La Libye est morte, vient maintenant le temps de l'autodétermination des Amazighs

La Libye est morte, vient maintenant le temps de l'autodétermination des Amazighs

La conférence internationale qui se tient à Palerme, Italie, les 12 et 13 novembre 2018, est un échec annoncé.

Convoquée pour stabiliser ce vaste territoire, en proie au chaos depuis la chute, en 2011, du dictateur Kadhafi, cette conférence est un coup d’épée dans l’eau.

L’Italie et l’Europe qui pensent que la stabilisation de la Libye serait un moyen efficace de fermer la route aux interminables vagues de migrants qui déferlent sur le continent à partir des ports de ce pays ne semblent pas près de regarder la réalité en face.

Premier angle mort de cette conférence : La Libye est morte. Personne ne la ressuscitera. Son temps est révolu. Comme la plupart des pays issus de la colonisation, elle est composée de plusieurs peuples qui ne sont pas près de (re)vivre ensemble tant que chacun d’entre eux n’aura pas érigé son propre Etat souverain. Ainsi, les Amazighs d’At Willul (Zwara) et d’Infusen (Nefoussa), les Ghazaouis, les Gadafi, les Touaregs et les Toubous sont des peuples distincts qui aspirent tous à une existence internationale reconnue. Si, un jour, leur intérêt commun leur dictait de former ensemble une fédération, ils y viendraient par leur propre volonté et non par une injonction extérieure. Personne ne peut leur imposer aujourd’hui une autre solution que celle du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Deuxième angle mort : L’invitation à cette conférence limitée à deux acteurs en présence seulement, Serraj et Haftar ne saurait apporter la paix. Ces deux protagonistes se font la guerre pour un nouveau pouvoir dictatorial sur la Libye.

Or les Berbères de Zwara et Nefoussa (10% de la population) sont armés et disposent déjà de leurs propres institutions comme le Conseil Suprême des Amazighs. Aucune solution autre que leur Etat séparé ne saurait leur convenir.

Les Touaregs, à l’extrême ouest sont un peuple partagé entre la Libye, le Niger, le Mali, le Burkina Faso et l’Algérie.

Les Toubous (extrême Sud) sont les maîtres de la bande d’Aouzou.

Quels que soient les résultats de cette rencontre à Palerme, l’Europe n’est pas près d’en finir avec l’instabilité dans l’ex-Libye.

Le droit des peuples à l’autodétermination reste la seule voie pour la liberté, la démocratie et la coopération internationale dans la paix pour tous. La Kabylie qui le revendique pour elle-même estime qu’il est de son devoir de le partager avec tous les peuples qui le méritent.

Exil, le 12 novembre 2018

Ferhat Mehenni
Président du Gouvernement provisoire kabyle en exil (Anavad)

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