Un voyage dans le temps en Kabylie… (2)

Un voyage dans le temps en Kabylie… (2)

Un voyage dans le temps en Kabylie…

De notre propre décision, avec notre militant photographe Samir Hamma, nous avons décidé de nous rendre en Kabylie afin d’être en contact direct avec nos militants de premier plan.

Ce voyage a été tenu secret, seuls le Premier ministre Zidane et le président Ferhat étaient informés. Avec Samir, nous nous sommes rendus à Bouzeguene, Ait Bouada, Azazga, Akbou, Tizi-Ouzou, Maraghna, Ifri, Alger, Tizi-Bouchene.

Nous nous sommes également rendus aux cimetières afin de rendre hommage à tous les militants morts pour l’indépendance de la Kabylie.

Comme je l’ai souligné précédemment les militants reprochent unanimement aux Kabyles résidant à l’étranger, faisant partie du MAK ou non qu’une fois la mer franchie, ils oublient la Kabylie. Leurs témoignages sont émouvants…

Sachez que nos militantes et militants sont exposés à des dangers permanents, tous habités par un stress incessant. Certains même dorment dehors, sans argent, soumis aux pressions familiales, policières et sociétales. Un certain nombre d’entre eux n’ont pas de quoi manger un sandwich ni les moyens de se déplacer.

Dans la plupart des cas, leur propre famille ne veut pas d’eux ; c’est surtout vrai pour les femmes, car le pouvoir fait pression sur leurs familles qui travaillent dans les entreprises d’État, les menaçant de licenciement.

Lorsque nous organisions une conférence, avec la section militante du MAK Anavad de l’Université d’Hasnaoua, sachant que j’étais invité, la police et la gendarmerie sont parties à ma recherche. La ville de Tizi-Ouzou était bloquée, les voitures étaient fouillées.

Heureusement, les militants m’ont averti, j’ai quitté la voiture du photographe Samir Hamma pour m’y rendre à pied. Mêlé à la foule, j’ai pu me faufiler, arriver jusqu’à la salle où la rencontre devait se tenir et y participer.

Tout ceci grâce à la vigilance des militants que je remercie infiniment un par un.

À la fin de la conférence, ils m’ont fait sortir par une porte dérobée et dehors une autre voiture m’attendait. C’est ainsi que j’ai pu quitter Tizi-Ouzou sans être inquiété ni repéré.

Lors de la conférence :
Chaque militant(e) a pris la parole à tour de rôle.

- Un reproche général fut adressé à Vaz qui ne publie pas leurs textes. Ils sont très en colère et ne veulent plus entendre parler de lui. Ils ressentent cela comme du mépris, ont décidé de boycotter Siwel, se demandent pourquoi il fait la pluie et le beau temps.
Que fait-il à Siwel ?

- Second sujet : ils manquent de moyens pour pouvoir militer. Chacun pense que le MAK a de l’argent. J’ai clarifié la situation en leur expliquant qu’aucun ministre ne possède de portefeuille et que tout ce qui est dépensé provient de leur propre poche ! Cela les a
beaucoup surpris.

Je suggère qu’à l’avenir, chaque Kabyle sympathisant cotise au MAK pour au moins dix euros par mois. Nous sommes pacifiques, mais il faut faire comme faisait la Fédération de France pour la libération du pays.

- Une bonne nouvelle malgré tout, les espoirs sont investis dans la personne du président.

Partout où nous sommes passés, Ferhat est devenu incontournable et les militants placent en lui leur confiance.

À suivre…

Shamy Chemini

Ministre de la Culture et de la langue kabyle du GPK avec l’aide précieuse de Samir Hamma.
1 er décembre 2018

Un voyage dans le temps en Kabylie
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