Djaffar Benmesbah : «Je peins de la mémoire sur les bustes des femmes en fouta»

Ainsi donc, j’humilie la femme kabyle en la dénudant ! Tu me demandes de la pudeur dans mes écrits et un peu de leḥya, de « hchouma » dans mes peintures ? Pour que le corps d’une femme exulte, celle-ci devrait se nommer Brigitte, Lucie, Stéphanie ou Béatrice ? Avant, les traditions débiles t’invitaient à croire que Dieu, quand Il avait créé la femme avait omis de lui enlever la faculté de penser et de lui ôter l’usage de la parole. Aujourd’hui, c’est pire, son corps a des revers déplaisants, quand il est découvert, se produisent automatiquement des tremblements de terre en guise de représailles divines ! Connard, quand tu expliques un tremblement de terre, c’est Richter lui-même qui s’écroule.

Prétentiard à quatre sous, ce n’est pas parce que la nuit j’hulule des désirs en proses comme un hibou à sa chouette compagne que vont pleuvoir des glaçons endeuillés sur ton honneur de kabyle Erdoganisé; ce n’est pas parce je peins de la mémoire sur les bustes des femmes en fouta que ta dignité va s’éteindre comme un brasier mouillé de tes frustrations avec la rage de t’armer de marteau pour foncer comme un cheval fou contre les seins de bronze. Les critiques sur les seins des femmes ne sont que soupçons des râleurs qui aiment entendre siffler, huer et conjurer la beauté afin de la vouer aux orties.

Tu es, à ton insu, l’élément d’une camarilla moyen-orientale aux influences occultes et néfastes qui tire le lendemain des femmes à pile ou face et moi, inversement, je suis du parti qui prévoit des écussons thermocollants comme symboles de la liberté des femmes et j’y veille au grain avec des projets de lutte en réserve.

Je me moque de la pudeur, je ne suis pas d’une duplicité dupée ni remorqueur de la morale sans goût pour la vigueur.

Permets-moi de me redire, la morale et la pudeur sont d’une énergie stérile, il n’y a ni vin ni jasmin en elles.

En ce qui me concerne, je ne suis pas enfant du bon Dieu ni un canard sauvage, non plus. Je suis le baiser maudit qui saigne de tes croyances quand il caresse les lèvres des muses, l’incrédule qui s’immole de ses lumières mille fois proscrites car émergées de la bouche des non-vierges. Je suis le cardinal suffragant des liaisons sublimées, l’incitateur en free-lance des révoltes et des chuchotements fantasmés. De mes mots coulent mes vignes et mon jasmin ramollit la relique des ires empourprées dans la peau de l’ours mal léché. Et tant pis si les chapelles tombent en ruines et les prières païennes peuvent se défaire sous le rire osé et moqueur des nains de jardins. Je suis ainsi, pire que moi-même.

Djaffar Benmesbah – Page Facebook

Rédaction Kabyle.com
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