Independence Day

Ils sont nos vivants interdits.

Je n’ai pas besoin de fouiller les archives.

Mes héros ne sont pas des statues :

Ils respirent encore. Ils résistent encore.

Mais entre quatre murs.

Mustapha Akkouche torturé hier a dit non.

Non à la reddition. Non à l’humiliation.

Il a préféré la cellule à la soumission.

Mira Mouknache, voix indomptable,

frappée, harcelée, emprisonnée — mais jamais brisée.

Wafia, enlevée, effacée, mais sa lumière transperce les silences.

Slimane Bouhafs, puni pour avoir cru.

Zouaoui, enfermé pour avoir osé. Sorti de prison avec le cri « vive la Kabylie libre l »

Beaucoup d’autres résistent et chaque jour meurent un peu pour nous en prison

Et Yougourthen Benadjaoud,

neveu de Ferhat Mehenni, condamné à cinq ans de prison ferme.

Son seul crime ?

Porter un nom que le régime craint.

Il a accueilli la sentence avec un sourire.

Un sourire plus grand que leurs jugements.

Un sourire qui dit :

« Vous pouvez m’enfermer, mais vous ne m’aurez pas. »

Ce sont eux. 49, 54, 62, 63, 80, 2001…

À chaque décennie, on nous promet la liberté.

À chaque décennie, on nous la confisque.

1949— On nous interdit de dire : « Je suis Kabyle »

1954— On nous recrute pour mourir, pas pour décider.

1962— L’indépendance ? Confisquée à la hâte.

1963— Le soulèvement kabyle noyé dans le sang.

1980 — Le printemps berbère : matraqué, censuré.

2001 — « 128 morts. » Des jeunes, visés à la tête.

Pourquoi ? Parce qu’ils sont nés libres

Et nous ?

Derrière ces noms,

des familles amputées,

des mères en veille,

des pères en silence,

et un peuple qui ne sait plus s’il doit hurler ou se taire.

La Kabylie retiendra leur courage.

Et peut-être… notre lâcheté.

Nasser Yanat

Rédaction Kabyle.com
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