Le crépuscule des tyrans : de Téhéran à Alger

Le 28 février 2026 restera comme le jour où le « mur de la peur » s’est fissuré simultanément au Proche-Orient et en Afrique du Nord. Tandis que les frappes chirurgicales de l’opération « Roaring Lion » israélienne et « Operation Epic Fury » américaine pulvérisaient le commandement des Gardiens de la Révolution, un autre événement, tout aussi symbolique, marquait la fin d’une époque pour la résistance amazighe.

Coïncidence ou basculement programmé : le jour même de la chute de Khamenei, le militant kabyle Djamel Azaim réussissait son exfiltration vers le Royaume du Maroc. Après six longues années de détention arbitraire dans les geôles du régime algérien, cette évasion réussie vers une terre alliée des libertés régionales sonne comme un camouflet pour Alger. La liberté d’Azaim, au moment précis où le tuteur iranien s’effondre, symbolise l’échec d’une politique de répression qui ne tenait que par des alliances désormais réduites en cendres.

La chute d’un système et la fin de l’exception chiite

Ali Khamenei, qui régnait sans partage depuis 1989 (succédant à l’Ayatollah Khomeini, dont le retour d’exil de Neauphle-le-Château en 1979 avait été facilité par la France), a été pulvérisé dans son bunker au deuxième sous-sol. Sa mort, confirmée par les médias d’État, marque la fin d’un cycle de 37 ans.

Le bilan est un désastre absolu pour l’axe de la « Résistance » arabiste et islamiste ainsi que la gauche socialiste et régressionniste :

  • Décapitation militaire : le Guide, le ministre de la Défense Amir Nasirzadeh et le chef d’état-major Mohammad Bagheri ont été éliminés.
  • Neutralisation des proxies : Le Hamas et le Hezbollah, bras armés de Téhéran, sont désormais orphelins de leur banquier et stratège.
  • Faillite défensive : Les systèmes S-300 et S-400, supposés sanctuariser le ciel iranien, n’ont pu empêcher l’annéantissement des sites nucléaires lors de cette offensive et des précédentes frappes de juin 2025.

Succession et résistance désespérée

Alors qu’un Conseil de transition dirigé par l’ayatollah Alireza Arafi tente de maintenir l’illusion d’une continuité constitutionnelle, les Gardiens de la Révolution (IRGC) jouent leur va-tout. En réaction, ils ont lancé l’opération « Vraie Promesse 4 », visant 27 bases américaines et des installations à Tel Aviv, provoquant des déflagrations jusqu’au Qatar.

Alger : Le naufrage du proxy orphelin

Face à ce séisme, le régime d’Alger a accouché le 28 février d’un communiqué d’une vacuité historique. Incapable de condamner l’offensive ou de soutenir son allié, Alger s’est murée dans une « profonde préoccupation ».

Historiquement, l’Algérie et l’Iran partageaient une vision « anti-impérialiste » qui servait de couverture à la répression interne. La photo de la poignée de main entre Tebboune et le « regretté » Raïssi symbolise aujourd’hui un axe brisé. Pour Alger, la chute de Khamenei est un couperet : elle perd son tuteur idéologique et son levier de nuisance régionale (notamment via le soutien indirect au Polisario).

La Kabylie et le Kurdistan : l’éveil des peuples

Le rugissement du lion à Téhéran résonne comme un chant de liberté pour les nations opprimées :

L’option Pahlavi : le retour potentiel de la dynastie Pahlavi offre l’image d’un Iran moderne et laïc, aux antipodes du dogmatisme qui paralyse Alger.

L’alliance des périphéries : en Iran, les Kurdes du Rojhilat célèbrent déjà la fin du joug théocratique. Pour la Kabylie, une perspective historique s’ouvre. En plus du soutien moral d’Israël et du Kurdistan, le peuple kabyle voit s’effondrer le modèle arabo-islamiste qui inspire ses propres oppresseurs.

Le sort des « Kabyles de service » : cet effondrement est un désastre pour les relais locaux du régime et la sphère complotiste (Soral, LFI, Rima Hassan) qui tentaient de lier le sort de l’Afrique du Nord à l’agenda de Téhéran. Leur discours haineux se heurte désormais à la réalité d’un monde où le tyran n’est plus.

L’accélération de l’Histoire

Khamenei pensait pouvoir jouer la montre. Il a ignoré que le monde avait changé. Ce calcul fatal emporte avec lui tout un système d’alliances. Pour les peuples d’Afrique du Nord, la chute de Téhéran n’est pas seulement un événement étranger : c’est le signal que la libération des consciences et des territoires est désormais à portée de main.

Rédaction Kabyle.com
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