Le deux poids, deux mesures de la FIFA : pour la reconnaissance de l’équipe nationale kabyle et de Fédération nord-africaine de football !

L’Afrique du Sud a son équipe, l’Afrique du Nord a droit à la sienne. Aujourd’hui, la participation de la Kabylie à la CONIFA est une étape, mais elle ne suffit plus. L’objectif légitime est une intégration de plein droit au sein de la FIFA.

Pourquoi est-ce historiquement et juridiquement légitime ? Le football mondial regorge d’exemples où l’identité nationale dépasse les frontières politiques :

Le modèle britannique : l’Écosse, le Pays de Galles ou l’Angleterre ne sont pas des États indépendants à l’ONU. Ils font partie du Royaume-Uni, mais possèdent leur propre équipe officielle à la FIFA. Si le football reconnaît l’identité historique des nations britanniques, pourquoi nier celle des peuples autochtones d’Afrique du Nord ?

La jurisprudence du droit : Des territoires comme Gibraltar ou le Kosovo ont forcé les portes de la FIFA et de l’UEFA par des batailles juridiques, prouvant qu’une fédération sportive peut exister indépendamment des verrous politiques.

Pendant ce temps, le scandale algérien est cautionné

La FIFA ferme les yeux sur les dérives gravissimes de la fédération algérienne. Comment parler de « football réconciliateur » quand la liberté de la presse et les droits fondamentaux sont piétinés ? C’est un scandale mondial qui utilise le sport pour blanchir la répression politique. Les faits sont là, implacables : le journaliste Christophe Gleize est toujours derrière les barreaux pour avoir communiqué avec le président de la Fédération Kabyle de Football. Parallèlement, le président de la JSK n’a lui non plus toujours pas été libéré. Le football sert ici de couverture à une répression féroce.

Une assimilation forcée et l’illusion des ligues

Sur le terrain, le déni identitaire est total. Les langues amazighe et kabyle sont absentes des maillots, des écussons et des instances officielles. Les athlètes et les populations sont systématiquement assimilés au concept politique du « Maghreb arabe ». Pour cautionner cette politique, le pouvoir instrumentalise des « KDS » (Kabyles de Service).

Une question de conscience

Face à ce rouleau compresseur, un Kabyle, un Amazigh conscient de son histoire ne peut décemment plus supporter cette équipe nationale algérienne.

Le désastre des enfants de l’immigration

Le constat est encore plus douloureux et désastreux lorsqu’on voit des enfants de l’immigration, nés et ayant grandi dans des démocraties occidentales, accepter de prêter leur image et de servir de caution à ces régimes en place. Devenir la vitrine publicitaire d’un système répressif est une abdication morale. L’écoeurement est complet avec Zidane.

Le mirage régional

Ne nous trompons pas de perspective. Si certains pensent trouver une alternative avec l’équipe du Maroc sous prétexte d’une plus grande porosité culturelle, le constat reste amer. Au Maroc comme en Tunisie, le chantier reste immense : le fait arabe et l’assimilation institutionnelle l’emportent toujours sur la reconnaissance pleine et entière de l’identité amazighe.

Le sport ne doit plus être l’otage d’un projet d’effacement culturel et de la propagande politique. Il est temps que les instances internationales ouvrent les yeux et reconnaissent les nations originelles d’Afrique du Nord !

Alors, faute de mieux, on vibrera pour les quelques athlètes qui portent encore en eux une étincelle amazighe dans ces équipes nationales. Et on continuera de rêver au jour où nos noms seront floqués en tifinagh. Ce jour-là, le monde découvrira notre alphabet « extra-terrestre » et succombera peut-être, à son tour, au charme de nos mystères.

Stéphane MÉRABET ARRAMI

Yufitran
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