Iguza n Wurfan : Steinbeck en kabyle

Le roman emblématique The Grapes of Wrath ou Les Raisins de la colère, de John Steinbeck, lauréat du Prix Nobel de littérature en 1962, vient d’être édité en kabyle sous le titre Iguza n Wurfan, publié par les Éditions Axxam n Tmusni. Cette traduction, réalisée par Arezki Boudif, ouvre une nouvelle voie aux lecteurs kabyles vers l’un des ouvrages les plus marquants de la littérature américaine du XXe siècle.  

Publié pour la première fois en 1939, The Grapes of Wrath relate le périple de la famille de Joad (personnage principal) dans l’Oklahoma des années 1930, frappé par la Grande Dépression et les tempêtes de poussière qui dévastent les terres agricoles. Expulsés de leur ferme, la famille de Joad entreprend un long voyage sur la mythique Route 66 en direction de la Californie, à la recherche de travail, de nourriture et d’un avenir digne.  

À travers ce voyage, Steinbeck dépeint avec force les injustices sociales et économiques, la misère, l’exploitation des travailleurs et les espoirs brisés de centaines de milliers de familles.  

Cette version kabyle ne se limite pas à une simple traduction de l’anglais vers le kabyle : elle rend accessible un univers culturel lointain tout en respectant la musicalité et la puissance expressive de la langue kabyle. Arezki Boudif a su préserver l’intensité dramatique de l’intrigue, des dialogues et des descriptions. Ce travail minutieux a nécessité plusieurs années d’écriture et de recherche, durant lesquels Arezki s’est appuyé sur des chercheurs de référence tels que : Dallet, Nait Zerrad, Djaghali et Sellah, Sabih Yaici, H. A. Mansouri, Samya Saad Buzefran, H. Sadi, Destaing…  

Cette traduction s’inscrit également dans un effort plus large de valorisation du kabyle en tant que langue capable de porter des œuvres littéraires internationales majeures, contribuant ainsi à la revitalisation linguistique et culturelle. Elle montre que le kabyle n’est pas seulement une langue de mémoire et de tradition, mais aussi un outil contemporain de lecture, de réflexion et de création littéraire.  

Arezki Boudif, enseignant en biotechnologie à l’université aux États-Unis, est aussi un passionné des langues et des cultures kabyle et amazighes. Par cette traduction, il ne se limite pas à un exercice de traduction : il crée un pont entre deux mondes, deux cultures et deux langues. En proposant Steinbeck en kabyle, Arezki inscrit son travail dans une démarche de transmission culturelle et d’éducation, visant à rendre la littérature mondiale accessible au public kabyle.  

Compte tenu de l’investissement consenti par Arezki Boudif dans ce projet, Iguza n Wurfan pourrait, selon moi, devenir un outil pédagogique précieux, notamment pour les écoles, bibliothèques et centres culturels en Kabylie ou dans la diaspora. Au-delà de l’apprentissage linguistique, ce roman offre des clés pour comprendre la condition humaine, les luttes sociales et les migrations, des thèmes universels et intemporels.

Vidéo de présentation : https://youtu.be/3s9zOUWo5Rw

Le roman est disponible sur Amazon – Fiche Boutique berbère

iguza n wurfan Kabyle.com
Noufel Bouzeboudja
Noufel Bouzeboudja
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