Le mois de Janvier commence avec des procès en force, pour le 10, 19, 24 Janvier à Vgayet, dont deux pour appel et un pour opposition, et le 18 Janvier passage devant la chambre d’accusation de Rouiseau pour l’affaire d’El-harrach, en attendant le procès !

Des peines derrière autres, il va falloir que je fasse les comptes ! Le procès du 10 est reporté pour le 7 Février.

Quand les renseignements nous montent des dossiers abracadabrants en pénal ou en criminel pour terrorisme, d’organisation dangereuse, d’atteinte à l’unité nationale et à la sécurité nationale, alors que je n’arrive même pas à assurer ma propore sécurité …

Quand on est face à l’institution judiciaire qui nous pose des questions, à base de ces dossiers montés par les renseignements, des questions auxquelles on se fige parfois, qui prononce les sentences, pour nous et pour nos camarades, quand pour la plupart de nos camarades sont en prison et certains condamnés à mort, ou pour terrorisme …

…. On fini par s’imprégner à la matrice judiciaire et ne plus rien sentir… J’arrive à voir au-delà de la personne, je vois l’institution devant moi, je me suis imprégnée à tout le système judiciaire…. Je n’ai ni peur, ni peine, ni haine…. Je comprends comment ça marche !

Je m’attends au pire et j’ai transcendé le corps physique. Mon corps est emporté par cette nubuleuse judiciaire qu’on trimballe, et je me réfugie derrière les murailles que je me suis construite, forgées des valeurs et principes universels auxquels ont cru et ont lutté des peuples à travers le monde.

Devant le juge, je suis sur un piédestal qui me permet de m’adresser à l’institution judiciaire. On a dépassé le terrain de la protestation, où on réclame les droits en masse populaire… Là c’est en son individualité qu’on s’adresse à l’institution, il faut puiser le courage, la foi et la lumière au fond de ses entrailles, pour pouvoir transcender le corps physique… Penser à la cause … pour pouvoir s’adresser aux juges et affirmer ses positions et ses revendications.

On se sacrifie pour la cause … Certains nous prennent pour des fous … D’autres nous prennent pour des dangers potentiels sur l’existence d’un système !

Mira Moknache