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La mafia du foncier à Bgayet

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Mafia du foncier

Le Parc National de Gouraya est menacé par la mafia du foncier – Le parc national de Gouraya à Bgayet est un paradis sur terre avec tout ce qu’il abrite de faune et de flore. Le parc est aujourd’hui menacé par la mafia du foncier.

Cette dernière participe à la déforestation du parc, squatte des terrains boisés en vue de construire des biens immobiliers. Le monde associatif et la population locale tirent la sonnette d’alarme en alertant les autorités locales pour intervenir et mettre fin à ce drame écologique.

À plusieurs reprises, le monde associatif et la population de Bgayet ont fait preuve de prise de conscience écologique en bloquant des projets portant atteinte au patrimoine matériel et immatériel de la région.

La lutte écologique est aussi une lutte de classes entre ceux qui détiennent les moyens de production et ceux qui n’ont rien , entre ceux qui conjugue la vie avec l’avoir et ceux qui la conjugue avec l’être. Protégeons la nature ! Protégeons l’écosystème , pas le système !

Amar BENHAMOUCHE

Toute la Kabylie est baptisée Matoub

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Stade Lounès Matoub

Les islamistes et le régime algérien profitent de la mort de l’ancien président de la Jeunesse Sportive de Kabylie, Mohand Chérif Hanachi, décédé ce 13 novembre 2020, pour débaptiser le nouveau stade de la JSK qui devrait porter le nom de Matoub Lounès.

Lounes ! Tu nous regardes, ce soir, avec consternation et tristesse. Tu regardes ces milliers de couillons Kabyles tombés dans un piège tendu par des fripons serviteurs du régime militaro-bourgeois algérien qui tentent inlassablement de débaptiser le nouveau stade de Tizi-Ouzou.

Après un combat de longue haleine, toute la Kabylie s’est mise d’accord pour que le nouveau stade porte ton nom. Ton nom est intrinsèquement lié à ce club et son combat qui dépasse son nombre de titres ou sa dimension sportive. La symbolique que porte ton nom est aussi liée à la lutte, à la farouche résistance de cette région réfractaire contre un régime totalitaire.

Pour certains vassaux, la liberté est un bridon ou un mirage. Humainement, je présente toutes mes condoléances à la famille du défunt Mohand Cherif Hanachi à qui je reconnais sa contribution au triomphe du club.

Mais ça ne m’empêche pas de lui reprocher la décadence du club, le plus malheureux étant sa connivence avec ceux qui ont assassiné 128 jeunes, durant le Printemps noir de Kabylie.

Matoub, tu es notre père et frère ! Toute la Kabylie est , aujourd’hui, baptisée Matoub Lounes.

Amar BENHAMOUCHE

Idir, le ménestrel éternel

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Idir portrait

Je tiens à rendre un ardent et vibrant hommage à la figure de proue et emblématique de la chanson berbère qu’était Idir. L’Hamid Cheriet, né le 25 octobre 1949 à Aït L’Hacène, Ath-Yenni près de Tizi-ouzou (Kabylie) nous a quitté cette année 2020, le samedi 2 mai à Paris dans un contexte sanitaire et communautaire inqualifiable. 

Idir qui vivait loin de son pays kabyle a trouvé la voie de la chanson, nourri par les traditions et les mystères de la culture amazighe. C’est dans les années 70, alors qu’il étudiait en géologie et se destinait à une carrière dans l’industrie pétrolière algérienne qu’il est amené a changer de trajectoire et décide de s’investir dans la chanson.

Au printemps 1973, cheveux bouclés qui tombent sur les épaules et lunettes carrées, le jeune chanteur en herbe, «débarque» lors d’une émission de radio dit «Alger» en remplacement de la Diva Nouara qui était alors malade. 
C’est lors de cette émission de radio, portant un jean pattes d’éléphant et un burnous, qu’Idir se lance accompagné de sa guitare. 

Il chante pour la première fois sur les ondes une chanson intitulée «A vava inouva» (mon petit papa à moi) inspirée par le conte le Chêne de l’Ogre de Taos Amerouche, écrite par Ben Mohammed, qui devient un tube monumental. Cette chanson en duo accompagnée de plusieurs voix féminines va le propulser. Elle est considérée comme le plus grand tube venu directement d’Afrique du Nord.

Pour la toute première fois une musique en langue kabyle devient un tube planétaire. Elle sera traduite en quinze langues et diffusée dans 77 pays. L’arabisation forcée de Boumédiène et de ses successeurs en prend un sacré coup.

Idir deviendra bientôt l’une des grandes figures de l’identité amazighe, largement diffusé par les médias nationaux sans aucune entrave jusqu’à la chanson Muqlegh (J’ai observé).

Cette chanson a valu à Idir d’être totalement censuré. Il y évoque alors le nom du roi amazigh, l’aguellid Jurgurtha banni de l’histoire officielle.

Muqleγ tamurt Umaziγ

Yugurten walaγ uḍmik

J’ai observé le pays d’Amazigh

J’y ai vu ton visage

Contraint à l’exil en France, sa popularité ne cesse de croître pour autant. Il est déjà devenu un artiste planétaire, constamment en tournée à travers le monde, défenseur de l’identité culturelle amazighe au travers de ses prises de parole, de ses concerts. C’est ce qui compte pour nous, car il représente pour toujours l’affirmation, l’affermissement et l’étendard de l’identité amazighe, le retour à des sources, à des racines ancrées très profondément dans l’histoire de Tamazgha. 

C’est celui qui dans la chanson kabyle, a su mêler une musique folk moderne à des mélopées authentiquement kabyles, numides, parvenues depuis le tréfonds des âges. Idir ne brassait pas seulement les genres musicaux, il créait aussi des passerelles entre cultures, générations et identités… 

Il était devenu aussi un point de rencontre entre générations entre le Nord de l’Afrique et tout le pourtour méditerranéen, un vrai humaniste.

Sa production discographique bien que modeste a néanmoins beaucoup contribué au renouvellement de la chanson amazighe. Les Kabyles n’ont eu de pareille audience internationale. Il demeure avec Matoub Lounès le chanteur kabyle le plus connu du monde. Il s’est battu avec ferveur pour l’identité amazighe, valeur portée au devant par sa génération, comme Charles Aznavour pour l’Arménie. Ce sont des larmes intarissables qui émaneront de nous à chaque fois que nous évoquerons son nom.

Rachid DIRI

Pour le droit des Kabyles à prendre leur destin en main

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Drapeau Kabylie

Le Congrès Mondial Amazigh vient de rendre public un communiqué de presse ce 12 novembre 2020 au travers duquel il appelle tous les acteurs de société civile à se réunir pour «bâtir durablement un avenir conforme aux aspirations profondes du peuple kabyle».

Pour la deuxième fois en moins d’une année, les Kabyles ont refusé à la quasi-unanimité, de participer à un vote organisé par le gouvernement algérien. La première fois, ce fut lors de «l’élection présidentielle» algérienne le 12 décembre 2019 et la seconde fois, c’était le 1er novembre dernier pour le référendum concernant la révision de la Constitution. A chaque fois, le taux de participation en territoire kabyle était quasiment nul.

Ce rejet des scrutins algériens par les Kabyles est une forme de désobéissance civile massive qui marque la volonté de rupture totale des Kabyles avec le système algérien fondé sur l’idéologie arabonationaliste et islamiste, la marginalisation de l’amazighité, le racisme anti-amazigh, la corruption, les injustices et la répression.

Au moment où le régime algérien promet une «nouvelle Algérie», dans la pratique, il menace les défenseurs des droits des Amazighs, il marginalise Tamazight sous le prétexte des restrictions imposées par le covid-19, il met en prison tous ceux et celles qui expriment une opinion discordante, il destitue des élus locaux notamment en Kabylie lorsqu’ils refusent de se soumettre à sa feuille de route, etc.

Faisant le constat de l’incompatibilité entre les projets de société algérien et kabyle, le Congrès Mondial Amazigh (CMA) avait adressé au mois de mai dernier, une lettre au chef de l’Etat algérien, M. Tebboune, pour l’inviter à ouvrir un «dialogue serein et sincère» avec les représentants de la Kabylie, mais sans réponse de sa part à ce jour.

Aujourd’hui, après ce deuxième zéro vote historique en Kabylie, il n’est ni logique, ni raisonnable d’attendre des solutions d’un gouvernement considéré comme illégitime et que le peuple rejette. En conséquence et plus que jamais, il appartient aux Kabyles et à eux seuls, de réfléchir et de se concerter dans le but de concevoir des réponses constructives capables de faire face au défi de la
survie du peuple kabyle et de son identité socioculturelle.

Aussi et malgré le contexte actuel très difficile, lié d’une part à la pandémie du coronavirus et d’autre part au climat de terreur que cherche à instaurer les autorités algériennes, le CMA appelle tout ce que la Kabylie compte d’acteurs de la société civile, à se réunir d’une manière ou d’une autre, dans le respect des normes sanitaires, pour débattre et élaborer les modalités institutionnelles et pratiques pour bâtir durablement un avenir conforme aux aspirations profondes du peuple kabyle.

Le CMA est naturellement disposé à apporter sa contribution au programme et à l’organisation logistique de cette initiative.

Il est utile de rappeler que cette démarche est pleinement conforme au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes tel que mentionné notamment dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et la Charte africaine des
droits de l’homme et des peuples.

Il nous parait également très important de réaffirmer que le droit des Kabyles de prendre leur destin collectif en main ne s’inscrit aucunement dans un esprit d’hostilité à l’égard de l’Algérie. Au contraire, il vise ultimement à instaurer la paix et l’amitié entre les peuples et à restaurer leur prospérité dans cette région.

Paris, 1/11/2970 – 12/11/2020
Le Bureau du CMA

Bgayet : les habitants d’Iheddahen contre la construction d’une mosquée

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Photographie Sabi Tou

La Kabylie continue de résister admirablement à l’hydre islamiste. Cette fois, c’est à Bgayet, capitale des Hamadites, bastion du rayonnement scientifique et culturel, que l’islamisme a été mis en échec dans l’un de ses projets d’expansion en Kabylie.

Les habitants d’Iheddaden Oufella, à Bgayet, ont donné un coup de frein au projet sordide d’islamisation de la Kabylie en s’opposant au squat d’un terrain par des islamistes.
Plusieurs dizaines d’habitants de ce quartier populeux de Bgayet ont exprimé leur rejet de projet islamiste qui risque, selon eux, de drainer des barbus des autres wilayas.
En effet, la population d’Iheddaden Oufella s’est dressée comme un seul homme contre le projet de construction d’une mosquée et d’une école coranique sur un terrain destiné à accueillir d’autres infrastructures d’intérêt public tels qu’une salle omnisports, une antenne postale etc.

Soucieux de l’avenir de leurs enfants, en proie aux fléaux en tous genres, les habitants d’Iheddaden viennent de prouver que la résistance au danger  islamiste est possible, tout en battant en brèche l’argument cher aux barbus que toute attaque contre leur entreprise funeste est une attaque contre la religion.

La menace intégriste est une réalité concrète.  L’islamisme est l’allié objectif du régime militaro-bourgeois. L’islamisme c’est l’ennemi de la culture, du progrès,  de la femme émancipée, du travailleur, du syndicaliste , et l’ennemie même de l’écosystème.
La longue marche pour l’affranchissement du joug islamiste et de toute tutelle se fait à travers la mobilisation populaire et l’autogestion: que se  soit dans les villages , que se soit dans les quartiers , que se soit dans les usines , que se soit dans universités, etc. Aucune parcelle ne pourra être céder à l’islamisme. Jugulons l’évolution  de cette maladie incurable ! Seule notre prise de conscience peut être un remède contre le virus de l’islamisme.

Amar BENHAMOUCHE

La Kabylie est proche de son indépendance !

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Le vote en Kabylie

C’est pour la première fois dans toute l’histoire de l’Algérie et même dans l’histoire de l’Afrique du Nord, que la seule région où toute la population comme un seul homme a refusé le vote de la nouvelle constitution. La population kabyle, avec sagesse et courage, a mis le régime dictateur et raciste au pied du mur!

La nouvelle génération, ne cherche pas de nouvelles lois, elle cherche et désire profondément se prendre en charge elle-même. Elle en a marre de se pouvoir avec son lot de mensonges sur mensonges et sans parler de sa politique désastreuse depuis plus d’un demi-siècle. Les jeunes ont perdu l’espoir en l’Algérie, d’ailleurs, ils préfèrent mourir en traversant la mer Méditerranée que de rester en Algérie, le pays qui n’a aucune perspective.

Avec cette démonstration exemplaire, et au niveau de toute la Kabylie, le régime algérien n’a aucun pouvoir. La situation est au rendez-vous pour toutes les forces politiques kabyles de se rassembler et de décider une bonne fois pour toutes, afin de développer la Kabylie sur tous les plans et redonner espoir à la nouvelle génération.

Mokrane NEDDAF

Décès de Nna Aldjia, la mère de Lounès Matoub

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Nna Aldjia

La mère de Lounès Matoub, que tout le monde appelle affectueusement Nna Aldjia, vient de nous quitter à l’âge de 89 ans.
Le Congrès Mondial Amazigh salue la mémoire de Nna Aldjia et exprime ses condoléances les plus sincères à sa famille, à toutes celles et ceux qui l’ont aimée et à tous les Hommes Libres.

Nna Aldjia partageait avec son fils l’amour de Tamazight et l’esprit libre et révolutionnaire. Comme lui, elle était rebelle, elle aimait sa Kabylie et n’admettait pas les injustices. Elle était très proche de son fils qu’elle encourageait en assistant à ses concerts. Aux côtés de Lounès, elle est souvent montée sur scène pour émouvoir le public avec un acewwiq, cette poésie populaire chantée à capella dans la plus pure tradition kabyle.

Après l’assassinat de Lounès Matoub, elle n’a jamais cessé de réclamer la vérité sur les circonstances exactes de la mort de son fils, en vain. Les autorités algériennes n’ont jamais accepté qu’une enquête indépendante puisse être menée pour établir les faits.

Finalement, Nna Aldjia est morte sans savoir qui a tué son fils ce 25 juin 1998 à Tala-Bunan, sur la route qui mène à Tawrirt Mussa, le village de la famille Matoub, en Kabylie.

A ce jour on ne sait qui, des islamistes ou les services algériens, a tué le chanteur et défenseur de la langue et de la culture amazighes.

De manière tout à fait naturelle, Nna Aldjia incarnait la personnalité et les convictions profondes de son fils. C’est pourquoi les millions d’admirateurs du chanteur manifestaient autant d’attachement et de respect à la mère de Lounès Matoub.


Sgunfu deg talwit a nna aljia
Sgunfu deg talwit a Nna Aldjia.
Repose en paix Nna Aldjia.
Paris, 26/10/2970 – 7/11/2020

Les coprésidents du Congrès Mondial Amazigh
Kamira Nait Sid – Khalid Zerrari

9 plaintes contre une enseignante qui a enlevé le voile islamique

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Sonia enseignante

Kabylie – Bgayet – La montée inquiétante de l’islamisme en Algérie est effrayante et ne tolère personne dans une société qui refuse toute différence. L’idéologie des “égorgeurs” constitue le substrat d’une société entièrement sous la domination de l’ordre moral et religieux. L’aliénation religieuse a créé, chez une grande partie de la population algérienne, une répugnance à tout ce qui est progressiste et subversif quant à l’ordre moral établi.

Neufs plaintes ont été déposée contre l’enseignante et militante féministe Sonia Mahoui pour le simple motif qu’elle a ôté son voile islamique et sa venue au centre d’examens de la commune de Sidi Aïch, département de Bgayet, avec une tenue jugée indécente. 

En effet , tout remonte au mois de septembre 2020 lorsque Sonia est partie passer son baccalauréat pour pouvoir accéder une deuxième fois aux études supérieurs, sachant qu’en Algérie et au bout de trois ans le premier BAC obtenu ne pourra pas donner accessibilité aux études supérieures.

Le jour de son examen, Sonia s’est présentée avec une robe et une casquette au centre d’examen, ce qui n’a pas plu à la responsable de ce centre d’examen. La responsable s’est mise à vociférer menaçant Sonia Sonia de l’exclure du centre d’examen. Quelques temps après, trois autres enseignantes l’ont rejointe et se sont mises, elles aussi, à s’acharner sur Sonia. D’après Sonia , sa venue au centre d’examens dans cette tenue, pourtant de tout ce qu’il y a de plus normal, a suscité un mécontentement chez cette responsable et ses enseignantes.

Un mois après, Sonia se trouve avec 09 plaintes sur le dos et une pression énorme émanant de son environnement social. Sonia n’a voulu céder, elle s’est présenté au commissariat de Sidi Aich pour déposer une plainte contre une personne venue les premiers jours de la reprise de l’année scolaire au primaire où il travaille pour lui reprocher devant son directeur son comportement et sa tenue jugée indécente. En arrivant au commissariat, l’inspecteur de police du commissariat de Sidi Aich n’a accepté la plainte car d’autres plaintes, neuf plaintes en tout, étaient déposées contre l’enseignante et la candidate au baccalauréat Sonia Mahoui.

Le malheur dans tout ça est que notre société est de plus en plus intégriste et despotique. La coupable est disculpé et applaudi et l’innocent est culpabilisé et désapprouvé.

Enseignante de langue française, Sonia s’est mise à travailler avec dévouement. Elle a consacré son temps pour enseigner cette belle langue de Molière et transmettre ce qu’elle cette langue comme héritage des lumières.

Sonia a mis son génie au service de l’enseignement dans un secteur d’éducation nationale souffrant dont l’enseignant est marginalisé.

Sonia est aussi cette militante comme beaucoup d’autres femmes militantes de sa génération qui ont revigoré l’âme de ces femmes montagnardes, prisonnières des us d’une Kabylie moralisante. Aujourd’hui, des milliers de Sonia doivent envahir les rues pour scander les plus beaux des mots: liberté, égalité, révolution, etc.

Tous et toutes pour mettre un rempart à l’islamisme ! Tous et toutes des Sonia! Vivement la révolution !

Amar BENHAMOUCHE

Tebboune le nuisible a déclaré la guerre à la Kabylie

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La Kabylie exige le divorce

Tebboune et son ministre des Sports, confortés par le système colonialiste algérien, commencent à implanter des populations venues des pays du Golfe en Afrique du Nord et en particulier en Algérie.

Un sbire colonial algérien déclare que “celui qui n’est pas satisfait peut quitter le pays.”

Ce dégénéré qui ne connaît ni son origine ni son histoire est un résidu laissé par les esclaves ottomans, génocidaires du peuple arménien.

Oui, fils d’esclaves ottomans, non seulement nous les Kabyles ne sommes pas contents, mais bientôt nous ferons le nécessaire pour vous renvoyer sur le Bosphore, pays de dictateurs sanguinaires.

