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L’art de la fausse monnaie en Kabylie

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L’art de la fausse monnaie en Kabylie
L'art de la fausse monnaie en Kabylie

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La Suisse Sauvage, ainsi appelait, le général Daumas, la Kabylie.
Consul de France à Mascara en 1838, coopté par Bugeaud, en 1837, il avait pour tache d’entrer en contact avec l’Emir Abdel-Kader. Il parlait l’arabe, et était chargé de surveiller l’exécution du traité de la Tafna.

A cette époque, la Kabylie est une région ignorée du monde et soustraite à l’autorité des Turcs. Du haut de ses neiges éternelles, les plaines ont été le théâtre de nombreuses dominations qu’elle a vu passer.
La Kabylie est inconnue. Daumas nous livre un commerce très lucratif sur les hauteurs inaccessibles et abruptes de Ayt-El-Arba.

Nous connaissons la réputation industrieuse du Kabyle. Il forge des armes, des canons, des batteries de fusil, fabrique la poudre qui ne tache pas les mains. Chez les Beni Raten de Tizi-Aïdel, il y a autant d’officines de poudre que de maisons. Mais parmi les nombreuses industries en Kabylie, une occupation particulièrement originale est pratiquée sous un mode non marginal : celle de la fausse monnaie.

Depuis un temps immémorial, nous livre Daumas, les Kabyles fabriquent de la fausse monnaie de tous les pays du monde. Le village de Ayt-el Arba de la tribu des Beni Yanni s’y adonne d’une façon très productive sans que personne ne fasse obstacle à cette prolifique économie. L’inclination pour l’égalité absolue maintient la Kabylie dans une exigence purement républicaine, dans toute son énergie et dans toutes ses industries. Cet absolutisme consiste surtout à ne pas se mêler des affaires de son voisin.

Le repaire de cette industrie étonnante se trouvait chez les Beni Yanni qui imitaient la monnaie de cuivre, d’argent et d’or à l’abri du monde, en se servant de matières premières provenant des mines côtières ou du Sahara. Trois ans avant la colonisation, on continuait de les acheter, avec des pièces de bon aloi payées sur le pied de 25% de la valeur qu’elles représentaient. Le relief des figures, l’apparence, le poids et le son de ces pièces méritaient une étude assez minutieuse avant d’être reconnues comme fausses. Ce métier lucratif fit prospérer ce village pendant de nombreux siècles.

On comprend maintenant pourquoi le général surnomma la Kabylie, la Suisse sauvage !

Fadéla Hebbadj

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