Idir, une étoile amazighe s’éteint

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Idir par Lyazid Chikdene
Idir par Lyazid Chikdene

Partager, c'est prendre soin de notre culture !

C’est avec une immense tristesse que nous avons appris le décès du chanteur et poète Idir, le 2 mai 2020, suite à une maladie. 

Les Kabyles et tous les Amazighs perdent ainsi un véritable monument de leur culture. Idir est né il y a soixante dix ans à Ait-Yanni, un village perché sur une montagne de Kabylie. Il s’est fait connaitre grâce à sa première chanson, « A vava inu va » composée en 1973, chantée dans le monde entier, dans quinze langues différentes. Sans le vouloir, il était devenu l’ambassadeur de la langue, de la culture et de la cause amazighes, persécutées en Algérie mais aussi dans tous les autres pays d’Afrique du nord par des Etats inféodés au panarabisme et à l’islamisme

De fait, Idir n’était pas seulement un poète et un chanteur, il était aussi un véritable défenseur de l’identité amazighe, s’exprimant dans les médias pour faire valoir le droit d’exister pour sa langue maternelle dans son pays et dans toute l’Afrique du nord. Il a chanté les souffrances de la femme, l’émigration, la soif de liberté de son peuple mais aussi la joie et la beauté de sa Kabylie natale. 

Puisant ses paroles et ses sonorités dans le tréfonds de sa culture ancestrale, il a émerveillé des millions d’Amazighs et de non Amazighs, il a fait aimer la langue amazighe aux siens et aux autres et a largement contribué à réveiller la conscience de son peuple. 

Militant des droits et des libertés, il n’hésitait pas à prendre le parti de la laicité et à fustiger les islamistes, semeurs de haine et « éteigneurs d’étoiles ». Alors qu’il remplissait les salles partout en Europe et dans le monde, il lui était interdit pendant près de quarante ans, de chanter en Kabylie et dans le reste de l’Algérie. C’était un exilé politique et culturel qui disait déjà en 1993 au « pouvoir algérien » dans une chanson : « kkert att lhum », qui veut dire « dégagez ! ». 

Viscéralement attaché à sa langue et à sa culture kabyle et amazighe, il était ouvert sur le monde et sur les Autres, chantant avec des artistes d’horizons musicaux et culturels divers comme Manu Chao, Dan Ar Braz, Maxime Leforestier, Gilles Servat, Geoffrey Oryema, etc. Aujourd’hui, des personnalités aussi différentes que François Hollande, ancien Président de la République française, Anne Hidalgo, Maire de Paris, Zinédine Zidane, footballeur d’origine kabyle, Patrick Bruel, chanteur et comédien, lui rendent un vibrant hommage. L’Unesco le reconnait comme « un ambassadeur éminent des cultures kabyle et berbère »

Idir est parti mais il restera vivant dans les cœurs et dans les esprits de millions d’hommes et de femmes. Il nous lègue un patrimoine d’une valeur inestimable qui a inspiré et qui continuera d’inspirer des générations d’Amazighs qui poursuivront d’une manière ou d’une autre, son œuvre artistique, culturelle et humaniste. 

Merci l’artiste, repose en paix ! 

Tanemmirt anazur, sgunfu g talwit ! tanemmirt anazur, sgunfu g talwit ! 

Paris, 21/04/2970 – 3/05/2020 

Le Bureau du CMA

3 Commentaires

  1. Non ! Une étoile kabyle s’éteint,avant tout.
    Il n y a que la kabylie qui produit des stars et enfante des artistes et des hommes de culture.
    Je ne vois rien venir ailleurs.

  2. Ses chansons raisonnent dans ma tête et bercent mon cœur. Mes meilleures pensées pour tous les kabyles.

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