L’Algérie, avant l’arrivée de vos maîtres, s’appelait Tamazgha. El Djeziria signifie îles et l’Algérie est une création française.
A présent les dés sont jetés. Vous venez de nous déclarer la guerre en brûlant nos terres de vos hélicoptères, en emprisonnant nos enfants innocents.

Le mortifère Tebboune et ses mustangs prendront le chemin du retour vers votre contrée criminelle, cette fois par avion et non à dos de chameaux.

L’ère du pétrole est terminée et afin de survivre, les populations du Golfe utilisent toutes les ruses imaginables afin de s’implanter dans tous les pays de Tamazgha et bien sûr chez nous en Kabylie.

Afin d’informer tous les Tebboune : de l’empire romain à ce jour, aucun colonisateur ne s’est imposé définitivement sur les terres de Jugurtha.

Vous pratiquez le double langage sans culture ni racines. Préparez vos valises, quittez le nord de l’Afrique ou bien pour avoir une autre chance, prenez la carte de séjour kabyle payante à l’année.

L’ère coloniale aussi est terminée.

Engagez-vous dans d’autres combats si cela vous tente, mais songez à vos déroutes et “humiliations” militaires en 1967, 1973…

A présent certains pays du Golfe commencent à reconnaître Israël un par un, malgré les vôtres.

Tebboune et d’autres ont déclaré la guerre à la Kabylie ce qui creusera leurs tombes.

Ils partiront bientôt chercher d’autres cartes de séjour pour aller ailleurs après avoir pillé et ruiné Tamazgha.

Le monde entier sait que le 12 décembre, la Kabylie n’a pas voté pour vous et que vous n’êtes pas notre président.

Le premier novembre aucun Kabyle ne votera pour votre torchon de constitution comme toutes celles auxquelles vous avez participées depuis 1962.

Votre Algérie nouvelle est celle des criminels, d’une famille compromise dans la drogue, dont le but est de mettre en prison la jeunesse kabyle.

Nous vous sommons de libérer nos enfants dans les plus brefs délais.

Shamy Chemini
Artiste, écrivain

L’Islamiste, cet Amish qui a subi une mutation mortifère

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Prédicateurs salafistes en Kabylie

Les Amish sont issus de l’anabaptisme. Un schisme chrétien prônant le baptême des croyants conformément aux paroles de Jésus : « Allez par tout le monde, et prêcher l’évangile à toute créature. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; mais celui qui ne croira point sera condamné ». Se considérant descendre directement de l’Église primitive, les anabaptistes ne reconnaissent pas l’Église catholique et les autres courants religieux chrétiens ; ils refusent la soumission de la religion au prince, ne s’engagent pas dans l’armée et prônent la non-violence.

Issus de cette lignée, les Amish avaient fait l’objet de rejet et de persécutions. Ce qui les poussa à traverser l’océan atlantique, pour s’installer sur les terres d’Amérique où ils constituèrent des communautés religieuses vivant en autarcie à la marge de la société.

Un Amish passe son temps à lire et à appliquer les enseignements du Nouveau Testament. Il est convaincu qu’il est sur le chemin menant vers Dieu. Les hommes doivent laisser pousser leur barbe dès le mariage. Les femmes ne peuvent pas s’habiller comme les hommes et couvrent leur tête conformément à l’exhortation de l’apôtre Paul. Le style vestimentaire des femmes est comparable à celui du 17émé siècle.

L’Amish est un marginal rejetant le système de protection sociale. Il veut subvenir seul à ses besoins et s’interdit d’avoir recours aux innovations techniques. Au 21e siècle, il s’éclaire toujours à la bougie et a recours aux animaux pour labourer ses champs ou pour se déplacer. Il préfère envoyer ses enfants à l’école gérée par sa communauté où l’on apprend l’Anglais, mais également l’Allemand qui est sa langue maternelle.

Étant un travailleur acharné, la vie quotidienne d’un Amish exige d’importants efforts physiques. Il vit grâce à ses produits artisanaux et agricoles. Son activité physique serait dix fois plus importante que celle d’un adulte moyen en Amérique du Nord. Ainsi, il est moins victime d’obésité que la majorité d’Américains. En ce qui concerne les soins, il privilégie les médecines traditionnelles, mais, si nécessaire, il fait appel à la médecine moderne.

Tout comme l’Amish, l’islamiste est une personne dogmatique. Son style vestimentaire est particulier et n’a pas changé depuis le 7e siècle. Il appartient à un schisme de l’islam très actif surtout depuis le siècle dernier. Ses principaux maîtres penseurs sont : Ben Hanbal (9e siècle), Ben Taymiyya (13e siècle), Ben Abdelwahhab (17e siècle), Hassan El-Banna (20e siècle) et le dernier Sayyid Qutb exécuté en 1966 sous le régime du président égyptien Nasser.

Il fait une interprétation littérale du coran et veut appliquer à la lettre les dits de son prophète (les hadiths). Ce dernier prédisait que sa communauté (les musulmans) se diviserait en 73 groupes, tous iraient en enfer sauf un seul qui serait sauvé, autrement dit, selon Muhammad, 98,63 % des musulmans finiraient en enfer tout comme le reste de l’humanité n’ayant pas été convertie à l’islam. « À en croire les religions, Dieu est né rôtisseur » dixit Victor Hugo. L’intégriste musulman ferait partie bien sûr des 1,37 % des croyants qu’Allah accueillerait dans son vaste paradis.

L’islamiste est convaincu détenir la vérité absolue et les textes coraniques sont bel et bien les paroles du tout puissant. Il est l’unique religieux au monde se trouvant sur le véritable chemin menant vers Dieu. Ce Dieu auquel il est soumis en lui adressant cinq prières par jour, les genoux ainsi que le front à terre. Il récite son nom toutes les minutes afin d’implorer son pardon et ne pas subir sa colère et le feu de la géhenne ; même si, paradoxalement, cette divinité si puissante et menaçante a besoin de lui pour faire régner sa loi sur terre.

Contrairement à l’Amish, l’islamiste n’est aucunement un bisounours. Il s’agit d’une personne sectaire, brutale et sanguine. Il n’est pas capable de vivre en autarcie et on ne lui connaît pas une activité artisanale ou économique le caractérisant. Comme il n’est pas très actif, le fondamentaliste musulman ne pratiquant pas une activité sportive souffre souvent d’obésité et mène une vie plutôt parasitaire. Il ne s’interdit pas les aides sociales comme le faisait l’Amish.

Par ailleurs, si on lui donne le choix d’aller vivre en Arabie-Saoudite, un pays musulman où se trouvent le plus haut lieu saint de sa religion et la sépulture de son prophète, ou bien s’exiler en France, un pays de tradition judéo-chrétienne ; il choisira certainement la France ; car il sait que dans ce pays, il y a une protection sociale permettant au citoyen de vivre dignement et les libertés individuelles sont garanties par l’état.

Mais, comme il est démuni de tout esprit cartésien, il ne fera pas d’efforts pour s’adapter aux usages et traditions du pays qui vient de l’accueillir. Au contraire, une fois installé, après une courte période de dissimulation « Taqqia », il affichera son prosélytisme et combattra les lois de la République et les principes des droits de l’Homme. Non seulement, son épouse et ses filles resteront des femmes soumises, mais, il cherchera également à voiler toutes les femmes et les filles de son voisinage.

À l’école, il exigera à ce qu’on sert à ses enfants des repas hallal. À l’hôpital, il refusera à ce que sa femme soit auscultée par un gynécologue si celui-ci est un homme, sachant qu’il interdisait généralement à ses filles d’aller loin dans les études, car leur rôle principal est d’entretenir le foyer de leurs futurs maris. Un islamiste prône la discrimination et la ségrégation sociale.

L’islamiste passe une bonne partie de son temps dans la mosquée. Quand cela est possible, il refuse de travailler les vendredis pour aller écouter l’imam salafiste vociférant sa haine contre les juifs et les chrétiens qu’il traite de kouffars « impies ». Ce dernier vit généralement grâce aux aides sociales de la République sur laquelle il crachait. L’intégriste musulman cultive le paradoxe et l’ingratitude.

En conclusion, on peut dire que l’Islamiste est un Amish à qui on a greffé des gènes du fascisme et d’une certaine forme d’un nihilisme destructeur, faisant de lui un être abominable et dangereux pour l’humanité. Il utilise les lois de la République pour la détruire et semer le chaos (Al Fitna).

N’oublions pas que l’idéologie islamiste a causé l’un des grands génocides culturels de l’histoire. À cause de celle-ci, de grandes civilisations ont été anéanties. Des populations entières ont été poussées à renier leurs cultures et leurs origines après avoir subi un endoctrinement religieux. C’est le cas de la grande civilisation égyptienne et la civilisation berbère.

C’est également cette idéologie qui empêche la naissance de la démocratie dans les pays où la majorité de la population est musulmane. Par ailleurs, l’épicentre de la tragédie islamiste se trouve bien dans ces pays où le nombre de victimes humaines causées par cette barbarie se compte par centaines de milliers.

L’Islamiste utilise la notion de l’islamophobie comme un filet de camouflage lui permettant de fuir les débats et éviter le rétablissement des vérités concernant ses croyances mortifères. Pourtant l’islam est critiquable comme toute autre religion et le droit au blasphème fait partie de la liberté d’expression protégée par les lois de la République.

J’invite le lecteur à lire l’œuvre de Hela OUARDI, « Les derniers jours de Muhammad », éditée par Albin Michel. Il s’agit d’une reconstitution chronologique de la vie du prophète musulman. En lisant celle-ci, on comprendra mieux la pensée des musulmans d’aujourd’hui ainsi que ses nuances et pourquoi parle-t-on d’islamistes et de musulmans modérés.

L’extrémisme et la modération en Islam sont les deux faces d’une même pièce. En fait Muhammad, de son vrai nom Abûl Qacim, est décrit tantôt comme un homme de paix, pieux, austère et un grand bienfaiteur ; tantôt un prophète guerrier, cruel, misogyne et menant une politique belliciste.

Abûl Qacim vivait de razzias (Al Ghazawat). Un jour, après l’une d’elles, il demande à son cousin Zubayr de torturer à mort le juif Kinâna Ibn Al-Rabî pour qu’il divulgue l’endroit où il a caché le trésor des Banû Nadhir. Un autre jour, il envoie Khalid Ibn Al-Walid pour enlever un richissime seigneur arabe chrétien, Ukaydir Ibn Abdel Al-Malik Al-Kindi. Pour avoir la vie sauve, il paie un tribut colossal, la djizya. Ukaydir ne s’est jamais converti à l’islam ; comment pourrait-il croire en la religion de brigands qui l’enlèvent devant chez lui, la nuit, tuent son frère et lui font payer une rançon ? (*)

« Le combat vous est prescrit », « Ô Prophète incite les croyants à combattre ! », dit Allah dans le coran. Pour motiver ses troupes à combattre les Byzantins, Muhammad fait miroiter à ses soldats un butin alléchant : « Attaquez Tabûk et vous aurez en butin des femmes blondes, les femmes des Rûm. ». Il préconise également dans l’un de ses hadiths que l’on assassine celui qui cherche à diviser la communauté quel que soit le rang de cet homme, et sa propre famille en fera les frais de cette consigne peu de temps après sa mort. (*)

L’Islamiste use de l’anachronisme et c’est cette religion guerrière et belliciste qu’il veut perpétuer au 21e siècle. Cependant, il ignore que son prophète ainsi que sa famille ont été les premières malheureuses victimes de cette conception de la religion musulmane. Quelques mois avant sa mort, Muhammad, affaibli agonisant dans son lit, se sentait isolé et séquestré, ses compagnons ne respectaient ni ses ordres ni ses volontés allant jusqu’à l’empêcher de rédiger son testament. Après sa mort, une partie de sa famille la plus proche fut odieusement massacrée.

Mourad AMAGHNAS

(*) « Les derniers jours de Muhammad » HELA OUARDI Ed. Albin Michel

Le CMA condamne avec force l’abominable crime

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Samuel Paty

Attentat islamiste de Conflans-Sainte-Honorine (France)

Le Congrès Mondial Amazigh (CMA) a mis du temps à réagir à l’ignoble assassinat de l’enseignant à Conflans-Sainte-Honorine, le 16 octobre 2020, tellement les mots semblent dérisoires face à l’abomination du crime.

Le CMA rend naturellement hommage à Samuel Paty, victime de la barbarie islamiste et exprime ses sincères condoléances à sa famille.

A chaque nouvel attentat commis par les islamistes on croit que l’on a atteint le bout de l’horreur et surtout on essaye de se donner du courage en se disant que c’est certainement le dernier car cette fois-ci, la France va réagir à la hauteur de la menace pour protéger définitivement les citoyens des violences islamistes.

C’est ce que nous nous étions dits notamment après les attentats de ces dernières années, mais mille fois hélas, les islamistes continuent de frapper et de semer la terreur dans le pays. Ce qui est pour nous inconcevable et qui pose la question de savoir si la France a pris la réelle mesure du danger islamiste et si elle est capable d’y faire face de manière efficace.

Autrement dit, la France va-t-elle enfin prendre les mesures appropriées pour mettre l’islamisme hors d’état de nuire ? Et lorsque nous disons la France, cela ne se limite évidemment pas au gouvernement mais devrait concerner toute la société française.

Malheureusement, cela fait déjà longtemps que la France donne des signes peu rassurants notamment sur le niveau de conscience du danger islamiste et sur l’existence d’une réelle et forte volonté de se mettre en « état de guerre » contre cette idéologie mortifère et ses partisans.

A titre anecdotique, le lendemain de la décapitation de l’enseignant de Conflans-Sainte-Honorine, dans le journal matinal de France Inter, la radio publique, après avoir annoncé l’horrible assassinat de Samuel Paty, le journaliste enchaine sur un ton enjoué, sur « le verre de la dernière soirée avant le couvre feu anti-covid à Paris » et ensuite sur le fait que Toulon n’ait pas gagné le coupe d’Europe de rugby. C’était véritablement indécent de passer ainsi sans aucune émotion, d’un fait qui a choqué tout le pays et qui menace les valeurs humaines universelles, aux « actualités » banales, réduisant ainsi, de manière certainement non intentionnelle, un crime particulièrement barbare, à un « fait divers ».

Cette forme de banalisation de la violence est d’une certaine manière, abominable elle aussi et n’aide pas à cette prise de conscience collective dont la France a tant besoin. Il y a quelques semaines, sur la même radio et dans la même tranche horaire du matin, un journaliste présente avec enthousiasme et admiration une femme d’origine somalienne qui arbitre des matchs de football en Angleterre avec le voile islamique. Ce journaliste croit ainsi défendre la liberté des femmes là où en réalité il assure la promotion de l’islamisme car le voile islamique correspond à l’idéologie islamiste.

Chacun devrait également se souvenir de ces discours prononcés au plus haut sommet de l’Etat français sur l’instituteur qui « ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur”, « les accommodements raisonnables » et sur la « laïcité ouverte », qui sont de notre point de vue autant d’attaques inadmissibles contre la loi de 1905 sur la laïcité, qui signifie, faut-il le rappeler, liberté. Et on ne peut pas citer les innombrables cas d’atteintes à laïcité et de comportements pro-islamiques d’élus nationaux et locaux, de syndicalistes et de la bienpensance en général. Ils l’ont fait par souci électoraliste, à cause de la culpabilité liée au passé colonial de la France, à cause d’un certain paternalisme et d’autres motifs plus ou moins avouables. Cela a largement contribué à gonfler les voiles de l’islam en France.

Résultat, le voile islamique qui n’existait pas en France il y a trente ans est devenu la norme aujourd’hui chez les « femmes musulmanes » et le nombre de mosquées a explosé et il ne cesse d’augmenter.

La France a cru pouvoir structurer pour mieux contrôler l’islam en France et même créer un « islam de France ». Mais ce faisant, elle n’a fait que donner plus de légitimité, d’espaces de liberté et de ressources à des structures qui ont appliqué non pas ce que leur demandait la République, mais naturellement ce que préconise le Coran : répandre l’islam partout et tout le temps.

La France a également « importé » pendant des décennies des Imams pour prendre en charge l’« éducation religieuse » sans aucun contrôle, d’une catégorie de ses citoyens. Cela s’est fait également au sein même de l’Education Nationale à travers les
« enseignements des langues et cultures d’origine – ELCO » assurés par des enseignants recrutés et rémunérés par des Etats étrangers. Le changement de ces ELCO en EILE (enseignements internationaux de langues étrangères) n’apporte rien de bien nouveau dans la mesure où les enseignants des EILE sont recrutés et payés par des Etats étrangers dans le cadre d’accords bilatéraux.

On se demande au nom de quoi une partie du programme éducatif de nos enfants ne serait pas assuré par l’Education Nationale mais réalisé en « sous-traitance » par des Etats étrangers ?

De plus, pour les enfants de parents ou de grands parents d’origine nord-africaine, il est prévu un enseignement de langue arabe exclusivement, comme si ces enfants étaient uniquement d’origine arabe.

La réalité que ne peut pas méconnaitre le gouvernement français est que la population d’origine nord-africaine en France est composée au moins pour moitié, de personnes d’origine amazighe (Berbère) et que la langue amazighe a le statut de langue officielle en Algérie et au Maroc, deux principaux pays d’Afrique du nord.

Dans ces conditions, au nom de quoi la France accepteraitelle d’enseigner uniquement la langue arabe ?

Les Franco-Amazighs (ou Franco-Berbères) avaient il y a plus de vingt ans réclamé de mettre fin aux ELCO et d’intégrer les enseignements des langues et des cultures de France dans les programmes officiels de l’Education Nationale mais en vain. Cela aurait pu permettre par exemple, d’apprendre aux élèves qu’un des plus éminents pères de l’Eglise catholique, Saint-Augustin, est un nord-africain et plus précisément un Amazigh, ce qui serait une manière de montrer que le nord de l’Afrique et ses habitants n’ont pas toujours été musulmans et mettre ainsi un terme au mensonge historique selon lequel l’Afrique du nord serait
« arabe » et une « terre d’islam » et que ses habitants n’ont connu que cette religion.

Apprendre la diversité des peuples, des cultures et des croyances, cela ne peut que contribuer à ouvrir l’esprit des élèves et à les
convaincre d’accepter et de respecter cette diversité et même de la promouvoir, pour un meilleur vivre ensemble.

En référence au dernier discours du Président de la République prononcé le deux octobre dernier sur le thème du « séparatisme islamique », nous partageons plusieurs points évoqués par le chef de l’Etat mais il nous parait important d’attirer l’attention de tous sur le fait que les islamistes ne sont pas des « séparatistes » car l’islam prescrit l’expansion sans limite de cette religion par tous les moyens.

Les islamistes ne veulent donc pas se séparer des non-musulmans et créer une frontière à l’intérieur de laquelle ils pourraient vivre en paix, mais leur objectif c’est au contraire d’étendre tous les jours un peu plus les frontières de leur religion jusqu’à faire de la terre entière, une « terre d’islam » et un islam à la façon salafiste, c’est-à-dire rétrograde.

