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Normand Lacasse, un québécois amoureux de la Kabylie

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« La reconnaissance d’une langue est primordiale pour un peuple ».

Normand Lacasse, ce jeune photographe Québécois, devenu Kabyle de coeur nous confie ici son amour pour la Kabylie, sa deuxième patrie après le Québec.

Kabyle.com : Azul Normand

N. Lacasse : Azul fellam, azul à tous les internautes de Kabyle.com.

Pouvez-vous vous présenter brièvement ?

Je suis photographe depuis plusieurs années et québécois de souche et Kabyle de coeur.

Vous êtes photographe depuis plusieurs années, comme vous venez de le souligner, vous rappelez-vous votre première photographie ?

Je n’ai pas gardé en mémoire ma première photographie, mais ma préférée c’est une photo prise dans le Centre-Ville de Montréal : une petite maison à moitié démolie avec un nouveau bâtiment d’un côté et la tour de la Bourse de Montréal, de l’autre. C’est la pauvreté versus la richesse.

Pour quelle raison faites-vous de la photo ?

Tout simplement par passion.

Quel est votre parcours photographique ?

Après avoir suivi une formation en photographie, j’ai fait la connaissance de la communauté marocaine. J’ai commencé à faire de la photo pour la Fédération Marocaine du Canada, pour le journal Maghreb-Observateur et j’ai couvert presque tous les évènements marocains à Montréal.

Qu’est-ce qui vous plaît dans cet « Art » ?

Ce qui me plaît le plus est le fait d’immortaliser les évènements, les garder en image. L’art de la photo, c’est un peu l’histoire en image.

Quel est votre meilleur souvenir de photographe ?

Mon meilleur souvenir est un reportage que j’ai réalisé au Maroc lors d’un voyage pour la Fédération Marocaine du Canada.

Si vous n’aviez à garder qu’une seule photo, laquelle choisiriez-vous ?

Honnêtement, si j’avais à choisir, je prendrais au moins 6 photos qui ont pour moi un intérêt particulier :

Les deux premières seraient : une de Baâziz, une autre de Takfarinas, lors de la marche de soutien à la Kabylie.

La troisième serait celle de Ferhat Mehenni : lors de la minute de silence au Gala du 12 décembre 2003 à Montréal.

La quatrième serait aussi de M. Mehenni : lors de son émouvante accolade avec Gilles Duceppe (Chef du Bloc Québécois) en fin de leur entrevue.

La cinquième photo serait celle de Massylia du groupe Tafsut : elle avait une telle grâce en présentant le foulard Kabyle.

La sixième photo serait aussi du groupe Tafsut : lors de la fête nationale du Québec au moment de la levée du drapeau québécois : toutes les femmes et fillettes étaient en robes Kabyles et avaient chacune un drapeau du Québec.

Comment avez-vous découvert la communauté Nord-Africaine ?

J’ai découvert la communauté Nord-africaine avec le Centre Amazigh de Montréal, le groupe Tafsut, l’association Tirrugza et avec Kabyle.com.

C’est à partir de là que j’ai commencé à faire la différence entre le Maghreb et l’Afrique du Nord et à connaître les problèmes de la Kabylie.

Mes lectures sur Kabyle.com m’ont beaucoup aidé à élargir mes connaissances sur la Kabylie, sur l’Afrique du Nord, sur la communauté Kabyle et Amazigh d’Europe, à comprendre les problématiques et de voir comment évolue la situation politique de ce peuple.

Vous avez fait la couverture photos de la plupart des évènements Kabyles à Montréal (marches, soirées, conférences, etc. …), quel est celui qui vous a le plus marqué ? Pouvez-vous nous en parler ?

Les deux marches de soutien à la Kabylie m’ont ému. En dépit de toutes les craintes, j’ai constaté que les Kabyles s’étaient unis en force pour dénoncer le pouvoir algérien.

Par ces manifestations, les Kabyles ont attiré l’attention des politiciens sur les problèmes de la Kabylie.

Vous êtes photographe attitré du groupe Tafsut depuis maintenant environ 3 ans et vous êtes présent à toutes ses représentations, pourquoi ?

