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Boualam Awadhi à coeur ouvert sur Kabyle.com

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Boualam Awadhi à coeur ouvert sur Kabyle.com

Partager, c'est prendre soin de notre culture !

Nous avons rencontrer Boualam Awadhi à Paris. Musicien, poète ciseleur de mots, il est très estimé par un public fidèle et connaisseur.

Azul a Dda Boualam comment êtes vous venu à la chanson ?

Boualam Awadhi : J’ai été attiré trêt tôt par la musique, depuis mon enfance. Ce n’est que dans les années, 1965-1966, j’avais alors 22 ans que j’ai commencé à jouer de la guitare. Je suis devenu musicien grâce à un groupe d’amis, l’un deux ma prêté sa propre guitare. Par la suite je suis parti à Alger pour travailler. J’ai rencontré d’autres musiciens kabyles et je m’étais acheté ma propre guitare. A cette époque je sais vraiment en jouer, je connaissais des chansons sur le bout des doigts, notamment celles de Slimane Azem, Talebe Rabah, Zerouk Alloua etc…Beaucoup de monde complimentait ma voix, aimaient ma musique, donc j’ai pris contacte avec la chaîne 2 pour participer à l’émission des nouveaux talents. C’est vers 1969 que j’avais composés deux nouvelles chansons tel que : Alemaṛessul agell ɣiwul et tesaḥreḍyi s temuɣli n walim (Toi l’envoyer fait vite et ton regard ma bouleversé).

Au début de votre carrière artistique, chanter était encore mal perçu, comment l’avez vous vécu ?
C’est vrai, à cette époque ce n’était pas facile d’être chanteur, surtout vis avis de notre coutumes kabyles de l‘époque. Pour la famille cela représentait un déshonneur. Nous étions très méprisés par la société de l’époque et notre génération a beaucoup souffert de ce mépris.

Quelles étaient les difficultés pour les répétitions ou pour enregistrer ?
A l’époque pour enregistrer c’est difficile, car vue le manque de moyens, pour payer les musiciens professionnels, les frais du studio je ne pouvais pas. Ce n’est que vers 1970 lorsque je suis venu en France, une fois que j’ai pu correctement gagner ma vie, que j’ai pris contact avec le milieu artistique kabyle. J’ai rencontré les grands chanteurs comme Slimane Azem, Farid Ali, Oukil Amar, Talebe Rabah, Muh Said Oublaide, Ait Yahyaten etc… J’étais très très proche de slimane puisque tous les deux nous sommes des Ouadhias, et un certain week-end j’avais chanté dans son café à Paris 18e et à la fin de la soirée je me suis confié a lui pour avoir son avis sur ma poésie, sur ma musique. Slimane ma beaucoup encouragé et ma conseillé de continuer dans ce sens et surtout de ne pas avoir l’habitude de chanter les poèmes des autres.

Quels souvenirs gardez-vous de vos premiers concerts ?
Honnêtement je ne me souvient pas trop de l’année exacte de mon premier concert, mais je pense c’est vers 1973 ou 1974. J’étais en Kabylie à Bouira. Il y avait Athmani, Sadani, Rabah, Drifa, Sahnoun Youcef, Dahmani Belaide et d’autres. En France j’ai chanté avec Athmani et ses enfants, Amar Koubi, Karim Agraw, Arezki Moussaoui, à la salle des fêtes dans Paris 11eme et dans les cafés presque tous les samedis soir. C’est à cette époque que j’ai commencé à être populaire et surtout avec mon album Tefkiḍ-as aray i muḥ.(tu as laisse Muh décide a ta place)

Depuis les années 1990 vous n’avez pas enregistré de nouvelle chanson, pourquoi?
J’ai enregistré mon dernier album en 1994. Etant donné mon âge, je suis maintenant à la retraite. J’aime passer du temps avec ma famille, mes petits enfants. J’ai décliné plusieurs invitation pour revenir chanter.

Quel regard portez vous sur la chanson kabyle actuelle ?
Mon regard sur la chanson kabyle d’aujourd’hui, c’est une richesse pour nous, c’est la chanson qui a permis de sauver notre culture de l’oubli, mais d’un autre côté, la nouvelle génération des chanteurs a calqué sa musique sur l’occident. Cela m’arrive d’écouter leurs cd chez moi, mais je préfère les chansons qui se basent sur les paroles, sur la poésie, parce qu’il y a toujours un enseignement derrière chaque chanson. Pour cette nouvelle génération c’est un peu dommage.

A l’occasion du 20 avril 2014, l’association de Iwadiyen de France et l’association du village vous a rendu hommage, pouvez vous nous raconter comment cela s’est passé ?
Honnêtement, j’étais très content et je remercie l’association de iwadiyen de France, l’assemble populaire communal (l’APC) des Ouadhias et tous les jeunes du village qui ont contribué très activement pour réussir l’hommage. Ils ont invité les chanteurs de ma génération ceux qui sont de la région. Bravo les jeunes! Je ne trouve pas les mots pour les remercier.

Pour conclure, quel est votre dernier mot ?
Je tiens à remercier Kabyle.com et son équipe.

Propos reccueillis par Mokrane NEDDAF

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