Portrait sonore de Si Mohand ou-M’hand, le poète errant de la Kabylie

Il parcourait les villages, offrant ses poèmes contre un bol de semoule ou un coin d’hospitalité. Il laissait derrière lui des paroles que la Kabylie n’a jamais oubliées.

« On l’appelait l’homme sans foyer, le poète sans attache. Si Mohand ou-M’hand, ou simplement Si Mhend, a traversé la Kabylie du XIXe siècle comme une ombre libre et indocile.

Né autour de 1848, il perd sa famille, ses terres, et devient un errant volontaire, un marcheur des montagnes. Sa poésie, transmise oralement, porte les blessures d’un peuple et l’ironie d’un sage.

Ses vers, souvent courts, toujours percutants, dénoncent l’injustice coloniale, moquent les puissants et célèbrent la beauté du monde simple.

On raconte qu’il parcourait les villages, offrant ses poèmes contre un bol de semoule ou un coin d’hospitalité. Il laissait derrière lui des paroles que la Kabylie n’a jamais oubliées :

« A d imezwura i d yellan deg ul usen, ur yexlas ara. »
Les premiers à venir dans le cœur des gens n’en sortent jamais.

Aujourd’hui encore, Si Mhend reste un symbole d’indépendance d’esprit et de liberté intérieure. Un homme sans chaînes, dont la voix traverse les siècles. »