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L’islamisme politique et les incendies de forêt
À première vue, rien ne semble relier les incendies de forêt de ces jours-ci à l’islamisme politique. Les flammes dévorent les arbres, les animaux fuient ou périssent, des familles perdent leurs maisons, parfois leurs proches. La tragédie paraît n’être qu’une catastrophe naturelle ou humaine.
Mais beaucoup d’islamistes radicaux voient dans ces drames une tout autre réalité : une formidable opportunité de propagande. Là où la population voit des forêts réduites en cendres, eux discernent une scène idéale pour diffuser leur idéologie. Chaque catastrophe devient un levier psychologique, chaque catastrophe une occasion de recruter, de convaincre et d’intimider.
Je me souviens de cette phrase glaçante qu’un islamiste fanatique m’a adressée : « Ces chaleurs et ces feux ne sont rien comparés à ce qui vous attend dans l’au-delà si vous vous éloignez de la voie de Dieu. » Derrière ces mots ne se cache pas seulement une croyance ; ils illustrent une rhétorique de la peur, où la souffrance terrestre est instrumentalisée pour imposer une vision du monde.
Dans cette folie fanatique, la canicule et les incendies deviennent des arguments de prédication. Ils sont présentés comme un avant-goût du prétendu « enfer » destiné à faire plier les plus récalcitrants. La peur devient un outil de persuasion. La catastrophe devient un sermon. L’angoisse devient un moyen de soumettre les consciences.
Ce discours radical et dénué de tout bon sens repose sur une mécanique profondément manipulatrice : transformer un événement tragique en prétendue preuve d’un châtiment divin, exploiter la détresse des victimes pour renforcer une emprise idéologique et présenter des interprétations invérifiables, illogiques et mensongères comme des certitudes absolues. Le mensonge, la culpabilisation et l’intimidation s’entremêlent jusqu’à faire croire que chaque flamme serait un message du ciel.
Dans cette vision biaisée du monde, la forêt n’est plus un patrimoine vivant. Les arbres, les animaux, les écosystèmes, l’air que nous respirons, et même les vies humaines passent au second plan. L’essentiel pour eux est de faire peur à la population; de lui faire peser une menace permanente. Ils associent volontiers la catastrophe naturelle à un avertissement surnaturel. Ils veulent maintenir les populations sous l’emprise de la crainte pour les mener vers la « bonne voie » que ces sinistres idéologues prétendent détenir. C’est le mode opératoire connu de l’idéologie fanatique : elle ne se contente pas d’expliquer le monde de façon rationnelle et convaincante, elle cherche à s’approprier les tragédies pour gouverner les esprits. Plus la peur grandit, plus elle espère étendre son influence. Les flammes consument les forêts ; la propagande, elle, tente de consumer les consciences.
Djamel AREZKI
