L'indépendance de la Kabylie est irréversible

L'indépendance de la Kabylie est irréversible

En tant que ministre de la Culture et de la langue kabyle du MAK, j’accuse le pouvoir colonial criminel d’Alger d’avoir saboté sciemment tout ce qui concerne la Kabylie depuis 1962 à nos jours. Avant de développer mon sujet, je tiens à faire une mise au point.

Dans ma famille et dans le reste de la Kabylie, durant la guerre de libération du pays, il y eut des milliers de morts, dignes fils de la Kabylie. En 1958, moi-même, les Harkis m’ont torturé à l’âge de treize ans.

Pendant ce temps, le soi-disant président mort-vivant et ses complices passaient leur temps à se trémousser dans les discothèques de Rabat et de Tunis.

Alors, pas de morale ni de leçons à recevoir de la part de vendus qui se sont accaparés de force du pouvoir à Alger. Ils n’ont que deux mots à la bouche : guerre d’Algérie !
Ils accusent les vrais patriotes d’être manipulés par des mains étrangères, mais cette main étrangère c’est la leur !

Si nous leur rafraîchissions la mémoire afin de leur affirmer que l’Afrique du Nord n’est pas arabe, que le colon français est parti et qu’ils ont pris sa place. Oui, j’insiste, les nouveaux colons ce sont les arabo-salafistes, falsificateurs et criminels de la pire espèce, ne reculant devant aucun mensonge quitte à se rendre ridicules.

Un sabotage systématique

On ne cache pas le soleil avec un tamis. Quitte à me répéter – c’est nécessaire après tant d’années de mensonges distillés des décennies durant par le pouvoir colonial arabo-salafiste – j’affirme que ce pouvoir a rendu tous les peuples de Tamazgha, analphabètes trilingues.

Pour commencer, Ben Bella, dès son arrivée au pouvoir, s’est esclaffé trois fois : - L’Algérie est arabe !

Ce fut le début de la chasse aux Kabyles… Karim Belkacem et des milliers d’autres, en passant par l’assassinat de nos 128 enfants, 5000 blessés et handicapés à vie en 2001.

Ils devront en répondre devant les instances internationales

Les auteurs de ces crimes, un jour ou l’autre, devront en répondre devant les instances internationales, même à titre posthume.

Ces colons criminels devront payer surtout pour le sabotage économique, culturel, et la falsification de l’histoire de notre peuple kabyle en particulier et de Tamazgha en général.

Des œuvres artistiques détruites, des vestiges démolis ou laissés à l’abandon…

Les médias du pouvoir commencent par marginaliser et rendre folklorique tout ce qui touche de près ou de loin à la Kabylie. Délibérément, ils n’évoquent à la télévision que ce qui est négatif.

Lorsque la chanson moderne kabyle a fait son apparition de manière éclatante, aussitôt le pouvoir a dépensé des milliards pour mettre en avant la chanson raï afin de briser la chanson kabyle avec la complicité des pays occidentaux, payés sans compter par le pouvoir colonial d’Alger. Comble de ridicule, cette même chanson raï était interdite sur les ondes d’Alger, car jugée décadente. Les artistes et intellectuels kabyles n’avaient pas le droit d’être cités. Des sommes colossales ont été gaspillées pour faire venir des artistes orientaux se produire en Kabylie. Ensuite, ce fut le tour d’Alger capitale de la culture arabe !

Le ver était entré dans le fruit dès 1962 où des milliers de frères musulmans ont pris d’assaut le corps de l’enseignement et de l’Éducation nationale.

Ces soi-disant enseignants étaient en réalité des artisans, commerçants, bouchers, cordonniers, opposés au pouvoir égyptien. L’élevage a commencé et il s’est soldé dans les années 90, par des centaines de milliers d’assassinats et de disparus sans oublier les handicapés à vie. La machine infernale a continué ses crimes : Matoub Lounès, Tahar Djaout, Boucebci, Ali Meceli… la liste est longue, trop longue. Tels les Khmers rouges de Pol Pot, les assassins s’exercent à ciel ouvert sur tout le territoire du pays intitulé abusivement Algérie.

Ces derniers temps, la malice a mué ; c’est au tour de certains chanteurs kabyles d’être soudoyés pour quelques misérables dinars. Pris dans un étau économique, certains estiment ne pas avoir d’autre choix que de se vendre à moindre coût pour survivre. Sinon il faut partir à l’étranger ou abandonner et renoncer à sa vocation artistique.

