La femme dans l’État algérien
Le 9 juin 1984, l’Assemblée Populaire Algérienne, une masculine galaxie, avait adopté à huit-clos la plus grande injustice commise contre la femme algérienne depuis l’indépendance : le code de la famille, inspiré d’une lecture rétrograde du coran. Des élus qui passaient des cessions à ronfler comme des soufflets de forge s’étaient réveillés avec du feu au fessier pour asservir totalement la femme et de manière officielle en la reléguant au rôle de sujet, propriété du père ou à défaut du frère ou de l’oncle élevés en tuteurs, avant de passer, après son mariage, sous l’autorité du mari qui disposera de sa vie. C’était le plus haut gage de complicité que l’État algérien déposait entre les mains des conservateurs religieux. La femme était désormais livrée à toutes les incertitudes. L’homme pouvait répudier son épouse d’un claquement des doigts et se permettre jusqu’à quatre mariages. La femme, quant à elle, si et seulement si son mari se rendait coupable d’un délit infâme, pouvait racheter sa liberté en versant une somme d’argent, tout comme une esclave vendue à réméré, avec possibilité de rachat ultérieur.
Ce n’est là qu’un résumé prude et vulgaire du code de la famille mais, telle une rumeur froide que l’on actionne pour justifier d’avance une sentence arbitraire, il porte en lui l’effacement criminel du plus beau symbole de l’humanité.
L’Assemblée Populaire algérienne est, comme elle avait toujours été, une chambre d’approbation de toutes les décisions du régime qui actionne généreusement pour les députés indus élus une colossale machine à chocolat.
Djaffar Ben.
