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Deux journalistes asphyxiés à Alger

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Deux journalistes asphyxiés à Alger

Partager, c'est prendre soin de notre culture !

Les journalistes kabyles Imane Chibane et son mari Fahim Khellal sont décédés vendredi 8 février, à leur domicile dans la ville de Bologhine (Alger), à la suite d’une intoxication au monoxyde de carbone.

Entre l’amour et la mort, une histoire de lutte

Entre l’amour et la mort, une société hypocrite et marâtre. Entre le début et la fin, un endoctrinement, une mainmise de la morale religieuse et de l’ordre culturel. Entre deux coeurs aimants, une cohorte de haineux, mais entre les Montaigu et les Capulet, un Roméo et une Juliette. Entre le début et la fin de l’année, une haine de l’amour,  une crainte de l’épanouissement, une phobie de la femme. Entre le jour et la nuit des étoiles qui s’éclipsent, des lumières qui se couvrent par la grisaille. Entre l’hiver et le printemps, des fleurs qui attendent l’été ; c’est l’angoisse de la mort.

Dans le carrefour des libertés, vous avez fait la rencontre et dans le virage des goinfres gouverneurs indifférents au sort du peuple, vous êtes partis ensemble pour l’éternité. Vous étiez imbus d’idées révolutionnaires dans un pays transformé par ses dirigeants en un asile psychiatrique à ciel ouvert. Vous avez lutté dans un pays qui refuse la différence, interdit la tolérance et rejette la compétence. L’intégrisme islamiste submerge la société, le capitalisme trône dans un pays en crise économique. La mer accueille les jeunes à bras ouvert et la terre les congédie.

Avant et après votre mort, une école transformée en lieu de culte, un enseignant en Imam, une petite fille prématurément maman.
Avant et après votre mort, l’université, sensée produire le savoir et promouvoir la paix n’est, malheureusement, qu’un laboratoire où se fabrique l’ignorance et la violence.
Avant et après votre mort, des travailleurs qui n’arrivent pas à acheter avec leurs salaires mensuels ce qu’ils fabriquent en quelques heures de travail dans l’usine. Avant et après votre mort un exilé, rejeté par les siens et mal vu par la société d’accueil. Avant et après votre mort, la plume d’un écrivain qui pleure l’absence des lecteurs. Avant et après votre mort, la guitare d’un chanteur qui résonne les souffrances d’un peuple inhibé. Avant et après votre mort, moi, le camarade mort dans son vécu tout en vivant sa mort.

Les mots ne suffisent pas pour tout dire. Excusez-moi ! vous êtes la révolution ! Vous êtes la liberté ! Vous êtes l’incarnation de cet idéal espéré; la voix de la révolte, la soif de la Justice. Vous êtes les invincibles militants, les insoumis, les dignes héritiers de la Kahina (Dihia) et de Matoub Lounes.

Sur vos traces, on arpente le chemin de la lutte jusqu’au jour où notre vie s’achèvera. Mourir pour un idéal révolutionnaire n’est qu’une renaissance. Paix à vos âme, guerriers des lumières !

AMAR BENHAMOUCHE

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