Par conséquent, il nous semble que le combat contre l’islamisme en tant qu’idéologie sectaire et malfaisante, doit être menée à l’échelle internationale, en alliant les Etats qui ont opté pour les valeurs universelles, les droits humains et les libertés fondamentales. Parallèlement, il nous parait tout aussi important d’être sans concession avec les Etats qui sont islamistes et/ou qui soutiennent d’une façon ou d’une autre l’islamisme.

Par ailleurs, nous aurions beaucoup préféré que l’effort financier conséquent prévu pour « former les Imams » et pour « mieux comprendre l’islam », soit surtout et d’abord dirigé vers les structures, dont les associations, qui agissent au quotidien pour protéger et promouvoir la laïcité et la diversité culturelle car ce sont elles qui sont menacées aujourd’hui par le dogme religieux islamique.

La culture devra occuper une place centrale dans la lutte contre l’islamisme.

Nous pensons également que dans le contexte actuel, les musulmans ne peuvent se contenter de condamnations verbales des violences islamistes, ils doivent faire preuve de discrétion et donner des preuves factuelles de leur rejet de l’extrémisme et de leur respect des valeurs de la République.

De plus, comme citoyens de ce pays, ils doivent prendre part sans équivoque à la guerre contre cette idéologie diabolique et ses adeptes.

Le Congrès Mondial Amazigh dénonce la campagne actuelle de haine insensée lancée contre la France dans certains pays et tient à réaffirmer son attachement ferme et indéfectible à la liberté d’expression et à la laïcité.

Paris, le 25 octobre 2020
Le Bureau du CMA.

Décès de Ahmed Adghirni, Tamazight perd un de ses plus vaillants défenseurs

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Ahmed Adghirni


Ahmed Adghirni vient de nous quitter définitivement ce 19 octobre 2020 (7 tuber 2970) à l’âge de 73 ans. Le bureau et le Conseil Fédéral du Congrès Mondial Amazigh (CMA) présentent leurs plus sincères condoléances à sa famille proche et à la grande famille
amazighe du Maroc et de toute Tamazgha.

Le Congrès Mondial Amazigh est d’autant plus touché par la disparition de Ahmed Adghirni que celui-ci a été un de ses fondateurs et un de ses plus dynamiques promoteurs. Chacun se souvient que c’est Ahmed Adghirni qui a rédigé les premiers statuts du CMA qu’il a présenté au pré-congrès de St-Rome-de-Dolan en 1995.

En sa qualité de juriste, il est un des premiers à avoir compris que les Amazighs devaient accéder à une égalité totale avec les non Amazighs et pour parvenir à cet objectif, il a créé le parti démocratique Amazigh (PDAM) en 2005, aussitôt interdit par le
gouvernement marocain.

Parmi tous les militants Amazighs, il était un des rares à porter un message et des revendications clairs sur l’identité amazighe et sur la nature coloniale de la domination de la culture et de la société araboislamiques sur les Amazighs.

Da Hmed comme l’appellent affectueusement les jeunes, laissera une image d’un Amazigh sans concession, qui marquera l’histoire du mouvement amazigh notamment au Maroc. A coup sûr il inspirera les jeunes générations qui poursuivront la lutte afin que les
Amazighs recouvrent leur souveraineté sur la terre de leurs ancêtres.

Ay akal ili-ya d afessas
Ay akal ili-yas d afessas, que la terre lui soit légère.
Paris 8/10/2970 – 20/10/2020
P/le Bureau et le CF du CMA
Les coprésidents
Kamira Nait Sid – Khalid Zerrari

Ne les croyez pas

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Nabil At Si Mhend

Ils appellent toujours le peuple Kabyle à l’assimilation tantôt dans un territoire dénommé Algérie tantôt dans une idéologie arabo-musulmane. Ils prétendent défendre la Kabylie mais sans les valeurs de la Kabylie, sans l’Histoire de la Kabylie et sans l’identité de la Kabylie.

Si l’assimilation est leur but, qu’ils sachent que la Kabylie ne se diluera pas dans un ensemble arabo-islamique. Ne s’assimileront que ceux qui n’ont rien à voir avec la Kabylie, ceux qui ont, en leur for intérieur, perdu toute notion de kabylité au point d’accepter d’être autres que Kabyles et sont prêts à faire de la Kabylie ce qu’elle n’est pas.

L’Histoire de la Kabylie et les échanges dans divers domaines, tels que militaire, commercial, culturel etc. montrent bien que des interactions ont bien eu lieu avec son père environnement immédiat du bassin méditerranéen qui est la civilisation gréco-romaine.

C’est donc à cette civilisation du bassin méditerranéen auquel appartient la Kabylie que celle-ci, et par conséquent son peuple, s’identifient.

Sont, de ce fait, totalement incohérents ceux qui, obnubilés par des questions religieuses, essaient de rejeter d’un revers de main cette réalité. En effet, ceux qui éprouvent un complexe à l’égard de la chrétienté jugent tout ce qui pourrait les rapprocher ou leur être communs comme étrangers à la Kabylie, MAČČI D TAQVAYLIT disent-ils.

A contrario ils déclarent que TAJMAƐT est TAQVAYLIT car sa consonance est arabe, l’ouverture et la levée de ses séances se faisant par le salut au prophète de l’islam. Au sein de cette assemblée archaïque, la femme n’a pas de place. Les décisions sont prises, exclusivement, par la gente masculine parmi les notables qui se distinguent par leur confort matériel (gros propriétaires fonciers, commerçants), ceux qui ont capacité à s’imposer grâce à une importante progéniture mâle et les religieux du village. Fonctionnant de cette façon, ce sont la démocratie, la laïcité et l’esprit d’égalité entre les citoyens qui prennent un sérieux coup.

La réhabilitation de cette assemblée selon ce qu’elle a de plus archaïque, que ce soit en ce qui a trait à sa composition qu’au vu de ses résolutions et décisions serait une sorte de contribution à l’effondrement de la Kabylie. L’esprit tribaliste – ne nous le cachons pas – qui prévaut au sein de ce genre d’assemblée est un élément de ceux qui ont fait le plus grand tort à la Kabylie et à son peuple, attisant le plus souvent les rivalités et les haines entre ɛarcs (archs) kabyles (confédérations tribales) et parfois entre tribus d’un même ɛarc (arch), ce qui n’aura comme résultat que de nuire à la cohésion entre citoyens Kabyles et de porter atteinte à ce qui fonde cette homogénéité nationale qui caractérise le pays kabyle.

L’organisation de la cité a besoin de beaucoup de logique, et en premier lieu de constituer un ensemble qui a pour objectif essentiel la poursuite de l’intérêt général, avec des institutions qui évoluent avec leur temps dans le sens de l’épanouissement de sa population, sans être un reniement ni un renoncement de ce qui fait sa kabylité, telle la mise en place d’une assemblée moderne laïque, démocratique où tous ont, en priorité, les mêmes devoirs, puis les mêmes droits, et les sont régis par un mode national de gestion dans lequel se reconnaissent l’ensemble des Kabyles.

N’écoutez donc pas ceux qui vous appellent à adopter des pratiques et traditions arabo-islamiques, ceux qui, par le truchement d’un discours « patriote », loin cependant des aspirations de la Kabylie, s’emploient à sa déconstruction pour ne pas dire sa destruction. Notre devoir à tous face à tous ceux qui œuvrent à la disparition de la Kabylie par sa déconstruction est de nous atteler nous-mêmes à déconstruire le funeste projet de pareils déconstructeurs, et cela sans modération.

Nabil At Si Mḥend

Drapeau Kabylie

Je n’ai pas tout à fait vingt ans…

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Place de la République
Place de la République - Photographie Katia Bouaziz

Je n’ai pas tout à fait vingt ans…

Lycée, université… Mes parents sont si fiers ! 

Je n’ai pas tout à fait vingt ans… Mon père a longtemps traîné au bas de l’échelle sociale. Il est passé par tous les métiers. Il a bossé dans les champs,  les usines et chez les gens. Ses bras de prolétaire prompts à soulever des masses, s’offraient sans rechigner aux titrés, aux gradés, aux leaders et chefs d’entreprises. Il avait côtoyé des richards, des vaniteux, des prétentieux, des snobs et des faux mondains. Il a connu des cassés, des paumés, des laisser-pour-comptes et des destins infortunés qui ont raté le train de la vie.  

Je n’ai pas tout à fait vingt ans… Et mon père n’en finit pas de me raconter son histoire greffée à l’Histoire. L’histoire de notre Histoire.

J’ai grandi d’un coup. Et le jeune homme que je suis devenu est le héros qui manquait à ses anecdotes. Celui qu’il veut s’instruire pour ouvrir le champ des possibles. Pour compenser sa dépersonnalisation programmée, changer le regard porté sur sa communauté. 

Pour mon bac, ma mère est allée à la mosquée. Elle y a allumé des bougies.  “Que Dieu soit partout sur ta route, mon fils. N’oublie jamais l’important. Ton sang et tes parents. Ne les oublie jamais ! “

Mon père m’a offert un livre de Mammeri : La colline oubliée. Il s’accroche à l’idée que la réussite sociale dépend étroitement de la réussite scolaire.  Il a tout faux, mon père ! Et je ne cessais de me demander : ” Quel idéal je porte en moi de leur histoire? De cette Histoire? Quel est le pouvoir du sang?  ” 

Je déambule dans les couloirs de l’université, la tête pleine de projets. Décidé, déterminé comme jamais à aller de l’avant ! 

Mais je le dis tout de suite, ça n’a pas été très drôle. Très vite, j’ai été identifié à mon nom, mon accent, ma voix rugueuse et mon parler de montagnard Kabyle. 

L’une s’appelle Oum el khir; l’autre El houaria. L’un s’appelle Boumediène et l’autre Oussama. 

Je suis Massinissa.  

Ils écoutent Deriassa. Je vénérais Matoub. 

Les mal intentionnés me font endosser leurs ruses, leurs fourberies et leurs sournoiseries. 

— Vous êtes terribles, vous, les Kabyles. Soûlards, athées, biberonnés par la France dont vous  revendiquez la langue et la culture. 

 Je lui mets un poing au visage, pour lui éclater le nez. 

— Et maintenant, qui, de nous deux, est le vrai, l’authentique ? 

Il y a des choses à faire respecter. “Mourir que baisser la tête”, disait mon père. 

Mais ça ne peut plus durer. Je change d’université car j’ai besoin de sérénité pour travailler en paix.

Hasnaoua 1   Hasnaoua 2 

Amazigh est un mot qui fâche. Berbères, Amazighs, ça suffit comme déclaration pour qu’on se prenne une rafale dans le dos. Un procès en gros plan en invoquant l’unité nationale. A décharge diviseur, séparatiste, harki, francophile et j’en passe. 

Il est urgent de remettre en lumière nos existences volontairement étouffées. Combattre l’obligation de se plier à être autre chose que soi. A penser autrement, parler autrement, s’habiller autrement. Changer ses valeurs et ses priorités.

Nous, les vilains garnements disons NON ! 

Ne pas se laisser faire comme l’ont fait nos parents. Ne pas demander le consentement des autres   pour exister.  C’est important d’exister. Et de libérer “ces autres” de leur antipathie  quand on a été les premiers à habiter ce pays.    “Jamais, je ne me laisserais déposséder de l’héritage de mes ancêtres ! N’en déplaise à certains, l’Algérie est berbère. ” 

Le pouvoir a dit niet. 

Il veut nous descendre dans un trou, le pouvoir. On veut nous enfermer comme on ferme une chose dans une boite. 

— Disparais ! Tais-toi !  Ne parle plus, cache-toi ! 

Alors, nous avons désobéi. D’abord, pour la visibilité. Et la dignité. Ensuite pour se créer une place et  s’inventer un avenir, restituer la mémoire piégée, décomplexer la partie de l’Histoire figée.  

Si on ne fait rien, on peut tout perdre… On peut se perdre… Perdre… 

Même si la peur est entrée dans les cœurs, la rage aussi. Nous  sommes dix mille, vingt mille, trente, quarante ou cent mille, des millions à dire NON !

Et c’est le branle-bas de combat. Une énième imposition officielle, une énième arrestation, une énième bavure policière…  Il avait  raison, mon père. ” Mourir que baisser la tête.” 

Et des interpellations, des sommations, des arrestations.

Notre légitimité est en cause… On a compris qu’on pouvait crever pour nos  idées. Parce que chez nous, on ne joue pas en toute impunité avec les idées de liberté.   

Des CRS, des blindés, des tirs, des bombes lacrymogènes…

Des bâtons, des prisons… 

Du sang ! Du sang ! Et du sang ! Et des blessés ! Et des morts… Puis des morts, encore des morts ! 

Ils n’avaient pas tous vingt ans. 

“Abane, Amirouche, réveillez-vous, ils sont devenus fous.” Ils nous interdisent tout. 

C’est de nos noms, notre langue, notre mémoire, notre histoire, qu’ils veulent nous amputer.

J’ai affronté mes actes. Et mes idées.  Dans ma cellule, je m’endors comme une masse. 

Dans ma cellule, il y a  des rats partout. Sur le sol, sur la banquette.  Et même sur les murs. Les murs sont lézardés. Le carrelage est fissuré. 

Les yeux de ma mère sont secs. Reverrai-je un jour, mes parents ? Mes copains, mes amis, ma vie… Je pense à Farid qui avait reçu un projectile. On lui avait crevé un œil. Malik s’est endormi pour toujours. On l’avait transporté à l’hôpital dans une camionnette.  Avec délicatesse, on l’avait étendu sur la bâche, livide. Il s’en allé quatre jours après. Il avait 24 ans. 

J’écris ça aujourd’hui, le 30 Août, journée international du drapeau Amazigh. On m’a dit que sur la place de la République, les drapeaux amazighs se vendent comme on vend des petits pains. 

Depuis 2001, je n’ai pas vu le temps filer. Nous sommes déjà en 2020. Nos révoltes s’inscrivent dans une continuation.    

L’année 2003 a -t-elle été la pire?   

Les pas des gardiens grincent dans le couloir. Les jours  sont longs. Je me retourne sur mon matelas en éponge. 

Je pense à Lounès, le poète, le gardien de la mémoire, le faiseur d’espoir.  Il est mort assassiné ! 

Ne jamais l’oublier !

Katia BOUAZIZ

Algérie, une nation bâtie sur la haine

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Hmed Amastan
Hmed Amastan

En Algérie, dès notre tendre enfance, on nous apprend à l’école que nous avions de la chance de naître musulmans et de savoir parler en arabe, la langue du paradis. En dehors de l’islam, toutes les autres religions et croyances sont fausses et leurs adeptes périront en enfer. Pauvres chrétiens, pauvres juifs, même si on les appelle les gens du livre, leurs prophètes respectifs n’avaient pas eu droit au même service après-vente que le Nabi musulman !

On nous a appris à haïr tout, y compris nous-même puisque nous devrions rejeter notre propre culture Amazigh et la remplacer par celle de Abu-Jahl. On nous a interdit durant plusieurs années de parler notre langue, de l’étudier et de lui redonner la place qui lui revient comme langue nationale et officielle. Le jour où nous avons commencé à dénoncer leur supercherie, on nous a traités de racistes, de régionalistes, d’ennemis de la nation manipulés par la fameuse main étrangère.

Certes, les évènements de 1988 avaient suscité beaucoup d’espoirs. Nous avons eu droit à un véritable débat démocratique et une liberté d’expression éphémères, car les islamistes, jouant les trouble-fête à la rescousse de la junte militaire, transformèrent cette dynamique populaire en une révolution mort-née.

Les islamistes voulaient utiliser la démocratie comme un moyen qui leur permettrait d’accéder au pouvoir afin d’instaurer une théocratie : une nouvelle tyrannie basée sur des sourates et des Hadith. Le service « La-yadjouz » (des interdits), une fois mis en place, musellerait toute forme d’opposition comme l’avait fait le pouvoir nazi en son temps. Ajoutant à cela, leur prosélytisme, leur esprit sectaire et leur attitude patibulaire entraîneraient certainement des guerres avec les pays voisins ainsi qu’avec d’autres nations. L’Algérie aurait pu être la Syrie ou la Libye actuelle avant l’heure.

La confrontation entre le truand portant des rangers et le schizophrène habillé en kamis fit des dizaines, voire des centaines de milliers de victimes. Durant cette période macabre, des citoyens lambda ne se conformant pas aux directives des barbus, des journalistes de renom, de grands écrivains et des intellectuels furent lâchement assassinés quand d’autres prirent le chemin de l’exil.

Le militaire a fini par gagner la guerre contre l’islamiste tout en continuant à reconstituer les intégristes dans les écoles de la République transformées en zaouïas version hard. Il sait que son existence est liée à celle de l’islamiste. Aucune enquête n’a été diligentée afin de comprendre ce qui s’était passé durant la décennie noire et quels étaient les responsables de toute cette tragédie.

Vingt-ans plus tard, après un soulèvement populaire, le militaire met en avant le péril intégriste pour dissuader cette dynamique populaire ; l’islamiste se réfugie dans le déni pour porter le chapeau au premier concernant les responsables de la guerre civile des années 90, dans le but de détourner, à son tour, ce mouvement en sa faveur. Alors qu’ils devraient être traduits tous les deux devant une juridiction compétente pour répondre de leurs crimes abjects et abominables.

Mais, en vingt ans, les deux protagonistes ont réussi à diviser la population et à façonner une partie de la société à leurs images. L’endoctrinement, l’abrutissement, l’appât du gain, la vanité, la misère morale ainsi que matérielle ont impacté profondément et négativement la société algérienne. En conséquence la machine devant entraîner la société vers la démocratie et la modernité a rouillé et des grains de sable ont envahi son engrenage.

Après tant d’épreuves, une partie des nouveaux hommes politiques occupant le devant de la scène actuelle nous parlent encore de principes religieux dans une société où la morale et le civisme ont été piétinés par la culture religieuse. Le civisme et le respect, on ne les retrouve pas dans les rues d’Alger ou du Caire, mais plutôt chez les kouffars, dans les métropoles occidentales où la religion n’est pas enseignée dans les écoles. Il est urgent d’en tirer des conclusions.

Même en Kabylie, on remarque la naissance de nouveaux leaders politiques développant des discours ambigus s’éloignant dangereusement des principes de leurs prédécesseurs. Sont-ils le fruit de l’école fondamentale ? Est-ce normal qu’un activiste politique kabyle fasse ses discours en langue arabe et en Kabylie et évite de porter l’emblème Amazigh ? Sachant que l’arabe représente le bourreau de la langue kabyle depuis la pseudo-indépendance de l’Algérie. Un homme politique kabyle éclairé et responsable est censé respecter le principe de la réciprocité : Il ne s’exprimera en arabe que le jour où ses semblables arabophones s’exprimeront en kabyle.

