Stop à l'humilitation, agissons !
Libérer les prisonniers d'opinion Kabyles
Kabylie : le journaliste Allas Di Tlelli arrêté, appel du CMA à l’ONU
Le 30 décembre 2025, des agents de la gendarmerie algérienne ont procédé à l’arrestation brutale du journaliste et écrivain kabyle Allas Di Tlelli à son domicile, situé au village Aït-Buaddu, en Kabylie. Son habitation a été perquisitionnée et plusieurs effets personnels, dont son ordinateur, ont été saisis. Après une garde à vue d’une semaine, il a été placé en détention provisoire.
Dans un communiqué rendu public, le Congrès Mondial Amazigh (CMA) affirme qu’aucune infraction légale ne peut être reprochée à Allas Di Tlelli. Ses écrits, exclusivement consacrés à la promotion de la langue et de la culture kabyles et amazighes ainsi qu’à la défense des droits et libertés fondamentales, ne violent aucune loi en vigueur. Pour le CMA, les raisons de son arrestation sont donc exclusivement politiques.
Une voix libre réduite au silence
Selon le Congrès Mondial Amazigh, Allas Di Tlelli paie le prix de son engagement intellectuel et de son refus de se taire face à l’oppression subie par le peuple kabyle. Son arrestation s’inscrit dans un contexte de répression généralisée qui, selon l’organisation, s’est intensifiée de manière alarmante au cours des cinq dernières années en Algérie.
En Kabylie, les arrestations, convocations, intimidations, perquisitions et condamnations se succèdent quotidiennement. Le CMA évoque également des enlèvements, des actes de torture et des poursuites judiciaires lourdes, allant jusqu’à la peine capitale. Des milliers de vies — familiales, sociales et professionnelles — seraient ainsi brisées dans une impunité totale.
Une criminalisation systématique des Kabyles
Le communiqué souligne que cette politique de terreur d’État vise l’ensemble des Amazighs, mais frappe plus particulièrement les Kabyles, considérés comme « le dernier bloc de résistance amazighe » face à ce que le CMA qualifie d’« impérialisme arabo-islamique ».
Pour le seul mois de janvier 2026, plus de 50 Kabyles sont convoqués devant les tribunaux criminels algériens pour des accusations de « terrorisme » ou « atteinte à l’unité nationale », alors qu’ils n’ont fait, selon le CMA, qu’exercer pacifiquement leurs droits fondamentaux et affirmer leur identité kabyle-amazighe.
Un appel à la protection internationale
Le Congrès Mondial Amazigh estime que le pouvoir algérien ne se contente pas de punir arbitrairement des individus, mais poursuit un objectif plus large : l’anéantissement des peuples autochtones kabyle et amazigh, une politique qualifiée de génocidaire dans le communiqué.
Face à la gravité de la situation, le CMA en appelle solennellement à l’Organisation des Nations Unies, dont l’Algérie est membre, afin que les peuples amazighs d’Algérie soient placés sous protection internationale.
Dans l’immédiat, l’organisation exhorte également l’Union africaine et l’Union européenne à exiger la libération immédiate de tous les détenus politiques kabyles et amazighs. Ces instances, conclut le communiqué, ne doivent plus permettre à la dictature algérienne de violer le droit international dans l’indifférence générale.
