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Justice instrumentalisée : la Kabylie sous le couperet politique
Par la rédaction
Publié le 24 février 2026
Trois jeunes de Larbaa Nath Irathen ont été condamnés à mort dans un procès que la Ligue Kabyle des Droits de l’Homme qualifie d’arbitraire. Alors que la sentence suscite une vive émotion, la LKDH organise une conférence exceptionnelle le 1er mars 2026 pour dénoncer ce qu’elle considère comme une instrumentalisation politique de la justice.
C’est une sentence qui glace. Massinissa Hadbi, Yasin Drissi et Muhand Uramdan Belmedani, trois jeunes originaires de Larbaa Nath Irathen, en Kabylie, ont été condamnés à mort. Une décision judiciaire lourde de conséquences qui soulève aujourd’hui de nombreuses interrogations sur la régularité des procédures et l’indépendance de la justice.
Pour la Ligue Kabyle des Droits de l’Homme (LKDH), le compte n’y est pas. « Ces condamnations ont été prononcées de manière arbitraire, sur la base de dossiers dépourvus de preuves matérielles solides et d’éléments établissant clairement la culpabilité des accusés », dénonce l’organisation dans un communiqué.
« De graves manquements aux garanties d’un procès équitable »
Au-delà des faits reprochés aux trois condamnés, c’est tout le processus judiciaire qui est épinglé par la LKDH. Selon l’organisation de défense des droits humains, « de graves manquements aux garanties d’un procès équitable soulèvent de sérieuses interrogations quant à la régularité des procédures engagées ».
Une analyse qui trouve un écho particulier dans le contexte politique actuel. Pour la LKDH, ces poursuites « s’inscrivent dans un contexte politique marqué par une volonté d’incriminer le Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK) ». Une lecture qui laisse craindre, selon les termes mêmes de l’organisation, « une instrumentalisation de la justice à des fins politiques ».
« Une telle situation constitue une atteinte grave aux principes fondamentaux de l’indépendance judiciaire, de la présomption d’innocence et du respect de la dignité humaine », alerte la Ligue.
La parole aux condamnés
Pour éclairer l’opinion publique et documenter ce qu’elle considère comme une dérive judiciaire, la LKDH organise une conférence exceptionnelle le dimanche 1er mars 2026. L’événement aura ceci de remarquable qu’il donnera directement la parole aux principaux intéressés.
Massinissa Hadbi, Yasin Drissi et Muhand Uramdan Belmedani, les trois condamnés à mort, doivent en effet livrer leurs témoignages lors de cette rencontre. Une occasion rare d’entendre le récit de ceux qui se trouvent aujourd’hui dans le couloir de la mort.
À leurs côtés prendront la parole plusieurs personnalités engagées sur ces questions. Azaw At Qasi, président de la LKDH, ouvrira les débats. Maître Athman Bessalem, avocat et défenseur des droits humains, apportera son éclairage juridique sur les procédures engagées. Enfin, Charlotte Touati, historienne et chercheuse à l’Université de Lausanne, contextualisera ces événements dans l’histoire récente de la Kabylie.
Un combat contre la peine capitale
Au-delà du cas spécifique des trois jeunes de Larbaa Nath Irathen, cette conférence s’inscrit dans un combat plus large mené par la LKDH. L’organisation réaffirme ainsi « son opposition constante à la peine capitale ainsi qu’à toute instrumentalisation politique de la justice ».
Une position de principe qui prend une résonance particulière dans le contexte algérien actuel, où la question de la peine de mort reste d’actualité malgré un moratoire de fait sur les exécutions capitales.
Pour la LKDH, l’enjeu dépasse le cadre strictement judiciaire. Il s’agit aussi et surtout de défendre « les principes fondamentaux de l’indépendance judiciaire, de la présomption d’innocence et du respect de la dignité humaine ». Des valeurs que l’organisation estime aujourd’hui menacées.
Informer pour mobiliser
« À travers cette conférence, la LKDH entend informer l’opinion publique, dénoncer les condamnations arbitraires », précise le communiqué de l’organisation. Un objectif qui passe par la transparence et la documentation rigoureuse des faits.
La conférence du 1er mars devrait ainsi permettre d’établir un état des lieux complet de la situation des détenus kabyles et plus largement de l’état des droits humains en Kabylie. Un exercice nécessaire dans un contexte où l’information circule souvent de manière fragmentée.
Pour assister à cette conférence, l’inscription est obligatoire au 07 58 08 60 15. Une précaution qui s’explique probablement par la sensibilité du sujet et la nécessité de garantir le bon déroulement de l’événement.
Alors que la date du 1er mars approche, la mobilisation s’organise. Juristes, chercheurs, militants des droits humains et simples citoyens sont attendus pour entendre la parole de ceux que la justice a déjà condamnés, mais qui entendent bien faire entendre leur voix.
Pour aller plus loin :
Conférence organisée par la Ligue Kabyle des Droits de l’Homme (LKDH) – Dimanche 1er mars 2026 à 14h00 – Inscriptions au 07 58 08 60 15