On doit combattre énergiquement ces énergumènes tels que celui qui a agressé Saadi à Marseille ou bien celui qui a voulu ces jours-ci s’en prendre physiquement à notre grand militant de la cause berbère, Ferhat Mhenni. Ces incultes sont des produits de la secte arabo-islamiste fabriqués et entretenus par le pouvoir maffieux en place. Sous l’emprise de cette secte, ils ont renié leur identité en la substituant par celle d’un envahisseur sanguinaire ayant massacré et réduit en esclavage une partie de leurs ancêtres. Il est temps de parler de l’envahissement de l’Afrique du Nord par les armées arabes au même titre que les Turcs et les Français. Le colonialisme est un crime contre l’humanité, n’est-ce pas ?

Ces bipèdes haineux préfèrent l’emblème palestinien à l’emblème berbère, pérorant à tout bout de champ vouloir libérer la Palestine alors qu’eux même sont des serfs au sein d’un système perfide. Connaissent-ils l’histoire de la Palestine ? Savent-ils qu’une partie des terres de Médine où leur prophète repose actuellement appartenait aux juifs ? Sont-ils au courant que Sidna-Daoud (David), Sidna-Souleyman (Salomon) sont de rois juifs ainsi que tous les prophètes jusqu’au Christ ? Diraient-ils que Dieu leur a envoyé de sales prophètes hormis Mohammed ? Ces gens marchent sur la tête et vivent dans l’absurdité extrême.

Ce ne sont pas les Kabyles qui sont responsables de la déroute des armées des pays dits arabes devant un petit pays qu’est Israël. En tant que kabyle, je ne me sens aucunement concerné par ce conflit de la même manière qu’un Saoudien ne se sentirait pas concerné par un conflit entre un Chaoui et un Targui. On nous parle de terre sainte, personnellement, je n’en vois qu’une terre de malheurs au regard de tous les massacres ayant été perpétrés sur celle-ci à travers l’histoire. Dans ma culture, on ne fait pas usage d’armes sur une terre sainte et on ne tue pas.

Au lieu de s’attaquer à Ferhat, que ces illuminés aillent combattre en Palestine. Ils auront en face d’eux l’armée la plus redoutable au monde qui n’en fera d’eux qu’une bouchée. Mais, au fond, ils n’ont pas le courage de le faire, ce ne sont que des lâches, des minables, des incapables, préférant déverser leur haine débordante sur de braves gens pacifistes qui leur avaient montré pourtant la voie à suivre pour se libérer de la servitude et de la folie où on les a noyés.

M. AMAGHNAS

Photographie : Hmed Amastan

Un ouvrage qui nous révèle le début de l’islamisme !

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Mourad Hammami

   

Mourad Hammami, journaliste écrivain et réalisateur vient de publier son premier livre chez les Éditions du Net à Paris. L’ouvrage est divisé en quatre parties et s’intitule: « L’islam politique et le terrorisme à l’assaut de la France et de l’Occident ». Nous avons pris contact avec l’auteur pour connaître un peu plus de cette œuvre qui vient de voir le jour. Et il a accepté de répondre à nos questions.

Pour commencer, pouvez-vous nous dire qu’est ce qui vous  a motivé à écrire ce livre ?

Ce livre, je ne l’ai pas écrit par plaisir, mais par devoir. Écrire un tel livre est un risque et une aventure en même temps. Ma conscience m’interpellait sans cesse. Le pire est qu’en tant qu’observateur, j’ai vu le phénomène s’accentuer et le monde laisse faire, se montre passif et complaisant avec cette idéologie qui se compte parmi les plus destructrices au monde, née dans la même période que le nazisme et le fascisme et avait même scellée des alliances avec Adolphe Hitler.

Au départ, c’est-à-dire à partir de 2012, j’ai pris l’initiative d’écrire un petit livre relatif au terrorisme en Algérie, le titre projeté est « Algérie, 20 ans de terrorisme ». Mon village et ma région, qui est Tigzirt, ont été vivement secoués par le terrorisme à partir de 1993. J’ai eu à le vivre de près tout comme la plupart de mes semblables.

Je me suis dit que c’est une page d’histoire douloureuse, qui ne devrait pas avoir lieu et qui mérite d’être racontée. À travers ma région, le livre allait parler globalement de ce phénomène de violence au nom de la région ayant secoué brutalement l’Algérie et ayant fait de ce grand pays un laboratoire sinistre et un précédent en vue de dominer tous les pays de la région, puis du monde.

Lorsque je suis arrivé en France, à partir de 2014 et que j’ai décidé de m’installer, j’ai eu à vivre presque la même intensité de peur et de terrorisme que celle vécue en Algérie. À partir de là, on se pose d’autres questions en plus de celles déjà qui me tourmentaient.

En plus du Paris et de toute la France où les citoyens ont eu à vivre ces moments de peurs et de terreur, en tant que journaliste, je me suis retrouvé quelques jours après les attentats contre Charlie Hebdo hébergé à la Maison des journalistes de Paris. Dans la salle des conférences de ce lieu, il y a une fresque géante accrochée au mur réalisée quelque temps avant par plusieurs des journalistes de Charlie Hebdo assassinés froidement par les frères Kouachi.

Pire encore, ce lieu hautement symbolique est devenu une cible privilégiée d’attentats terroristes. Nous avons eu à vivre pendant une longue période sous le poids de menaces directes et effectives. Cette atmosphère de peur et d’odeur de la mort qui rôdait autour de nous s’est beaucoup plus accentuée car il y avait parmi nous des journalistes syriens et irakiens recherchés par les terroristes, car certains d’entre eux ont réussi à filmer en cachette l’ambiance sinistre à Raqa, capitale de l’Etat islamique, connu sous l’acronyme arabe de Daech. C’étaient les premières images des villes sous contrôle de Daech que le monde a eu à découvrir.

Dans ce climat de peur et de menaces intenses, ainsi que le climat de terreur semé par Daech en France, en occident et un peu partout dans le monde, j’ai trouvé que mon livre sur le terrorisme en Algérie est dépassé. J’ai également compris que ce phénomène ne concerne pas uniquement les pays musulmans, mais vise le monde entier. C’est à partir de là que j’ai décidé de ne pas m’axer sur le terrorisme, mais sur cette force invisible et non identifiée qui produit ce terrorisme. Au fil de mes recherches, le terrorisme m’apparaît de plus en plus comme étant une simple partie apparente d’un iceberg géant et tentaculaire. Il est une organisation secrète, puissante fondée par Hassan Al Banna et six de ses acolytes en 1926 dans la ville d’Ismaïlia en Egypte. Dans notre temps, on voit l’islamisme de nouvelles générations à l’exemple de Tarik ou Hani Ramadan. Or, ces deux frères islamistes ne sont autres que les petits-fils de Hassan Al Banna. Dans toutes, me recherche j’ai eu à découvrir un seul coupable, un seul acteur sinistre et invisible qui s’appelle l’organisation des Frères musulmans.

Le titre du livre est assez pertinent et il résume les actes du terrorisme ?

Je pense que le livre vaut la peine d’être lu. Il ne porte pas sur la chronologie ou la genèse du terrorisme, mais sur les machines qui produisent ce même terrorisme. Ceux qui le fabriquent et le propagent ne sont pas en tenue de terroriste, mais des cols blancs bien au chaud eux et leurs progénitures. Ceux qui sont en bas de l’échelle sont dans le compartiment opérationnel. Le plus souvent des victimes manipulées, endoctrinés, trompés et utiliser comme de la chair à canon, des machines à tuer sans qu’ils ne se rendent compte des tenants et des aboutissant de cette spirale de violence au nom de l’islam.

Après Hassan Al Banna, il y a eu l’arrivée d’un homme qui draine derrière lui l’odeur du soufre. Il s’appelle Essayed Qotb. C’était lui qui a légalisé le recours à la lutte armée contre les non-musulmans partout dans le monde et même contre les musulmans jugés non conforme à leur ordre.

Le livre survole certes des actes terroristes, notamment en France, en Algérie, en Europe, en Afghanistan aux États-Unis, mais tout cela juste pour faire expliquer comment on est-on arrivé là, c’est-à-dire le cheminement sinistre qui a donné naissance à cette violence sans limite au nom de Dieu et de l’islam et au détriment du croyant sincère.

Si vous trouvez que le titre est pertinent, je pense que le contenu est également riche en informations et tout est raconté d’une façon simple et pédagogique dans un long plongeant de l’histoire de plus de 230 ans.

La méthode est simple, je pars sur un fait d’actualité pour vous inviter à l’histoire et vous expliquer le pourquoi et le comment des choses.

Je pense que même un jeune de vingt ans qui aura à lire ce livre comprendra largement ce phénomène complexe et omniprésent qui ne laisse personne indifférent.

Également, je tiens à signaler que le titre est un peu trompeur. Le livre est axé sur la France et l’occident, mais également une importante partie est consacrée aux pays de l’Afrique du Nord. Dans ces territoires, j’ai pris le cas de l’Algérie, mon pays qui a été durement touché par l’islamisme, puis par le terrorisme. Plus de cent pages ont été consacré à l’Algérie. Dans le fonds de tout cela, j’ai tenté d’expliquer aux Français ou à l’occident en général qu’ils sont contaminés par ce phénomène, tout comme nous étions nous aussi contaminés quelques années avant par cette maladie politique lancée depuis l’Egypte et dont son objectif est de dominer le monde.

Pourquoi dites-vous que l’Occident doit écouter l’Afrique du Nord ?

Oui en effet comme cité tout ce qui touche l’Occident avait déjà touché les pays de l’Afrique du Nord, particulièrement l’Algérie. Les puissances occidentales sont dans cette stratégie absurde qui consiste à faire croire que leur bougie brillera lorsque toutes les autres bougies soient éteintes.

Ils laissent faire ce qui se passe comme massacre politique, idéologique et identitaire de ces pauvres pays de l’Afrique du Nord et peut être même, ils encouragent ce chaos, croyant que tant que ces pays qui n’ont d’existence que le nom soit maintenu dans la régression, leurs intérêts se fructifieront.

Dans ma lecture, j’ai tenté d’expliquer que les pays de l’Afrique du Nord qui constituent l’une des portes principale d’accès vers l’occident doivent être aidés à se délivrer de ce marasme et cette prise d’otage double formée par les régimes militaires en place et la nébuleuse islamistes à laquelle ces régimes ont confié la sous-traitance du peuple pour mieux l’endormir, le déboussoler, l’esseuler. Si ces pays se délivrent, c’est toute la zone de la méditerranée qui deviendra rayonnante et prospère. Dans le cas contraire, tout ce qui touche ces pays se répercutera directement sur l’Occident et ce même Occident finira par être envahi, miné et gangrené par cette malédiction politique, sociale et idéologique.

Vous avez parlé de la crise berbériste de la fin des années 40. Est ce que vous voulez dire que la religion est essentielle à la construction nationale ?

Je dirais le contraire, dans les temps modernes, la religion ne construit ni un Etat, ni un peuple. Le temps des religions comme mode de gouvernance est révolu. Ce qui restait de ces mythes ont était balayés par la révolution française de 1789 et la révolution industrielle de 1850. Il est difficile de juger le pouvoir imposé dans différents territoires au nom de la religion dans les siècles passés, car c’était un peu relatif au degré de l’évolution de l’être humain. Mais rien n’empêche de constater que les pouvoirs politiques étaient tyranniques, brutaux, obscurantistes ayant causé beaucoup de dégâts contre les peuples.

Mais parler de nos jours de la religion comme étant une valeur politique, relève à la fois de la naïveté, de la manipulation, du populisme et du grand mensonge.

Il est stupide de voir dans des constitutions des régimes autoritaires attribuer une religion à un Etat. C’est une aberration. Un Etat doit être neutre, il sera tel un mirador dans lequel tout citoyen pourra s’identifier et se repérer.

Ce qui doit unir les peuples, ce n’est pas la religion, mais l’Etat de droit garantissant liberté et justice. La religion doit être définie et classée dans le cadre des libertés individuelles. Que celui qui est passionné sans limite par la religion, applique ou se créer un Etat islamique pour sa propre personne et en toute liberté. Au-delà ce n’est plus son territoire, ce n’est plus son droit. Toute tentative de faire de la religion une affaire collective relève de la mauvaise foi. Dans ce cas celui qui se prétend croyant est à vrai dire un militant au service de courants politico-religieux et non une personne pieuse dans le chemin de Dieu. Mélanger la politique avec la religion, c’est comme le trafic de médicaments de contrefaçon. Non pas uniquement, il ne va pas vous soigner de vos maux, mais il créera en vous d’autres maux, d’autres maladies irréversibles et destructives pour vous, votre entourage, votre peuple et votre patrie.

En un mot, la clef pour se délivrer de ce marasme endémique est d’éloigner la religion de la politique, pour mieux la valoriser et mieux la préserver. Sans cela aucun développement n’est possible, même si le pétrole tombera tel que la pluie sur ces pays qui se réclament musulmans et attribuent à leur régime, à leur Etat une religion alors qu’il est une personne morale et un cadre d’exercice de pouvoir.

En ce qui concerne la crise de 1949 en Algérie, cela fait partie de la genèse de l’évolution de l’islamisme en Algérie depuis l’été 1903 jusqu’aux élections présidentielles stupides du 12 décembre 2019.

Comme annoncé, il y a plus de 100 pages qui sont consacré à ce pays dans lesquels j’ai tenté d’expliquer comment on est arrivé là. Les lecteurs découvriront que l’islam politique en Algérie est une imposture, une création, un envahissement depuis l’Égypte sous la complicité du régime en place. Ils découvriront que l’islamisme est un corps étranger à l’Algérie et qui n’avait aucune trace d’existence presque avant la fatidique année 1976.

A votre avis, tous ces conflits ont donné naissance à la guerre civile en 1990 en Algérie ?

Oui, la guerre civile en Algérie est une consécration sinistre du satanisme politique en Algérie. On a joué avec le feu, on a invité l’Algérie à danser avec le diable. La seule chose que craigne ce régime est les forces progressistes. Donc pour tenter de les vaincre et les stigmatiser, il a semé l’islamisme en Algérie. Ainsi au début, ce régime avait un mur de protection qui est le conditionnement de la société par la répression à travers les services secrets et l’Etat policier, puis maintenant, il a rajouté un autre mur celui d’endormir le peuple par le fanatisme. Ce pauvre peuple se trouve ainsi à deux étages sous-sol. Il lui apprend même à craindre la liberté, et diaboliser toute idée de s’émanciper et prendre son destin en main. Dans la religion de l’islam, comme dans toutes les autres il y a suffisamment d’arguments et de pratiques pour légaliser l’autoritarisme, le paternalisme et la répression de toute idée contraire à l’ordre imposé.

Ce système a fait de l’Algérie une prison à ciel ouvert où tout est joué à l’avance. Une vingtaine d’années à peine après avoir importé l’islamisme, il a fait de lui la première force politique de l’opposition. Donc toute alternative débouchera sur un Etat islamique. Il sait que dans ce cas, les forces progressistes ne vont pas se laisser faire, car accepter l’islamisme, c’est accepter de mourir. Et puis cet islamisme ne lutte pas pour le changement du pays, se débarrasser de ce système, mais luttent avec acharnement pour se substituer à ce régime et mettre en place leur propre régime qui est encore plus dramatique que celui des militaires. Dans tout ce jeu malsain, le régime sait qu’il est gagnant sur toute la ligne. Toute tentative d’aller vers la démocratisation effective du pays conduira à un retour triste vers la case de départ et le pouvoir retombera entre les mains de ce même régime et sa fausse légitimité se renforcera. C’était ainsi que l’Algérie a vécu un tel scénario après l’ouverture démocratique suite aux événements d’octobre 1988, puis l’Egypte a eu à le vivre après le renversement du régime de Hosni Moubarek et enfin l’Algérie risque de vivre le même scénario dans le soulèvement populaire actuel où je crois que les islamistes sont en embuscade et en position de force pour récupérer cette dynamique populaire née du soulèvement de février 2019.

D’après vous comment faut-il faire pour arrêter cette montée de l’islamisme en Algérie ou ailleurs et avec quels moyens ?

L’islamisme utilise principalement deux armes : la peur et l’ignorance. Pour approcher un individu ou une société en vue de la faire tomber dans ses filets, ils utilisent la peur. C’est comme un serpent qui hypnotise sa proie avant de l’attaquer. Au nom d’une religion, ils ne parlent pas de Dieu, mais ils terrorisent au nom de Dieu. De ce fait, la personne qui rentre dans leur rang ne devient pas croyante, mais militante, bien chargé par la haine, l’hypocrisie, le politique. La foi n’est qu’une façade pour tromper et élargir les rangs de cette base politique.

Puis l’ignorance, il profite au maximum et abuse de la société, car rares sont ceux qui savent qui sont en réalité. Le simple citoyen est victime du système autoritaire en place. Ils se présentent à lui comme étant des sauveurs. Ils lui font croire qu’ils sont là pour son bien, ils sont les représentants de Dieu sur terre et leur mission est de le délivrer des mains des tyrans et lui garantir l’accès au Paradis. Donc les premières choses à éliminer sont ces deux armes qui sont entre leurs mains, à savoir la peur et l’ignorance qu’ils utilisent.

Il faut faire un travail massif, chacun selon ses compétences et ses capacités en vue de les démasquer, casser leur mythe, faire convaincre le citoyen qu’ils sont des faux croyants, des imposteurs au nom de la religion et de l’islam. Ne pas se laisser aspirer par leurs harcèlements qui promettent enfer à toute personne qui n’adhère pas à leur dynamique sinistre ou tenter de les critiquer ou remettre en cause leur légitimité divine.

Puis faire un travail de sensibilisation et convaincre ces pauvres peuples que leur salut sera dans un Etat de Droit, moderne, ouvert à toutes et à tous et que la religion appartient à Dieu sans intermédiaire et que celle-ci peut s’exercer largement dans le cadre des libertés individuelles.

Tout cela est possible de nos jours grâce aux nouvelles technologies d’information et de communications, qui cassent radicalement le monopole des moyens de communication ou de censures classiques.

Ce sont des forces obscurantistes qui vivent dans les ténèbres, on va les vaincre par les lumières de nos vérités, par leur mise à nu au grand jour…

Peut-être d’autres projets d’écriture en cours ?

Oui j’ai au moins deux autres livres qui sont presque au stade final. Il devrait voir le jour il y a longtemps, mais le livre que je viens d’éditer m’avait pris beaucoup de temps. Mais aussi, je travaille en parallèle sur deux autres livres dans le même thème qui est l’islam politique et les régimes autoritaires avec lesquels ils cultivent une certaine complicité.

