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Le jour ou j’ai enterré l’Algérie…

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Matoub Mammeri

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Cet après-midi là, la nouvelle a fait le tour de la Kabylie, on te disait gravement blessé, on te disait peut être mort, le temps s’est arrêté. On n’y croyait pas, on se regardait comme pour voir qui dirait le premier que ce n’est qu’une mauvaise blague. J’étais jeune, bercé par tes mélodies, par tes paroles aussi profondes que nos montagnes, mes premiers amours se sont abreuvés de tes magnifiques poèmes, mes premiers accords à la guitare étaient pour essayer de jouer tant bien que mal tes meilleurs refrains.

En milieux d’après midi, la confirmation est tombée comme une épée de Damoclès, en achevant tous nos espoirs. Lounès est mort assassiné. Le vent s’est arrêté de souffler sous la chaleur déjà écrasante, c’est la nuit en plein jour, les gens se parlaient à peine, des pleurs ici et là, des jeunes torses nus hurlaient leur tristesse, d’autres le regard hagard dans un silence assourdissant.

Je ne pouvais plus prononcer un mot, muré dans un silence abyssale, je me disais que c’était un cauchemar et que j’allais me réveiller, j’étais un mort vivant, ce soir là j’ai pleuré seul, assis sur la dalle brûlée par le soleil, regardant le ciel comme pour le chercher parmi les étoiles, ce soir là j’ai pleuré Lounès, j’ai pleuré un guerrier, j’ai pleuré un ami, j’ai pleuré un confident, j’ai pleuré un artiste, j’ai pleuré la Kabylie et j’ai enterré l’Algérie.

Tu nous manques Lounès. Le combat continue.

A.U.

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