Stop à l'humilitation, agissons !
Libérer les prisonniers d'opinion Kabyles
Dix ans de prison requis contre un berger kabyle pour des partages Facebook
Le parquet de la cour criminelle d’Alger a requis dix ans de prison ferme et un million de dinars d’amende contre un berger kabyle originaire de Tizi-Ouzou, accusé d’avoir relayé sur Facebook des publications liées au Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK). Une affaire qui, une fois encore, illustre la dérive répressive et le climat de suspicion visant les citoyens kabyles.
Un simple partage de publications Facebook
Selon le quotidien arabophone Algérie Direct, les services de sécurité auraient détecté « plusieurs pages Facebook diffusant des images faisant l’éloge du MAK et de son président, Ferhat Mehenni ».
L’enquête a conduit à l’arrestation d’un homme né en 1992, berger de profession, résidant dans la wilaya de Tizi-Ouzou.
Le jeune homme est poursuivi pour :
- apologie d’actes terroristes,
- reproduction et diffusion de documents à caractère terroriste,
- incitation à la haine et à la discrimination via les technologies de communication.
Un procès d’un autre âge
Devant le tribunal, le prévenu a reconnu avoir publié des photos de Ferhat Mehenni, tout en précisant n’appartenir à aucun parti politique.
Il affirme avoir simplement partagé des images vues sur les réseaux sociaux, sans intention militante ni message de propagande.
Il a aussi expliqué changer souvent de comptes Facebook après avoir oublié ses mots de passe — un détail que l’accusation interprète comme une stratégie d’évitement.
Dix ans de prison requis : disproportion et indignation
La réquisition de dix ans de prison pour de simples partages Facebook a provoqué l’indignation de nombreuses organisations de défense des droits humains, dont la Ligue Kabyle des Droits de l’Homme (LKDH).
Cette dernière dénonce une criminalisation de l’expression kabyle et une utilisation systématique du qualificatif “terroriste” pour museler toute référence identitaire ou culturelle non conforme au discours officiel.
« Nous assistons à une dérive inquiétante : un berger sans instruction, isolé, devient un bouc émissaire de la répression politique. On ne juge plus des faits, mais une appartenance », déclare un représentant de la LKDH.
Une répression ciblée contre les voix kabyles
Ce procès s’inscrit dans une série d’affaires visant des citoyens kabyles, journalistes, militants, enseignants ou simples internautes, poursuivis pour avoir exprimé un attachement à leur identité ou pour avoir relayé des contenus liés à la Kabylie.
Depuis la mise hors-la-loi du MAK en 2021, les accusations de “terrorisme” servent de prétexte à une chasse numérique qui ne laisse aucun espace à la liberté d’opinion.
Source principale : Algérie Direct, édition du 8 novembre 2025 algeriedirect.dz/%d8%b3%d9%86%d9%88%d8%a7%d8%aa/
Traduction, contextualisation et édition : Exil – Ligue Kabyle des Droits de l’Homme (LKDH)
Date : 9 novembre 2025
