Quand le silence vaut mieux qu’un communiqué : la déconnexion de Chérif Mellal face à l’injustice

Dans une Algérie où la répression frappe toutes celles et ceux qui osent documenter, questionner, ou même simplement exister en tant que Kabyles libres, nous avons appris récemment la condamnation du journaliste français Christophe Gleizes. Son crime ? Avoir fait son métier, enquêté sur la Kabylie et donné la parole à ses acteurs. Ce verdict révolte, car il touche à la liberté d’expression, à la vérité et à la solidarité internationale. Et dans ce contexte brûlant, que fait Chérif Mellal ? Il se fend, par l’intermédiaire de ses avocats, d’un communiqué froid, défensif, et profondément malvenu.

Voici ce communiqué publié le 30 juin 2025 :

« Dans le sillage des récentes publications évoquant la condamnation du journaliste Christophe Gleizes, certaines personnes d’évidence malintentionnées ont, de manière totalement déraisonnable, cité le nom de Mr Chérif Mellal, notre mandant, comme étant le dirigeant du club de la JS Kabylie rencontré par ce dernier. (…) Nous nous réservons le droit d’engager toute action judiciaire utile à l’effet de protéger les droits, l’honneur et les intérêts de Mr Chérif Mellal. »

Où est le problème ?

Ce communiqué ne contient aucun mot de soutien au journaliste condamné, aucune reconnaissance de l’importance de son travail, aucun mot pour la Kabylie ou les libertés qu’elle incarne. Il est centré sur l’image personnelle de M. Mellal, qui, rappelons-le, a effectivement été victime d’un acharnement judiciaire en Algérie — mais dont la défense aujourd’hui passe totalement à côté de l’enjeu.

Personne ne l’a nommément accusé dans l’affaire Gleizes. Les articles de RSF et So Foot ne citent ni son nom ni ne l’impliquent directement. Pourtant, il choisit de s’exprimer uniquement pour laver son nom, comme si être présumé concerné par un combat pour la liberté d’expression était une souillure à éviter à tout prix. Ce réflexe défensif traduit un malaise politique profond.

Ne nous trompons plus de combat

Il est temps de le dire clairement : la Kabylie n’a pas à se mobiliser pour des personnes qui n’osent pas assumer les combats de leur peuple. Nous ne devons plus défendre ceux qui, dès qu’une affaire touche à l’identité kabyle, à la liberté, ou à la dénonciation du système, se désolidarisent, s’isolent ou se taisent.

Quand un journaliste est condamné pour avoir enquêté sur notre région, le minimum serait de le défendre — pas de lui tourner le dos ou de craindre l’amalgame.

Pour une solidarité cohérente

L’histoire de la Kabylie est faite de femmes et d’hommes courageux, debout, qui ont payé cher leur parole. À l’inverse, ceux qui s’agitent uniquement pour protéger leur nom sans jamais défendre la cause, ne méritent pas d’être érigés en figures ni d’être soutenus aveuglément.

Aujourd’hui, la Kabylie n’a pas besoin de prudence, elle a besoin de courage.

Mention importante – liberté d’opinion

Ce texte relève de la liberté d’opinion et de l’analyse politique sur des faits publics. Il ne contient ni insulte, ni diffamation, ni accusation personnelle. Il exprime une critique d’ordre général sur la posture politique d’un acteur public dans un contexte de répression et de censure. Toute tentative d’en faire un prétexte à une poursuite ou à une intimidation serait perçue comme un abus manifeste des droits fondamentaux. La vigilance citoyenne reste notre première protection.

Le communiqué en question

Dans le sillage des récentes publications évoquant la condamnation du journaliste Christophe Gleizes, certaines personnes d’ évidence malintentionnées ont, de manière totalement déraisonnable, cité le nom de Mr Chérif Mellal , notre mandant, comme étant le dirigeant du club de la JS Kabylie rencontré par ce dernier.

Nous tenons à rappeler fermement que notre mandant, Chérif Mellal n’ a exercé les fonctions de président de la JSK que durant la période s’ échelonnant entre 2018 et 2021.

De plus notre mandant n’a jamais rencontré le journaliste Christophe Gleizes.

A cet égard, il est important de souligner que l’article de Reporters sans frontières (RSF), ainsi que celui de So Foot, évoquent des contacts effectués avec un responsable d’ un club sportif durant la période allant de 2015 à 2017, soit bien avant que notre mandant n’assure la présidence du club de la JSK.

Par ailleurs Mr Chérif Mellal n’est nullement cité par les articles précités ayant fait l’ objet d’ une extrapolation purement malveillante.

D’ un autre coté, notre mandant. Chérif Mellal a été la cible d’une campagne haineuse et diffamatoire, visant à le présenter à tort comme étant un « séparatiste ».

Ceci s’ est traduit par l’enclenchement de poursuites judiciaires à son encontre , sans fondement aucun.

D’ ailleurs nous tenons à rappeler que la chambre d’accusation prés la cour d’Alger a fait bénéficier notre mandant d’ une décision portant non lieu définitif du chef d’ accusation relevant des dispositions de l’article 87 bis du code pénal et que, de plus, son procès pour de prétendus faits d’ atteinte à l’ intégrité du territoire national a été couronné par la relaxe pure et simple de notre mandant confortant ainsi son innocence de l’ intégralité des faits qui lui étaient imputés.

Nous, collectif de défense de Chérif Mellal appelons donc l’ensemble des médias, des commentateurs et du public à faire preuve de discernement et du sens de la responsabilité et à s’abstenir de toute diffusion ou reprise d’informations erronées susceptibles de nuire à la réputation et à l’ honneur de notre mandant.

Dans le cas contraire nous nous réservons le droit d’engager toute action judiciaire utile à l’ effet de protéger les droits, l’honneur et les intérêts de Mr Chérif Mellal, notre mandant.

Alger, le 30/06/2025

Le collectif d’avocats de

M. Chérif Mellal.

Rédaction Kabyle.com
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