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Libérer les prisonniers d'opinion Kabyles
Mohamed Tadjadit, poète kabyle du Hirak condamné à cinq ans de prison
Le poète kabyle Mohamed Tadjadit, figure emblématique du Hirak algérien, vient d’être condamné à cinq ans de prison.
Né à Bab El Oued en 1994, il a grandi dans la Casbah d’Alger, mais ses racines familiales plongent profondément en Kabylie, à Ihnouchene, près d’Azeffoun (Tizi Ouzou).
Fils d’une famille de – martyrs de la guerre d’indépendance – il a grandi dans l’amour de la liberté, héritée d’une lignée qui croyait à la dignité du peuple.
Un poète entre deux mondes : la Casbah et la Kabylie
Mohamed Tadjadit incarne cette jeunesse kabyle d’Alger, tiraillée entre deux appartenances : celle des montagnes d’Azeffoun et celle des ruelles populaires de la Casbah.
C’est dans cet entre-deux qu’il a trouvé sa voix – une parole libre, poétique et brûlante.
Ses poèmes, déclamés en darija, portent la musicalité amazighe et la douleur d’un peuple qui refuse le silence.
Son premier poème public, récité sur une place d’Alger lors du Hirak, l’a propulsé comme symbole de résistance pacifique.
Depuis, il n’a connu que les allers-retours entre la prison et la liberté surveillée, victime d’un régime qui redoute les mots plus que les armes.
Cinq ans pour avoir parlé
Condamné pour « incitation à attroupement » et « atteinte à l’unité nationale », Mohamed Tadjadit paie le prix fort pour avoir osé parler.
En réalité, son seul crime est d’avoir récité ce que le peuple ressent : “Je n’ai ni drapeau ni parti, seulement des mots pour ma patrie.”
Pour ces vers, pour ces slogans, pour ces appels à la liberté partagés sur Facebook, le poète de 31 ans a déjà passé près du tiers de sa vie derrière les barreaux.
Une Kabylie qui se reconnaît dans son combat
De la mer d’Azeffoun aux montagnes d’Aït Chaffa, nombreux sont ceux qui se reconnaissent dans son combat.
Mohamed Tadjadit n’est pas un “agitateur” : il est l’héritier d’une longue tradition de poètes résistants kabyles, de Si Mohand à Matoub.
Ses mots rappellent que la poésie reste la dernière arme des peuples désarmés.
Ni l’oubli ni le silence
La condamnation de Mohamed Tadjadit est une blessure de plus dans l’histoire d’une génération bâillonnée.
Mais les murs ne retiendront pas sa voix.
Ses vers circulent, se transmettent, se traduisent — ils traversent les frontières comme le souffle des montagnes d’où il vient.
Kabyle.com appelle à sa libération immédiate
et à la reconnaissance du droit fondamental de tout poète, de tout citoyen,
à dire librement la vérité sans risquer la prison.
Repères biographiques
Peines cumulées : plusieurs arrestations depuis 2019, soit près de 10 ans de privation de liberté
Nom complet : Mohamed Tadjadit
Surnom : “Le poète du Hirak”
Date de naissance : 9 janvier 1994
Lieu de naissance : Bab El Oued, Alger
Origines familiales : village d’Ihnouchene, commune d’Azeffoun (Tizi Ouzou, Grande Kabylie)
Langues d’expression : darija, kabyle, français
Engagement : Mouvement du Hirak (2019–2025)
Motifs de condamnation : publications et poèmes considérés comme “atteinte à l’unité nationale”