Un mot pour conclure ?
Je vous remercie de m’avoir offert cet espace d’expression libre. Je tiens à dire que les scènes montrant l’islamisme en Algérie ont eu lieu en Kabylie. La Kabylie reste une citadelle mondiale de lutte contre cette idéologie destructive. Un kabyle est mieux placé pour l’expliquer et révéler les labyrinthes de ce mouvement qui est l’islam politique. Une autre fois ce livre, je ne l’ai pas écrit par plaisir, mais par sens du devoir. Il n’est pas possible de fermer les yeux face à ce phénomène qui veut nous enterrer vivants. Je recommande vivement ce livre non pas pour des considérations commerciale, mais pour découvrir, être averti. Ce livre cerne presque ce phénomène depuis la révolution française de 1789, en passant par la chute de l’empire Ottoman, la création de la nation arabe par les britanniques et les français, par la naissance de l’organisation des Frères musulmans en 1928 et jusqu’à présent où ce courant islamo-politique est présent partout et préoccupe le monde par ses intentions de faire soumettre toute la planète à son ordre !

Entretien réalisé par Mokrane NEDDAF

Interview – Auguste NGOMO : « Massinissa m’a fait découvrir une toute autre partie de l’Afrique »

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Auguste Ngomo

Monsieur Auguste NGOMO, merci infiniment  de nous avoir accordé cette interview ! Pour commencer cette interview, une petite présentation pour nos chers lecteurs.

Auguste NGOMO : C’est un plaisir pour moi d’avoir cette interview dans votre journal “Kabyle.com” et donc d’avoir cette première opportunité de parler de ce roman historique. Je m’appelle Auguste Ngomo et j’aime à dire que je suis un Africain né au Gabon en 1970. J’ai fait toutes mes études au Gabon et j’ai finalisé mon cursus scolaire par l’obtention de diplômes supérieurs en gestion et management en France (Angers et Nantes). Je travaille actuellement pour le continent africain dans une organisation panafricaine.

Je suis passionné par deux choses : le passé et le futur. Cela peut paraître étrange d’aimer à la fois ce que l’on sait déjà ou que l’on croit savoir et aussi ce que l’on ne sait pas encore. Mais un vieil adage africaine dit « Qui ne sais pas d’où il vient, ne sais pas où il va ». D’une autre manière on peut dire que celui qui ne connait pas son passé, ne pourra jamais accomplir son futur car il sera toujours balloté par les croyances et les histoires des autres. Soyons plus spécifiques, je suis passionné par l’histoire méconnue de l’Afrique, surtout celle d’avant l’esclavage et la colonisation et par son futur. Pour assurer aux africains un futur plus digne et plus intéressant, je me suis dit qu’en lui restituant des parties de son passé véritable et glorieux je lui injecterais plus de fierté, de courage, de détermination et d’estime de soi. Nous devons écrire nous-mêmes notre passé, nous devons pour toujours le graver dans le marbre pour nous et les prochaines générations. Et en le faisant nous ne serons plus à la merci de certains conteurs de fausses histoires. Mais pour restituer notre histoire aux africains et au monde il faut quand même la rendre agréable à lire, j’ai choisi le roman historique comme genre littéraire car il permet aussi à l’imagination de s’exprimer.  

Vous venez de publier un roman historique “Massinissa, la légende “. Comment est-elle venue cette idée ?

Rappelez-vous, ma modeste ambition est, à travers des romans historiques, de restituer aux africains l’histoire de l’Afrique de manière intéressante, percutante et agréable à lire. Pour atteindre ces objectifs il me fallait donc des personnages réels, denses, complexes et intéressants. Des personnages qui nous donne envie de nous surpasser car ils ont des valeurs morales et spirituelles qui nous donnent envie de nous identifier à eux et donc à devenir nous-mêmes aussi des africains de légende. Il me fallait donc des personnages qui avaient vécu a l’époque pré-esclavage et précolonial, des personnages pas trop connu des africains, ce qui permettrait aux africains qui liraient ce roman d’enrichir leurs connaissances historiques et culturelles. Quand vous parlez de cette époque ancienne, deux grandes périodes viennent en tête : l’Égypte ancienne et l’époque romaine.

Je me suis progressivement intéressé aux guerres puniques entre l’empire carthaginois et l’empire romains. Sachant que l’empire Phenicien de Carthage se trouvait en Afrique je me suis demandé quel rôle avait pu jouer les africains dans ce combat titanesque dont l’issue finale, la défaite de Carthage, changea l’histoire de cette partie du monde ?

Et dans mes recherches un personnage unique, puissant, légendaire, incroyable émergea des cendres du passé, un homme venant de l’incroyable peuple des Amazigh se révéla à moi : Massinissa. Plus je lisais sur lui, plus je croyais le connaître et plus il devenait impossible de ne pas écrire sur lui. Écrire sur le légendaire Massinissa me semblait tout naturel. «Massinissa, la Légende» est mon premier roman historique. Cet homme unique, mort il y a plus de 2100 ans m’a fait découvrir toute une autre partie de l’Afrique, une culture, de la musique et un peuple formidable les Amazighs, celui de Massinissa, Jugurtha, Dihia. Comment un peuple peut-il produire autant de personnages uniques, légendaires et de belles histoires à raconter?

Avez-vous déjà eu l’opportunité de participer dans des salons de livres ou d’animer des conférences pour faire connaître votre roman et en parler ?

Mon livre a été publié le 1er septembre 2019 en France par les Editions Baudelaire, que je souhaite remercier ici pour leur confiance. En Septembre, nous étions déjà à la fin de l’année 2019 et après, le monde a basculé dans l’étrange année 2020 ou presque rien n’a été possible. Donc pour répondre à votre question, je dirais non je n’ai pas eu l’opportunité de participer à des salons de livres ou d’animer des conférences sur ce livre. L’avantage des romans historiques est qu’ils ne vieillissent jamais, ils sont toujours d’actualité, j’espère donc en faire en 2021 et après.

Pensez-vous que le moment est venu pour que les africains s’approprient leur propre Histoire et passent de l’orale à l’écrit ?

Oui absolument. Nous devons le faire courageusement, sans gêne et sans honte. Et si le faire par l’approche purement historique nécessite des règles strictes et une méthodologie académique incontestable, nous pouvons utiliser la voie plus libre et plus créatrice de la littérature. Trop longtemps nous avons été incapables de le faire ou nous avions eu peur de contredire les autres.

Nous avons alors laissé à d’autres le soin d’écrire notre histoire à leur convenance et parfois aussi à avilir la mémoire de nos héros et donc de nous avilir. Nous avons laisse salir la mémoire de nos ancêtres.

Pour certains la culture et l’histoire sont malheureusement devenus des outils de domination civilisationnelle, ce qu’ils n’auraient jamais dû devenir. Comme vous le savez, beaucoup de nos écrits ont été détruits par le temps et par les œuvres des hommes mais grâce à notre résilience culturelle, beaucoup a aussi été conservé à travers notre culture orale. Il est grand temps que nous nous réapproprions notre histoire et que nous la transmettions de manière agréable à nos enfants, aux générations futures et même au monde. Mais cette fois par écrits.

Avez-vous d’autres projets d’écriture ?

Oui beaucoup. J’écris en parallèle plusieurs romans historiques et une fiction africaine. Mes fils m’ont conseillé, après mes recherches historiques, d’écrire uniquement sous inspiration. Hors le propre de l’inspiration est qu’elle va et vient, indépendamment de notre volonté. Donc quand mon inspiration est bloquée sur un livre, elle s’ouvre sur un autre.

Je saute alors d’un livre à l’autre et bien sûr ça prend plus de temps d’écriture mais à l’arrivée écrire devient agréable pour moi car je voyage beaucoup dans le passé, le futur et dans de nombreuses cultures africaines.

En ce moment j’écris sur deux personnages historiques : Piankhy, le pharaon noir, fondateur de la 25e dynastie égyptienne ; Le Mansa Abu Bark II, empereur du Mali qui abdiqua en faveur du célèbre Kankan Mussa pour en 1312 traverser l’Atlantique et découvrir avant Christophe Colomb les Amériques. Et pour la fiction je regarde l’Afrique en 2150 après une tentative de recolonisation. Comme vous le voyez des projets d’écritures existent et le plaisir aussi.

Un dernier mot pour conclure ….

Gestionnaire de formation j’ai longtemps cru que le développement économique et financier était primordial pour l’avenir des hommes et des nations, mais avec l’âge et l’expérience j’ai compris qu’en fait c’est la culture qui est fondamentale. La culture vous définit en tant qu’être vivant. Les humains vivent toujours dans une culture, dans une histoire.

Si vous ne vivez pas votre culture alors vous vivez dans celle des autres et en conséquent vous aurez toujours du mal à vous définir car vous vous définissez par rapport aux autres. Comment un être qui ne sait pas qui il est, ce qu’il veut fondamentale peut penser sereinement à un modèle de développement économique et civilisationnel ? C’est impossible et vos modèles seront toujours celui de l’autre et vous attendrez toujours ses propres progrès pour l’imiter. Qui sommes-nous ? Que voulons-nous ? Où voulons nous aller ? Notre histoire, enfouie dans de tonnes de gravats, nous donne les clés de notre futur. A nous ne nous retrousser les manches et à nous reconstruire pour un meilleur futur.

Interview réalisée par Amar BENHAMOUCHE

auguste ngomo massinissa Kabyle.com
Massinissa – La Légende, Editions Baudelaire

Des membres du CMA arrêtés en Kabylie !

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Kamira Nait Sid

Communiqué du CMA – Urgent !

Kamira Nait Sid, co-présidente du Congrès Mondial Amazigh (CMA) et Yuva Meridja, membre du Conseil Fédéral du CMA, ainsi que le Président du café littéraire de la ville de Tichy et un membre du café littéraire de la ville de Aokas (région de Vgayet en Kabylie), ont été arrêtés par la police algérienne aujourd’hui 17 septembre 2020 vers 16h30 à la bibliothèque municipale de Tichy. A l’heure actuelle, ils sont dirigés vers un commissariat de la région.

Les quatre personnes étaient réunies pour préparer « Tasdawit n Unevdu 2970 », l’Université d’été du CMA 2020, avec la participation par visio-conférence, de conférenciers notamment de l’ONU, du pays Basque, de Catalogne et du Maroc. Cet évènement devait se dérouler à la bibliothèque municipale de Tichy prêtée gracieusement par la Mairie de cette ville.

Paris, 5/09/2970 – 17/09/2020

Le Bureau du CMA.

Toute la Kabylie est visée

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Ferhat Mehenni

L’agression du Président de l’Anavad, Ferhat Mehenni devrait tous nous faire réagir ! Violemment pris à parti par un jeune Algérien arabophone dans le 20e arrondissement de Paris, ce mardi 8 septembre après-midi, le leader indépendantiste kabyle a rassuré sur son état de santé après l’altercation. Une enquête est ouverte pour identifier l’agresseur pro-palestinien qui lui a proféré des menaces de mort en criant « vive la Palestine ! » et « On va lui faire la peau !». L’artiste écrivain Shamy Chemini a tenu à lui apporter tout son soutien par ce communiqué :

À travers la lâche agression dont a été victime Ferhat Mehenni, c’est toute la Kabylie qui est visée.

Les naïfs, pensant vivre paisiblement avec les Algérianistes, se trompent lourdement. J’apporte mon soutien à Mas Ferhat Mehenni, car il est avéré que je suis indépendantiste plus que jamais et le demeurerait de manière irréversible.

Nous devons lui manifester notre solidarité, être à ses côtés, afin de défendre notre honneur et arracher un jour cette indépendance d’une manière ou d’une autre.

Bon rétablissement, cher ami Ferhat ; la Kabylie est avec toi.

À titre personnel : bon courage et amitiés.  

Shamy Chemini Artiste, écrivain 12 septembre 2020

Un rassemblement populaire organisé par «SOS tamurt n Yeqvayliyen» se tiendra ce dimanche 13 septembre à 14h à place Stalingrad de Paris en soutien à Ferhat Mehenni. Un autre rassemblement est prévu à Montréal.

agression ferhat mehenni Kabyle.com

Théâtre : la troupe Tinifsan en représentation

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Tinifsan Troupe de théâtre

La nouvelle pièce de théâtre de la troupe Tinifsan, Au-delà du silence, Akkin i tsusmi en kabyle, se jouera bientôt à Paris. Cette comédie sociale est le fruit d’un travail de longue haleine par Hace Mess et Samia. La troupe a été d’abord créée « pour redonner à la beauté ses pouvoirs…». Sur sa page Facebook elle précise la signification du mot Tinifsan, l’Épanouie. La légende raconte que, au 7ème siècle, la Reine Dihya avait une armée de femmes; des amazones. Parmi elles, les auteurs citaient souvent Agus, Amagus, Nara, Maya et Tinifsan. Sa légende m’a permis de voir en cette femme, je veux dire Tinifsan, l’expansion de la beauté, la rebelle et l’éternelle Femme que, comme dirait Kateb Yacine, on viole et qui reste toujours « Immaculée ».

Résumé de la pièce “Akkin i tsusmi” – Au-delà du silence

Un couple kabyle – vivant à Paris – attend depuis un moment l’arrivée de leurs bons amis qui devaient venir pour le dîner, mais ils n’arriveront jamais…

Inquiétant. S’agit-il d’un malheur, d’une séparation, d’un cambriolage ? A chercher les raisons de cette absence, l’homme et la femme se disputent au sujet du couple de leurs amis.

Naturellement, la femme prend la défense de son amie Nadia et l’homme de son collègue Kamel. A confronter leurs visions radicalement opposées, ils enchaînent les quiproquos absurdes et les révélations intimes, remettant en cause, sans s’en rendre compte, les fondements de leur propre couple.

Agzul n tceqquft n umezgun « Akkin i tsusmi »

Argaz d tmeṭṭut-is di Lparis, llan ttganin imeddukal-nsen, ad d-asen ad ččen imensi.

Dacu kan, ugin ad d-awḍen.

D lewhayem. D acu i yellan ? D acu i yeḍran ? Illa kra i ten-yuɣen? nnuɣen ? Neɣ ahat ukren-ten ?

Gar uḥebbar d usteqsi, argaz d tmeṭṭut-is bdan amennuɣ ɣef temsalt n yinebgawen-nsen.

Tameṭṭut tefka lḥeq i temdakkult-ines Nadia. Argaz i umdakkel-is Kamal. Netta, s zzhir d ccwal, tamuḥqranit d usmecṭiṭuḥ, yebɣa ad yesεu lḥeq zdat tmeṭṭut-is yessusmen, yefkan aberdi i ddel.

Iḍ ɣezzif, lesrar bedden ɣef yimi. Seg wawal ɣer wayeḍ, ad snesren lehdur seg yifri n tsusmi akken ad feḍḥen ayen yeffer ubernus n ddel, lḥerma deg yewwet yiɣisi, leḥmala igersen deg wul, taqbaylit yeknan s taẓeyt n leεwayed d ufus yersen ɣef lmektub n tmeṭṭut.I tmeṭṭut, d tasusmi d uḥezzeb neɣ … ?

Billeterie sur Hello Asso

Dimanche 11 octobre 2020 à 16h au Café de Paris

Café de Paris 158 Rue Oberkampf

75011 Paris

17.50 € Spectacle + consommation
Une boisson est incluse dans le tarif du spectacle.

FB de la troupe Tinifsan

akkin i tsusmi Kabyle.com

Jour du Drapeau Amazigh 2970

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Mounir El Haddad
Mounir El Haddad footballeur international espagnol et amazigh marocain qui évolue au poste d'attaquant au Séville FC. Le FC Séville a battu l'Inter Milan 3-2 en finale de la Ligue Europa le 21 aût 2020 pour son 6ème titre européen.

Les Amazighs de tous les pays de Tamazgha et de la diaspora ont adopté solennellement leur drapeau, le 18 Ɣuct 2947 correspondant au 30 août 1997, lors du 1er congrès général du CMA, qui s’est tenu dans la localité de Tafira dans l’ile de Gran Canaria, dans l’Archipel Canarien.

Depuis, cet emblème unificateur des Amazighs de Siwa aux Canaries, est porté fièrement à toutes les occasions : cérémonies, fêtes, activités culturelles et politiques, manifestations publiques, etc. Il symbolise et exprime à la fois, Tamazgha (le pays des Amazighs) mais aussi l’identité, l’unité, la résistance et la lutte des Amazighs pour leurs droits fondamentaux et leur aspiration profonde à vivre libres et dans la dignité.

Le Congrès Mondial Amazigh a décidé il y a plusieurs années déjà, de consacrer le 18 Ɣuct ou 30 août de chaque année, « Jour du drapeau Amazigh ».

Il demande à tous les Amazighs, individus, associations, institutions publiques et privées, d’exprimer, chacun à sa manière, leur respect et leur attachement à leur emblème.

A l’occasion de ce 23ème anniversaire de notre drapeau, portons-le sur les places publiques, hissons-le sur nos balcons, mettons-le en valeur sur les façades des municipalités et sur les devantures des magasins, organisons des cérémonies pour le glorifier.

Chacun-e doit faire preuve d’imagination et de créativité pour faire honneur à notre drapeau. Mounir El-Haddadi, joueur de football de Séville en Espagne, a choisi de fêter la victoire de son équipe en coupe d’Europe vendredi dernier, en brandissant le drapeau
amazigh.

Le CMA salue chaleureusement le geste chevaleresque de ce jeune amazigh qui met en lumière l’emblème de ses racines.

Vive le drapeau Amazigh !
Vive Tamazgha libre !
Paris, 13/08/2970 – 25/08/2020
Le Bureau du CMA.

Le voile islamique ne sera jamais un modèle d’émancipation

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Belkacem Lounès

Nous partageons avec vous ce message de protestation de Belkacem Lounes, docteur en économie, homme politique franco-amazigh et ancien Président du Congrès mondial Amazigh, adressé à titre personnel, à France Inter. 

A France Inter

Non, M. Val, le « voile islamique » n’est pas et ne sera jamais un modèle d’émancipation

Ce jeudi matin 20 août 2020, comme presque tous les jours à l’heure du petit déjeuner, j’écoute France Inter, la radio publique. A 7h20, la parole est donnée à Jérôme Val qui va nous parler de Jawahir Roble, « première femme arbitre musulmane du foot anglais ». https://www.franceinter.fr/emissions/esprit-sport/esprit-sport-20-aout-2020

Le journaliste cite un documentaire réalisé par l’UEFA sur cette jeune femme d’origine somalienne. Il nous la décrit avec enthousiasme et admiration, comme une femme souriante qui arrive sur les pelouses des stades « coiffée de son hijab, le voile musulman ». Et il laisse entendre son étonnement et sa réprobation des réactions « outrées, surprises, choquées », quand elle arrive sur la pelouse. Il ajoute : « pas facile de s’intégrer quand on est une adolescente étrangère et timide ».

Le journaliste se moque ou il n’y comprend rien ? comment fait-il pour ne pas se rendre compte que c’est principalement le voile islamique qui fait obstacle à l’intégration de cette jeune femme ? Pourquoi ne lui a-t-il pas demandé pourquoi elle tient tant à son voile islamique, elle qui veut accéder au statut de femme libre et jouissant de tous ses droits ? Pourquoi ne lui a-t-il pas dit que l’on peut très bien être à 100% musulmane et jouer ou arbitrer au foot sans voile islamique et même en short ?

