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Libérer les prisonniers d'opinion Kabyles
Nabila Dali – La voix qui fend le brouillard
Depuis longtemps, que dis-je, depuis des décennies, je n’avais plus été bousculé. Plus aucun frisson. La scène kabyle féminine semblait engluée dans une naphtaline de reprises sans vie, dans un folklore archivé, patrimonialisé jusqu’à l’épuisement. Des voix — oui — mais sans chair, sans vertige, sans appel. À force de ressasser, la chanson kabyle avait fini par ressembler à un vieux tambour battu par des mains qui ne croient plus à la danse.
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Et puis, Nabila Dali est apparue
Une voix pleine, ronde et racée, mais surtout une vision. Pas un simple timbre, mais une direction poétique. Elle ne chante pas, elle incarne. Elle ne répète pas, elle explore. Elle ne s’épanche pas dans une complainte passéiste, elle élève le chant kabyle au rang de langue-monde, en l’ouvrant à des textures électro, pop, soul, parfois celtiques, sans jamais trahir la vibration initiale. Son projet Chenaw n’est pas un album : c’est une relecture du mythe. Une tentative rare de fusionner la voix indigène avec le groove contemporain sans tomber dans l’artifice. Là où tant d’autres se contentent d’habiller une chanson ancienne avec un synthé ou un beat bâclé, Nabila réinvente le souffle. Elle part du chaos, des racines, du rythme, et bâtit une architecture musicale vivante, presque cinématographique.
Ce n’est pas seulement « joli », c’est urgent
Sur scène, son charisme ne cherche pas à séduire : il contamine. Elle ne cherche pas à plaire, elle pose un acte artistique. Elle rappelle que la scène n’est pas un karaoké patrimonial, mais un champ de bataille intime et collectif, où chaque chanson peut faire dérailler le train du conformisme.
Elle est, à sa manière, la Basquiat du chant kabyle. Elle salit, rature, superpose, remixe les codes — pour mieux faire jaillir un langage brut et libre. Dans sa voix, on entend les échos d’une montagne sans folklore, d’une femme sans chaînes, d’une culture qui refuse la muséification.
Par Nasser YANAT
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