L’ennemi intérieur : quand l’égocentrisme étouffe la lutte kabyle

Quand le combat politique cède la place aux blessures d’ego, l’engagement pour l’indépendance de la Kabylie devient l’otage des rancœurs personnelles. Ce ne sont plus des idées que l’on défend, mais des frustrations que l’on projette contre ses anciens camarades.

L’animosité de certains anciens militants et sympathisants du Mak envers le mouvement n’a rien de politique. Leur acharnement irraisonnable et sans limites n’est que l’extériorisation d’une souffrance psychique.

On n’est plus dans la politique et le combat des idées quand l’insulte des anciens camarades et le dénigrement du mouvement deviennent le sport favori. Nous ne voulons pas d’un Etat kabyle quand nous faisons tout pour casser le seul mouvement qui défend l’idée. Nous ne sommes pas sérieux et honnêtes quand nous reprenons le discours haineux du pouvoir algérien, quitte à enfoncer encore les concitoyens emprisonnés. Perdre la raison à ce point et aller jusqu’à devenir un danger pour son propre peuple n’est que sadisme politique.

Si on n’est pas d’accord avec des militants ou le fonctionnement du Mak, pourquoi ne pas essayer de faire mieux ? Pourquoi ne pas créer des structures et s’engager pour défendre ses idéaux à sa manière ? La Kabylie a tellement besoin de ces initiatives ! Pourquoi cette obsession de détruire malgré tout ?

Cette attitude vient généralement de deux types de personnes : celles qui, en réalité, n’ont jamais été indépendantistes; des nomades politiques qui ont croisé le Mak et, comme il est la seule force politique, se sont accrochés jusqu’à ce qu’ils découvrent que cela nécessite beaucoup de détermination et de patience. Et, celles aveuglées complètement par leur égocentrisme surdimensionné !

Les premiers, s’ils ne sont pas récupérés par des personnes mal intentionnées, ne posent généralement aucun problème, ils viennent et partent en se cherchant ! Ce sont les deuxièmes qui, se sentant pas ‘correctement considérés’, deviennent les ennemis jurés. Ils ne supportent pas le fait d’être vus comme de simples militants ou négligés. Surtout ceux qui ont déjà déjeuné avec le président du mouvement. Guidés par leur narcissisme, l’intérêt général est loin d’être une priorité. Ces gens n’intègrent pas le mouvement pour faire entendre l’idée de l’indépendance de la Kabylie ! Ils viennent pour faire parler d’eux-mêmes. Et quand faire parler de soi-même devient la raison d’être, « adrag n tala » ‘ (saboter la source) devient la solution la plus simple et le chemin le plus court !

Hamid Annouz

Rédaction Kabyle.com
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