Plus grave encore, pour Jérôme Val, cette femme « fait figure de modèle ». Modèle d’enfermement ? de soumission à une idéologie maschiste et obscurantiste ? modèle de l’islamisme conquérant qui avance dans nos sociétés ? ou un encouragement à tous les mouvements islamistes plus ou moins violents, comme Al-Qaida, Daesh, Boko-Haram et bien d’autres qui veulent nous imposer leurs lois funestes ? Et si la femme portant le voile islamique était un « modèle », alors qu’attendons-nous M. Val, pour avoir des institutrices voilées ? des juges ? des ministres ? une présidente de la République voilée ? Votre « modèle » est insensé et dangereux M. Val.

Et quel désaveu pour les centaines de milliers de femmes et d’hommes originaires de pays musulmans qui ont fait l’effort de se débarrasser des dogmes islamiques et de l’influence néfaste de l’idéologie islamiste et qui respectent la laicité et la liberté des autres ! Hier le modèle d’intégration était « républicain » et aujourd’hui « communautariste » ? c’est cela que vous suggérez, vous et l’UEFA, M. Val ?

Et ne me dites pas que Jawahir Roble n’est qu’une pauvre citoyenne anglaise qui vit simplement sa foi islamique. Vous le dites vous-même : « elle veut inspirer toute une génération de jeunes filles de confession musulmane ». En leur montrant comment le « modèle islamique » finit toujours par s’imposer particulièrement dans les pays libres et démocratiques ?

Non, M. Val, vous et votre collègue dans cette matinale du 20 août 2020 sur France-Inter, une radio de service public financée par le contribuable, vous n’avez pas été à la hauteur de vos responsabilités. Votre promotion probablement inconsciente de l’islamisme, votre banalisation de cette idéologie dangereuse, votre façon de céder à la facilité et à la mode du « politiquement correct », sont des coups portés aux valeurs de la République. Cela est inadmissible. A chacun d’en tirer les conséquences.

Bien cordialement,

21/08/20

Belkacem Lounes

Pourquoi la femme n’avait-elle pas droit à l’héritage en Kabylie ?

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Femmes kabyles

Voilà une question qu’on ne devrait même pas se poser si l’histoire de notre pays est enseignée dans les écoles de la république. Plus triste encore, est le fait que cette question aurait été posée avec sarcasme par une personne censée faire partie de l’élite algérienne. Je laisse le soin au lecteur d’en tirer une conclusion en ce qui concerne le cynisme et le manque de discernement de cette personne.

Jusqu’en 1768, concernant les successions, les Kabyles appliquaient le droit islamique depuis leur reconversion à cette religion : la femme hérite de la moitié de ce qu’hérite un homme. Cette année-là, d’un commun accord, les Aârouch décidèrent de mettre fin à cette loi religieuse pour lui substituer le droit coutumier kabyle et décrétèrent l’exhérédation de la femme. Cet événement constitue une
preuve que la gestion des affaires de la cité concernant la Kabylie est laïque.

En 1768, après plusieurs années de combats acharnés contre les Turcs, les Kabyles furent sur le point de donner le coup de grâce à ces derniers qui se trouvaient assiégés au sein de la ville d’Alger. Un événement inattendu chamboula la situation. Il s’agissait du retour des captifs relâchés par les Espagnols. C’étaient les fameux zouaves, connus pour être de vaillants guerriers dont le nom avait été repris par différentes armées à travers le monde, on l’attribuait souvent à des unités d’élite.

Ils combattaient en Méditerranée sous la bannière ottomane. Les Turcs les recrutaient pour leur vaillance et leur savoir-faire en matière militaire. Ils leur faisaient croire également qu’ils menaient une guerre sainte contre les infidèles. Ils furent relâchés par les Espagnols une trentaine d’années, pour certains, après leur capture.

En retournant dans leurs villages respectifs où ils étaient considérés comme morts, ils découvrirent avec stupéfaction que leurs femmes s’étaient remariées et leurs terres appartenaient à de nouveaux propriétaires habitant parfois dans un village voisin ou dans un autre Aârch lointain.

Cette situation sans précédent dans son histoire mit au bord d’une guerre civile toute la Kabylie, menaçant son organisation sociale lui ayant permis d’exister des siècles durant. Plusieurs villages et Aârouch se préparaient à se livrer une guerre fratricide. C’était ainsi que tous les villages rappelèrent leurs combattants assurant le siège susmentionné. Celui-ci aurait pu aboutir à la libération définitive de la ville d’Alger des mains des Turcs.

Rappelons que les Ottomans étaient un envahisseur parasitaire n’ayant eu aucune vocation civilisatrice. Ils avaient fait usage de tous les subterfuges possibles afin de soumettre et détruire la Kabylie : utiliser le mariage comme un moyen qui leur permettrait de s’approprier des terres kabyles faisait partie de leur plan machiavélique. Par ailleurs, l’une des filles des Bel-kadhi était bien mariée à l’un des fils de Barberousse, Hassan, mort en 1787 à Constantinople.

En rétablissant l’exhérédation de la femme et en donnant le droit à chaque famille de racheter les terres appartenant à l’un de leurs membres décédés sans laisser d’héritiers, on avait permis le maintien de la propriété au sein de chaque village et la stabilisation des frontières (tilisa) entre villages et Aârouch, assurant ainsi une paix pérenne dans toute la région. Sans cela, la Kabylie ressemblerait à la péninsule arabique où les tribus s’entretuaient durant des siècles.

Les villages kabyles étaient des petites républiques autonomes solidaires et toujours en état d’alerte. Ils évoluent dans un environnement austère où la richesse n’était pas symbolisée par l’argent ou les lingots d’or, mais, plutôt par la progéniture nombreuse. Dès qu’un danger menace les intérêts vitaux de la région, les Aârouch se réunissent et sont capables de lever une armée en quelques jours. Cette
organisation sociale est le secret expliquant notre survie à travers des siècles de lutte et de résistance.

En tant que Kabyle, j’assume toutes ces décisions prises par mes aïeux et je n’ai jamais ressenti une quelconque animosité entre mes frères et mes sœurs concernant la succession de mes parents. Grâce à la clairvoyance de nos ancêtres, nous existons encore et sommes devenus les gardiens du temple de la culture berbère en Afrique du Nord dont nous sommes fiers. L’exhérédation a été pratiquée pour maintenir une paix et une unité sans faille entre les tribus kabyles durant des milliers d’années, elle n’était pas destinée à mépriser la femme kabyle, comme certains voulaient le faire croire.

En ce début du 21e siècle, les femmes kabyles ont droit à l’héritage au même titre que les hommes, même si certaines d’entre-elles préfèrent y renoncer pour laisser leurs parts à leurs frères, car, elles savent pertinemment que leurs belles sœurs du côté de leurs maris en feront autant. Tout compte fait, en y regardant de plus près, le droit coutumier kabyle ne désavantageait pas la femme comme on pourrait le croire, ce qu’elle perd du côté de ses parents, le récupère auprès de ses beaux-parents.

Ce qui fait mal à la femme kabyle, tout comme la femme algérienne en général, est cette mentalité moyenâgeuse ayant engendré le code de la famille, considérant la femme sans vergogne comme étant un demi-citoyen ou un citoyen de seconde zone.
Dans les années 90, un cadre du FIS dissous croyait trouver une solution au chômage en interdisant aux femmes de travailler, ainsi toutes les femmes actives seraient contraintes de céder leurs postes de travail aux hommes sans emploi.

C’est cette mentalité en question qui doit faire l’objet d’un débat afin de trouver un moyen pour l’éradiquer définitivement dans notre société. Pour ce faire, il faudra impérativement avoir une école laïque où nos enfants trouveront les réponses à leurs différentes questions en ayant recours à la science et non pas en lisant Al-Boukhari et compagnie.

Les religieux ont été vaincus militairement dans les années 90, mais leur idéologie est toujours enseignée dans les écoles par leurs vainqueurs. La junte militaire algérienne n’a pas la même vision que Atatürk. Elle tue les islamistes dans les maquis et les régénère au sein l’école. Elle sait que son système ne pourrait survivre longtemps sans l’existence des intégristes.

La Kabylie n’a jamais cautionné ni les militaires ni les islamistes. Elle a toujours voté « démocrates », lorsque dans les autres régions on votait pour le système ou les barbus. Ces intellectuels des autres régions d’Algérie sortant leur artillerie lourde sur les réseaux sociaux depuis quelques jours pour lancer des piques à la Kabylie au sujet des droits de la femme, non seulement ils se trompent de cibles, mais ils sont en train de se tirer une balle dans le pied.

La seule oreille qui pourrait écouter et apprécier leurs idées modernistes se trouve en Kabylie. Ceux qui lisent leurs œuvres et partagent leurs publications sur les réseaux sociaux sont généralement des Kabyles. Ceux qui se mobilisent pour leur apporter un soutien dans les moments difficiles sont majoritairement des Kabyles. Sans la Kabylie, ce ne sont que de vulnérables prêcheurs du désert.

Mourad AMAGHNAS

La nécessaire décantation dans le flou

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Pays Kabylie

« Un homme averti en vaut deux » dit l’adage comme pour mieux nous prémunir de toute désagréable surprise qui viendrait heurter nos certitudes.

Dans le flou artistique qui a toujours enrobé l’Algérie, rien ne vaut une strate supplémentaire pour mieux brouiller les pistes à l’heure des décisions cruciales. Il faut dire que le cabinet noir – d’autre lui préfère l’État profond- s’y connait. En manigance, falsification, mystification, il n’a aucune recette à recevoir du pire des démons. Si le démon existe.

Entre les ragots colportés sur des figures se revendiquant de la « famille qui avance » chère à Feu Djaout et la désignation des Islamistes de Londres comme agitateurs des foules, le tout sous l’arbitraire d’une justice de nuit, la décantation, somme toute nécessaire, s’avère périlleuse.
Qui a tort et qui a raison ? Qui est l’ennemi et qui est l’allié ? Qui incarne le camp des lumières et qui représente celui de l’obscurantisme?

Lors d’un meeting à Tizi-Ouzou au plus fort du Printemps Noir, feu Hachemi Cherif avait fourni les clefs de déchiffrement des messages cryptés du pouvoir bipolaire État-DRS qui a toujours présidé aux destinées du pays.

L’on consent des concessions aux démocrates pour affaiblir les islamistes et quand les premiers prennent du poids on rééquilibre le jeu en octroyant des avantages au profit des seconds. Ce que l’ancien leader du MDS n’ajouta pas et que l’on peut intégrer à l’équation, ce sont les restrictions des champs des uns et des autres lorsque des ajustements nécessaires s’imposaient.

Fait nouveau et notable : depuis le déclenchement du soulèvement populaire qui a entrainé l’effondrement de la façade civile de la junte militaire, les deux camps qui se neutralisaient réciproquement par le passé font désormais l’objet de pilonnage simultané. Comme si le pouvoir se sentant acculé de toute part ne veut rien céder sous peine de disparaitre au moindre vacillement.

La Kabylie s’émancipera-t-elle des jeux d’équilibrage ?

Longtemps considérée comme, tantôt une variable d’ajustement, tantôt comme une force de contrepoids, la Kabylie a toujours rempli en parallèle, souvent sans le vouloir, parfois sans le savoir, un double rôle déterminant : elle sert d’ennemi intérieur, indispensable à toute dictature soucieuse d’ alimenter un nationalisme béat, et réservoir de compétences pour la gestion des affaires courantes et les sales besognes qu’incarnent ceux que la vox populi désigne sous le sobriquet accusateur de KDS.

Seulement, depuis le 22 février de l’année passé et une prise de conscience massive du reste du pays, grâce notamment à Facebook et autres réseaux d’information alternatifs, toutes les attaques contre la Kabylie s’avérèrent vaines et infructueuses, voire contreproductives.

Il serait redondant d’énumérer les actions des barbouzes en direction de cette terre qui a souffert le martyr, mais il convient de rappeler que les premières recettes élaborées pour venir à bout du bouillonnement social avaient toutes visé cette région. Allant jusqu’à souiller des légendes de la Soummam et à inventer des aberrations historiques du type Novembrya-Badissya.

Le reste des algériens ont enfin réalisé que le monstre kabyle n’était qu’un épouvantail savamment entretenu dans le but de scinder un pays pour mieux l’apprivoiser et l’asservir. Il reste aux kabyles de tirer les leçons de l’exhibition éhontée d’un des leurs dans la douleur la tristesse du cimetière.

Farid C.

Mohand Laravi TAYEB, la perte d’un grand homme pour la Kabylie

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Laravi Tayeb photographie Mouloud Abadou

Le militant de la première heure et ancien président du Mouvement de l’Autonomie de la Kabylie de juin 2010 à août 2011, Mohand Larbi Tayeb (@Laravi Atfrah), est décédé le samedi 08 août 2020 des suites d’un cancer du foie. Il a été inhumé ce dimanche dans son village natal Ath Frah dans la commune Larbaa Nath Iraten.

Enseignant à l’Université de Tizi Ouzou et de Belgrade durant une quarantaine d’années, docteur en cybernétique sociale, il a formé plusieurs générations d’ingénieurs et universitaires. Il est également le frère du chanteur Brahim Tayeb.

Ferhat Mehenni a appelé les militants à lui rendre un hommage digne d’un homme d’État : « Homme de conviction, kabyle dans l’âme et universitaire ayant formé plusieurs générations de diplômés, il était agréable à vivre et à côtoyer […] malgré les inévitables malentendus auxquels la politique nous a confrontés nous sommes restés amis par delà les vicissitudes du temps. La Kabylie perd un de ses meilleurs enfants, un cadre et un dévoué à la cause de son indépendance […] il était l’un des piliers du MAK ».

Le militant kabyle Azru Loukad a souligné tous ses sacrifices pour la cause kabyle «Il vivait avec l’espoir chevillé au corps de voir un jour la Kabylie, pour laquelle il a tant et tant donné, maîtriser son destin et devenir le façonnier essentiel de la renaissance d’une Tamazɣa libre, démocratique et séculière au service de ses propres peuples […] son intelligence, son temps, sa santé, sa maison, sa famille, son véhicule, sa bourse, son carnet d’adresses n’étaient pour lui qu’autant de moyens à mettre à disposition sans réserve à chaque fois que les contingences du combat l’exigeaient ».

Kamira Nat Sid, Présidente du Congrès Mondial Amazighe qui était présente à ses funérailles témoigne elle aussi «Nous avons accompagné notre camarade militant kabyle Laravi Atfrah à sa dernière demeure. Ton ombre sera toujours parmi nous. Repose en paix cher camarade le combat continue.»

Aujourd'hui , nous avons accompagné notre camarade militant kabyle Laravi Atfrah à sa dernière demeure Ton ombre sera toujours parmi nous. Repose en paix cher caarade le combat continue

Publiée par Kamira Nait Sid sur Dimanche 9 août 2020

Ahmed Ait Bachir ancien militant a souligné, de son côté : « C’est avec tristesse et consternation que je viens d’apprendre le décès de notre ami Mohend Larvi Tayeb. Militant engagé désintéressé, avec sa perte, la Kabylie perd l’un de ses fils des plus dévoué. A toute sa famille, notamment son épouse et Brahim son frère, qu’ils trouvent ici toute ma compassion, ma solidarité et mes condoléances les plus attristées. La Kabylie vient de perdre l’un de ses plus grands défenseurs, un militant qui s’est investi de manière dévouée et désintéressée dans son combat. »

Le réalisateur et militant Hocine Redjala a aussi exprimé toute sa compassion : « Un grand homme, un homme bon, Moh larvi l’universitaire qui a tout laissé ailleurs pour revenir aux piémonts de ses hautes collines de Kabylie, nous a quittés dans la dignité et le silence. Et, ajoute, Hocine Redjala, c’est triste de le voir partir avec cette amère idée que la Kabylie pour laquelle il se battait ne s’est pas encore relevée de ses marasmes. Digne et honorable, je ne t’oublierai jamais. Notre toute dernière conversation est une sorte de testament à notre peuple qui marche.»

Mouloud Abadou journaliste et ami de Mohand Larbi Tayeb lui a rendu hommage par ces mots : « Adieu cher ami Professeur Cheikh Laravi pour les intimes l’homme des causes justes, humaniste, universaliste adepte de la démocratie, de la laïcité, des droits de l’homme, féministe, farouche défenseur de l’école républicaine, de la paix, de la liberté d’expression, enseignant, universitaire, scientifique, intellectuel hors pair, l’ami des prolétaires et un militant aguerri de la cause identitaire. Repose en paix le lion de Djurdjura, ton nom sera gravé à jamais dans la mémoire du peuple de la Kabylie et de Tamazgha. Ces photos ont été prise lors d’un reportage l’année dernière à Ath Khazem le champs des oliviers de ses ancêtres tant aimé dans son village natal Ath Frah Larbaa Nath Iraten ( ex Fort National en haute Kabylie ) une belle citadelle historique, antique, révolutionnaire et culturelle qui a enfanté des grand hommes tels que le premier linguiste et chercheur en Tamazight , Cheikh Amar Boulifa, le poète de tous les temps, Cheikh Mohand Ou M’hend, Abane Ramdane l’architecte du Congrès de la Soummam entres autres symboles et figures emblématiques qui ont marqué l’histoire, l’identité, les traditions et la culture ancestrale de nos aïeux d’une pierre blanche cette jolie magnifique région des Ath Iraten qui fut la capitale de la haute Kabylie jadis n’est autre que la contrée natale de Cheikh Teyev Mohand Laravi l’enfant du pays. Il y a trois jours il m’a appelé par téléphone pour faire une sortie au village Ath Frah avec notre ami Omar Kerdja à Ath Khazem un lieux mythique et historique des ath Frah il me disait pour le moment ” Je suis très affaiblie mais le RDV est maintenu finalement”. LE RDV n’aura jamais lieux . Paix à ton âme l’ami »!

Mohand Tayeb Larbi était un militant démocrate, qui jusqu’à son dernier souffle luttait courageusement pour l’émergence d’un Etat kabyle. Il continuait le combat même immobilisé dans un lit d’hôpital, même affaibli il venait appuyer les marches en faveur de l’indépendance de la Kabylie.

L’équipe de Kabyle.com partage le profond deuil ressenti par sa famille, ses amis et tous les militants de la cause kabyle. Nous garderons en mémoire l’homme de valeur, la personnalité attachante que représentait Dda Laravi. Sa disparition est une perte inestimable pour la Kabylie.

Une conférence du Professeur Mohand Laravi Tayeb empechée à Larbaa Nath Irathen

Samir Djallali signe son premier roman

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Samir Djallali

Un jeune auteur, Samir Djallali vient de publier son premier roman Faucheurs d’étoiles. A 29 ans, il concrétise son rêve d’enfance, celui de l’écriture !

Faucheurs d’étoiles, paru aux éditions l’Harmattan de Paris en 2020, est écrit à la première personne du singulier : « je ».

