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CAN 2025 au Maroc : le drapeau amazigh banni des stades, millions de supporters choqués
Alors que le Maroc vient d’accueillir la Coupe d’Afrique des nations, une interdiction silencieuse a frappé les Amazighs tout au long de la compétition : leur drapeau a été systématiquement refoulé à l’entrée des stades de Rabat à Agadir. Le Congrès Mondial Amazigh dénonce un « acte raciste d’une haute gravité » et menace de poursuites internationales contre le royaume pour discrimination raciale.
Durant toute la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football qui s’est déroulée au Maroc du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026, un constat troublant s’est imposé dans les enceintes sportives du royaume : l’absence quasi totale des drapeaux amazighs. De Agadir à Tanger, en passant par Marrakech, Casablanca et Rabat, cet emblème identitaire, pourtant familier lors des précédentes compétitions, a mystérieusement disparu des gradins.
Une interdiction discrète mais systématique
Ce qui semblait être une anomalie s’est rapidement révélé être une politique délibérée. Les drapeaux amazighs ont été refoulés discrètement par les agents de sécurité et les forces de police à l’entrée des stades. Seuls les drapeaux des États dont les équipes participaient à la compétition étaient autorisés. Pour le Maroc, un seul étendard pouvait flotter dans les gradins : le drapeau national marocain. Le drapeau amazigh a ainsi été purement et simplement banni.
Cette interdiction, qui n’a suscité quasiment aucun commentaire officiel, a provoqué un choc profond chez des millions d’Amazighs marocains. Ces derniers se posent des questions légitimes : pourquoi les autorités marocaines ont-elles cherché à invisibiliser les Amazighs ? Est-ce là le sens de l’inclusivité et du vivre-ensemble prôné par le royaume ? Est-ce ainsi que l’État marocain respecte les Amazighs, peuple autochtone de ce pays ?
Le CMA dénonce un « acte d’agression »
Le Congrès Mondial Amazigh (CMA) a réagi avec une fermeté sans précédent à cette interdiction. L’organisation dénonce « avec force » ce qu’elle considère comme « un acte d’agression et de mépris envers les Amazighs ». Plus grave encore, le CMA qualifie cette mesure d' »acte raciste anti-Amazigh d’une haute gravité » et de « mesure autoritaire et arbitraire qui ne repose sur aucun fondement juridique ».
Pour l’organisation, cette interdiction constitue une atteinte directe à l’identité amazighe et à la dignité d’un peuple autochtone sur sa propre terre.
Un ultimatum qui n’a pas été entendu
Avant la finale qui s’est déroulée le 18 janvier au stade de Rabat, opposant le Maroc au Sénégal, le CMA avait exigé que la Fédération marocaine de football publie un communiqué officiel dans lequel elle présenterait ses excuses au public amazigh et l’informerait que le drapeau amazigh serait autorisé sans aucune restriction lors du match final.
L’organisation avait appelé les supporters amazighs à se rendre au stade munis de leur emblème identitaire, à condition que ces excuses soient formulées publiquement. En l’absence d’un tel communiqué, le CMA avait appelé « instamment les Amazighs à boycotter ce match en ne se rendant pas au stade et en ne regardant pas le match à la télévision ». Comme alternative, l’organisation avait recommandé l’organisation de matchs amicaux locaux avec le déploiement massif de drapeaux amazighs.
Vers des poursuites internationales
Le CMA ne compte pas en rester là. L’organisation se réserve le droit de poursuivre le Maroc devant les tribunaux et les instances internationales pour discrimination raciale. Une menace qui témoigne de la gravité de la situation et de la détermination du mouvement amazigh à faire valoir ses droits.
« Les Amazighs doivent se dresser massivement et obstinément contre tous les actes d’exclusion de leur emblème ou de n’importe quelle autre composante de leur identité », martèle le CMA. « De tels actes sont illégaux et porteurs de haine et doivent être fermement et systématiquement dénoncés et combattus. »
« Le combat pour la dignité, la justice et la liberté est un combat de tous les jours », conclut l’organisation.
Cette affaire jette une ombre sur une CAN qui devait célébrer l’unité africaine et ravive les tensions autour de la question identitaire au Maroc, alors même que le royaume a inscrit l’amazighité comme composante officielle de son identité nationale depuis la réforme constitutionnelle de 2011.
Ces informations sont issues d’un communiqué officiel publié par le Bureau du Congrès Mondial Amazigh (CMA) le 17 janvier 2026 à Paris.
