Jour de l’indépendance kabyle : 14 décembre 2025

En tant que média libre et indépendant, notre devoir est de documenter, d’archiver et de transmettre.

Nous avons la responsabilité de réunir toute la documentation historique, politique et citoyenne liée à cet acte fondateur du 14 décembre 2025, et d’en assurer une couverture complète et rigoureuse.

Notre mission dépasse l’actualité : elle consiste à préserver la mémoire du peuple kabyle, à donner la parole à celles et ceux qui œuvrent pour la vérité, et à inscrire ce moment dans l’histoire commune des peuples libres.

Acte historique et légitime d’un peuple debout

Le 14 décembre 2025, l’Histoire retiendra la reconnaissance internationale de la Kabylie en tant que Nation et État souverain.

Même si ce droit ne peut encore s’exercer pleinement sur le terrain, comme pour le Tibet ou la Catalogne, il marque un tournant irréversible dans la marche du peuple kabyle vers sa liberté.

Ce moment n’est pas une rupture : il marque l’aboutissement d’un long processus de résistance, de conscience et de dignité.

Le choix de l’heure : 18h57

Le 14 décembre à 18h57, la Kabylie affirmera son existence en tant que Nation et État.

Cette heure n’a pas été choisie au hasard : elle correspond symboliquement à l’instant où la Kabylie perdit sa souveraineté, à la suite de l’invasion coloniale française du XIXᵉ siècle, précisément la campagne de Kabylie du 24 mai 1854 au 15 juillet 1857.

Ce sera aussi un acte de mémoire et de fidélité à l’armée kabyle de la bataille d’Icheriden (maquisards) le 24 juin 1857. Il était question pour les colonnes infernales de Randon d’effacer le peuple kabyle comme elle avait voulu effacer le peuple vendéen.

En fixant cette heure précise, le peuple kabyle referme le cycle de la dépossession.
Il rend justice à des générations effacées de l’Histoire, et réconcilie le temps de la perte avec celui de la renaissance.

En 1962, le pouvoir naissant fut confisqué par ceux qui voyaient dans la Kabylie non un pilier, mais un obstacle.
Les Kabyles, assassinés, trahis par leurs propres frères ou marginalisés par les clans du système, comprirent dès 1963 que l’indépendance avait changé de drapeau, non de nature.

Un droit, pas une sédition

Le droit à l’autodétermination est inscrit dans la Charte des Nations unies et dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Il garantit à chaque peuple le droit de choisir librement son destin.

La Kabylie, comme d’autres peuples privés de parole, en revendique aujourd’hui l’application pleine et entière.

Ce choix n’est pas un acte de division ni de haine, mais un acte de vérité historique.

Un peuple qui a préservé sa langue, sa culture et ses institutions traditionnelles malgré la colonisation, la centralisation et la répression, ne peut être réduit au silence.

Depuis 1962, le peuple kabyle subit l’oppression d’un pouvoir arabo-islamique autoritaire, qui exerce sa domination sur tous les plans : mainmise sur les comités de villages, endoctrinement, emprisonnements arbitraires et procès iniques.
Les rapports d’Amnesty International, les alertes de Reporters sans frontières et les témoignages de journalistes indépendants confirment une réalité constante : toute forme de liberté de conscience ou d’expression y est attaquée.

Le 26 juin 2001, la junte algérienne durcit l’article 144 bis 2 du Code pénal algérien qui punit « quiconque offense le prophète et les envoyés de Dieu ou dénigre le dogme ou les préceptes de l’islam ».

Le 18 mai 2021, la dictature algérienne a classé le mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK) organisation « terroriste ».

Dans le même temps l’Ordonnance du 8 juin 2021 n° 21-08 a introduit deux paragraphes supplémentaires à l’article 87 bis du Code pénal qui définit le crime de terrorisme est considéré comme acte terroriste ou sabotage, tout acte visant la sûreté de l’Etat, l’unité nationale et la stabilité et le fonctionnement normal des institutions par toute action ayant pour objet de : œuvrer ou inciter, par quelque moyen que ce soit, à accéder au pouvoir ou à changer le système de gouvernance par des moyens non constitutionnels, porter atteinte à l’intégrité du territoire national ou d’inciter à le faire, par quelque moyen que ce soit.

Une répression devenue intenable

Le refus obstiné du régime algérien d’engager un dialogue sincère, la criminalisation de toute expression kabyle autonome, l’emprisonnement de militants pacifiques et les condamnations à mort prononcées contre des opposants d’opinion ont scellé le divorce politique et moral entre la Kabylie et l’État algérien.

Le plus tragique, c’est que beaucoup de Kabyles ne s’en aperçoivent même plus.
L’exil est vécu comme une simple fatalité économique, la langue abandonnée aux mains d’académies déconnectées, les marabouts instrumentalisés ou une élite conciliante avec le pouvoir algérien pour régenter la vie associative kabyle.
En France, une jeunesse sans soutien se retrouve piégée entre les illusions d’une gauche paternaliste, la peur d’être cataloguée et la crainte même de la politique.

Les jeunes Kabyles, les exilés de Kabylie, les intellectuels qui ont rejoint le mouvement de l’autodétermination de la Kabylie et son initiateur Ferhat Mehenni ont osé briser les codes imposés par leurs familles, l’école algérienne et les imams.
En s’affranchissant de ces carcans, ils portent une véritable révolution intellectuelle et morale : celle d’une Kabylie qui se relève, libre de penser et de se gouverner elle-même.

Une naissance annoncée

L’indépendance de la Kabylie n’est pas une proclamation : c’est une évidence que l’Histoire finit par reconnaître.
Ce peuple se dresse aujourd’hui non par vengeance, mais par fidélité à sa mémoire et à ses martyrs.
Il se présente au monde avec la force du droit, la dignité des peuples libres et la volonté d’un avenir en paix avec tous ses voisins.

Une nation ouverte

La future République kabyle se veut démocratique, laïque et respectueuse des droits humains.
Elle portera la voix d’une Afrique du Nord réconciliée avec ses racines amazighes et ses valeurs de liberté, de justice et de solidarité.

Aucune prison ne peut enfermer un peuple.
Aucun mur ne peut arrêter la mémoire.
La Kabylie existera, debout parmi les nations libres.

Stéphane Mérabet Arrami
Stéphane Mérabet Arrami
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