Représentation de la pièce Targit au Centre Culturel Universitaire de Bgayet

Réussite éclatante qui ouvre des perspectives à la pratique de l’art théâtral

Ils étaient franchement magnifiques, les comédiennes et comédiens (tous étudiant-e-s) qui ont interprété la pièce théâtrale Targit (Le Rêve), lundi 26 juin 2023, au Centre Culturel Universitaire du campus Targa-Ouzemour (BGAYET). Ils ont, chacune et chacun, incarné leurs rôles d’une manière juste. Comme des artistes expérimentés, habitués des tréteaux. La trame de la pièce relate l’histoire d’un royaume du rêve (tagelda n targit) où les intrigues scabreuses, la soif de domination, la passion du lucre, la corruption, les alliances dictées par l’intérêt du moment, déshumanisent les êtres jusqu’à justifier le crime comme moyen de parvenir à leurs fins.

Mais, le règne de cette barbarie sera renversé par le seul pouvoir du sentiment qui pouvait nous rendre si humain : l’amour. La fille du roi, refuse qu’elle serve d’objet par lequel on contracte alliance avec un autre royaume, et s’éprend… d’un enfant du peuple qu’elle finit par épouser, ce qui constitua un prélude à la chute des intrigants qui voulurent s’emparer du trône.

Le texte, très poétique par endroits, est écrit par Tikouaine Mouloud et la mise scène est assurée Kaouane Belkacem (comédien et metteur en scène au Théâtre Régional de Bgayet) et Boualem Zeblah (acteur de cinéma), lesquels ont beaucoup apporté à la réussite de la pièce. Les conditions de travail étaient déplorables et l’aide souhaitée fit cruellement défaut. N’était la ténacité des jeunes étudiants-artistes et leurs encadreurs, ainsi que l’association estudiantine (Amazday Adelsan Inelmaden/AAI), initiatrice du projet, ce dernier n’aurait peut-être pas abouti.

Cette réussite doit nous inciter à réfléchir autrement et reconsidérer notre regard sur les étudiants, lesquels sont présentés comme étant coupés de la société et que leur seul souci dans la vie est d’aller vivre sous d’autres cieux. Cette réussite artistique doit leur ouvrir cependant grandes les portes. Le TRB, organisme public, ayant toujours boudé le théâtre amateur pour des raisons que l’on sait, doit lui aussi changer. Obligatoirement.

Cette pièce, Targit, mérite qu’elle fasse une tournée dans les villes et villages de Bgayet et d’autres wilayas. Le prochain Festival International du Théâtre de Bejaïa lui a d’ores et déjà proposé une série de représentations au mois d’octobre 2023. Le AAI (Association Culturelle des Etudiants, en français), mérite aussi qu’elle soit aidée et encouragée. Elle est née le 19 avril 1989 à la cité de Targa-Ouzemour et depuis, elle est restée fidèle à sa vocation originelle.

Le théâtre doit être réhabilité dans notre société. Grâce aux bonnes volontés, aux soutiens et aux engagements des uns et des autres. De nous tous. Le besoin de formation est également indispensable, c’est pourquoi il faut œuvrer (ça peut paraître utopique, j’en conviens) à la création d’une école régionale des arts dramatiques pour dispenser un enseignement académique aux comédien-n-es.

La critique c’est bien, l’espoir ça fait vivre, le travail c’est meilleur.

Kader Sadji

Rédaction Kabyle.com
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Un commentaire

  1. belle piece dommage qu’elle soit jouee par des afghans avec leurs accoutrements
    les ancetres berberes avant l’arrivee des ottomans ne s’habillaient pas comme cela,
    sauf maintenant si vous voulez ressembler a des afghans cela releve d’une autre philosophie et ne vous plaignez pas de ce qui va vous arriver
    vous voulez reussir il faut couper radicalement avec tout ce qui est arabo musulman sinon tout n’est que pipi de chat

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