Stop à l'humilitation, agissons !
Libérer les prisonniers d'opinion Kabyles
Déchéance de nationalité : l’Algérie vient d’officialiser l’expulsion juridique du peuple kabyle de sa propre terre
Ils voulaient faire des Kabyles des terroristes ou des fascistes, se venger de l’expulsion des gendarmes de la Kabylie par la population en 2001. Ils en font désormais des apatrides. La loi 26-01 du 17 février 2026 ne tombe pas du ciel : elle est l’aboutissement logique d’une stratégie d’État vieille de plusieurs décennies, fondée sur un retournement accusatoire systématique. Ceux qui résistent à l’oppression sont criminalisés. Ceux qui réclament leur liberté sont assimilés à des ennemis de la nation. Et aujourd’hui, ceux qui existent en tant que peuple sont effacés par décret.
L’inversion accusatoire : un mécanisme d’État bien rodé
Depuis des années, le régime algérien a perfectionné une technique redoutable : transformer la victime en bourreau. Les Kabyles qui manifestent pacifiquement pour leur identité, leur langue, leur autodétermination, sont poursuivis sous l’article 87 bis du code pénal. Cet article est taillé sur mesure pour amalgamer militantisme politique et terrorisme. Treize mille personnes condamnées. Treize mille citoyens traités en criminels pour avoir osé penser librement.
C’est le principe même de l’inversion accusatoire : désigner comme fasciste ou terroriste celui qui refuse d’être soumis, afin de légitimer la répression qui s’abat sur lui. En nommant le Kabyle « ennemi de l’unité nationale », le régime se donne le droit de le broyer, tout en se présentant comme le garant de la paix.
Une loi qui se retourne contre elle-même
La loi 26-01 est, paradoxalement, une arme à double tranchant pour Alger. En décrétant que quiconque « porte atteinte à l’unité nationale » peut être déchu de la nationalité algérienne, l’État algérien reconnaît implicitement ce que Ferhat Mehenni affirme depuis des années : les Kabyles ne se reconnaissent pas dans cette « unité » imposée par la force. Si douze millions de Kabyles sont potentiellement concernés par cette loi, alors c’est la légitimité même de l’Algérie sur la Kabylie qui s’effondre.
Ferhat Mehenni, président en exil de la Kabylie, l’a immédiatement compris et retourné brillamment l’argument : si les prisonniers politiques kabyles sont coupables d’avoir milité pour l’autodétermination, qu’on les libère et qu’on les expulse. Et si les Kabyles sont trop nombreux pour être tous expulsés, c’est tout simplement parce qu’ils sont chez eux et que c’est à l’Algérie de quitter la Kabylie.
Une violation flagrante du droit international
Le droit international est sans ambiguïté : toute personne a droit à une nationalité, à une patrie. La Convention de 1954 relative au statut des apatrides, la Déclaration universelle des droits de l’homme, les engagements onusiens. Tout cela est foulé aux pieds par cette loi. L’appel de Ferhat Mehenni aux instances internationales n’est donc pas symbolique. Il pose une question concrète et urgente : peut-on laisser un État fabriquer des apatrides de masse au XXIe siècle, sur fond de criminalisation d’un peuple entier ?
La République fédérale de Kabylie, réponse politique à l’arbitraire
Proclamée solennellement le 14 décembre 2025, la République fédérale de Kabylie n’est pas une provocation. Elle est une réponse politique, juridique et morale à des décennies d’oppression. Face à un État qui refuse de reconnaître l’existence d’un peuple, ce peuple se donne les institutions qui lui permettent d’exister. La loi 26-01 ne fait qu’accélérer cette prise de conscience : l’avenir des Kabyles ne peut pas se construire dans le cadre algérien.
L’Algérie voulait effacer les Kabyles par la peur, puis par les prisons, maintenant par la loi. Mais on n’efface pas douze millions de personnes sur leur propre sol ancestral par un décret publié au Journal officiel. En cherchant à déchoir les Kabyles de leur nationalité, le régime algérien vient, malgré lui, de valider la thèse centrale de la cause kabyle : les Kabyles et l’Algérie sont deux réalités distinctes. Et cette réalité-là, aucune loi ne pourra la rayer de l’histoire.
La déclaration du 1er Président de la République Fédérale de Kabylie dans son intégralité
La loi numéro 26-01 du 17/02/2026 portant déchéance de la nationalité algérienne vient d’entrer en vigueur, après sa publication au Journal officiel. Désormais, est déchue de sa nationalité toute personne qui :
« 1 — a agi, de manière manifeste et sans équivoque, d’une façon de nature à porter gravement atteinte aux intérêts de l’Algérie, à l’unité nationale, à la sécurité de l’État et à la stabilité de ses institutions, à l’unité du peuple ou aux symboles de la Révolution de libération nationale, ou a exercé publiquement des activités hostiles à l’Algérie. »
Treize mille Kabyles arrêtés et condamnés sur la base de l’article scélérat 87 bis du code pénal sont désormais, de fait, déchus de leur nationalité. En ma qualité de président en exil de la Kabylie :
1) J’appelle les autorités algériennes à être conséquentes avec elles-mêmes et avec leur absurde loi, en procédant immédiatement à la libération de tous les prisonniers politiques kabyles condamnés pour avoir agi en faveur du droit à l’autodétermination de la Kabylie, donc contre l’Algérie. Je leur demande de les expulser vers le pays de leur choix.
2) Comme l’écrasante majorité des Kabyles est pour l’indépendance de la Kabylie, tous les citoyens kabyles sont candidats à l’abandon de la nationalité algérienne. Mais comme ils sont plus de douze millions et vivent sur leur terre ancestrale, c’est à l’Algérie qu’il appartient de quitter la Kabylie, et non aux Kabyles d’en être expulsés.
3) Au vu de cette loi qui, au passage, contrevient aux conventions internationales selon lesquelles toute personne a droit à une patrie, j’appelle les instances internationales à constater que la Kabylie et le peuple kabyle sont plus que jamais fondés à avoir leur État indépendant de l’Algérie. Dans quelques jours, une lettre en ce sens leur sera adressée solennellement, tout comme une autre, tout aussi solennelle, sera envoyée aux autorités algériennes.
Vive la République fédérale de Kabylie, légitimement proclamée le 14/12/2025
Ferhat Mehenni 27/02/2026
