Ferhat Mehenni appelle la communauté internationale à l’ingérence humanitaire et écologique

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Le président du Mouvement de l’Autodétermination de la Kabylie, Ferhat Mehenni déclare sur Taqvaylit TV l’état de sinistre humanitaire et écologique en Kabylie et appelle la communauté internationale à l’ingérence humanitaire et écologique en soutien au peuple kabyle et à la Kabylie.

Les Kabyles et la Kabylie sont selon lui victimes des exactions du régime colonial algérien qui applique son projet Zéro Kabyle pour exterminer les Kabyles par manque d’oxygène et par le feu.

1 COMMENTAIRE

  1. Yasmina Khadra

    BÉNIE SOIT L’ALGÉRIE

    On reconnaît une nation à son unité dans le meilleur et dans le pire. Car une nation sait sur quoi reposent sa force et sa lucidité. Une nation qui avance ne s’attarde pas sur le non-essentiel. Elle sait qu’elle porte en elle les générations de demain, que ces générations sont sa longévité, voire les maillots de son éternité. Une nation est une conscience vigilante parce que vulnérable comme toute âme humaine. Elle ne perd pas de vue ses failles puisque aucune nation n’est compacte ni étanche, et donc sujette à toutes sortes de fuites et d’infiltration. Et c’est précisément en connaissance de ses brèches qu’elle se doit d’être constamment en alerte. Depuis quelques temps, des voix insoutenables de haine tentent de chahuter l’appel à la raison. Elles fustigent les Kabyles, diabolisent les « Arabes » dans un délire aussi ridicule qu’abominable. Certaines s’érigent en victimes expiatoires, d’autres en preux héritiers de j’ignore quelle glorieuse épopée. Et dans ces joutes oratoires pour chantres déphasés, on assiste à des réactions aussi condamnables les unes que les autres. Cette situation ne répond guère aux critères censés élever un peuple au rang de la nation. Bien au contraire, elle le réduit plus bas qu’un paillasson. Je suis consterné par cette frénésie suicidaire, cannibale, en passe de faire d’un frustré un zombie. À ces va-t-en guerre par procuration, à ces fossoyeurs en manque de cadavres, je dirais : si vous n’êtes pas capables d’être utiles à quelque chose, tâchez de faire quelque chose de votre vie au lieu de pourrir celle de vos compatriotes suffisamment éprouvés par les déconvenues, les drames et le malheur. Les Algériens ont besoin de soutien, pas de colère. Les colères, nous nous réveillons avec et nous dormons avec. Les Algériens ont besoin de vivre dans la quiétude et le progrès, ils s’évertuent à entretenir un semblant de rêve et cherchent désespérément une voie dans la tourmente qui est la leur depuis des décennies. Les Algériens sont fatigués de subir, fatigués de se tromper d’ennemis, fatigués d’être trahis, fatigués d’être incompris. Si nous voulons nous relever de nos décombres, nous devons réapprendre à discerner ce qui nous convient en tant que nation de ce qui nous maintient dans le désarroi et le déni de soi. Si nous voulons prouver au monde que nous sommes dignes de reconquérir une place de choix dans le concert des nations, prouvons d’abord que nous sommes lucides et que nous savons ce que nous voulons pour nos enfants et pour les générations de demain. Le monde ne pardonne pas aux peuples indécis, ni aux peuples qui se trompent grossièrement de destin. Je sais que certaines oreilles demeureront viscéralement sourdes à l’appel de la raison, que certains esprits sont les otages consentants de leur propre infortune. Ce message ne les concerne pas. Il est destiné à ceux qui réagissent durement aux provocations, donnant ainsi une visibilité inespérée à des naufragés de l’Histoire en quête d’un hypothétique port d’attache. L’Algérie n’est Algerienne que si les cimes des Djurdjura se reconnaissent dans les pics de l’Atakor, que si l’Ouarsenis baigne de son ombre l’ensemble des Hauts Plateaux, que si les coupoles du M’zab nimbent les sept marabouts d’Ain Témouchent,que si les plaines de la Mitidja réunissent celles de la Tafna et de la Soumam, que si les forêts de Collo s’inspirent de celles de Fellaoucene, que si les gorges de Palestro se gargarisent dans les gorges de Rimmel, que si les ergs de Tanezrouft nourrissent les barkhane de Taghit, que si Timimoun la Rouge se réjouit d’Alger la Blanche, que si le cœur des Chaouis des Aurés bat le pouls des Touareg, que si les vestales de Tizi enchantent le verbe des poètes de Ghazaouet, que si les cavaliers de Mascara étendent leur fantasia jusque sur les ponts de Constantine, que si une hirondelle de Seraidi fait le printemps de toutes les wilayas de notre patrie. Nous ne sommes rien les uns sans les autres. Nous ne sommes nous-mêmes que par les autres, c’est-à-dire nos compatriotes de tous les horizons, sans distinction. Que Dieu bénisse la terre de nos ancêtres, que soient bénis nos larmes, notre sang et notre sueur, sève sainte de tous les Algériens.

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