L'avant-garde s'est dégradée

L'avant-garde s'est dégradée

"Plusieurs personnes, présentes au rassemblement, nous ont apporté des témoignages affreux: des étudiants qui ont traité les manifestantes de putes , de dépravées , d'égarées et d'épaves de la société."

Des étudiant(esà prennent à la rigolade un rassemblement contre les violences faites aux femmes à l'Université de Tubiret ( Bouira)

Le rassemblement qui a été organisé par le collectif des étudiantes libres de Bouira (Tuviret) ce mardi 27 novembre 2018, a pu rassembler quelques militant(e)s, venu(e)s dénoncer les violences faites aux femmes. Mais malheureusement, beaucoup d'étudiants ont mal réagi en s'attaquant verbalement et de manière agressive aux organisatrices. Et le pire a été de prendre à la rigolade cette importante initiative qui n'est que l'expression d'une soif de liberté.

Des jeunes étudiantes, fondatrices du Collectif des Étudiantes Libre de  Bouira, ont le courage de s'organiser et braver les interdits sociaux et la tradition patriarcale. Elles étaient dans la continuité du combat de ces grandes figures de la lutte feministe à l'image de Clara Zetkin, Rosa Luxembourg et Nabila Djahnine. Leur collectif est le cénacle des récalcitrantes et subversives; celles qui portent l'âme guerrière de Dihia.

Plusieurs personnes, présentes au rassemblement, nous ont apporté des témoignages affreux: des étudiants qui ont traité les manifestantes de putes , de dépravées , d'égarées et d'épaves de la société. Sur les réseaux sociaux, plusieurs réactions et publications, indignes du statut d'un(e) étudiant(e), ont véhiculé des messages de haines , de misogynie et de discrimination. Ces messages reflètent  le visage d'une société qui arbore fièrement l'étendard de l'esclavage. Le plus ahurissant sont les commentaires de plusieurs étudiantes qui ont contesté ce rassemblement, sous une couverture morale et religieuse. Consciemment ou inconsciemment, elles contribuent à leur propre réification et soumission.

L'Algerie officielle a institutionnalisé la violence et toute forme d'inégalité. C'est l'école de la décadence qui a produit des esclaves heureux. En Algérie , l'avant garde  s'est dégradée. Malgré ces discours nauséabonds et attitudes malsaines, nous remercions l'engagement sincère de ce collectif à vocation révolutionnaire. Elles , les membres du collectif, sont les étoiles qui illuminent un ciel obscur. Elles sont la lumière et la chaleur de la révolution. Bravo aux femmes!

Amar BENHAMOUCHE

French