Yemma Ledjmaa n temllat : Héroïne Kabyle de résistance contre l’occupation turque

Un peuple qui oublie son histoire, sa culture et son identité est condamné à disparaître.

Le village antique d’Azouza, situé à Yemma n temllalt dans la Commune de Fort National, département de la grande Kabylie, aurait été détruit par l’Empire Ottoman, selon nos recherches, enquêtes et témoignages recueillis auprès de personnalités historiques et anciens du village. Le cimetière médiéval, où reposent notamment les ath Vahrouches, grands propriétaires terriens de l’époque, témoigne de l’existence passée du village à cet emplacement. Les pierres tombales visibles sur les photos constituent une preuve historique crédible, oculaire et authentique.

Afin de préserver ce patrimoine antique, un nouveau mausolée a été reconstruit dans les années 1960 par les villageois. Il a été restauré à l’identique, adoptant une architecture typiquement kabyle. Ce mausolée perpétue le nom emblématique de Yemma Ledjmaa n temllat, une guerrière rebelle et pieuse, vénérée pour avoir vaillamment résisté aux Ottomans envahisseurs et meurtriers de l’époque, qui avaient presque anéanti la population du village.

Suite à cette tragédie, les rares survivants se sont installés sur une colline, actuel centre du village appelé Tighilt n ufella. Aujourd’hui, le mausolée de Yemma Ledjmaa n temllat est devenu un lieu de pèlerinage, en particulier pour les jeunes filles célibataires qui viennent s’y recueillir lors des jours de fête. Elles expriment leurs vœux de mariage en appliquant du henné sur les murs du mausolée, suivant une tradition bien établie. Ce rituel semble être une recherche symbolique d’un futur époux, de préférence le fils d’un notable ou du chef du village.

Dans nos prochaines publications, nous reviendrons sur ce patrimoine identitaire et historique en friche. Il est important de noter que cet endroit mythique se trouve sur la piste menant à la clinique médicale du village.

Mouloud A.

2 commentaires

  1. le commentaire est exact mais peut etre que lemir ne pouvait rien faire d’autre
    la resistance etait sans doute assez désunie

    mais ce nest qu’un simple avis

    cdlmt

  2. Au XVIe siècle, les Émirs d’Algérie, qui se disputaient le pouvoir, appelèrent les Turcs à leur aide pour maintenir la paix. Mais les Turcs, au lieu de s’en tenir à ce rôle, se sont installés en Algérie et ont commencé à exploiter la population. Ils ont imposé des impôts de plus en plus lourds, ce qui a conduit à la misère des autochtones.

    La Kabylie, une région montagneuse, a été la seule à résister à l’oppression des Turcs. Les Kabyles ont refusé de payer la dîme, ce qui a rendu les représailles des Turcs difficiles. La Kabylie est ainsi restée indépendante jusqu’à l’invasion française en 1830.

    En 1830, les Français ont envahi l’Algérie. Le soulèvement kabyle a été total, mais l’Emir Abdelkader, qui était à la tête de la résistance, a fini par se rendre aux Français en 1847. Il a obtenu une rente de 100 000 francs par an, ce qui équivaut à plusieurs millions d’euros aujourd’hui.

    L’Emir Abdelkader a trahi les Berbères en négociant sa reddition avec les généraux Bugeaud et Lamoriciere en 1847, contre une rente annuelle de 100 000 francs, équivalant aujourd’hui à plusieurs millions d’euros.

    Cette trahison, caractéristique de l’Emir qui a vendu un pays qui ne lui appartenait pas, est symbolisée par sa statue érigée au centre d’Alger. Hélas l’ignorance fait faire n’importe quoi et fait dire n’importe quoi…

    À noter, le fils de l’Emir Abdelkader, devenu capitaine dans l’armée française, a capturé Fadhma Nsumer, qui a ensuite terminé sa vie dans un cachot en France en tant que « prise de guerre ».

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