Le peuple doit sanctionner les vendus

Même les plus connus, à l’abri du besoin, ont cédé à l’appel des sirènes maudites. Une honte colossale s’est alors abattue sur leur dignité ou ce qu’il en restait !

Lorsque les artistes se mettent au garde-à-vous devant l’État colonial d’Alger, ils deviennent des gueux qui utilisent la cause kabyle à des fins personnelles.

Une société où les intellectuels, les artistes, cautionnent un pouvoir corrompu et criminel est une société gravement malade. Pourtant le citoyen doit prendre conscience de son intérêt en sanctionnant ces artistes qui jouent double jeu. D’un côté ils disent et chantent haut et fort qu’ils sont engagés et de l’autre, au moment propice, ils mangent dans la même mangeoire que leurs bourreaux.

Ils trompent leur conscience, celle qui fait d’eux des personnages publics. Le peuple kabyle doit sanctionner ceux qui, supposés les représenter à tous les niveaux, politique, artistique, culturel et autres de la société, les trahissent. Alors ils arriveront à bâtir une nation viable.

Le pouvoir malsain arabo-salafiste ne recule devant aucun obstacle. Les dégâts psychologiques ont fait l’effet d’un tsunami parmi les Kabyles.

Par ailleurs, des milliards de dollars étaient investis pour imposer la langue coloniale arabe.

Les dommages commis par ces voyous sont immenses, irréparables. Les monstres mortifères ne reculaient devant rien : manipulations de la Kabylie à des fins politiciennes, embargo économique, pillages des richesses du pays, humiliations au quotidien.

Parler en kabyle dans les rues des grandes villes vous menait tout droit en prison. Pour un oui, pour un non, le Kabyle est accusé d’être du parti de l’étranger. Un comble ! Le voleur crie au vol !

Dans toute l’administration du pays, seules les écritures des colons ont le droit d’être utilisées, l’arabe et le français. La langue de Massinissa, Jugurtha, Yuva, est bannie, réprimée et considérée comme une invention des pays étrangers.

Nous, Kabyles, sommes pacifiques et non revanchards ; nous sommes un peuple civilisé. Loin de nous l’esprit criminel, nous voulons tout simplement vivre paisiblement dans notre pays kabyle indépendant. Plus tard, nous construirons les États-Unis de Tamazgha numide.

Aucune force au monde ne peut faire obstacle à cette réalisation, y compris les (kds ???) comme le vampire Ouyahia et consort. Ils sont trop nombreux pour être cités.

Sous la conduite du président Mas Ferhat Mhenni, le Premier ministre Zidane Lafdal et son gouvernement, main dans la main, nous œuvrons ensemble afin de recouvrir notre dignité, notre histoire, avec l’indépendance de la Kabylie dans l’espoir que tous les autres peuples de Tamazgha feront de même. Cela nécessitera beaucoup d’efforts, mais ce n’est guère utopique, c’est une question de temps, beaucoup plus proche que certains esprits grincheux le pensent.

Les envahisseurs, assoiffés de sang et de pouvoir, devront rendre les comptes des richesses détournées, gazière, pétrolière, minière et humaine, expatriées à l’étranger sous des pseudonymes.

Des sommes colossales sont dans les banques étrangères et devront à un moment ou à un autre, être restituées aux ayants droit.

Les jours sont comptés pour les colons et les collabos

Le pouvoir assassin colonial doit comprendre que l’époque de la pensée unique est révolue, la chape de plomb imposée durant des décennies est dépassée à l’ère d’Internet et la multitude de canaux de communication. Tous les crimes, vols, seront mis à jour.

En ce moment, le pouvoir colonial d’Alger joue une partition plus pernicieuse en nous prenant pour des ignorants. Son manège consiste à mettre en avant les (kds ???) comme des cache-sexes, en officialisant la langue amazigh et donnant un jour férié pour le Nouvel An kabyle en faisant semblant de ne pas comprendre que nous voulons tout simplement l’indépendance de la Kabylie et de tous les peuples amazigh.

Ils savent bien que les jours sont comptés, la libération de tous les peuples du Nord de l’Afrique est irréversible. Il leur reste à se préparer à comparaitre devant les tribunaux internationaux.

Vive la Kabylie libre et indépendante

Shamy Chemini

Ministre de la Culture et de la langue kabyle MAK-Anavad

Exil 7 février 2018