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Boualem Boualem : un homme du régime algérien accueilli à l’Élysée, la Kabylie s’indigne
Tandis que les voix s’élèvent contre les violations répétées des droits de l’homme en Algérie, l’Élysée a reçu, en toute discrétion, l’un des plus hauts dignitaires du régime algérien : Boualem Boualem, directeur de cabinet du président Abdelmadjid Tebboune. Une rencontre diplomatique qui scandalise les défenseurs des droits humains et soulève une indignation particulière en Kabylie, où son nom est associé aux pires formes de répression.
Un haut fonctionnaire au cœur du système
Magistrat de formation, ancien sénateur du Rassemblement National Démocratique (RND), Boualem Boualem a été nommé conseiller juridique à la présidence dès les premiers mois du mandat de Tebboune en 2020. Depuis 2023, il occupe officiellement le poste stratégique de directeur de cabinet à la présidence – un rôle central qui lui confère une influence considérable sur les décisions politiques, sécuritaires et judiciaires du pays.
Il est considéré comme l’un des hommes les plus puissants d’Algérie, discret mais redouté, bras droit du président et chef d’orchestre d’un appareil d’État souvent accusé d’autoritarisme.
Accusé de répression systémique
Selon plusieurs sources au sein de la diaspora kabyle et des organisations de défense des droits humains, Boualem Boualem serait l’un des principaux instigateurs de la politique de répression mise en place depuis 2019. Parmi les accusations les plus graves qui lui sont adressées :
- Arrestations arbitraires et torture : Il aurait personnellement validé des opérations menées contre des militants kabyles, des journalistes et des opposants, en ordonnant aux services de sécurité d’agir sans mandat légal.
- Pressions sur la justice : Des magistrats affirment anonymement qu’il interviendrait directement dans les affaires sensibles, dictant les verdicts par téléphone.
- Blocage des libertés individuelles : Il serait à l’origine de nombreuses ISTN (Interdictions de Sortie du Territoire National), souvent utilisées comme levier de chantage ou moyen de sanction contre les citoyens critiques du pouvoir.
- Antikabylisme d’État : Il est cité comme l’un des promoteurs présumés d’un plan d’éradication culturelle et politique de la Kabylie, surnommé par ses détracteurs « opération zéro Kabyle », prétendument élaboré en août 2019.
Aucune enquête judiciaire internationale n’a encore été ouverte à son encontre, mais la demande de comptes ne cesse de croître, notamment au sein du Gouvernement provisoire kabyle (Anavad) et dans les cercles militants de la diaspora.
La France face à ses contradictions
Alors que la France se positionne officiellement en faveur des libertés fondamentales, l’accueil de Boualem Boualem au palais de l’Élysée passe mal. Certains y voient une diplomatie de convenance, d’autres une trahison morale.
« Recevoir cet homme, c’est fermer les yeux sur des années de torture, de persécution et de négation identitaire », dénonce Ferhat Mehenni exilé à Paris. Plusieurs intellectuels français et eurodéputés dénoncent également un choix politique lourd de conséquences pour la crédibilité des engagements humanistes de la République.
Boualem Sansal et Christophe Gleizes : des otages du régime ?
L’affaire prend un relief particulier à la lumière de l’arrestation de Boualem Sansal, écrivain franco-algérien de renom, détenu depuis novembre 2024 pour « atteinte à l’unité nationale ». Le journaliste Christophe Gleizes, lui, a disparu après un reportage sur les prisons politiques algériennes. Certains suggèrent que la présence de Boualem Boualem à Paris pourrait être utilisée comme monnaie d’échange pour obtenir leur libération.
« La France aurait mieux fait de le placer sous mandat d’arrêt international plutôt que de lui dérouler le tapis rouge », fulmine un élu européen sous couvert d’anonymat.
La Kabylie réclame justice
Pour les défenseurs de la cause kabyle, ce n’est qu’une question de temps : Boualem Boualem devra, un jour, répondre de ses actes devant la justice d’une future République fédérale de Kabylie. D’ores et déjà, des archives, témoignages et documents sont réunis pour constituer un dossier judiciaire international à son encontre.
La venue de Boualem Boualem à l’Élysée interroge profondément. Est-ce le signe d’une realpolitik assumée ou d’une amnésie volontaire des principes ? Pour la Kabylie et les défenseurs des droits humains, le message est clair : tant que les responsables des répressions ne sont pas inquiétés, la justice reste une promesse vide.
La Kabylie n’oubliera pas. Et la France, elle, ne pourra pas dire qu’elle ne savait pas.
