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Delphine Burnod : « le poète est une personne qui écoute »
Parolière, poète et animatrice d’ateliers d’écriture, Delphine Burnod revient dans cette interview pour nous parler de son lien avec l’écriture et de ses projets d’avenir.
Bonjour Madame Delphine Burnod, nous sommes ravis de vous interviewer sur Kabyle.com ! Qui êtes-vous Madame Delphine Burnod ?
Bonjour et merci beaucoup à vous de me proposer cette interview.
Une femme qui aime la vie et qui aime créer. Qui s’invente des planètes. Plus concrètement, j’écris, je chante et anime des ateliers autour des mots et de la voix.
Comment êtes-vous arrivée à la poésie ?
Depuis que je suis enfant, j’ai toujours écrit ce qui me passait par la tête et le cœur. Je voulais être parolière à un moment donné… c’est ce que je fais aujourd’hui, entre autres.
Vous travaillez comme parolière pour des chanteurs. C’est quoi la différence entre un parolier et un poète ?
Ce n’est pas si différent mais le, la parolier(e) écrit pour un(e) artiste. Il s’agit de se mettre à son service, comprendre sa sensibilité, son univers, s’adapter à son style musical… Le premier travail est donc de recevoir son monde. Ensuite, il faut aimer le jeu et les contraintes, puisque l’on respecte le nombre de syllabes prononcées. En peu de mots, raconter une histoire ainsi, ce n’est pas rien ! Et puis il y a la répétition d’un leitmotiv, un refrain qui constitue le cœur de la chanson.
L’ensemble est une alchimie à créer avec la personne qui compose, c’est une vraie collaboration.
Vous animez plusieurs ateliers d’écriture. Parlez-nous un peu de cette expérience ?
J’aime créer des moments hors du temps. Des instants où chacun, chacune invente, exprime son monde et le transmet à voix haute. Des moments d’écoute. Il ya quelques années, j’ai commencé par animer des ateliers d’écriture pour des collégiens qui n’avaient pas du tout choisi d’être là.
Comme j’avais fait du théâtre, je leur ai proposé d’inventer, d’improviser des histoires. Ils étaient tellement heureux de jouer qu’ils écrivaient ensuite l’ histoire sans presque s’en rendre compte.
Au fond tout est là : vivre un moment soutenu par l’imaginaire, le ressenti… et les mots suivent. Même si écrire est un art subtil.
Récemment j’ai trouvé très intéressant d’animer des ateliers avec des personnes dont le français n’était pas la langue maternelle.
J’aime animer aussi des instants d’écriture en pleine rue ou dans la nature. Le corps en mouvement invite à d’autres inspirations.
Et puis, je découvre depuis peu l’animation d’atelier d’écriture de chanson : je suis accompagnée parfois d’un musicien qui compose en direct la mélodie, c’est passionnant !
Comment vous définissez le « poète » ?
Je me sens incapable de le définir. Le ou la poète est une personne qui écoute, c’est tout ce que je peux dire.
Que pensez-vous de la place de la poésie en France ?
J’aimerais qu’elle soit moins confidentielle… mais on en parle de plus en plus.
Je crois en fait en l’essor de la poésie orale. Et c’est ce qui me porte vraiment.
Quels sont les poètes qui influencent votre écriture poétique?
Ils sont très nombreux ! Pour donner un ou deux noms, j’aime Jaques Prévert, j’y reviens toujours. Henri Michaux aussi.
Parallèlement je suis profondément marquée par de grands écrivains de théâtre. Shakespeare, Tchekhov, Racine… et d’autres contemporains…
Quel est pour vous le moment idéal pour écrire?
Il n’y a pas de moment idéal. Tous les moments sont bons si le désir est présent.
Ceci dit, écrire à l’aube, à peine réveillée, est magique.
Quels sont vos projets pour l’avenir ?
Partager un recueil de poèmes et saynètes publié dans quelques mois par les éditions Unicité.
Jouer ‘Chansons funambules et petits riens’ dans différents endroits. C’est un voyage musical qui me tient très à cœur. J’y chante des chansons de poètes, y mêle mes mots, accompagnée d’un épatant guitariste, Dominique Flachon.
Et puis faire des vidéos-poèmes, animer des ateliers au sein de l’association que j’ai créée ‘La Diseuse’, aboutir à un autre recueil…
Écrire un jour une pièce de théâtre !
Merci beaucoup d’avoir répondu à nos questions ! Un mot pour conclure ?
Pour terminer, après avoir découvert aujourd’hui cette citation de Louise Glück ‘La poésie, c’est l’art de transformer des éclats de douleur en lumière’, je dirais ‘Éclairons-nous les un(e)s les autres chaque jour de l’année. Ne cessons jamais.’
Entretient réalisé par Amar BENHAMOUCHE
