Stop à l'humilitation, agissons !
Libérer les prisonniers d'opinion Kabyles
Kabyles for Human Rights interpelle Keir Starmer sur la répression en Kabylie
L’ONG Kabyles for Human Rights (KHR), basée aux États-Unis et affiliée à Amnesty International, a adressé le 11 août 2025 une lettre officielle au Premier ministre britannique Keir Starmer pour dénoncer les violations systématiques des droits humains commises par le régime algérien à l’encontre du peuple kabyle.
Dans ce courrier, KHR rappelle que les Kabyles, peuple autochtone du nord de l’Algérie, subissent depuis l’indépendance en 1962 une politique d’arabisation et d’islamisation forcée. L’organisation dénonce notamment :
- l’interdiction de manifestations en Kabylie depuis 2021,
- l’arrestation de citoyens pour le simple port du drapeau amazigh,
- la fermeture des églises évangéliques,
- l’emprisonnement massif d’opposants politiques kabyles sur la base de l’article 87 bis du code pénal algérien, qui assimile toute critique à du terrorisme.
KHR souligne que plus de 350 Kabyles sont aujourd’hui emprisonnés, dont 38 condamnés à mort, dans des conditions jugées arbitraires et inhumaines.
Le mouvement rappelle également que le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), pourtant pacifique, a été déclaré organisation terroriste par Alger, dans le seul but de criminaliser les revendications identitaires et démocratiques.
Une lettre au parfum historique
L’ONG note qu’il faut remonter à 1902 pour retrouver une défense explicite de la cause kabyle au Parlement britannique. Elle espère que le Royaume-Uni, fort de ses valeurs démocratiques, interpellera officiellement Alger et réclamera la libération des prisonniers d’opinion.
KHR insiste enfin sur le rôle stratégique de la diaspora kabyle en Europe (près de deux millions de personnes), dont une partie est établie au Royaume-Uni, rappelant que « l’Europe et la Kabylie partagent les mêmes principes de liberté et de paix ».
Une mise en garde à la communauté internationale
Au-delà du cas kabyle, la lettre souligne que l’Algérie, malgré ses richesses énergétiques, consacre près de 20 % de son budget à l’armée, largement équipée par la Russie. Pour KHR, ce militarisme représente une menace non seulement pour la Kabylie, mais aussi pour la stabilité régionale.
L’organisation conclut en appelant Keir Starmer à recevoir ses représentants pour exposer plus en détail la situation dramatique que vit la Kabylie depuis plus de 60 ans
Kabyles for Human Rights
226 W Market Str.
Hallam PA 1706-1029
USA
kabylehr@protonmail.com
11 août 2025
À l’attention du très honorable Keir Starmer, Premier ministre du Royaume-Uni
10 Downing Street
Londres
Royaume-Uni
Objet : Le peuple kabyle en détresse
Monsieur le Premier ministre,
Notre organisation est une ONG de défense des droits humains affiliée à Amnesty International. Elle s’engage à défendre et à dénoncer les violations des droits humains, en particulier lorsque les victimes sont des Kabyles.
Les Kabyles sont un peuple autochtone du Nord de l’Algérie, porteur d’une grande histoire depuis l’Antiquité, et ayant pratiqué l’un des systèmes politiques les plus démocratiques au monde. Cependant, cela prit fin avec l’annexion de la Kabylie par la République française en 1857.
Nous sommes profondément préoccupés par les violations des droits humains en Algérie, notamment lorsqu’elles visent le peuple kabyle. Depuis des décennies, les agressions de ce régime autoritaire n’ont cessé de s’intensifier. L’armée, la police, la justice et le pouvoir d’Alger agissent de concert pour écraser la Kabylie et la réduire au silence.
Monsieur le Premier ministre, votre gouvernement connaît les dérives de l’Algérie et la faillite de sa gouvernance. Nous saluons les dénonciations répétées des parlementaires britanniques concernant les violations en Kabylie, ainsi que vos démarches auprès des autorités algériennes. Rappelons que la dernière fois qu’un tel engagement en faveur de la cause kabyle fut exprimé à Westminster remonte à 1902 ! Cette lettre vise donc à attirer votre attention sur les crimes récents du régime algérien contre la Kabylie et sur le plan désormais avéré d’Alger visant à corrompre et intimider l’opposition kabyle en Europe et en Amérique du Nord.
Points principaux :
- Depuis 1962, le régime algérien a imposé une gouvernance arabo-islamique, niant aux Kabyles le droit à leur langue, leur culture et leur organisation sociale. L’arabisation forcée et l’islamisation des écoles visent à effacer les générations futures.
- Contrôle des médias et emprisonnement des journalistes. Plus de 25 chaînes de télévision diffusent en arabe, dont la majorité avec des programmes coraniques, tandis qu’aucune ne diffuse en kabyle, hormis quelques heures hebdomadaires.
- Arrestations pour port du drapeau amazigh ou kabyle, ou pour opinions critiques sur les réseaux sociaux. L’écrivain Boualem Sansal, pourtant reconnu à l’international, a été emprisonné dès son arrivée à Alger en novembre 2024.
- Depuis 2021, toutes les manifestations sont interdites en Kabylie, générant frustration et tensions.
- Blocage des investissements privés en Kabylie, poussant les Kabyles à l’exil et à la misère économique.
- Fermeture des églises évangéliques présentes en Kabylie, pendant que les mosquées sont financées par l’État.
- Application de l’article 87 bis du code pénal, assimilant à du terrorisme toute opinion jugée menaçante pour « l’unité nationale ». Résultat : plus de 350 Kabyles emprisonnés, dont 38 condamnés à mort sans preuves ni procès équitable.
- Criminalisation du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), qualifié de « terroriste » alors qu’il s’agit d’un mouvement pacifique.
Cette liste illustre la véritable finalité du régime algérien : au mieux assimiler le peuple kabyle, au pire l’éradiquer.
Alors qu’elle dispose d’immenses ressources en gaz et pétrole, l’Algérie consacre 19 % de son budget 2025 au militaire, soutenu par la Russie. En Kabylie, pourtant paisible, une concentration massive de forces armées est maintenue dans le seul but de réprimer toute revendication identitaire.
L’Europe et la Kabylie partagent les mêmes valeurs de liberté et de paix, comme en témoigne l’intégration réussie de la diaspora kabyle en Europe, forte de 2 millions de personnes, dont une partie réside au Royaume-Uni.
Nous vous appelons donc à rappeler officiellement au gouvernement algérien le droit du peuple kabyle à l’autodétermination, inscrit dans la Charte des Nations Unies. Nous sollicitons particulièrement votre appui pour la libération immédiate de tous les prisonniers d’opinion.
Enfin, nous serions honorés de pouvoir rencontrer vos équipes afin de vous fournir davantage de précisions sur la répression et l’ostracisme que subit la Kabylie depuis 1962.
Veuillez croire, Monsieur le Premier ministre, en notre plus grand respect.
Kabyles for Human Rights
