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Tinifsan ou la radieuse…

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Partager, c'est prendre soin de notre culture !

La clôture du mois amazigh à Montréal fut un vrai succès. Il était à l’instar des activités culturelles exprimées tout au long de ce mois d`avril. Ce soir là, on a ressenti une synergie, une complicité mais aussi une complémentarité entre les membres de la Fédération Amazighe de Montréal (FAN). Ils ont travaillé avec abnégation mêlée de plaisir pour préparer et mener à bien toutes les activités durant ce mois de revendication, de lutte et de l’amazighité qu’est le mois d`avril. Un mois évocateur d’union et de souffrance que la Kabylie a vécues en 1980 et 2001.

Le soir de la clôture, le 30 avril 2016, on a fini en apothéose avec le grand chanteur et militant de longue date, Ouazib Mohand Ameziane dont la prestation a été d’une grande résonance émotionnelle doublée de grande générosité, de bonté et de sagesse qu’il incarne et qui fusait de façon quasi palpable sur scène. En effet, cet artiste était heureux de son passage à Montréal, de l`accueil qui lui était réservé et surtout de l`hommage qui lui a été rendu, hommage largement mérité tant il a donné sans compter à l’amazighité.

Cette soirée était colorée par la beauté et le charme partout présent. Deux jeunes gens ont fait l`ouverture du spectacle. Deux jeunes kabyles de Montréal, Amar Hamel et Kenza, qui ont ébranlé la scène avec des chansons militantes à savoir celles de Lounès Matoub, de Lounis Ait Menguellet et de Malika Domrane. Une véritable revanche sur les soirées habituelles qui sortent complètement du contexte militant.

Les troupes de dance Tafsut et Cirta ont embelli la salle avec les couleurs de Kabylie et leurs chorégraphies qui font chavirer les cœurs.
Tout le monde était emporté par les chants, les danses et les couleurs. Emportés vers le pays des luttes millénaires. Vers le pays qui les a vus naitre, grandir avant de s`exiler. Le pays qui les pleure à chaque lever et coucher de soleil. A chaque brise qui parvient au delà de la méditerranée, au delà de l`Atlantique, au delà des frontières et du soleil qui brille des milles et un feux. Un pays néanmoins fier de ses enfants qui l’honorent dans les contrées lointaines.Parmi tout ce beau monde venu d’un peu de partout du Canada, Tinifsan… Tinifsan qui a irradié le public ce soir là comme un rayon de soleil ou comme les éclats flamboyants d’une émeraude qui adoucit la vue.

Tinifsan m`a éblouie, fascinée au point de ne plus sentir ma présence dans la salle. Elle a réussi à m’emporter dans sa petite tanière, tanière de beauté et d`innocence.
Elle était en robe kabyle avec toutes ses couleurs printanières, avec une mini-fouta de petite femme qui lute contre le silence de l`enfance. Ses joues, rouge vermeil, sont d`une insondable beauté. Ses cheveux, couleur d`ébène sont soyeux. Sa peau est d`une blancheur éclatante et ses joues vermeilles font de son petit visage un vrai tableau que convoiteraient les esprits artistes les plus insensibles. Sa petite tête était drapée d`un bandeau de l’emblème amazigh…

Agée de deux ans, Tinifsan est née à Gatineau. Ses parents sont de la Kabylie du Djurdjura et sont venus s`installer au Canada comme l’a fait l`intelligentsia kabyle qui a fui l’Algérie en proie à la dictature et à l`obscurantisme. Des hommes et des femmes à la recherche de leur paix intérieure, cette paix qu`on ne peut trouver qu`en étant soi-même, qu`en ne vivant qu`avec son identité et sa culture. 

La maman de Tinifsan, Samia, a rejoint le ciel laissant son bébé de six mois derrière elle. Tinifsan n`a malheureusement pas eu le temps de prononcer le mot « maman ». Elle grandit avec son doux et  brave papa qui fait figure à la fois de père et de mère et avec quel succès !

Lwennas, son père, se voue entièrement à l`éducation de sa fille. Je l`ai vu attentionné et débordant d`affection pour son chérubin. Le bijou que la vie lui a offert.
Depuis ce jour, son visage ne quitte guère mon esprit. Je pense à elle, à la blancheur de son âme et surtout à son sourire permanent et radieux.
Tinifsan a si facilement réussi à ravir mon cœur comme elle a réussi à capter les cœurs de tous ceux qui la connaissent; et de ceux qui étaient là en cette soirée mémorable.

Si vous rencontrez un jour Tinifsan, sachez que vous serez instantanément happés et propulsés dans son monde éblouissant pour vous offrir un pur moment de bonheur et d`innocence.

Tinifsan, tu es la douceur incarnée. Tu es dans le cœur d`une femme dont le cœur comprend et parle le même langage que le tien…

Si le monde qui te fait chanter les mélopées du temps ne dépendait que de la beauté du soleil qui luit dans tes yeux si beaux et profonds, j’en ferai une planète où les enfants cultiveront le rire dans les jardins du bonheur, les paradis de l’insouciance qui leur sont défraîchis.

Sabrina Azzi

Saint-Jérôme (Canada)

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