Kabyle pas arabe, fier de mes origines

Kabyle pas arabe, fier de mes origines

Les Kabyles sont constamment assimilés aux Arabes, ramenés à une algérianité qu'on leur inflige. La majorité des Kabyles baignent dans le patriotisme algérien où seuls l'islam et l'arabe sont constitutifs de la citoyenneté algérienne. Beaucoup de franco-kabyles sont Kabyles sans pour autant être Algériens, l'Etat algérien ne peut les séparer de leur terre d'origine, de leur pays à reconstruire. La guerre d'Algérie pour laquelle les Kabyles ont payé le plus lourd tribut est utilisée comme un facteur d'unicité en faveur du régime dictatorial. Ce pouvoir se maintient en place depuis le début des années 60 en accord avec l'ancien colonisateur ...

Les Kabyles se réapproprient aujourd'hui leur histoire. Les occupants Arabes ont falsifié les livres d'histoire, brûlé les bibliothèques mais n'ont pu annihiler leur mémoire, leurs richesses entretenues le plus souvent par des érudits français, Jean Servier, Gabriel Camps, Lionel Galand, Charles-André Julien, Jérôme Carpocino, Jacques Lanfry, Jean-Marc Dallet... Les coloniaux Français ont conforté cette vision impérialiste arabe. L’arabo-islamisme continue de priver le peuple kabyle de sa langue, de sa culture, avec un véritable arsenal implanté jusqu'en France.

Les Français arrivés en terre berbère sous occupation turque en 1832, ont mis près de 30 ans pour conquérir la Kabylie. Les troupes coloniales, les mêmes colonnes infernales qui ont fait disparaître la Vendée et son peuple on fait perdre à la Kabylie sa souveraineté en 1857.

Les insurgés qui ont mené la résistance furent déportés aux portes du désert, c'est le cas de Lla Fadhma N’ Soummer, qui pris le commandement d’une armée et lança le fameux cris de guerre qui reste encore vivace chez les Kabyles : « Anarez walla ’n knou » (nous nous brisons, mais nous ne plions pas !).

A peine 20 ans plus tard, en 1870, les Kabyles se sont révoltés à leur tête Mokrani. Il n’a jamais abdiqué et mourut en héros en déportation dans une prison en Nouvelle Calédonie comme des milliers d’autres Kabyles contraints à l’exil et expropriés de leurs terres.

Les Etats nationaux nord-africains qui ont séparés les Amazighs entre eux, ont tout fait pour nous présenter les uns les autres comme des ennemis naturels et héréditaires, pour opposer les Arabes en réalité des Amazighs arabisés aux Kabyles et autres Berbères qui parlent encore leur langue ! Nous sommes tous Itmaten, des frères et il est fort probable qu'un jour la libération des Amazighs vienne des arabisants lorsque la Françafrique sera rendue inopérante.

Les Kabyles ont des traditions séculaires bien antérieures à celles des colons arabo-musulmans. Cette religion s'est imposée sur le peuple de Kabylie. Feu Matoub Lounes disait : " Je ne suis pas arabe, et je ne suis pas obligé d’être musulman".

Contraints d'apprendre la langue arabe par l'école algérienne, rien ne devrait obliger les Kabyles de se voir imposer cette langue venue d'Arabie, dans une Algérie qui refuse toujours la diversité linguistique. Tous ceux qui s'opposaient à cette politique d'assimilation ont été chassés d'Algérie, les Espagnols, les Maltais, les Juifs et même les autochtones contraints à l'exil. Aujourd'hui encore, une personne qui viendrait avec le tampon de l'Etat d'Israël sur son passeport se verrait refoulé à la frontière.

Les Kabyles de Kabylie vivent emprisonnés dans un état raciste qui définit l’appartenance à une nation en fonction de la race (arabe) et d’une religion (l’islam). Celui qui n’est ni arabe, ni musulman n’est pas considéré comme un Algérien. Les scories de ce racisme multidimensionnel ont malheureusement impacté la société kabyle qui trouve dans l'algérianisme une parade à la stigmatisation.

Dans les régions montagneuses de Kabylie, le peuple paupérisé demeure fier de ses racines, de sa langue, de son histoire.

Il est impératif que la classe politique, les autorités culturelles et éducatives en France cessent d'amalgamer les enfants Kabyles, arrêtent de soutenir la politique arabisante post-coloniale alimentée par les milliardaires Saoudiens et ceux de la Ligue Arabe.

L'immigration kabyle, avec une première génération composée d’ouvriers laborieux et dignes, a contribué à la construction et à la diversité culturelle de la France d’aujourd’hui. Les Kabyles subissent une double discrimination qu'il va falloir réparer le plus vite possible. C’est un crime de mentir à des enfants Kabyles. Des parents ont vécu une période de guerre et de soumission, si bien que cette fierté se transmettait jusqu'ici essentiellement par le nationalisme algérien. Si leurs aïeux ont subi l'arabisation de leur noms et prénoms par la France coloniale, ont été interdits d'école les rendant ignorants et analphabètes pour beaucoup, il en sera autrement des nouvelles générations qui se reconnectent à leurs ancêtres.

Les Kabyles n'ont bénéficié d'aucune aide publique à l’instruction de la langue kabyle et de la culture d’origine ni à la création d’espaces sociaux ou culturels.

La langue arabe est régulièrement proposée dans les établissements scolaires publics aux enfants comme langue d’origine. Les accords entre la France et l’Algérie participent ainsi au prolongement de la politique algérienne du déni identitaire des Kabyles.

Les Kabyles revendiquent au grand jour leur volonté l’indépendance pour préserver leur identité et leur langue qui risque de disparaître. Les 8 millions de Kabyles ont décidé de se battre, la jeune génération est en première ligne pour arracher cette liberté.

Stéphane ARRAMI

Population (estimations) ‎: ‎8 millions dont 5,5 millions en Kabylie
Superficie de la Kabylie ‎: ‎24.978 km2 (Sétif 6 504 km2, Tuviret 4 439 km2, Bgayet 3 268 km2, Bord Bou Arreridj 3 920 km2, Tizi-Wezzu 2 993 km2, Jijel 2 398 km2, Boumerdès 1 456 km2)
Devise de la Kabylie ‎: ‎« Ad nerrez wala ad neknu » : Nous nous brisons, mais nous ne plions pas !

Étiquettes
French