La Kabylie renforce sa présence au sein de l’UNPO
La Haye, 29-30 août 2026
La XXIe Assemblée générale de l’Organisation des nations et des peuples non représentés (UNPO), tenue à La Haye les 29 et 30 août 2026 dans le cadre du 35e anniversaire de l’organisation, s’impose déjà comme un rendez-vous charnière pour la diplomatie kabyle. Pour le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK) et le gouvernement kabyle en exil (Anavad), cette édition marque une étape majeure, un peu plus de huit mois après la proclamation unilatérale d’indépendance du 14 décembre 2025 à Paris et la naissance revendiquée de la « République fédérale de Kabylie ».
Mourad Amellal reconduit à la présidence
Le communiqué officiel de l’UNPO confirme la reconduction de Mourad Amellal, représentant de la Kabylie, au sein de la nouvelle Présidence de l’organisation pour le mandat 2026-2028. Il y siège aux côtés de représentants du Sindh, de l’Ogaden, du Kurdistan iranien, des Afrikaners, du District de Columbia, de Guam, de l’East Turkestan, des Moluques du Sud, du Balochistan occidental et de la Catalogne. Membre de cette instance depuis son élection en 2024 à Munich, Amellal ancre un peu plus la présence continue de la Kabylie dans les instances dirigeantes de l’UNPO depuis son adhésion en 2017.
La déclaration de La Haye, adoptée à l’issue de la conférence « Re-Imagining Self-Determination » qui a précédé l’Assemblée, réaffirme le droit fondamental de tous les peuples à disposer d’eux-mêmes, par l’indépendance, l’autonomie, l’autogouvernement ou une participation politique renforcée.
Des motions d’une portée inédite portées par la délégation kabyle
Au-delà de ces principes généraux, les sources proches du mouvement indépendantiste soulignent que l’Assemblée a examiné trois textes présentés par la délégation kabyle, d’une teneur politique sans précédent :
La reconnaissance de l’indépendance (Motion 2). Le texte le plus sensible : une résolution demandant à l’UNPO de reconnaître formellement la Déclaration d’indépendance proclamée le 14 décembre 2025 à Paris, ainsi que l’établissement de la « République fédérale de Kabylie ».
La condamnation de la répression (Motion 1). Une motion visant à condamner l’usage par l’Algérie de l’article 87 bis de son code pénal, dénoncé comme un instrument de criminalisation des revendications d’autodétermination.
La solidarité face à la tragédie environnementale (Motion 3). Face aux incendies qui ont ravagé la Kabylie fin août 2026, touchant, selon les sources locales, près de 80 % des villages et causant la mort de plus de 140 personnes , l’UNPO a été appelée à exprimer sa solidarité et à exiger une commission d’enquête internationale indépendante sur les causes du drame et l’insuffisance des moyens déployés par les autorités algériennes.
Une inflexion doctrinale sous le signe de l’histoire
L’adoption définitive de ces trois motions par un vote formel de l’Assemblée générale n’a pas encore fait l’objet d’une confirmation officielle complète de la part de l’UNPO ; c’est ce point précis que les prochains jours devraient permettre d’établir. Sa portée potentielle n’en est pas moins qualifiée d’historique par les observateurs du dossier kabyle.
L’UNPO s’est traditionnellement cantonnée à la défense des droits humains, à la protection des minorités culturelles et linguistiques, et à la dénonciation des discriminations étatiques; s’abstenant, jusqu’ici, de se prononcer sur la reconnaissance formelle d’États proclamés unilatéralement.
Si l’organisation venait à officialiser le contenu de ces motions dans ses documents de référence, elle marquerait une rupture doctrinale majeure et offrirait au MAK un soutien diplomatique sans précédent sur la scène internationale. L’UNPO demeure certes une ONG dépourvue de tout pouvoir de reconnaissance souveraine en droit international, et la République fédérale de Kabylie n’est à ce jour reconnue par aucun État, mais un tel geste lui conférerait une visibilité et une légitimité géopolitique inédites.
