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Agour Mehenni : une énième victime du régime algérien
Hier, les télévisions algériennes ont relayé une seule et unique information, présentée comme une révélation majeure. À les entendre, le pays serait définitivement immunisé, engagé sur la voie du développement et de la liberté.
À travers un entretien avec le fils de Ferhat Mehenni, les médias du régime ont embrayé sans relâche, croyant avoir inventé à la fois le fil à couper le beurre et celui à couper le souffle au MAK. Agour Mehenni, fils du président du MAK-Anavad, inconnu sur le terrain du combat, celui de son père comme celui de toute la Kabylie, est sorti pour dire qu’il ne partage pas le projet politique de son père. Quoi de plus normal, au fond, dans une démarche politique qui n’a jamais fait de l’engagement une affaire de famille, de filiation ou de tribu. Ferhat Mehenni pense la politique autrement. Il l’a toujours pratiquée autrement.
Contrairement au régime, le président Ferhat Mehenni n’a jamais envisagé ses idées comme un registre de commerce où la famille et les proches viendraient se servir à leur guise. Pour lui, la politique repose d’abord sur des convictions et un engagement sincère.
Là où les voyous du régime ont fait de la politique une entreprise familiale et un moyen d’enrichissement, le MAK incarne un engagement désintéressé. La sortie d’Agour Mehenni illustre précisément cela. Elle démontre que, loin de l’affaiblir, le MAK n’est ni une secte ni une propriété familiale, mais un mouvement citoyen porté par des femmes et des hommes épris de justice et de liberté.
D’ailleurs, Agour Mehenni n’a à aucun moment dénoncé les orientations politiques de son père. Il s’est simplement déclaré en porte-à-faux. Une posture qui constitue, en soi, une leçon de démocratie pour tous ceux qui ont tenté de faire de cette séquence une manipulation médiatique et politique. Cette sortie ne peut être qu’une banalité dans toute culture politique saine. Mais le régime, habitué au népotisme et à la confiscation familiale du pouvoir, ne pouvait comprendre qu’un engagement politique puisse échapper aux liens du sang. Reste à savoir si Agour Mehenni a compris que cette sortie n’était rien d’autre qu’une mise en scène grotesque, dans laquelle il a joué un rôle sans en saisir ni le sens ni la finalité.
A-t-il seulement réalisé que les médias auxquels il s’est confié présentent son père comme un « terroriste » et instrumentalisent sa parole comme une arme politique ?
Par Saadi At Wasif
