Nathalie Roumanès : « Le poète est selon moi une antenne intermédiaire et un artisan à l’ouvrage »

Agrégée d’anglais et poète, passionnée de langue écrite et parlée, Nathalie Roumanès revient dans cette interview accordée à Kabyle.com pour nous parler de sa poésie de sa participation à la troisième édition du festival de poésie « La Tour Poétique ».

Bonjour Nathalie Roumanès, nous sommes ravis de vous interviewer sur Kabyle.com ! Qui êtes-vous Madame Nathalie Roumanès?
Agrégée d’anglais et poète, passionnée de langue écrite et parlée, férue d’astronomie, amoureuse des arts de la scène, bonne vivante, je suis ce que Virginia Wolf désigne par «un cerveau androgyne», qui se pense avant tout comme un être humain.

Comment êtes-vous arrivée à la poésie ?
Je suis vraiment venue à la poésie en faisant le deuil de ma mère, sur le tard, même si, au premier contact avec le théâtre et les sonnets de Shakespeare à mon adolescence, j’avais quelque part déjà contracté le virus…

Comment vous définissez le « poète » ?
Le poète est selon moi une antenne intermédiaire et un artisan à l’ouvrage. Il regarde, écoute et travaille la langue pour mieux faire voir et entendre. En ceci, il est essentiellement engagé.

Que pensez-vous de la place de la poésie aujourd’hui en France?
Paradoxalement, beaucoup de gens écrivent de la poésie, mais la poésie reste un genre peu lu. Je me réjouis cependant de découvrir, notamment à travers les réseaux sociaux, et d’y participer lorsque cela m’est possible, l’organisation multiple d’événements lors desquels la poésie, sous quelque forme que ce soit, est lue et donnée à entendre.

Quels sont les poètes qui influencent votre écriture poétique?
Mon écriture poétique est principalement influencée par des auteurs anglais et américains, de Sylvia Plath à W.B. Yeats, en passant par Walt Whitman et T.S. Eliot. L’influencer principal reste William Shakespeare, qui, à travers son théâtre comme ses sonnets, est un grand bâtisseur d’images et d’émotions par le langage.

Votre dernier recueil de poésie lu?

Il s’agit de la Pléïade de Rene Char, toujours en cours de lecture. Je relis aussi régulièrement la Divine Comédie de Dante Alighieri, et les œuvres de Shakespeare, bien entendu.

Quel est pour vous le moment idéal pour écrire?
Le moment idéal se crée au gré de l’inspiration, ce qui implique soit la solitude apprivoisée du petit matin comme le calme relatif d’une pause à une terrasse de café. Je dirais qu’il vient à soi.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes poètes ou à ceux qui veulent écrire ?
Écrivez et lisez, et surtout vivez!

Vous allez participer en juin à la troisième édition du festival de poésie «La Tour Poétique» organisé par l’association « Apulivre » . Un mot sur cette association et ce festival?
Je suis heureuse de contribuer à construire une «Tour Poétique» avec la richesse de la diversité. Je suis sensible à l’action de l’association et à son adage, «lecture entraide partage», qui sonne pour moi aussi vibrant que « liberté égalité fraternité», toutes des valeurs auprès desquelles je me sens engagée.

Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions ! Un mot pour conclure ?
N’oublions jamais ce que nous soufflent Shakespeare et Aristote: le cerveau sans le cœur n’est qu’une vaine mécanique. Rendez-vous tous et toutes à «La Tour Poétique», un festival pensé avec le cœur!

Entretien accordé par : Amar BENHAMOUCHE

Amar Benhamouche
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