Une tempête dans un verre d’eau

Une tempête dans un verre d’eau

Une tempête dans un verre d’eau

J’avoue ne pas beaucoup utiliser les réseaux sociaux, mais j’ai appris qu’ils s’étaient enflammés à propos d’un simple mot, qui ne reflète d’ailleurs pas la pensée profonde de son auteur, je veux parler de Mas Ferhat Mehenni.

J’ai soixante-quinze ans et je n’ai jamais entendu un homme politique du nord de l’Afrique reconnaitre son erreur et faire son mea culpa. C’est une première dans les annales de la politique de cette région ! Ce qu’a fait monsieur Mehenni l’honore et démontre la
profondeur de sa sagesse. Je tiens à saluer son courage et son honnêteté intellectuelle.

Il semble aberrant de ne pas croire à la sincérité de monsieur Mehenni. Il lui est impossible d’effectuer ce geste, de toucher à l’emblème d’un pays, encore moins à celui de l’Algérie pour qui son père, ses cousins, ses voisins, sont morts pour le libérer des griffes colonialistes.

N’oublions pas qu’il a reçu le prix de la paix. De plus, il est impossible à un artiste tel que lui, avec sa sensibilité, de commettre un geste symboliquement préjudiciable à tout un peuple.

Il semble que chacun doit balayer devant sa porte avant de porter un jugement le plus souvent erroné.

Messieurs les gardiens de la moralité où étiez-vous lorsque l’État algérien a tué plus de 200.000 citoyens sans le moindre mot d’excuse ou de regret !

En 1963, plus de 400 Kabyles ont été assassinés par l’État algérien sans le moindre mot d’excuse ou de regret !

En 2001, 130 enfants kabyles ont été tués par balles et toujours pas le moindre mot d’excuse ou de regret !

Chacun sait que dans les années 90 à 2003, des milliers de crimes ont été commis sans pour autant que les auteurs ne prononcent des mots d’excuses ou de regrets !

Bien au contraire, certains ont été récompensés en recevant des biens matériels ou pécuniaires. Ils ont, en plus, gardé leurs armes avec eux.

Combien de Kabyles l’État algérien a-t-il assassinés sans le moindre regret ?

Combien de disparus sans la moindre explication ?

Des milliers de drapeaux kabyles sont brûlés par des représentants de l’État avec cynisme et sadisme, sans regret !

Pour conclure, monsieur Ferhat Mehenni va entrer dans l’Histoire en faisant amende honorable, ce qui n’a jamais été fait par un homme politique. Il faut du tact et du courage pour effectuer cet acte noble qui l’honore. Il prouve qu’il est un grand homme d’État
soucieux de justice, de sagesse et souhaitons qu’il fasse des émules dans les classes politiques mondiales !

Shamy Chemini
Ministre de la Culture du GPK Anavad
21 mars 2019

French