Le CMA alerte l’ONU sur la Kabylie et la Libye

À Genève, le Congrès Mondial Amazigh alerte l’ONU sur la situation critique des Kabyles et des Amazighs de Libye

Genève, Palais des Nations. À l’occasion de la 18e session du Mécanisme d’Experts des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (MEDPA), le Congrès Mondial Amazigh (CMA), ONG internationale de défense des droits des Amazighs, a été reçu officiellement par Mme Anexa Brendalee Alfred Cunningham, présidente du MEDPA, accompagnée des experts Binota Moy Dhamai et Ojot Miru Ojulu.

Deux dossiers urgents ont été remis lors de cette rencontre le 14 juillet 2025 : l’un concernant la Kabylie, région d’Algérie, et l’autre les Amazighs de Libye. Ces demandes d’assistance s’inscrivent dans le cadre du mandat défini par la résolution 33/25 du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

Kabylie : une répression d’État dénoncée

Au nom du peuple kabyle, le CMA a exposé la situation alarmante dans cette région d’Algérie : répression politique, emprisonnements massifs, condamnations à mort — 39 au total — au titre de l’article 87 bis du Code pénal algérien, pourtant en violation flagrante du droit international selon plusieurs organes onusiens.

La délégation a mis en lumière la politique d’arabisation, d’islamisation forcée, de répression culturelle et linguistique menée depuis l’indépendance de l’Algérie. Malgré cela, le peuple kabyle persiste dans sa revendication d’un règlement pacifique du conflit, sur la base du dialogue et des normes internationales relatives aux droits des peuples autochtones.

Face à ce contexte de violence institutionnalisée, le CMA sollicite l’intervention urgente du MEDPA pour :

  1. Informer et conseiller les représentants kabyles sur les mécanismes de protection de leurs droits ;
  2. Encourager et faciliter un dialogue entre les autorités algériennes et les représentants légitimes désignés par les Kabyles eux-mêmes.

Libye : une invisibilisation structurelle des Amazighs

En l’absence de la délégation du Haut Conseil des Amazighs de Libye (HCAL), empêchée de se rendre à Genève pour des raisons administratives, le CMA a plaidé leur cause. Depuis 65 ans, les Amazighs libyens subissent marginalisation, spoliation de leurs terres, déni identitaire et exclusion constitutionnelle.

Dans un pays toujours fracturé entre deux gouvernements, les Amazighs ont rétabli leurs formes traditionnelles de gouvernance et réclament aujourd’hui la reconnaissance officielle d’un statut d’autonomie pour leurs territoires.

Le CMA, au nom du HCAL, appelle le MEDPA à :

  1. Informer les Amazighs libyens de leurs droits collectifs ;
  2. Collaborer à la rédaction de textes législatifs favorisant leur reconnaissance ;
  3. Encourager les autorités libyennes à initier un dialogue en vue d’un accord sur un statut juridique spécial, garantissant leur développement et leur pérennité culturelle.

Une reconnaissance indispensable des droits autochtones

La présidente du MEDPA a salué l’initiative du CMA et s’est engagée à examiner avec attention les deux requêtes. Le CMA espère qu’une mission d’enquête pourra prochainement se rendre en Kabylie et en territoire amazigh libyen.

Par cette démarche diplomatique, le Congrès Mondial Amazigh réaffirme sa volonté de recourir aux mécanismes internationaux pour faire entendre la voix des peuples autochtones d’Afrique du Nord, dans le respect du droit, de la dignité et de la paix.

Communiqué de presse – Medpa, engagement pays en Kabylie et en Libye

Genève, le 20 juillet 2025

Le Congrès Mondial Amazigh alerte l’ONU sur la situation critique des Kabyles et des Amazighs de Libye

En marge de la 18e session du Mécanisme d’experts des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (MEDPA), qui s’est tenue du 14 au 18 juillet 2025 au Palais des Nations à Genève, une délégation du Congrès Mondial Amazigh (CMA) a été officiellement reçue le 14 juillet par Mme Anexa Brendalee Alfred Cunningham, présidente du MEDPA, ainsi que par les experts Binota Moy Dhamai et Ojot Miru Ojulu.

À cette occasion, le CMA a remis deux requêtes d’assistance concernant la situation des Kabyles en Algérie et des Amazighs en Libye, conformément à la résolution 33/25 du Conseil des droits de l’homme de l’ONU sur les droits des peuples autochtones.

Kabylie : une oppression étatique dénoncée

Dans son exposé, le CMA a décrit la répression systématique subie par le peuple kabyle depuis l’indépendance de l’Algérie : arrestations arbitraires, condamnations à mort (39 personnes à ce jour), persécutions, racisme, et violations graves des droits humains. L’article 87 bis du Code pénal algérien, souvent utilisé pour criminaliser les militants kabyles, a été dénoncé comme contraire au droit international.

Le CMA a rappelé que l’État algérien, se définissant comme arabe et islamique, mène une politique d’éradication de l’identité kabyle et amazighe, au mépris du caractère autochtone de ces populations.

Face à cela, le CMA demande au MEDPA de :

  1. Informer et conseiller les représentants kabyles sur les mécanismes juridiques internationaux pour défendre leurs droits ;
  2. Encourager le dialogue avec les autorités algériennes, en facilitant un processus de paix respectueux du droit international et de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.

Libye : les Amazighs réclament reconnaissance et autonomie

En l’absence de la délégation du Haut Conseil des Amazighs de Libye (HCAL), empêchée de se rendre à Genève, le CMA a présenté la situation critique des Amazighs libyens : marginalisation politique, assimilation forcée, expropriations et non-reconnaissance constitutionnelle.

Malgré le chaos institutionnel dans le pays, les Amazighs ont restauré leurs systèmes traditionnels d’organisation et revendiquent désormais un statut d’autonomie pour leurs territoires, seul garant d’une paix durable et du respect de leurs droits fondamentaux.

Le CMA, au nom du HCAL, demande au MEDPA de :

  1. Fournir conseil et accompagnement juridique aux institutions amazighes libyennes ;
  2. Élaborer avec elles les mesures législatives nécessaires à leur reconnaissance ;
  3. Faciliter un dialogue avec les autorités libyennes, afin d’aboutir à un accord sur un statut spécial, conforme aux traditions amazighes et au droit international.

Un appel à l’action de la communauté internationale

À l’issue de la rencontre, la Présidente du MEDPA a remercié la délégation du CMA pour sa contribution et s’est engagée à examiner avec attention les deux requêtes. Le CMA a, de son côté, réaffirmé sa disponibilité à collaborer avec les Nations Unies, et a exprimé son souhait de voir prochainement une mission d’experts se rendre en Kabylie et dans les territoires amazighs de Libye.

Le Congrès Mondial Amazigh appelle la communauté internationale à ne pas fermer les yeux sur les atteintes graves et persistantes aux droits des peuples autochtones d’Afrique du Nord. La paix, la justice et la reconnaissance passent par l’application effective des principes universels des droits humains.

Le Bureau du CMA
Palais des Nations, Genève – 20 juillet 2025

Rédaction Kabyle.com
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