Un « je » intime, un « je » audacieux qui ose prendre la parole pour raconter son histoire, qui ose s’affirmer dans un monde de silence, dans un monde aux allures gérontocratiques, dans un monde de silences forcés, de silences douloureux. Chaque personnage s’affirme avec son « je » et se distingue dans un style à la fois poétique et léger : «J’ouvris les yeux avec peine. Masnsen me faisait face. Je ne savais pas comment il a su pour mon accident, mais je me retenais de le lui demander. Je ne savais même pas si c’était la réalité où les médicaments qui me faisaient halluciner. Je sentais au fond de moi une grande joie et ne voulais pas gâcher le bonheur de le revoir. Mais après ce qui m’est arrivé, je ne pouvais plus retarder l’heure de la vérité. Je devais tout lui dire. D’autant plus que je ne savais pas si je survivrais ou pas. Les médecins n’étaient pas sûrs.»

Nous découvrons au fil de la lecture que ces récits ne forment qu’un seul récit en réalité. Chose inattendue, la parole est donnée à tous les protagonistes, même à un terroriste, lui qui n’a pas l’habitude de prendre la parole (il prend autre chose !), raconte sa « vérité ».

En faisant parler ce monstre, l’auteur essaye de comprendre les mécanismes de l’intégrisme religieux. Ce qui nous amène à penser que peut-être on ne nait pas terroriste mais on le devient. Ce qui déplace la notion de la culpabilité. On le voit bien, l’auteur est ancré dans son temps, dans sa société. En effet, l’histoire se déroule en Algérie, vers la fin du XX siècle.

Faucheurs d’étoiles commence avec un père et sa fille chrétiens qui rentrent en Kabylie. Le père est un révolutionnaire, ancien membre du FLN, écarté à la naissance d’un état algérien arabo-musulman à l’indépendance acquise en 1962.

Après l’euphorie de la liberté retrouvée, il se rend à l’évidence : le droit à la vie et à la liberté pour lesquels il s’est battu lui sont refusés. Dépité (pas député comme certains de ses compagnons de combat), il se réfugia alors en Kabylie pour élever sa fille Roseline. Des années plus tard, devenue jeune et belle femme, Roseline sera tiraillée entre la passion qui la lie à un fanatique religieux et à un ami qui se révèle être son bourreau : « Le sens de notre vie nous appartient-il vraiment ou nous est-il imposé dès notre naissance par un Dieu, une société, une famille ? Sans nous consulter, à un rôle nous sommes enchaînés malgré notre premier cri de douleur. » C’est toute la complexité de la situation de l’Algérie post-indépendante.

L’auteur nous montre à travers cette fiction, le poids de l’héritage d’une société en mal de repères qui court vers sa propre perte. Masnsen doit porter le sien. L’écrivain nous emmène à travers les méandres de la folie pour décortiquer les mécanismes de blocage, de violences et de mal-être de la population en proie à une violence multidimensionnelle. Ce mal-être est métaphorisé par cet enfant qui se réveille dans un hôpital psychiatrique sans aucun souvenir de sa vie passée. Pire encore, il ne sait plus qui il est. Les jours se suivent et nous partageons avec lui sa quête du passé. Que va-t-il découvrir ?

L’histoire s’achève sur l’un des moments clés de l’Algérie moderne : le Printemps Noir Amazigh qui vient comme un souffle de vie en quête de liberté et de démocratie tant rêvées, tant fantasmées en guise de réponse au fanatisme religieux qui redouble de férocité, qui étend chaque jour un peu plus ses tentacules empoisonnées. L’auteur fait un clin d’œil aussi aux femmes à travers l’évocation de la célèbre Sophonisbe. Ce personnage symbolise toute une génération de femmes algériennes qui ont contribué à l’édification d’une nation digne de ce nom, en gageant leur vie. Elles se battent quotidiennement à la fois contre les interdits de la tradition et ceux de la religion. Sophonisbe arpente les rues d’Alger pour dire non au silence dans lequel on veut la murer après lui avoir volé son enfance. Elle veut aussi retrouver ce petit enfant qu’elle avait connu jadis.

La relation Sophonisbe et Masnsen est non sans nous rappeler celle de la reine carthaginoise et du roi numide. L’histoire va-t-elle se répéter ? Et Sophonisbe sera-t-elle amenée à se tuer en s’empoisonnant ? L’intelligence de ce récit réside dans sa faculté à apporter une pensée critique à la fois sur la société algérienne et sur la vie. Il est également une réflexion sur les rapports humains. Ce qui témoigne de la capacité de l’auteur, malgré sa jeunesse à penser la société dans laquelle il vit ; ce que nous retrouvons, malheureusement, de moins en moins dans la littérature contemporaine. Ces réflexions sont mises dans la bouche de plusieurs personnages et celui qui en fait le meilleur usage est sans conteste Da-Ravah. Un vieux que rencontre Masnsen à l’hôpital psychiatrique. Sa folie se révèle être sagesse.

Faucheurs d’étoiles marie est à la fois tragédie et espoir. Une harmonie presque insoutenable entre l’amour, la mort et la folie. Qui sont ces faucheurs d’étoiles ?

Djamal AREZKI. 

Biographie : Samir DJALLALI est un écrivain kabyle né en 1991 dans un village d’At Hemdoun, pendant le printemps noir. Après avoir commencé des études de littérature en Algérie, il s’est expatrié en France afin de les terminer à l’Université Paris VIII.

Faucheurs d’Étoiles, roman éditions L’Harmattan, Paris, 2020.

faucheurs d étoiles Kabyle.com

«In memoriam» pour Gisèle Halimi

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Gisèle Halimi Wikipedia

La genèse de mon regard personnel sur la condition féminine, dans sa simple manifestation, trouve quelques-unes de ses racines dans des moments simples hautement évocateurs. L’un d’eux est offert par Gisèle Halimi, précédant ainsi toute entreprise de découverte et de construction militante ou encore, comme dirait le/la parfait (e) réactionnaire éclairé(e), d’« endoctrinement ».

C’était en 1984, en Haute Kabylie, au collège de Taguemount Azzouz, lors d’un cours de langue française. L’objet d’étude, un long texte de Gisèle Halimi, un extrait de “La Cause des femmes” subtilement choisi dans le manuel de français par le professeur Marcel Boudarène. Le but était d’introduire l’étude du récit de soi, à travers un thème assez peu ordinaire dans un cadre scolaire. Une trame et un registre accessibles, des passages épico-lyriques et une tonalité frondeuse finissent par susciter un sentiment ambivalent.
Gisèle Halimi, avec la virulence de la simplicité, dépeint l’iniquité de l’éducation dans nos sociétés, attaque l’inégalité à partir de l’intimité familiale, de la fratrie, de l’omerta sur le corps et la maternité, de la posture insatisfaite et exigeante des mères [1] et décrypté les résistances trans générationnelles contre tout changement. À ce propos tout est dit, la part de l’implicite n’existe pas chez l’auteure.
Par ailleurs, pendant quelques années la figure de Gisèle Halimi est restée floue, encore en raison de l’inexistence d’une documentation diversifiée. On s’interrogeait également sur ce nom à double consonance, comme les nôtres parfois. Cet aspect non documenté à l’époque restait sans réponse ; je ne connaissais ni l’envergure ni l’engagement de l’auteure, pour découvrir quelques années plus tard une indémontable ténor de la plaidoirie pour des causes justes.

Loin de réaliser que nous partagions avec elle, à notre insu parfois, un imaginaire collectif commun, une forme de familiarité ressentie au contact de ses premiers textes où l’extraction populaire juive, dominée par l’ordre patriarcal, est omniprésente. Le même regard porté sur des faits et choses que Kabyles, Nord africaines et méditerranéennes nous connaissions toutes – enfin presque et, toutes proportions gardées – des situations similaires. Il va de même de ce rapport à la résurgence de la célébration de la nature et des Anciens transcendant le simple regard historique.

Trente ans plus tard, ces mêmes configurations sont toujours là, habillées tantôt de religieux tantôt de conservatisme patriarcal ou de bienséance, parfois tout cela à la fois. Et puis, cette catégorie d’auteurs et de textes disparaît sournoisement mais assurément des manuels scolaires algériens.

Je comprends alors la force de sa posture humaniste et visionnaire, une jubilation. J’ai fini par adopter son écriture à travers laquelle le « politiquement correct » était peint comme une forme d’indifférence et de déni. Aussi hétéroclites que puissent être ses thématiques dans « Djamila Boupacha », « Le lait de l’oranger », « Histoire d’une passion », « La Kahina”, etc., il n’est pas difficile de trouver des points de convergence : la figure féminine et l’aspiration à la justice occupent une indéniable centralité. Aussi, je n’ai pas résisté aux passages lus dans « Histoire d’une passion » où elle livre une réflexion à la fois lyrique et philosophique disant : « Je crois que les êtres très profondément aimés réfléchissent une part de l’amour qu’ils inspirent. Choisis, élus, ils se sentent uniques. Le boomerang de l’amour, en quelque sorte. »
De même, les écrits qui ont suivi contribuent à comprendre la fluidité des rapports de genre, à sortir de la binarité hommes-femmes, à relire les ambivalences loin de l’illusion qu’entretiennent les “success stories” de femmes politiques ou scientifiques ou encore d’artistes. Gisèle Halimi a pu, loin des tribunes du média mainstreaming, identifier et illustrer la complexité des phénomènes menant aux inégalités, décortiquer le racisme et tous les rapports de domination, qu’ils soient le résultat d’un processus historique ou pas. Lors de ses interventions sur les plateaux TV ou les émissions radio (voir le cycle de France culture [2] notamment), la volonté de retranscrire, avec sérénité, la complexité des mouvements et des individualités qui luttent contre ces inégalités, ce qui rend sa plume caustique et cinglante. Elle plaide pour les syndicalistes tunisiens ainsi que des militants du Front de libération nationale (FLN) et torpille l’usage de la torture par les militaires français.

Plus qu’un épisode activiste, le procès de Bobigny [3](1972), le Manifeste des 343 et le dossier de Marie-Claire dont le procès se transforme en diatribe contre la loi 1920 [4] préparant de fait la loi Veil (1974) sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG) fait de notre militante la figure de proue.
L’audience se tient le 8 novembre 1972, durant plus de 12 heures [5]. Un coup de maître(sse) de l’association [6] féministe « Choisir la Cause des Femmes » présidée par Gisèle Halimi et Simone de Beauvoir.

Ainsi, ce sont aussi les situations les plus simples qui mènent à la compréhension de la complexité des processus de servitude, plus particulièrement féminine. Quelques années plus tard à l’université, la découverte de « Une Chambre à soi », bouquet de conférences de Virginia Woolf (1928) à Cambridge, me ramène à Gisèle Halimi et ses discours sur la menace des contingences familiales, le déracinement ou encore l’enfance sur la détermination du processus de création et d’engagement chez les femmes. Toutes ces thématiques ne sont pas en reste des grandes causes.
L’appropriation de la langue et la culture française ne lui font pas perdre de vue le destin des siens et son ascendance. Une probable quête d’identité, une approche ouvertement singulière du personnage de Dihya-Kahina avec une œuvre qui ouvre un judas sur une histoire assumée défiant sans doute toute accusation d’ethnicité ou de communautarisme et qui aboutit à une interrogation sur l’épopée contée de « La Kahina » et la fin de la reine berbère qui reste « mystérieuse pour les historiens »
Au regard de cette genèse du féminisme, j’ai de tout temps et volontairement retenu de son œuvre le très emblématique « La cause des femmes » mais, indéniablement, son parcours continue de nourrir les mobilisations féminines en France quand bien même s’ajoutent de nouvelles strates d’enjeux et de défis.

Depuis mai 2018, un collège à Aubervilliers (Seine Saint-Denis), près de Paris, porte son nom. Ce n’est pas aléatoire. Il reste bien des choses à dire sur cette femme de conviction, cette militante libérée des logiques de clochers, maîtresse d’œuvre d’un héritage métissé transmis aux futures générations de militantes et militants. Que les générations futures se saisissent de ce combat fécond.


Nacira Abrous,
Linguiste et auteure
Cnrs/Aix-Marseille Université


Aix-en-Provence 29 juillet 2020

Sources bibliographiques

  • Nivelle Pascale, « Dame de parité » dans Libération du 22 février 2020
  • Chaperon Sylvie, -« Une génération d’intellectuelles dans le sillage de Simone de Beauvoir », Clio. Femmes, genre, histoire, no 13,‎ 2001.
  • Djamila Boupacha en collaboration avec Simone de Beauvoir, Gallimard, 1962 La Cause des femmes, Gallimard, 1973
  • Le Lait de l’oranger, Gallimard, 1988
  • Une embellie perdue, Gallimard, 1995
  • La Nouvelle Cause des femmes, 1997
  • Histoire d’une passion, Plon, 2011
  • Gisèle Halimi, préface Simone de Beauvoir, Le procès de Bobigny : Choisir la cause des femmes, éditions Gallimard, nouvelle édition 2006, avec un texte inédit de Marie-Claire Chevalier
  • La Kahina, 2006
  • Perrin Christophe et Gaune Laurence, 2010 Parcours d’avocat(e)s, entretien avec Gisèle Halimi

Notes

[1] Elle dit dans un entretien accordé à « L’Humanité » du mercredi, 25 Juin 2003 :
« La domination, invisible et symbolique, devient même un instrument des femmes contre les femmes. »

[2] Consultable sur le site de France Culture

[3] Gisèle Halimi Le procès de Bobigny : Choisir la cause des femmes, éditions Gallimard.

[4] 31 juillet 1920 – Loi réprimant la provocation à l’avortement et la propagande anticonceptionnelle (JO. 1er août 1920). La loi de 1920 votée à majorité.

[5] La plaidoirie finale de Gisèle inspire une pièce de théâtre en 2018, adapté de Les grandes plaidoiries des ténors du barreau de Mathieu Aron.

[6] Voir : http://www.choisirlacausedesfemmes.org/

Le mouvement citoyen à l’épreuve du danger islamiste

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Hôpital d'Aokas juillet 2020

La révolution du sourire gardera-t-elle sa bonne humeur encore longtemps ? Le spectre de l’islamisme resurgit encore une fois, devenant l’épée de Damoclès au-dessus de sa tête. C’est dans ce contexte tendu que Bachir N, un syndicaliste kabyle et un militant de première heure au sein de ce mouvement citoyen, a bien voulu répondre à nos questions.

Rédaction Kabyle.com : Vous êtes un enseignant proche de la retraite. Vous avez derrière vous une longue carrière dans le domaine éducatif algérien. Durant plusieurs années, vous avez milité dans le domaine politique, associatif et syndical. Le mouvement citoyen au mois de février 2019, communément appelé le Hirak que l’on pourrait traduire par Amussu, a créé une dynamique ayant permis une mobilisation et une prise de conscience populaire vis-à-vis du pouvoir algérien inédite. Depuis le début de ce mouvement, vous avez participé à toutes les marches du vendredi se déroulant dans la ville de Tizi-Ouzou malgré l’éloignement de celle-ci de l’endroit où vous résidez. Pourriez-vous nous dire les raisons profondes de cet engagement de votre part et vous arrive-t-il de douter de l’issue de ce mouvement ?


Bachir N : Premièrement, la contestation a toujours été présente, même si elle a été sectorielle, territorialement limitée, dans notre pays. L’impression était que la grande révolution libératrice menée par les Algériens a été déviée de sa trajectoire, comme si on lui avait inculqué d’autres buts secrets greffés sur une surenchère nationaliste de bas étage. Rien d’une Algérie libre, démocratique et sociale. Un social, certes, mais adossé à un populisme qui garantit la survie des classes dirigeantes. C’est cette conscience qui a marqué à l’Algérien lambda et c’est là, aussi que réside le travail de l’élite intellectuelle. Elle-même doit se libérer de la couche de crasse dont les années de dictature et d’interdits de toute sorte l’ont recouverte.

Normalement, le Hirak a permis le déconfinement de cette élite qui a duré plusieurs décennies. Si ce n’est pas le cas, alors c’est le scepticisme. Deuxièmement, tout mouvement qui s’inscrit dans la durée, et le Hirak est un exemple concret, aura à traverser des moments difficiles. Et ce n’est pas sans incidence sur le moral. Mais ce qui a été constaté est que ces incidences ont été vite dépassées et le mouvement a toujours repris de plus belle. Étant interrompu par la pandémie du covid-19, ses objectifs ont été suspendus Je pense que l’avenir lui réserve une bonne suite, tout comme la surprise de sa naissance en février 2019.

Justement, en parlant du scepticisme, ces derniers temps, des voix s’élèvent pour dénoncer des manœuvres malsaines de Rachad visant à récupérer le Hirak. Rappelons que cette mouvance, au regard de ses membres fondateurs, est née des débris de l’ancien FIS ainsi que du système qu’elle prétend combattre. En tant qu’enseignant, croyez-vous que la jeunesse algérienne ayant subi un endoctrinement religieux dans les écoles de la république durant des décennies est en mesure d’éviter l’écueil religieux et de se tourner vers la démocratie et la modernité ?

Ces manœuvres malsaines ont toujours existé dans ce courant. Ce n’est pas pour rien que son contenu crédo : guerre est ruse, est popularisé au sein de cette mouvance et même au-delà. Ici ruse n’est pas synonyme de stratégie au sens noble du terme : celui qui fait appel à l’intelligence, mais plutôt à l’exploitation de situations au profit de leur cause, quitte à renier les pactes passés avec des partenaires. Pour eux, la cause défendue dépasse les objectifs que l’on puisse avoir ici-bas. Ils expliquent que l’ici-bas n’est rien par rapport à la préparation du monde éternel. Discours à teneur eschatologique oblige. Rachad, dans ce jeu, est capable de faire avancer ses plans. Sa riche expérience le lui permet. Ils ont probablement réfléchi et constaté leur échec, mais seront-ils en mesure de dépasser leurs blocages qui ne sont pas des moindres ? Pour cela, il faut qu’ils se remettent en cause sur plusieurs questions essentielles et existentielles. Ce qu’ils ne feront pas sans casse. Toutefois, il ne faut pas perdre de vue la réalité du terrain qui peut leur être favorable conjoncturellement, qui peut leur permettre de se saisir du pouvoir ou du moins une partie de celui-ci. La question est comment conjurer cette catastrophe. La solution ne viendra pas du pouvoir d’autant que lui-même base sa feuille de route sur la démagogie et a besoin d’un vernis islamiste lui permettant de perdurer. L’école algérienne est celle qu’il s’est construite et qui répond à ses aspirations et ouvre des voies à des courants d’endoctrinement qu’il ne peut pas toujours contrôler, mais deviennent des partenaires incontournables. Le pouvoir leur apporte Biens et Confort d’ici-bas, eux, par contre, assurent à celui-ci un soubassement idéologique nécessaire pour contrôler la société. Pour l’école, tant que sa mission n’est pas redéfinie, tout comme celle du système, elle ne peut pas éviter les écueils dont vous parlez. L’école synthétise cette hybridité que le pouvoir fait peser sur la société. Cette idéologie tiendra l’Algérien loin de ses préoccupations et de la recherche de solutions en s’armant du savoir, de la connaissance et de l’esprit scientifique en général. Ce système l’enferme dans l’irrationnel. La société vit sa propre réalité, sa lutte a pour but de transformer son cauchemar en une vie qui mérite d’être vécue. Ce constat n’a pas pour but de promouvoir un pessimisme quelconque, au contraire, la société peut dépasser toutes ces contradictions et forcer un passage vers un système meilleur.

