Stop à l'humilitation, agissons !
Libérer les prisonniers d'opinion Kabyles
Kabylie : L’arbitraire frappe encore avec de nouvelles arrestations
L’arbitraire a encore frappé en Kabylie. Plusieurs arrestations illustrent la répression qui vise les voix kabyles contestant l’État algérien, des simples citoyens aux supporters de football.
Lyes Guernine : condamné pour un maillot de foot
Lyes Guernine a été condamné à 2 ans de prison pour avoir porté un maillot de football de l’équipe nationale du Maroc en allant voir un match au stade Hocine Aït Ahmed.
Son cas a suscité l’indignation sur les réseaux sociaux, où circule le slogan : « Le football n’est pas un crime, l’injustice, oui. » Des appels à sa libération se multiplient sous les hashtags #Justice #Liberté #StopInjustice.
Cette condamnation pour un simple vêtement sportif illustre le climat de suspicion généralisée qui règne en Kabylie, où les gestes les plus anodins peuvent être interprétés comme des provocations.
Saïd Bessaha, 73 ans, arrêté pour une publication Facebook
Saïd Bessaha, septuagénaire de 73 ans, a été interpellé à son domicile de Takoucht, dans la commune de Bouzeguène, par les autorités algériennes. Son « crime » : une publication sur Facebook dans laquelle il revendiquait son identité berbère.
Dans ce message devenu viral, le vieil homme écrivait : *« J’ai toujours revendiqué ma berbérité de Siwa aux îles Canaries, mon appel est resté sans écho. J’ai revendiqué mon algérianité, on m’a arabisé. Maintenant ma kabylité, on m’a taxé de terrorisme. Alors je revendique mon identité, vous allez me taxer de quoi ? Je vous emmerde et venez chez moi me prendre, jamais vivant, cadavre peut-être !? »»
Cette arrestation d’un homme âgé pour de simples mots illustre l’étau qui se resserre sur toute expression kabyle.
Farid Hadjaz, père de famille incarcéré à Oued Ghir
Le 14 décembre 2024, Farid Hadjaz, originaire de Boudjima et résidant à Béjaïa, a été arrêté par les forces de sécurité algériennes pour avoir exprimé ses opinions sur les réseaux sociaux.
Père de famille, il a été placé sous mandat de dépôt et incarcéré à la prison d’Oued Ghir. Selon les militants des droits humains, son unique tort serait d’avoir défendu la culture kabyle et revendiqué son droit à la liberté d’expression.
Son cas s’ajoute à une longue liste d’arrestations ciblant militants, intellectuels et citoyens ordinaires qui osent revendiquer leur identité amazighe ou critiquer les politiques de l’État algérien.
Un contexte de répression durable
Ces arrestations s’inscrivent dans un climat de répression persistant en Kabylie. Elles font écho à des affaires plus anciennes mais toujours d’actualité, comme celle du dossier Bensmaïl, où des dizaines de personnes ont été condamnées à mort dans des procédures judiciaires contestées.
L’affaire de K.S., jeune homme condamné à la peine capitale selon son avocat Me Athmane Bessalem sur la base d’un simple tatouage amazigh ⵣ, reste symbolique de cette justice à géométrie variable. Sur 94 accusés jugés en première instance, 49 condamnations à mort avaient été prononcées, réduites à 38 en appel.
La Kabylie reste une région sous haute tension, où la revendication identitaire continue d’être assimilée à une menace pour l’unité nationale, justifiant aux yeux des autorités une surveillance accrue et des arrestations préventives.
Appels à la libération
Les défenseurs des droits humains et les organisations de la société civile kabyle appellent à la libération immédiate de Lyes Guernine, Saïd Bessaha et Farid Hadjaz, ainsi qu’à la fin des arrestations arbitraires fondées sur l’expression d’opinions politiques ou culturelles.
