La FFF affichera le portrait de Christophe Gleizes

La Fédération Française de Football (FFF) va afficher, dans les prochains jours, le portrait de Christophe Gleizes sur la façade de son siège parisien, avenue de la Porte de Montreuil. Un geste fort pour soutenir ce journaliste français, condamné à sept ans de prison en Algérie pour avoir simplement exercé son métier.

Cette décision, inédite pour l’institution du football français, intervient dans un climat de mobilisation croissante pour la libération de Gleizes, dont la détention est dénoncée comme arbitraire par de nombreuses organisations internationales.

Un journaliste condamné pour une interview

Christophe Gleizes, reporter notamment pour So Foot et So Press, a été arrêté en juin 2025 lors d’un déplacement en Kabylie. Son « crime » : avoir réalisé une interview du président de l’équipe nationale kabyle, une sélection non reconnue par la FIFA mais affiliée à la ConIFA, une fédération regroupant les équipes des peuples sans État ou non représentés au niveau international.

En novembre, la cour d’appel de Tizi Ouzou a confirmé sa peine de sept ans de prison, au titre d’atteinte à la sécurité de l’État. Une décision jugée politique par Reporters sans frontières (RSF), qui rappelle que Gleizes était en possession d’un visa de journaliste délivré par les autorités algériennes.

La FFF prend position : un geste inédit

La décision de la FFF d’afficher son portrait fait suite à une campagne de solidarité menée par So Foot, et au soutien public de plusieurs figures du monde du sport et de la presse. Parmi elles, l’ancien footballeur Raí Oliveira, légende brésilienne et ex-joueur du PSG, qui a appelé dans une vidéo à la libération immédiate du journaliste. Mais il n’est pas le seul à briser le silence. Dominique Rocheteau, figure historique du football français, ancien international et membre emblématique de l’équipe de Saint-Étienne dans les années 1970, a également apporté son soutien à Christophe Gleizes, rappelant que le sport ne peut être coupé des droits fondamentaux.

Au-delà du football, c’est la liberté d’expression qui est en jeu.

Le sport et la liberté d’expression

L’affaire Gleizes met en lumière la dimension politique du sport, notamment en Algérie, où toute initiative affirmant une identité, kabyle en particulier, est perçue comme une menace à l’unité nationale.
L’équipe nationale kabyle, soutenue par la diaspora et par la ConIFA, est interdite de toute activité officielle sur le territoire algérien. Son président condamné à mort par l’Algérie vit en exil en France. Ses membres, lorsqu’ils sont identifiés, font l’objet de pressions, voire de menaces.

En soutenant Gleizes, la FFF ne soutient pas une cause séparatiste. Elle soutient le droit fondamental de tout journaliste à poser une question sans risquer la prison.

Une onde de choc dans la sphère kabyle ?

Ironie de la situation : si la FFF française s’engage publiquement, aucune structure kabyle officielle en diaspora ou en Algérie, qu’elle soit culturelle, sportive ou médiatique, n’a à ce jour exprimé le moindre soutien.
Un silence que certains dénoncent comme un abandon, voire une forme de complicité passive, dans un climat de répression systématique de toute expression amazighe autonome.

La visibilité du portrait de Gleizes sur un bâtiment aussi symbolique que celui de la FFF pourrait marquer un tournant dans l’affaire, en ramenant la lumière sur un dossier que les autorités algériennes préféreraient voir sombrer dans l’oubli.

Christophe Gleizes est emprisonné pour avoir fait son travail. Son portrait affiché par la FFF est un rappel : la liberté de la presse ne connaît pas de frontières.

Rédaction Kabyle.com
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