Les indépendantistes Kabyles intimidés en France, emprisonnés de retour en Kabylie

L’arrestation et la libération rapide d’Aksel Bellabbaci, haut responsable du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), à Paris le 20 juin 2024, mettent en lumière les tensions persistantes entre l’Algérie et le mouvement indépendantiste kabyle.

Aksel Bellabbaci, 41 ans, bras droit du président du MAK Ferhat Mehenni, a été placé en rétention judiciaire à Paris suite à une demande d’extradition des autorités algériennes. Cette arrestation fait suite à un mandat d’arrêt international émis par l’Algérie, qui accuse Bellabbaci de terrorisme en lien avec les incendies de forêt meurtriers de 2021 en Kabylie.

Les Kabyles faussement accusés de terrorisme par le régime soutenu par Macron

Le régime algérien, dont les services secrets avaient orchestré et exécuté ces crimes, a accusé le MAK, Israël et le Maroc d’être derrière cette tragédie. L’Algérie cherchait un prétexte pour justifier sa répression sauvage contre le MAK, qu’elle a classé « organisation terroriste » trois mois auparavant, en mai 2021.

Aksel Bellabbaci a été placé en garde à vue le jeudi 20 juin, puis relâché le lendemain. À sa sortie du tribunal, il a été accueilli par des dizaines de militants kabyles de la diaspora, dont le président du MAK-GPK, Ferhat Mehenni, qui se sont mobilisés pour le soutenir dès l’annonce de sa mise en garde à vue.

Le MAK, classé comme organisation terroriste par Alger, une fantaisie inventée par la junte algérienne, dénonce cette arrestation comme un « précédent gravissime et dangereux ». Le mouvement indépendantiste kabyle souligne que Bellabbaci vit en France depuis plusieurs années et est en attente d’un statut de réfugié politique.

L’affaire Aksel Bellabbaci soulève des questions cruciales

Cette situation soulève plusieurs questions cruciales. La légalité de l’arrestation d’Aksel Bellabbaci, étant en attente du statut de réfugié, pourrait être contestée au regard du droit international.

Après avoir laissé des crimes de sang se perpétrer sur son sol, la France n’est pas loin de violer les conventions de Genève.

Le cas de Bellabbaci devrait être examiné prochainement par la chambre des extraditions de la cour d’appel de Paris. Aksel Bellabbaci a adressé un message particulier aux familles des condamnés à mort de Larbaa Nath Irarthen, victimes d’une justice algérienne inique. « Je reconnais devant les familles des détenus que la situation n’est pas facile. C’est un combat. Mais, si nous tenons la main dans la main et si nous restons solidaires, nos détenus reverront la liberté. (…) Nous ne les oublierons pas (…) Le jour viendra où la lumière brillera sur la Kabylie et l’injustice y prendra fin », a-t-il rassuré.

Les organisations françaises et internationales chargées du respect des droits des réfugiés politiques sont appelées à intervenir d’urgence pour faire respecter ces droits, soutenir Aksel Bellabbaci et dénoncer cette arrestation arbitraire.

Le Montreuillois Mohand Taferka condamné à 2 ans de prison ferme en Algérie

Ce mardi 25 juin, le tribunal criminel d’Alger a prononcé une peine de 2 ans de prison ferme et une amende de 50 000 dinars à l’encontre de Mohand Tafarka, président d’une association culturelle basée à Montreuil. Cette sentence, bien que moins sévère que les 15 ans de réclusion criminelle requis par le parquet, reste une atteinte flagrante aux libertés fondamentales.

Mohand Tafarka, résidant en France, a été arrêté lors de vacances en Kabylie il y a près d’un an. Depuis, il a enduré 7 mois de détention et une interdiction de quitter le territoire algérien. Le motif invoqué, « atteinte à l’unicité nationale », révèle la nature politique de ces poursuites judiciaires.Cette condamnation s’inscrit dans un contexte plus large de répression systématique envers la communauté kabyle. Elle illustre la volonté du pouvoir algérien d’étouffer toute expression culturelle ou politique distincte, même lorsqu’elle émane de la diaspora.

Face à cette injustice qui perdure, la mobilisation de la Kabylie et de sa diaspora apparaît comme une nécessité urgente. Il est temps de dénoncer sur la scène internationale ces pratiques répressives et de lutter pour la reconnaissance des droits culturels et politiques du peuple kabyle.Cette affaire rappelle que la Kabylie, bien que partie intégrante de l’Algérie, continue de subir une forme de colonisation interne. La lutte pour la justice et la liberté d’expression en Kabylie doit se poursuivre, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des frontières algériennes.

Les hommages à Matoub interdits en Kabylie

Mira Moknache, Sofiane Authentique et Arezki Hidja ont quant à eux été arrêtés à Wad Ɛisi à leur retour de l’hommage à Matoub Lounes. Le régime colonial algérien cherche à interdire même les hommages à Matoub Lounes, qu’il avait assassiné.

La mobilisation de la diaspora kabyle et des organisations de défense des droits humains est essentielle pour dénoncer ces pratiques répressives et soutenir les militants injustement accusés.

La condamnation de Mohand Tafarka et les arrestations de Mira Moknache, Sofiane Authentique et Arezki Hidja montrent que la répression du régime algérien ne connaît pas de limites, allant jusqu’à interdire les hommages à Matoub Lounes, figure emblématique de la résistance kabyle.

Face à cette situation alarmante, il est impératif que la communauté internationale prenne conscience de la réalité de la répression en Kabylie.

La France ne doit pas laisser cours à de telles intimidations et infléchir sur la libération des prisonniers politiques en Kabylie

La complicité de la France avec le régime algérien dans la répression du mouvement indépendantiste kabyle n’a que trop duré. Il est temps que le président Macron et le gouvernement français revoient leur position vis-à-vis de la question kabyle. Les autorités françaises ne peuvent continuer à fermer les yeux sur les violations des droits humains et la répression systématique dont sont victimes les Kabyles, tant en Algérie qu’en France.

La France, se doit de protéger les réfugiés politiques et les militants pacifiques comme Bellabbaci, plutôt que de céder aux pressions d’un régime autoritaire. Le respect des conventions internationales et du droit d’asile devrait primer sur les intérêts géopolitiques à court terme.Macron doit prendre ses responsabilités et engager un dialogue constructif avec les représentants du mouvement kabyle. Il est crucial de reconnaître les aspirations légitimes du peuple kabyle à l’autodétermination et de condamner fermement la répression exercée par le régime algérien.

En Kabylie et en Algérie, la France n’a pas une marge de manœuvre limitée. De plus, la France a une dette historique envers la Kabylie, et il est grand temps de la reconnaître. Une politique étrangère éthique et respectueuse des droits humains exige que Paris cesse sa complicité avec Alger et soutienne activement les droits et libertés du peuple kabyle.

Rédaction Kabyle.com
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