Au sein de ce mouvement, la Kabylie est incontestablement à l’avant-garde. La preuve, elle est la seule région ayant réussi le boycott des élections présidentielles. Mais, pour beaucoup d’analystes, à long terme, elle pourrait perdre ses spécificités et son âme de démocrate qui l’anime, à force de faire preuve d’empathie envers les autres régions pour qu’elles puissent prendre conscience du désastre algérien. Cette situation ne vous rappelle pas un peu l’esprit qui animait les fondateurs de l’Étoile Nord Africaine ? Des Kabyles l’avaient créée, cependant, ils ont mis à sa tête Messali Hadj dont l’idéologie était à l’opposé de la leur et on connaît la suite, avec l’envahissement du mouvement nationaliste algérien par l’idéologie arabo-islamiste. Comment pourrait-on éviter à la Kabylie cette issue néfaste ? Dans une vidéo postée sur YouTube, quelqu’un présentait Zitout comme étant le futur président et Amir Dz ainsi que S. Aknine, présents à ses côtés, comme ses futurs conseillers. Ne trouvez-vous pas que le système est en train de biaiser le débat au sein de la contestation et de créer des faux héros avec lesquels il négociera demain pour mettre fin à ce mouvement conformément à un plan préétabli ?

Il est établi de façon incontestable que la Kabylie est à l’avant-garde de la contestation et de la revendication de la démocratie. Si le soulèvement à l’échelle nationale est aussi indéniable et d’une ampleur jamais atteinte, il n’en demeure pas moins que les niveaux de conscientisation sont en déphasage. La Kabylie a pris une avance, ce qui laisse supposer que les autres régions resteront dans l’expectative et ne parviendront pas de sitôt à un niveau de conscience qui appelle à un changement qualitatif, pour peu que les conditions le permettent.

Ce serait sous-estimer le travail en profondeur opéré par le Hirak pendant plus d’une année sur les esprits et les consciences. Le pouvoir et ses alliés l’ont compris. Ses réponses sont instructives : empêchement des marchés, arrestation des animateurs, parasitage des réseaux sociaux, etc. Donc, préserver les acquis et aller vers d’autres est le travail qui incombe. Est -ce qu’un parallèle est possible avec ce qui s’est passé au début du 20e siècle ? Rien n’est moins sûr. Même si nous nous retrouvons devant des situations analogues, il n’en demeure pas moins que toute comparaison est hasardeuse. Le placement de Messali à la tête du mouvement nouvellement créé a obéi à une conjoncture bien déterminée. En comparant la situation qui a donné naissance à l’Étoile Nord Africaine(ENA) et celle qui prévaut aujourd’hui, il faudra un long développement que nous n’allons pas nous hasarder à esquisser.

Je reviens à la conjoncture actuelle qui est celle où le mouvement citoyen risque de se faire happer par la mouvance islamiste et qui va nous replonger dans les siècles obscurs. C’est vrai qu’en ces temps de confinement, l’avenir du mouvement est sujet de beaucoup de questionnement. Les réponses ne sont pas évidentes. La fabrique de produits tels Zatout, DZ, ou autres sont des manœuvres dilatoires qu’il faut, quand même, prendre au sérieux. Pour ces nouvelles idoles, il faut brouiller les cartes, empêcher d’aller à l’essentiel, ramener le débat dans le terrain de leur prédilection. Certains se préparent même à d’éventuelles négociations avec le pouvoir et pour cela il faut y aller avec des atouts à faire prévaloir. Cet opportunisme a-t-il un lendemain ? Les jours à venir nous en diront plus à ce sujet. Ce qui va compter pour les démocrates ce sont leurs propres atouts qui se résument en leur union la plus large pour concrétiser le slogan : Algérie libre et démocratique brandi depuis ” l’ouverture démocratique” et qui attend son jour. Les démocrates doivent rester collés à l’actualité et aux côtés du peuple. Faire évoluer la situation de façon à créer les conditions pour l’instauration de la démocratie qui sous-tend une justice indépendante, les libertés individuelles et collectives d’expression d’organisation et de culte. Il faut éviter la focalisation sur les personnes, quelle que soit leur valeur. On ne peut comptabiliser que les avancées acquises par le mouvement. En ces temps de vaches maigres, la prudence et le bon sens doivent être les guides pour éviter une cassure irrémédiable du mouvement citoyen.

Une partie des indépendantistes kabyles soutient ce mouvement citoyen, une autre partie se montre sceptique quant à son issue. Cette dernière y voit un cheval de Troie et préférerait que la Kabylie consacre toute son énergie afin de se libérer du joug de cette junte militaire. Il serait plus facile de libérer la Kabylie que l’Algérie entière. Que diriez-vous à ces indépendantistes pour les convaincre de la nécessité de soutenir ce mouvement citoyen ?

Le mouvement citoyen du 22 février est une lame de fond. Je ne pense pas qu’il y ait un Kabyle qui ne souhaite sa réussite. Quant aux clivages qu’il peut y avoir dans le mouvement indépendantiste, je ne peux avancer aucune hypothèse, car j’ignore tout de sa composante. Ce que je sais, c’est qu’il s’est déclaré pacifiste, et même si je n’adhère pas à ses thèses, je ne lui dénie pas le droit à l’expression. Ils ont leurs propres convictions qu’ils assument. Quant à la stratégie qu’ils adoptent vis-à-vis du mouvement citoyen, c’est à eux seuls d’en tracer leur ligne.

Si demain ce pouvoir cède devant la pression populaire, faudrait-il mettre en place une période de transition ou bien organiser des élections présidentielles ?

Une période de transition est réclamée, il ne peut y avoir de nouvelle République sans une véritable transition. La période de transition est très importante, car elle permettra la mise en place d’un cadre dans lequel se dérouleront toutes les élections. La constitution et les lois actuelles sont rejetées et dénoncées, car elles sont une garantie pour la survie du système. Cette transition devrait être l’objet de négociations avec l’opposition.

Tout le monde peut voir à quel point elle est essentielle, c’est elle qui va préfigurer l’Algérie de demain. Le cadre qu’elle va instaurer est une balise qui évitera des dérapages, stabilisera les institutions et aboutira à des scrutins crédibles admis par une grande majorité. Ce jour-là, nous dirons que la mission du Hirak est accomplie. Est-ce que nous cheminons vers cette solution ? C’est le chemin le plus laborieux pour faire aboutir le projet d’une Algérie libre démocratique telle qu’elle est rêvée par la majorité des Algériens. Sans cela, aucune légitimité n’est acquise. Tous les petits calculs ne sont que de la roublardise qui sera vite éventrée et au final, les positions se radicaliseront. Le débat politique doit vite reprendre pour aller vers des clarifications. Ceux qui veulent évacuer ce débat, qui nous attend de toute façon, sont des gens qui nous préparent des surprises pas agréables.

Les habitués des arcanes du pouvoir ainsi que les adeptes du “harb khidaa” ne veulent pas de clarification, ils sont à l’affût du moindre faux pas concédé par les forces du progrès. Surtout, il ne faut pas se tromper de débat. Le débat, le vrai, c’est celui qui porte sur les enjeux en jeu, qui s’engage sur l’avenir démocratique du pays, qui place l’algérianité au cœur de la recherche des solutions. Qui sommes-nous ? Il ne s’agit pas uniquement de brandir des slogans “ni Est ni Ouest”. Nous sommes le produit de notre propre Histoire pas celui de celle des autres. Il faut s’assumer en tant que tel.

Le débat politique en question est déjà entamé au niveau de la diaspora, en l’occurrence en France. Des informations ont été relayées par des médias, entre autres El Hadath TV, indiquant que le Qatar a investi de sommes faramineuses dans la chaîne de télévision appartenant au fils de Abassi Madani, dans le but d’aider les islamistes à prendre le pouvoir en Algérie. A priori, la tâche sera rude pour les démocrates afin d’éviter que les islamistes ne cassent à nouveau cet élan démocratique comme ils l’avaient fait déjà après le soulèvement de 1988. Pour terminer, quel message voudriez-vous passer à la diaspora dans cette situation très tendue ?

Ces jours-ci l’actualité est accaparée par les activités des islamistes de tout bord et principalement le mouvement Rachad, aidé en cela par leurs mentors du Golfe afin de prendre le pouvoir en Algérie. Ce qu’ils n’ont pas pu réaliser par le terrorisme, ils veulent le faire aboutir en squattant le Mouvement citoyen du mois de février 2019.

On constate une résurgence, même dans les milieux “démocrates” de certains réflexes des années du terrorisme qui consistaient à justifier la terreur d’une idéologie qui s’assumait en tant que telle. Le pouvoir en place, comme les islamistes fondent leurs légitimités, l’un sur la rente que procure la manipulation de la participation à la guerre de libération et l’autre sur ce que la religion a de plus sordide. Sur ces terrains de leur prédilection, les résistances au dictat sont ardues, comme vous le dites si bien. Ce n’est pas le “ni…ni” slogan brandi dans l’absolu, loin de toute réalité qui changerait les choses.

Le mouvement du 22 février a modifié la donne. La priorité de la lutte contre le terrorisme avait permis au système de rebondir. Ce n’est plus le cas maintenant. Il suffit de voir les slogans des gens de la révolution du sourire pour s’en convaincre. Les attestations opérées par le pouvoir ne se font pas dans les milieux islamistes. S’il faut faire partir le pouvoir des militaires, il faut aussi en découdre avec l’idéologie théocratique.

La Diaspora algérienne et particulièrement kabyle a toujours été un acteur de premier plan. Elle a marqué l’histoire récente de notre pays. Elle s’est toujours sentie concernée par ce qui se passe en Algérie, elle s’est toujours impliquée dans les luttes, par la contribution à l’économie, la solidarité…personne ne peut me convaincre que des supérieurs de l’état qui croupissent dans des prisons pour corruption…sont plus patriotes que notre communauté immigrée.

Entretien réalisé par M. AMAGHNAS le 17 juillet 2020

Je ne veux pas croire, je veux savoir…

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Shamy Chemini
Shamy Chemini Juillet 2020 - Photographie Samir Hamma

J’ai, par hasard, vu et écouté sur Facebook, le représentant d’une espèce rare qui se dit Kabyle et se nomme Saïd Aknine. Cet énergumène sautant telle une puce s’exclame : – Que celui qui ne croit pas en l’islam quitte l’Algérie ! Un nouveau dictateur vient de se dévoiler sans gêne ni honte, mais il est tellement inintelligent qu’il ne se rend même pas compte de ses contradictions.

En réalité, il n’est qu’un perroquet répétant ce que ses maîtres lui murmurent à l’oreille. Ce spécimen non identifié à la face laide, vêtu d’une queue de chien autour du cou qui lui sert de cravate, se prend pour le maître du monde et se dit Kabyle.

Certes, les insultes ne sont pas honorables, mais cette petite chose crache sur tout un peuple, auquel selon lui il appartient et cela vaut de recevoir toutes les insultes du monde sur la place publique. Hélas pour lui, il n’est pas Kabyle, mais fils d’esclaves, héritier de l’époque ottomane, un être méprisable répudié par ses géniteurs, car si ce n’était pas le cas, il connaîtrait son histoire et respecterait les siens. Il vit en France et veut que ceux qui ne croient pas à son islam quittent l’Algérie ! Je réponds en mon nom à cette pensée mortifère.

Je suis pour l’indépendance de la Kabylie. Le jour où les islamistes seront tolérants, je le serai avec eux. Ceux qui affirment que cette religion est tolérante affirment que la neige est chaude.

Lorsqu’un homme de plus de quarante ans avec plusieurs épouses et concubines veut en plus enlever et épouser la femme de son fils adoptif qui n’a que neuf ans et de surcroît se dit prophète, cet homme pour moi est un pédophile et ceux qui croient en lui le sont aussi, avec du sang d’innocents sur les mains. Ce Mecquois issu de la famille Korrichi, illettré qui s’affirme prophète dans sa folie épileptique, a laissé derrière lui des millions de morts entre sa naissance et aujourd’hui. Ce Korrichi Mecquois n’a rien à voir avec l’Afrique du Nord et moins encore avec la Kabylie. Cette région du monde ne donne pas naissance à des monstres semblables. Ce sont ceux qui s’identifient à lui qui doivent quitter la terre de Tamazgha. Ce Dracula primitif né dans le désert, assoiffé de sang, n’est rien d’autre qu’un prédateur se faisant passer pour un prophète et des millions de personnes continuent à s’entretuer en son nom ! Il se disait aussi berger et se faisait entretenir par une riche vielle dame. Ce soi-disant prophète n’avait donc aucune morale. Son but était de verser le sang et de forniquer avec toutes femmes qui croisaient son chemin de neuf à quatre-vingt dix ans et vivre de sa spécialité : les razzias.

Je reviens à cette puce qui se dit Kabyle, Saïd Aknine et qui vient d’insulter tous les Kabyles. À l’avenir ce n’est pas ton prophète qui va te nourrir. Si tu avais un minimum d’honneur, tu ne viendrais pas mendier chez les chrétiens que tu insultes du matin au soir alors qu’ils t’offrent hospitalité et travail. Probablement qu’actuellement tu survis grâce au RSA. Il est intéressant de remarquer que tous ceux qui se disent islamistes fuient leurs pays pour venir vivre chez les « mécréants » comme ils les désignent. S’il n’y avait pas de frontières, tous les pays dont ils sont originaires seraient désertés.

Monsieur l’énergumène Saïd Aknine, l’Arabie Saoudite, le pays de ton prophète, est en train de massacrer les enfants yéménites avec l’aide des Américains financés par les islamistes Saoudiens. Toi, fils d’esclave, tu peux toujours aller servir Erdogan afin de massacrer les Libyens, mais de grâce oublie toute l’Afrique et particulièrement la Kabylie.

Pauvre type, si tu savais tous les massacres que les Arabes ont commis pour islamiser les peuples, tu n’oserais plus jamais parler de ton islam meurtrier. Si tu aimes tant ce dernier, pourquoi ne vis-tu pas dans un pays islamique ?

Si un jour tu tombes entre leurs mains, ils te feront porter le voile et te découperont en morceaux à coups de sabre. Toutes réponses venues de la part de quelqu’un qui réside chez les prétendus « mécréants » sont caduques. Il peut, par contre, aller dire ce qu’il veut en Arabie Saoudite ou en Iran, pays islamiques tolérants où règne la liberté d’expression et de culte !

Shamy Chemini Les Abranis – Artiste, écrivain.

shamy citation Kabyle.com
Photographie Samir Hamma
shamy citation 2 Kabyle.com

Algérie : 58 ans plus tard, un échec magistral

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Crânes des chefs kabyles décapités envoyés par Cheikh Ahaddad en reconnaissance dans toute l'Algérie.
Crânes des chefs kabyles décapités par les coloniaux français. Des chefs Kabyles furent envoyés par Cheikh Ahaddad en reconnaissance dans toute l'Algérie.

En 1962, les autorités françaises de l’époque, au lieu de remettre le pouvoir au FLN et son armée, l’ALN, ont remis insidieusement celui-ci à l’armée des frontières. En contrepartie, cette dernière a effectué leur sale besogne consistant à éliminer des centaines, voire des milliers, de combattants de l’ALN et un certain nombre de leurs chefs historiques que l’armée française n’avait pas pu éliminer durant 7 années de guerre. Vingt ans plus tard, la junte militaire remet au peuple algérien les dépouilles des Colonels Amirouche et Si Lhoues, en prenant soin de les enterrer aux côtés de ceux qui les avaient trahis et séquestrés.

58 ans plus tard, c’est la France qui remet à l’Algérie vingt-quatre crânes de résistants algériens décapités au XIXe siècle. Avec tous mes respects à ces braves hommes morts pour défendre leurs terres, permettez-moi de rappeler cette caricature circulant sur les réseaux sociaux : l’Algérie reçoit des crânes vides tandis que la France récupère tous les cerveaux formés dans les écoles de la République algérienne durant plusieurs années.

Combien de médecins, d’ingénieurs, ont-ils quitté l’Algérie depuis le début de la décennie noire ? Le chiffre donnerait certainement le tournis. L’Algérie d’avant 1962 était un pays cosmopolite, multiculturel et multiconfessionnel. Elle était constituée des autochtones (les Amazighs), les Juifs, les Arabes, les Pieds noirs, etc.).

Après l’indépendance, on a chassé les populations d’origine européennes ainsi que les Juifs qui étaient là à l’époque de Nabuchodonosor, dix siècles avant l’arrivée des Arabes, et l’on a renié la culture millénaire du pays en travestissant cette dernière, la rendant ainsi stérile. La diversité est signe de richesse, mais l’Algérie a sombré dans l’unicité morbide.

Avant 1962, l’Algérie était considérée comme le verger de la métropole. Des bateaux arrivaient vides de France pour se charger de denrées alimentaires diverses produites sur ses terres prolifiques. Maintenant, l’Algérie ne produit presque rien, elle vit de la rente pétrolière. Les bateaux accostant dans ses ports arrivaient pleins et repartaient vides. L’école est sinistrée depuis que le pouvoir a décidé de l’arabiser. Hier, pourtant, elle produisait des prix Nobel, à l’instar d’Albert Camus.

Cinquante-huit ans plus tard, elle forme des intégristes islamistes qui deviendront un danger et un frein à toute émancipation de la société. Pour s’en rendre, il suffit d’examiner deux photographies d’un même quartier d’une ville algérienne, l’une prise dans les années soixante, l’autre d’aujourd’hui, vous remarquerez que notre société a énormément régressé. On est passé d’un monde de lumières à celui des ténèbres. L’Algérie d’aujourd’hui est incontestablement un échec magistral. La tyrannie militaire conjuguée à l’arabo-islamisme en est responsable. Sans la démocratie, sans la laïcité, sans le respect de toutes les composantes ethniques et culturelles constituant ce pays et tant qu’on tourne le dos à la modernité, on n’est pas encore prêt de voir le bout du tunnel. Le mouvement citoyen né au mois de février 2019 pourrait être source d’espoir d’un changement radical du pouvoir en Algérie, à condition d’éviter l’écueil islamiste et démasquer les manipulations du pouvoir dont il est champion. Ce dernier est passé maître dans le détournement des objectifs de toute contestation populaire. Il est également capable de créer des héros qui seront ses futurs serviteurs. À bon entendeur méfiance !

M. AMAGHNAS