2026 – Le temps du collectif pour les Kabyles

2025 n’a pas été une année de victoire individuelle. Elle a été une année de victoire pour celles et ceux qui ont su se rassembler, structurer un récit commun et amener le monde vers eux plutôt que de courir après sa reconnaissance.

C’est précisément ce qu’a montré le mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie : quand une cause s’organise, s’ancre, se rend visible et lisible, elle cesse d’être marginalisée. Elle devient un point de gravité.

Kabyle.com : un rôle central, en toute indépendance

Dans cette dynamique, Kabyle.com occupe une place centrale dans la visibilité médiatique de la Kabylie, sans être affilié à aucun mouvement politique.

Kabyle.com n’est ni un organe, ni un relais partisan. C’est un média indépendant, un espace d’information, d’archives et de mémoire, dont le rôle est de :

  • rendre visibles les faits,
  • donner la parole aux acteurs et aux auteurs,
  • documenter les dynamiques culturelles, sociales et politiques,
  • conserver une trace durable de ce qui se joue.

Cette centralité ne vient pas d’un mandat, mais d’un travail de long terme : continuité éditoriale, rigueur, ouverture, et fidélité à une ligne indépendante.

Kabyle.com continuera d’exister comme un fonds éditorial, une archive vivante. À son rythme : lent, assumé, respectueux du temps long, de la mémoire et des voix qu’il abrite.

Le collectif comme force politique et culturelle

La Kabylie nous rappelle une chose essentielle : ce ne sont pas les voix isolées qui font l’histoire, mais les réseaux conscients d’eux-mêmes.

En 2025, la dynamique amazighe a franchi un seuil :

  • un discours structuré,
  • une diaspora connectée,
  • des médias indépendants,
  • une capacité à produire, archiver et transmettre.

Le collectif n’a pas dilué les identités. Il les a rendues audibles.

Kabyle.com : de l’information à l’infrastructure collective

Dans cette continuité, Kabyle.com ne se contente plus d’informer. Le site s’organise désormais comme un point d’appui collectif, au service des mémoires, des luttes, des savoirs amazighs.

Avec le réseau Amazigh Connect, l’enjeu n’est plus seulement éditorial. Il devient :

  • culturel,
  • documentaire,
  • technique,
  • résilient.

Il s’agit de créer des espaces autonomes, interconnectés, capables de survivre aux silences médiatiques, aux pressions politiques, aux effacements numériques.

Kabyle.com entend continuer à jouer son rôle : un carrefour de visibilité, au service de la Kabylie et des Amazighs, libre dans sa ligne, ouvert dans ses relais, responsable dans sa mission.

Résilience : Patreon, IPFS, indépendance

En 2026, le soutien ne peut plus dépendre d’un seul modèle en faisant la part belle à l’extractivisme.

C’est pourquoi Kabyle.com explore des solutions complémentaires :

  • Patreon pour le soutien direct et transparent,
  • IPFS pour l’archivage distribué et la mémoire longue,
  • des réseaux humains avant des plateformes centralisées.

La résilience n’est pas une posture technique. C’est un choix culturel et identitaire.

Informer, parfois au prix du risque

Rendre visible n’est jamais neutre. Informer expose. Documenter dérange. Archiver engage.

Depuis 2024, Kabyle.com est confronté à un combat judiciaire en cours, conséquence directe de son rôle de média indépendant, libre dans ses choix éditoriaux et fidèle à sa mission d’information.

C’est le prix à payer pour l’indépendance, pour le refus de l’effacement, pour la persistance d’un espace médiatique autonome.

Le judiciaire rappelle une réalité souvent oubliée : la liberté d’informer se défend aussi devant les tribunaux.

S’inspirer d’autres peuples minorisés

La Kabylie n’est pas seule à emprunter ce chemin.

L’exemple de Institut de la langue savoyarde montre qu’un peuple peut :

  • structurer sa langue,
  • documenter son patrimoine,
  • produire des ressources numériques,
  • avec une ingénierie culturelle et documentaire solide, l’aide de l’INRIA.

Ce type d’initiative prouve que la souveraineté commence souvent par le numérique, l’archive et la transmission.

Vers un État numérique kabyle souverain

C’est dans cet esprit que s’ouvre, pour 2026, un nouveau chantier : accompagner la réflexion autour d’un État numérique kabyle, pensé non comme une proclamation symbolique, mais comme une infrastructure concrète.

À ce titre, un appui est envisagé auprès de l’Anavad d’un côté et du Conseil National Kabyle, sur des questions telles que :

  • architecture de l’information,
  • médias et archives numériques,
  • résilience technique (décentralisation, sauvegarde),
  • souveraineté des données,
  • transmission mémorielle.

Il ne s’agit pas de diriger, ni de représenter, mais d’apporter des outils, des méthodes et une expertise, au service d’un projet collectif.

2026 : consolider, relier, transmettre

L’année qui s’ouvre appelle à la clarté : clarté des rôles, clarté des lignes, clarté des responsabilités.

L’année qui s’ouvre n’est pas celle de la dispersion. C’est celle de la consolidation collective.

Nos vœux pour 2026 :

  • moins de projets solitaires épuisants,
  • plus d’alliances conscientes,
  • des outils au service des peuples, pas l’inverse,
  • une mémoire amazighe vivante, protégée, transmissible.

La Kabylie nous a montré le chemin : quand un peuple se rassemble, le monde finit par s’ajuster autour de lui.

Couvrir les rendez-vous amazighs majeurs

Fidèle à sa mission d’information et de documentation, Kabyle.com communiquera et couvrira les deux Congrès Mondiaux Amazighs à venir l’un qui se déroulera aux Iles Canaries et l’autre au Maroc.

Ces rendez-vous sont essentiels :

  • pour rendre compte des débats,
  • pour documenter les positions et les évolutions,
  • pour donner de la visibilité aux acteurs culturels, associatifs et intellectuels amazighs,
  • pour conserver une mémoire fidèle de ces moments structurants.

Informer n’est pas cautionner. C’est permettre au public de comprendre, d’analyser et de se forger un regard éclairé.

Soutenir la liberté d’informer

Kabyle.com réaffirme également son soutien à la libération de Christophe Gleize, ainsi qu’à celle de tous les détenus privés de liberté pour leurs opinions, leurs écrits ou leur engagement pacifique.

Parmi eux figure Mira Moknache, dont l’incarcération symbolise une réalité plus large : celle de femmes et d’hommes privés de liberté pour avoir exprimé une parole politique, culturelle ou citoyenne.

Ce soutien n’est pas militant au sens partisan. Il relève du devoir fondamental de tout média : défendre la liberté d’informer, le droit d’enquêter, le droit de témoigner.

Quand un journaliste est emprisonné, ce n’est pas seulement une personne qui est atteinte, c’est le droit du public à l’information.

Bonne année 2026. Qu’elle soit collective, résiliente et souveraine.

Stéphane ARRAMI

Stéphane Mérabet Arrami
Stéphane Mérabet Arrami
Articles: 62

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