13 000 détenus Kabyles : l’aube d’une persécution systématique

Accusés de sympathie avec le MAK et victimes d’un plan systématique de marginalisation orchestré par Saïd Chengriha, les officiers supérieurs kabyles de l’armée algérienne font face à une chasse aux sorcières implacable. Bloqués dans leurs carrières, poussés à la retraite ou menacés de prison, ces figures militaires deviennent les nouvelles cibles d’une politique antikabyle assumée.

Face aux révélations du journaliste Hichem Aboud sur l’éviction des officiers supérieurs kabyles par le régime algérien, Ferhat Mehenni dénonce une stratégie désespérée de Saïd Chengriha pour neutraliser toute opposition kabyle.

La déclaration de Ferhat Mehenni

Officier supérieurs Kabyles dans le collimateur du pouvoir algérien

Tous les généraux et officiers supérieurs kabyles sont suspectés de sympathie avec le MAK et bloqués dans leur carrière ! C’est la décision de l’antikabyliste viscéral, Saïd Chengriha, l’homme fort du régime algérien et le pilote de l’opération Zéro Kabyle.

Après avoir embastillé plus de 13 000 éléments de l’élite politique kabyle depuis juin 2021, brûlé à trois reprises l’ensemble du territoire de la Kabylie et fait plus de mille morts, on en vient au tour des officiers supérieurs d’origine kabyle qui exercent dans l’armée algérienne.

C’est pour leur éviter de connaître des jours sombres que j’en parle. Ils sont suspectés de manque de loyauté à l’égard de leur hiérarchie, voire d’appartenance au MAK, et ce, malgré tout le zèle que certains d’entre eux ont déployé jusqu’ici contre nos pacifiques militants.

Aujourd’hui, ils sont tous mis à l’index. Certains seront envoyés en prison, les plus chanceux à la retraite et le reste bloqué dans son ascension et poussé vers la sortie avant l’heure.

D’après le journaliste Hichem Aboud, qui en a donné l’information, obtenue de source sûre, seuls deux ou trois généraux seront gardés à leur poste pour un moment : le temps qu’ils soient un peu plus avilis et plus humiliés.

Vive l’indépendance de la Kabylie ! Liberté pour nos prisonniers et pour Boualem Sansal.

Ferhat Mehenni

La pression française sur la dictature algérienne

Pour la troisième fois depuis l’arrestation de Boualem Sansal, écrivain âgé de 75 ans et malade, le président français Emmanuel Macron a exigé sa libération, dénonçant un « déshonneur ». Malgré la pression française, le régime algérien s’entête, utilisant cette détention comme levier populiste contre l’ancienne puissance coloniale.

Qualifiant cette détention d’ »injustifiable » et d’ »indigne », il a déclaré que maintenir un intellectuel malade de 75 ans en prison est un « déshonneur ».

Pour Abdelmadjid Tebboune, l’arrestation de Boualem Sansal n’est qu’un outil de propagande. Le président algérien a recours à un discours populiste visant à renforcer une image d’indépendance face à la France. En multipliant les insultes et en stigmatisant Sansal, Tebboune cherche à détourner l’attention de la précarité économique et sociale qui ronge le pays. Ce populisme anti-français est devenu une stratégie politique, alimentant le ressentiment pour obtenir l’estime d’une population désabusée.

Boualem Sansal symbolise bien plus qu’une voix dissidente. Son arrestation traduit la fébrilité d’un régime incapable de tolérer la liberté d’expression et qui s’appuie sur la répression pour assoir une légitimité fragile. Les tensions persistantes entre Alger et Paris placent Sansal au cœur d’une bataille politique dont il est une victime collatérale.

Une question s’impose : où est la diaspora kabyle ?

Alors que la répression en Algérie s’intensifie, une question s’impose : où est la diaspora kabyle ? Longtemps perçue comme un bastion de résistance, elle semble aujourd’hui figée par le conformisme et la peur.

Loin de l’élan militant qui a marqué son histoire, une partie de cette diaspora paraît résignée, voire docile face à une doctrine arabo-islamiste qui marginalise sa propre culture.

Ce silence apparent de la diaspora kabyle face à la répression du régime algérien n’est pas uniquement le fruit de la peur ou du conformisme, qu’il soit stratégique ou imposé par des contraintes. Il affaiblit non seulement la lutte pour la justice, mais aussi la revendication identitaire kabyle.

Comprenons qu’il découle aussi d’un filtrage méthodique orchestré par le pouvoir algérien à travers ses réseaux d’influence. En infiltrant certaines associations, médias et organisations kabyles en France, le régime a étendu son contrôle jusque dans l’exil, semant la division et la méfiance au sein de la communauté kabyle.

Ces antennes servent à surveiller, désinformer et affaiblir toute initiative qui pourrait renforcer les luttes pour les droits du peuple kabyle. Par cette stratégie, Alger parvient non seulement à neutraliser une diaspora qui pourrait être un levier de mobilisation, mais aussi à imposer un climat de censure et d’autocensure.

Il est urgent de redonner à cette diaspora un souffle de mobilisation et de courage pour s’opposer à l’injustice et soutenir les voix persécutées comme celle de Boualem Sansal, Mira Moknache, Cherif Mellal et de milliers des nôtres kidnappés, embastillés ou réfugiés dans l’ombre.

Rédaction Kabyle.com
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