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Massinissa Khellili, deuxième détenu kabyle mort en détention politique
La confirmation du décès de Massinissa Khellili, détenu politique kabyle, a provoqué un profond sentiment de deuil et d’indignation dans toute la Kabylie. Âgé de 44 ans, originaire du village Tawrirt Muqren, il faisait partie des 38 hommes lourdement condamnés à la réclusion à perpétuité dans l’affaire de Larbaa Nath Irathen, suite au lynchage de Djamel Bensmail en août 2021.
C’est le deuxième décès enregistré dans cette affaire, mais le premier à être confirmé publiquement. Le Collectif des familles des détenus a annoncé sa mort le 12 septembre, indiquant que l’homme « avait subi une détention d’une extrême dureté, qui a laissé de profondes séquelles psychologiques ». Selon plusieurs sources proches du dossier, Massinissa Khellili est décédé le 6 septembre, après une longue période de silence imposée aux siens.
Depuis le début de cette affaire, les proches des détenus vivent dans la crainte permanente. Plusieurs témoignages évoquent des pressions très lourdes, des interdictions de parler, et des menaces de représailles en cas de prise de parole. D’après un habitant de Larbaa Nath Irathen que nous avons pu joindre, les autorités auraient prévenu :
« Si une famille ose parler à la presse ou à une ONG, c’est tous les détenus qu’ils risquent de perdre. »
La majorité des familles ont été poussées au silence, certaines perdant même leur emploi. Une source locale affirme qu’un bureau de la sécurité militaire est installé à Tizi Ouzou pour surveiller les familles des détenus. Les rumeurs de confiscation de passeports circulent, mais ne peuvent être confirmées tant la peur est omniprésente.
Le régime aurait également procédé au transfert des détenus vers des prisons du sud algérien, dans des conditions extrêmement dures. Béchar, Ouargla, voire Adrar sont cités. Ces déplacements rendent toute visite familiale presque impossible, et sont interprétés par les proches comme une mesure punitive et une tentative d’isolement total.
Dans un silence presque total des autorités, ces morts posent de nombreuses questions. Quelle est la responsabilité de l’administration pénitentiaire dans ces décès ? Y a-t-il eu torture ? Pourquoi ce silence officiel ?
Aujourd’hui, le nom de Massinissa Khellili s’ajoute à une longue liste de Kabyles victimes de la répression. Sa mort ne doit pas rester un fait divers ignoré. Elle interroge sur le sort des autres détenus, sur le rôle des institutions judiciaires algériennes, et sur la place de la Kabylie dans ce que le régime appelle encore une nation.
