19 février : un jour décisif pour l’avenir d’Aksel Bellabbaci et la cause kabyle

Le Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK) appelle la diaspora kabyle à se rassembler ce mercredi 19 février à la place Saint-Michel à Paris, à partir de 16h. Cette mobilisation vise à soutenir le militant indépendantiste kabyle Aksel Bellabbaci, dont le sort sera examiné le même jour par la cour d’appel de Paris. La justice française devra en effet statuer sur la demande d’extradition émise par le régime algérien à son encontre.

Une demande d’extradition controversée

Cette affaire a suscité une vive indignation parmi les défenseurs des droits de l’Homme et les militants indépendantistes kabyles. L’avocat d’Aksel Bellabbaci, Maître Gilles-William Goldnadel, a dénoncé la nature de cette demande d’extradition, la qualifiant de « fantaisiste » et dénonçant l’absence d’un véritable État de droit en Algérie. Il affirme que la justice algérienne est instrumentalisée par le pouvoir en place et ne garantit pas un procès équitable.

Condamné à mort par la justice algérienne, Aksel Bellabbaci avait été placé en garde à vue le 20 juin 2024 en France, en réponse à un mandat d’arrêt international émis par Alger. Ce mandat s’inscrit dans le cadre de l’affaire dite de Larbaa Nath Irathen, liée aux incendies criminels ayant ravagé la Kabylie en août 2021 ainsi qu’au meurtre tragique du jeune Djamel Bensmail. Présenté devant la justice française le 21 juin 2024, Bellabbaci a finalement été remis en liberté sous contrôle judiciaire.

Un enjeu politique et judiciaire

Au-delà de l’aspect judiciaire, cette affaire revêt une dimension politique importante. Le MAK et d’autres organisations kabyles dénoncent une tentative d’Alger d’utiliser la justice comme un outil de répression contre les militants indépendantistes. Pour eux, la mobilisation de ce mercredi constitue non seulement un acte de solidarité envers Aksel Bellabbaci, mais aussi un moyen de mettre en lumière la situation des détenus kabyles condamnés dans des conditions qu’ils jugent iniques.

Alors que la diaspora kabyle se mobilise, un silence assourdissant émane des associations kabyles proches du pouvoir algérien en France. Celles-ci, qui prétendent représenter les intérêts des Kabyles, n’ont pris aucune position officielle sur cette affaire, alimentant ainsi le sentiment d’abandon et de trahison ressenti par une partie de la communauté kabyle. Ce mutisme contraste avec l’engagement de ceux qui, au péril de leur sécurité, dénoncent l’injustice et défendent les droits des militants indépendantistes.

Les organisateurs du rassemblement espèrent une forte participation de la diaspora kabyle et des défenseurs des droits humains afin d’exercer une pression sur les autorités françaises. Ils souhaitent rappeler que la France, pays des droits de l’Homme, ne saurait répondre favorablement à une demande d’extradition perçue comme motivée par des considérations politiques plutôt que judiciaires.

Le verdict de la cour d’appel de Paris sera donc suivi de près, tant par les militants kabyles que par les défenseurs des libertés à travers le monde.

Rédaction Kabyle.com
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