Je suis avec le groupe Tafsut (chants et danses de Kabylie) depuis longtemps, je respecte la ténacité de sa fondatrice et de ses membres et avec Tafsut je découvre aussi les autres montréalais que je ne connaissais pas. Tafsut, c’est la richesse d’aller vers les autres, Tafsut ne s’est pas confinée dans un ghetto. Tafsut existe aussi pour la communauté Québécoise.

Vous avez fait la couverture photographique de tous les évènements importants de la visite de M. Mehenni au Canada, pour quelle raison ?

Pour connaître l’homme, son cheminement historique, ses idées politiques. M. Mehenni est le porte-parole du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie, il m’a fait redevenir un militant actif pour l’indépendance du Québec.

La visite de M. Mehenni m’a permis de me rapprocher de M. Gilles Duceppe, Chef du Bloc Québécois à Ottawa. Par mon assistance, la délégation du MAK a été invitée à l’Assemblée Nationale du Québec et reçue par M. Daniel Turp, Député de la circonscription de Mercier et porte-parole de l’Opposition officielle en matière de Relations internationales et des Affaires canadiennes.

Vous adorez la Kabylie, pourtant vous ne la connaissez pas encore, d’ou vous vient cette passion ?

C’est la ressemblance entre la cause québécoise et la cause kabyle qui m’a fait aimer ce pays et c’est aussi parceque les Kabyles me permettent de parler avec eux de politique. Pour les Kabyles, je ne suis pas juste un simple photographe « fais ta photo et tais-toi », je suis considéré comme un participant à la cause.

Le peuple québécois et le peuple kabyle ont la même soif de liberté.

Vous êtes pour l’Autonomie de la Kabylie, pourquoi ?

Oui je suis pour l’autonomie de la Kabylie, je suis aussi pour la cause berbère. La reconnaissance d’une langue est primordiale pour un peuple.

Que pensez-vous de la situation actuelle en Kabylie ?

Ce qui se passe avec le pouvoir en place actuellement en Algérie n’est pas reluisant, il n y a qu’à voir l’interdiction de ces derniers jours du livre de M. Benchicou : « Bouteflika, une imposture algérienne ». Ceci donne un large aperçu sur la pseudo-démocratie régnant dans ce pays.

Quels sont les souhaits qui vous tiennent à coeur ?

Le premier est de voir les Kabyles et les québécois unis ensemble pour un même combat.
Le second, c’est d’aller un jour en Kabylie, réaliser un reportage photos et en faire des expositions partout : en Kabylie d’abord, en France et au Québec, ensuite.

Vous êtes aussi reporter-photographe auprès de Kabyle.com, comment s’est faite votre relation avec ce site ?

J’ai pris contact avec M. Stéphane Arrami et je lui ai proposé mes photos, il les a acceptées et c’est ainsi qu’a commencé ma collaboration avec Kabyle.com. J’aimerais beaucoup que Kabyle.com ait une page « Québec » et donne une reconnaissance officielle à ses rédacteurs et reporters afin de faciliter leur introduction dans la vie politique et sociale du Québec.

Votre mot de la fin ?

Je tiens d’abord à dire un grand merci à Kabyle.com pour l’ouverture qu’il a eu à mon égard en tant que québécois. Si je suis connu aujourd’hui, ce n’est pas seulement en raison des photos que j’ai faites de la communauté, mais c’est surtout grâce à leur publication sur ce grand site Kabyle. C’est grace aussi à Kabyle.com que la classe politique peut connaître la Kabylie et les problèmes de sa communauté.

Je remercie aussi M. Ferhat Mehenni pour m’avoir fait retrouver ma fibre patriotique.

Je profite de cette opportunité qui m’est offerte pour saluer M. Gilles Duceppe, M. Bernard Bigras, M. Yves Beauregard du Bloc québécois, M. Daniel Turp, du Parti québécois et enfin, je remercie tous les Kabyles de Montréal pour m’avoir permis de vivre avec eux et de les connaître.

Je salue particulièrement Tassadit de Tafsut pour la collaboration mutuelle.

Interview réalisée par T. Ould-Hamouda, le 17 février 2004

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