement dans la solidarité avec la Kabylie lors des évènements du Printemps noir (organisation de collectes d’argent, de médicaments, de marches, de rassemblements, communication de l’information, …)

En 2013 avec des amis, ils initièrent une pétition signée par des milliers de personnes pour la reconnaissance officielle de la langue amazighe dans la constitution algérienne.

Il participe à la rédaction d’un texte, paru publiquement le 7 décembre 2014, appelant à un statut particulier de la Kabylie dans la constitution algérienne.

Il participe à la fondation du R.P.K. (Rassemblement Pour la Kabylie) qu’il quitte pour des raisons d’alliances stratégiques.

Il a publié des articles culturels et politiques sur la Berbérité et la Kabylité. Il continue son combat en participant aux émissions de télévision, de radio et aux conférences-débat, colloques qu’il organise lui-même parfois.

Berbérité. Entre amalgame et manip !

Une « Allée de la Kabylie» en Amérique du Nord

7
Une allée de la Kabylie en Amérique du Nord
Une allée de la Kabylie en Amérique du Nord

Depuis ce matin, l’ « Allée de la Kabylie » existe désormais en Amérique du Nord ! En cette belle journée ensoleillée, les nombreux enfants venus jouer au Parc Bernard Landry, ne savaient peut-être pas qu’ils étaient en train de vivre un événement historique. En effet, Laval est désormais la première ville en Amérique du Nord à dédier un nom à la Kabylie.

Une allée du Parc Bernard-Landry, anciennement Parc des Prairies, portera désormais le nom d’« Allée de la Kabylie ». Pour Sandra Desmeules, membre du Conseil municipal de la Ville de Laval, chargée de ce dossier qu’elle a mené à terme, quoi de plus fédérateur que de voir une allée longue de presque 2 kilomètres, située non loin de la station de métro Cartier, porter le nom d’une population qui active depuis longtemps pour le bien-être de la ville de Laval.

Un peu, comme l’ont fait plusieurs villes de France dont Paris, Laval a désormais inscrit la Kabylie dans son registre toponymique pour souligner l’attachement que porte la troisième ville la plus peuplée au Québec derrière Montréal et Québec, a cette région nord-africaine.

Voilà 5 ans, en 2014, des membres de l’association Amitié Québec-Kabylie avaient commencé à réfléchir à la façon concrète de sceller cette amitié liant la Kabylie au Québec. Qu’a cela ne tienne, quelques mois plus plus tard, un dossier officiel était déposée à la Ville de Laval pour qu’une allée, un lieu, une rue ou un parc puisse porter le nom de la Kabylie.

« il faut être Kabyle pour bien comprendre le Québec lorsqu’on vient d’ailleurs »

Bernard Landry Ancien Premier Ministre du Québec

Pour Rachid Bandou, le président du conseil d’administration de l’association Amitié Québec-Kabylie, qui a porté bras le corps ce projet, par ce geste, Laval honore ce territoire ancestral nord-africain ayant joué un grand rôle dans l’histoire de l’Afrique du Nord et du bassin méditerranéen. Il faut dire aussi, que le choix de l’endroit où est située cette allée est hautement significatif, puisqu’il s’agit du Parc Bernard Landry, du nom de l’ancien premier ministre du Québec, décédé le 6 novembre 2018, à l’âge de 81 ans. Ce grand homme d’état, était aussi un grand ami de la Kabylie. D’ailleurs, lors d’un événement public auquel il était convié, il avait dit : « il faut être Kabyle pour bien comprendre le Québec lorsqu’on vient d’ailleurs ».

Depuis ce matin, c’est donc chose faite, grâce au travail de plusieurs bonnes âmes dont : Marc Demers, maire de la ville de Laval. Sandra Desmeules, membre du Conseil municipal de la Ville de Laval, Yannick Langlois et Ray Khalil également membres du Conseil municipal. Le Comité de toponymie de la Ville de Laval. Le Centre Amazigh de Montréal et bien sur l’association Amitié Québec-Kabylie.

Djaffar KACI

Uccen d umeksa n Zayen, une bande dessinée en tamazight

3

L’œuvre contient plus d’une vingtaine de pages parfaitement illustrées et un CD est disponible depuis le 10 Octobre en vente en France et en Algérie.

Une Bande Dessinée en Tamazight intitulée Uccen d umeksa n Zayen (Le chacal et le berger) illustrée par Kamel Bentaha d’après la chanson de Zayen..

L’œuvre est destinée à tout public, Adultes et enfants éditée par Asirem Edition.

Ce travail est le fruit d’une collaboration inédite entre deux artistes, le chanteur Zayen l’auteur compositeur de la chanson et le dessinateur bédéiste Kamel Bentaha. La distribution la BD inclura dans chaque exemplaire un CD de l’album Uccen d Umeksa de Zayen .

La conjoncture actuelle du pays ne doit en aucun cas justifier la mise en veille de notre culture, notre retard dans ce domaine est tellement immense que les artistes tout comme les hommes et femmes de culture ne doivent cesser de créer et de produire même dans un contexte politique et social difficile.

La Rédaction.

Météo Kabylie

Akbou
peu nuageux
17 ° C
17 °
17 °
72 %
1kmh
20 %
lun
22 °
mar
22 °
mer
22 °
jeu
23 °
ven
23 °